Pour cette année 2025, HexaLive vous propose une trilogie Hellfest !
En plus du Hellfest, vous trouverez également le Hellfest le Off (dont HexaLive était partenaire) et le Hellfest Kids !
Bref, nos envoyés spéciaux ont rayonné dans tout Clisson et Gétigné pour vous ramener photos, chroniques et interviews. Ils sont rentrés en sueur, mais heureux !
On vous propose de (re)vivre ensemble cette virée en enfer !
Hellfest 2025, sommaire
Hellfest, du live et des rencontres
Hellfest, J1 – Jeudi 19 juin 2025 : Disconnected / Wizard Must Die / Rise of the Northstar / Alcest
Hellfest, J2 – Vendredi 20 juin 2025 : Wormsand / Furies / Sun / Cachemire / Hexecutor / Last Train / Knuckle Head / Lion’s Law / Luc Arbogast / Septaria / Les Garçons Bouchers
Hellfest, J3 – Samedi 21 juin 2025 : ADX / Vestige / Lunar Tombfields / Lucie Sue / Mars Red Sky
Hellfest, J4 – Dimanche 22 juin 2025 : Tsar / The Chainsaw Motel / Gravekvlt / Calcine / Ashen / The Cemetary Girlz / Novelists / Aluk Todolo / Shaârghot
Hellfest, l’aftermovie officiel, réalisé par le festival
Hellfest 2025, les interviews
Sun / Lucie Sue / Witchorious
Hellfest, du live et des rencontres
Le Hellfest, c’est bien sûr du live, des concerts qu’on a suivi pour nous et pour vous et que vous pouvez retrouver un peu plus bas. Mais c’était également beaucoup de rencontres cette année.
Rencontre entre membres HexaLive déjà, car comme nous sommes répartis dans toute la France, nous avons peu d’occasion de nous croiser. Ce Hellfest en aura été l’opportunité !


Rencontre avec des artistes, ou des personnalités du monde de la musique avec qui nous avions eu l’occasion d’échanger par mail ou visio, mais jamais en personne.
Cette année, nous avons pu ainsi croiser Andréa des Poulettes Sisters, HP de The Discord qui préparent leur nouvel album (que vous pouvez suivre presque en direct dans nos pages), Christophe Bourry qui prépare l’édition à venir en août du FurioFest, Corentin Charbonnier qui nous avait accordé une longue interview, Angie de NRV Promotion avec qui nous avions eu une entrevue autour de son métier, les concepteurs de l’application Jay…
C’est ça qu’on aime aussi dans les festivals ! Et maintenant, place aux concerts !
Hellfest, J1 – Jeudi 19 juin 2025
Disconnected – Altar – 16h30

Les appelés de dernière minute du Hellfest (ils ont été prévenus quatre jours avant leur date, ndlr) ont eu en plus la lourde tâche d’ouvrir le festival !
Est-ce que cela leur a enlevé une certaine pression ? En tout cas ils ont livré un set énergique et ont pu déclencher les premiers pogos du week-end.
Arnaud Guignant – Photos : Ka_jpg (instagram)
Wizard Must Die – Purple House – 17h30

Formé en 2013, avec ce line-up depuis 2019, ce groupe lyonnais a proposé du stoner rock pour inaugurer la Purple House. De quoi lancer cette nouvelle scène sur de bonnes bases !
Rise of the Northstar – Mainstage 2 – 22h25

En ce premier jour de Hellfest, Rise of the Northstar a frappé fort. Appelés en renfort à la dernière minute pour remplacer Ultra Vomit, les Parisiens ont investi la Mainstage 2 vers 22h30, juste avant Korn. Une pression immense, mais un défi relevé haut la main.
Rise Of The Northstar est un groupe d’île de France mêlant hardcore, crossover, groove métal, rap métal, nu métal. Bref, tu trouveras bien quelque chose dans ce groupe qui te plaira. Maintenant que les présentations sont faites, revenons en enfer.
Il fait chaud, et l’ambiance est très électrique en ce début de festival. Le soleil est encore brûlant lorsque le décor se met en place : les traditionnels cerisiers japonais encadrent la batterie, avec en arrière-plan cet énorme backdrop aux inscriptions nippones, et un nouveau décor grillagé, rempli de spots prend place.
Ça y est, les lumières s’éteignent. Un beat s’élève, puis, soudainement le public explose sur l’arrivée des artistes et les premières notes de « Nekketsu ». Les spectateurs sont plus que chauds, tout le monde saute : c’est une entrée tonitruante que nous offrent les ROTNS.
Fait notable : les membres du groupe ont abandonné les masques. Vithia, casquette vissée sur la tête, apparaît à visage découvert. Mais leur charisme, lui, est intact ! Ils occupent tout l’espace. Sur scène, l’énergie est totale : entre un Vithia virevoltant et un Air One massif, barbe fournie et bandana au front, le show est viscéral.
Le pit quant à lui est une fournaise, le public est bouillant, donnant encore plus d’entrain à nos musiciens déjà très énergiques.
Les classiques s’enchainent : « Crank It Up », « Here Comes the Boom » (avec un refrain scandé par le public), « One Love » et « Showdown », puis vient « Neo Paris ». Titre au flow percutant, mélodie accrocheuse, riffs acérés et efficacité scénique redoutable… Le ton et les couleurs de ce prochain album sont déjà annoncés.
Avant de poursuivre, Vithia annoncera qu’un nouvel album sortira en fin d’année ainsi qu’une nouvelle collaboration avec les Marseillais de LANDMVRKS qui sortira dès le lendemain « back 2 basics ».
Le set reprend et se termine avec « Demonstrating My Saiya Style », titre sorti dans les débuts du groupe et « Rise ».
Le public, conquis, en redemande. Le set était court, mais intense. Un goût de trop peu ? Peut-être, mais n’est-ce pas là la recette d’un spectacle réussi ?
Une chose est certaine : nous avons rendez-vous à l’Olympia le 22 novembre 2025.
Punky Photographe – Photos : Ka_jpg (instagram)
Setlist : Nekketsu / Welcame (Furyo State of Mind) / Crank It Up / Here Comes the Boom / One Love / Showdown / Neo Paris / Bosozoku / Demonstrating My Saiya Style /Rise / Again and Again
Alcest – Temple – 1h05

Premier jour de festival, on retrouve les copains, le site, on reprend ses repères, on participe à quelques concerts… Mais un, a retenu ma journée : celui d’Alcest.
Un groupe français au style post-black metal – shoegaze qui a pris place par une nuit fraîche à 1h du matin, c’est là qu’on voyait Les Vrais.
Quand les premières notes de guitare murmurent sous la grande tente, le Hellfest suspend son souffle. Ce n’est plus un concert, c’est un voyage sensoriel et mystique.
La voix douce de Neige, le chanteur, est en parfaite adéquation avec l’instrumentation précise.
Les heabangers deviennent silencieux, un contraste frappant avec les ébats entendus quelques minutes plus tôt sur la scène voisine.
Une vraie « expérience sensorielle » : textures sonores, lumières, silence complice.
Chaque morceau tisse une atmosphère singulière, on vit vraiment une expérience spirituelle, je vous la recommande !
Vous êtes chanceux, le groupe passe pour une tournée en France en Octobre 2025.
Ant’Wine (instagram) – Photos : Ka_jpg (instagram)
Setlist : L’Envol / Améthyste / Protection / Sapphire / Écailles de lune – Part 2 / Flamme jumelle / Le miroir / Oiseaux de proie
Hellfest, J2 – Vendredi 20 juin 2025
Wormsand – Valley – 10h30

Il est à peine plus de dix heures quand Wormsand investit la Valley pour ouvrir cette deuxième journée du Hellfest. Le trio venu d’Antibes n’a pas besoin de longues intros ni de grands discours. Quelques notes suffisent à plonger immédiatement le public dans une ambiance lourde, moite et envoûtante. Parfait pour réveiller les esprits encore embrumés.
À la guitare, Julien tisse des riffs massifs et saturés, bien ancrés dans les racines du stoner. Derrière les fûts, Tom envoie des frappes sèches, pesantes, comme autant de coups de boutoir. Et c’est Clément, bassiste et chanteur, qui retient particulièrement l’attention avec son timbre de voix profond et habité, à la croisée des chemins entre mélancolie et tension contenue.
Le groupe déroule un set quasiment sans temps mort, parfaitement calibré. On retient notamment « Digging deep » , qui ouvre le bal avec une efficacité redoutable, puis « Daydream » , plus atmosphérique, tout en nappes planantes et groove lancinant. « Black heaven » marque une belle montée en intensité, avant que « To die alone » ne vienne clore le concert sur une note sombre et poignante.
Wormsand livre ici une prestation solide, immersive et comme on dit chez moi dans le Sud : “sans esbroufe !”
Un beau moment sur la scène de la Valley et une entrée en matière plus que réussie pour ce jeune groupe qui repart sous une ovation chaleureuse du public.
Alex / Studio Dysphanie Concert (instagram)
Furies – Altar – 10h30

Lorsque je rends visite à ma famille et que l’on se promène au marché du coin, on a pour tradition de se prendre un petit verre de blanc, histoire de se mettre en forme pour la journée.
Ne tournons pas autour du pot plus longtemps, ce concert de Furies était ce petit verre de vin. Ouvrant les hostilités ce jour sur ALTAR, Furies, groupe mixte, est venu casser des nuques avec son viril heavy métal old school. Un set court et intense mené avec furie et classe.
Porté par sa chanteuse Cheyenne, le groupe envoie du lourd et a décidé de te faire une séance de headbang et de gym intense durant 30 minutes. Les titres s’enchainent sans temps mort, et ça met en jambes de bon matin. Cheyenne prend également le temps de communiquer avec le public et personne ne boude son plaisir d’être là.
L’ouverture sur le rapide single « Stars of the burning lands » te met une grosse branlée. Efficace, frontal, on est tout de suite fixé sur la ligne directrice du set. Imagine un gros truck, lancé à fond sur l’autoroute du heavy métal, te venir pleine face. Brutal !! Vanessa (basse), Fred et Guillaume (guitare) nous gratifient de leurs plus beaux riffs et belles courses sur toute la scène. Zaza, quant à elle, martyrise ses fûts avec élégance et violence.
La prestation est propre, carrée et on aurait aimé qu’elle dure un peu plus longtemps. La clôture sur « Voodoo chains » finit de te mettre à sec et notre corps nous rappelle qu’il va être temps de s’hydrater. On prend un petit blanc ?
Spehis – Photos : Ka_jpg (instagram)
Setlist : Stars of the Burning Lands / Antidote / Furry Tale / You & I / Poisoned / Voodoo Chains
Sun – Mainstage 02 – 10h30

Une Mainstage un matin, avec un thermomètre qui commence à s’affoler et des festivaliers qui récupèrent de leur soirée de la veille, cela peut vite devenir casse-gueule. On peut rapidement s’y sentir seul, face à cet espace pouvant accueillir 50000 personnes.
Pour gérer ça au mieux, il faut tout de suite briser la glace, happer et faire venir.
Pour briser la glace, Sun peut compter (comme elle nous l’a expliqué dans l’interview qu’elle nous a accordé) sur son passé au théâtre.
Et pour happer et faire venir, sa Brutal pop a toutes les cartes en main pour interpeller. Avec la performance vocale de Karoline et le plaisir évident que prennent les musiciens (Bassem et Boris), c’est imparable.
C’est donc assez rapidement un public important qui brave les rayons du soleil pour profiter du rayonnement de Sun.
Arnaud Guignant – Photos : Ka_jpg (instagram) – Jean-Michel O (instagram)
Setlist : I Killed My Man / Fast Car / Free Your Soul / Painful Attraction / Come Clean / Survivor / John & I
Cachemire – Mainstage 01 – 11h

Le chemin n’est pas long pour aller voir le groupe suivant, car ils jouent sur la Mainstage d’à côté.
Et ce ne sont pas des inconnus pour HexaLive, car nous avons interviewé Alice Animal lors de son arrivée dans le groupe et couvert le concert de Cachemire à la Maroquinerie.
Tout de suite, on est saisis par leurs costumes blancs impeccables, en opposition d’ailleurs avec la couleur habituellement vue sur le site, par ce gros son et ces gros riffs. Et comme le disait si bien Régis dans sa chronique de la Maroquinerie, on est vraiment là sur une fusion entre chanson française et rock.
La pelouse, préalablement bien remplie par Sun, continue de voir arriver du monde. Et nous avons même droit à un wall of death plutôt rare à cette heure sur la Mainstage !
Je pense qu’on reverra bientôt Cachemire en live, et je crois d’ailleurs que Lucie Sue a un message et une proposition à leur faire !
Arnaud Guignant – Photos : Ka_jpg (instagram) – Jean-Michel O (instagram)
Hexecutor – Altar – 11h40

Les rennais de Hexecutor étaient présents sous la tente Altar pour proposer leur thrash metal.
Formé en 2012, le groupe a sorti il y a peu son dernier album « Where spirit withers in its flesh constraint«
Last Train – Mainstage 1 – 13h35

Vendredi, 13h, le cagnard s’intensifie sur Clisson. L’heure d’aller voir sur la Mainstage, les alsaciens de Last Train, venus défendre leur album III sorti en début d’année. Toutes leurs dates françaises ont été sold-out, et la foule est nombreuse à affronter la chaleur pour voir cet étendard du rock français.
Dès le début du concert, une forme de magie s’opère. Les musiciens étalent leur bonheur d’être là, et montrent ce qu’ils ont dans le ventre. Soudainement, je ne ressens plus la chaleur et j’entre dans un vortex où quelque chose d’unique se passe entre Last Train et moi.
Jean-Noël, leader et chanteur, transmet à travers son regard et ses interventions, son émotion et sa dévotion pour sa musique. Et tout le monde le suit. Oui tout le monde !! Je suis envahi par diverses émotions, qu’il m’est difficile de décrire. Oui, 40 minutes de concert, c’est court, mais suffisant pour vivre un moment de plénitude porté par les rythmes rock-indus du groupe.
L’ouverture sur « Home » est incroyable. L’écouter pour la première fois en live, me fait davantage aimer ce morceau exceptionnel. Sur « Way Out » le groupe enfile son bleu de chauffe pour faire jumper la mainstage. Tout ce qui suit tiendra de l’irréel et de l’unique. La clôture sur « The Big Picture » m’achève, je suis ému. Les membres du groupe aussi.
Le lendemain je croise Didier, quelques Hellfest au compteur, qui, arborant son t-shirt Last Train flambant neuf, m’a simplement dit : « J’en ai vu des concerts sur ce festival, mais c’est la première fois que j’ai ressenti une immense émotion, avoir été parcouru de frissons, et avoir été proche des larmes tant j’ai été touché par la prestation de ces jeunes gars »
Merci Didier ! Merci Last Train ! Allez les voir s’ils passent près de chez vous. Vous ne serez pas déçus.
Spehis – Photos : Ka_jpg (instagram)
Setlist : Home / Way Out / On Our Knees / Between Wounds / One Side Road / The Big Picture
Knuckle Head – Purple House – 14h30

La Purple House, nouvelle scène et grosse nouveauté de cette année : une cage dans un cube noir. En cette période de fortes chaleurs, on aurait pu penser que c’était un bon plan. Mais on a vite compris en rentrant que non. Et ce n’est pas Knuckle Head qui allait arranger la chose.
43 degrés dedans, ressenti 65, à ce tarif-là même les murs transpiraient. Mais il en fallait plus pour empêcher le public venu massivement de profiter du show exceptionnel que nous a livré le duo de dark-country (ndlr : que l’on avait déjà vu au Mauges Pit Fest 2).
Car ils sont diablement efficaces et hyper énergiques sur scène. C’est brut et sincère, la cage donnant une dimension supplémentaire de proximité. Ils nous ont confié un peu plus tard après le show qu’avec le recul ils auraient pu avoir un positionnement différent sur scène, face à face ou dos à dos.
Mais qu’importe, le public leur a bien rendu leur énergie, il n’était pas rare de voir des personnes tapant sur la cage au rythme de la musique.
Bref, un duo qui monte et ne triche pas, et à suivre de très près !
Arnaud Guignant – Photos : Ka_jpg (instagram)
Lion’s Law – Warzone – 15h10

La Warzone, cette zone à part du Hellfest, est aussi cette zone de réconfort où tu peux retrouver ces repères inhérents au punk. Ce punk qui sent la bière tiède et la transpiration, ce punk qui rassemble les amateurs de Oï ou de hardcore, ce punk fédérateur.
Quand le quintet de Lion’s Law entre sur scène tu sais que pendant 40 minutes, tu vas transpirer tes pichets de bières bus durant le début du festival. Wattie déboule avec son phrasé reconnaissable et lance les festivités avec « Ouverture » et « Crucified », deux extraits du nouvel album du groupe Evermore. Durant le set, la part-belle sera donnée à cet album puisque 8 extraits en seront joués.
Le pit de la Warzone ne se laisse pas surprendre et répond lui aussi par ses classiques ! Pichets de bière et chaussures qui volent, quelques paires de lunettes cassées, poings levés vers le ciel et pogos à foison. C’est fou comme ce cocon est douillet.
Lion’s Law n’en oublie pas pour antant de rendre hommage à Carl, chanteur de Komintern Sect récemment décédé, en lui dédiant le morceau « Brother ». Le groupe nous rappelle où sont ses racines, et le public le suit en reprenant ce refrain captivant et touchant :
« I won’t trade you for another
Even if we don’t have the same mother
You never back down, never run for cover
That’s why I call you my brother »
Le concert se poursuit à un rythme dantesque malgré la chaleur étouffante. En dépit d’une légère baisse de régime en fin de set, la conclusion avec le tube « For my clan » viendra remettre un coup de boost à tout le monde.
Spehis – Photos : Ka_jpg (instagram)
Setlist : Ouverture / Crucified/ Lafayette / Brother (Dedicated to Carl Jahier) / Escape / Lonely Road / I Don’t Give a Damn / Paris / Fidèle / The Code / Knock’em Out / Sewer Rats / The World Is On Fire / Zonard / For My Clan
Luc Arbogast – Temple – 15h10

Vendredi après-midi sur la scène Temple, Luc Arbogast attirait une foule dense et curieuse, intriguée par sa présence atypique au Hellfest. Sans effets spectaculaires, mais avec une aura bien à lui, il a plongé le public dans un univers hors du temps.
Un des moments les plus marquants restera sa reprise du thème de Game of Thrones – un passage puissant, à la fois reconnaissable et mystique. On sentait que certains morceaux étaient improvisés ou réinventés en live, et c’est aussi ce qui donnait à ce concert une couleur unique.
Luc a su jouer avec la foule, nous demandant de chanter, séparant les voix des femmes et des hommes, toujours avec une pointe d’humour. Il a même lancé quelques blagues qui ont déclenché des rires dans le public, sans casser l’ambiance méditative.
L’ambiance qui régnait ce jour-là au Temple évoquait une immersion totale, comme si l’on était téléporté dans une cour noble du Moyen Âge ou plongé au cœur d’une auberge animée, où percussions et mélodies s’entremêlaient pour soutenir la voix envoûtante de Luc Arbogast.
Ce mélange de puissance rythmique et de chant porté a réveillé en chacun un désir festif et jovial, une énergie rare et précieuse à retrouver dans le tumulte et la diversité du Hellfest.
Il y a eu quelques morceaux plus rythmés au milieu du set, qui ont commencé à faire bouger la foule — moi le premier. Mais cette dynamique n’a pas duré : il est vite revenu à des compositions plus lentes, plus lyriques. Je me souviens avoir fait la remarque à mes potes : j’aurais aimé que ça continue un peu dans cette énergie.
Un autre aspect qui m’a profondément marqué, c’est l’incroyable amplitude vocale de Luc Arbogast. J’ai pu voir et entendre de mes propres yeux et oreilles qu’il passe sans effort du baryton au soprano, un don rare qui fait partie intégrante de son charme et de sa musique. C’est tout simplement magnifique.
Pourtant, même avec ce petit regret sur le moment, le concert a été une véritable révélation. Je ne connaissais pas Luc Arbogast avant ce jour, et depuis, je l’écoute régulièrement. Il n’offre pas un simple concert, mais une expérience à part, qui surprend, apaise, et reste longtemps en tête. Un moment suspendu au cœur du chaos du Hellfest.
Ixu – Photos : Ka_jpg (instagram)
Septaria – Hellstage – 18h05
Septaria – Un début les menant à une ascension sidérante

Le soleil rayonne sur Clisson, mais c’est une toute autre source de chaleur que dégage la scène : SEPTARIA, un jeune groupe démontrant tout son talent devant un public conquis. Ce groupe de metal français aux influences post metal progressif, originaire du Sud de la France, a livré une prestation aussi puissante que maîtrisée.
La tension était palpable, une ambiance au rendez-vous, des riffs techniques alternant brutalité et atmosphères planantes.
Beaucoup de dynamique, des sons atteignant de hauts niveaux pour finir sur un niveau sonore plus faible mais envoûtant.
Nous étions nombreux devant cette Hellstage, les festivaliers headbanguaient sous cette chaleur pour me montrer que le metal français à une place à se faire, qu’il faut également supporter sa scène locale.
Objectif atteint : En moins d’une heure, Septaria s’est affirmé comme l’un des fers de lance du metal technique français.
Au cours d’un échange le lendemain avec le groupe, nous avons su qu’ils s’inspirent de groupes tels que Tool, Gojira, Muse mais pas que du metal, il y a du jazz aussi.
Ant’Wine (instagram)
Setlist : Moment présent / Nocturne / Sagittarius / Astar / Embers / Centaure / Abyss / Psyché / Sky’s Words
Les Garçons Bouchers – Warzone – 20h40

Cela faisait partie des concerts que j’attendais. Les garçons bouchers, c’est un peu une madeleine de Proust pour moi. J’écoutais beaucoup pendant mes études au siècle dernier. Et je n’avais encore jamais eu l’occasion de les voir en concert.
Cette tournée est particulière car c’est une tournée hommage à François Hadji-Lazaro, figure incontournable de la scène alternative qui nous a quitté début 2023. Il faisait partie des Garçons Bouchers bien sûr, mais également de Pigalle, et avait même un spectacle jeune public.
Quel plaisir de retrouver les classiques du groupe, et ce punk irrévérencieux ! Je suis sûr qu’où qu’il soit, François doit apprécier cet hommage festif.
Arnaud Guignant – Photos : Ka_jpg (instagram)
Hellfest, J3 – Samedi 21 juin 2025
Vestige – Altar – 10h30

C’est Vestige qui ouvre le bal de cette troisième journée sous la Altar. Nous avions notamment découvert ce groupe à l’occasion des Triomphes du Metal Français. Et cela nous avait conduit à les interviewer dans la foulée pour en savoir plus sur le groupe et leur projet.
Et pour un début de journée, ce post-metal très atmosphérique est idéal pour réveiller le corps et les esprits. Les passages beaucoup plus énergiques finissent le travail et mettent d’attaque pour la journée.
Arnaud Guignant – Photos : Ka_jpg (instagram)
ADX – Mainstage 2 – 10h30

L’intro d’ADX n’a laissé personne indifférent. Ca envoie fort dès les premiers instants.
Formé en 1981, le groupe qui a vu son line-up évoluer ces dernières années propose un hard-rock (comme on disait à l’époque) avec des accents Thrash comme sur « Caligula » par exemple.
Arnaud Guignant – Photos : Ka_jpg (instagram)
Lucie Sue – Mainstage 1 – 11h05

Lucie Sue semblait être particulièrement attendue ce samedi matin. Pour preuve, les différentes têtes connues qui se pressaient aux barrières, ainsi que quelques fans portant des panneaux.
Comme elle nous l’a indiqué dans l’interview qu’elle nous a accordé peu de temps après le concert, elle est arrivée en mode battante sur cette mainstage. Et ça commence fort avec « Battlestation » , titre éponyme de son prochain album et son refrain à agiter des cheveux.
Fidèle à son habitude, elle ponctue les interludes entre morceaux de quelques punchlines, confirmant qu’en plus de la musique, elle excelle aussi par son côté décalé. Punchline et côté décalé qu’elle avait d’ailleurs déjà pu rôder sur cette scène il y a trois ans avec Steel Panther.
Arnaud Guignant – Photos : Ka_jpg (instagram)
Lunar Tombfields – Temple – 11h05

Venus en voisins de Nantes, Lunar Tombfields a fait résonner son black metal atmosphérique sous la Temple, écrin parfait pour ce style.
Le groupe mené par M et Äzh s’est formé en 2020 alors que le monde était confiné, amenant une atmosphère encore plus sombre et fataliste au projet.
Photos : Ka_jpg (instagram)
Mars Red Sky – Valley – 12h50

Samedi après-midi, la Valley est fortement bien garnie pour accueillir Mars Red Sky. Le trio bordelais, voit petit à petit son statut évoluer au gré d’albums de grande qualité et de concerts classieux et maitrisés.
Ce concert du jour n’échappera pas à cette règle. Se fendant d’un aimable « Salut les vieilles Charrues ! » qui réveille un peu la foule écrasée par la chaleur, le groupe attaque fort par l’immense « Collector » qui scotche et touche l’auditoire. Tout le monde vient d’embarquer pour un beau voyage, sans trop le savoir.
Quand on a une si riche discographie et une palanquée de titres longs et savoureux dans son répertoire, il peut être difficile pour le groupe de proposer un set de 40 minutes. Pourtant l’exercice est mené de main de maître. Mathieu, derrière ses fûts, et son jeu démonstratif contrastent avec l’apparente fragilité dégagée par Julien (guitare et chant) qui balance de gros riffs. Ce tableau étant parfaitement complété par Jimmy (basse et chant) qui au travers de sa communication avec le public crée un sentiment de grande proximité.
La suite du concert est une traversée ondulatoire à travers l’espace, tout au long de laquelle le groupe te tient la main et capte en permanence ton attention. Le mix raffiné entre nouveaux morceaux, dont le superbe « Maps of Inferno », et des classiques du groupe (“Apex III”, “The Light Beyond”) donne une dimension classe et élégante à un genre musical qui a davantage tendance à faire dans le gras.
Le final sur « Strong Reflection », porté par un son remarquable (comme sur l’ensemble du set) finit d’emmener les festivalierss dans une sphère enivrante d’où l’on n’a pas envie de revenir. La descente est lente, et une fois au sol, on se dirige vers le prochain concert l’esprit léger. Merci Mars Red Sky, le voyage était beau !
Spehis – Photo : Ka_jpg (instagram)
Hellfest, J4 – Dimanche 22 juin 2025
The Chainsaw Motel – Mainstage 2 – 10h30

The Chainsaw Motel peut se targuer d’être sans doute un des seuls (voire le seul ?) groupe à l’affiche du festival à avoir joué deux fois. Une première fois mercredi dans la cage de la Purple House, une deuxième fois ce dimanche matin sur la Mainstage 2.
Autant dire que c’est un sacré changement d’échelle et d’esthétique entre les deux ! Mais l’acrobatie est réussie !
Photos : Ka_jpg (instagram)
Tsar – Altar – 10h30

Je ne connaissais que très peu Tsar avant d’arriver sur la scène Altar. Je savais que Fabien avait fait la chronique de leur album Acte II. Mais je n’avais pas eu encore l’occasion de les voir sur scène.
Je suis arrivé en cours de concert, sur le morceau Para Bellum et j’ai tout de suite été frappé par l’énergie et le charisme qui se dégageait de la scène. Sans parler des riffs particulièrement efficaces sur ce morceau.
S’en suit un peu plus tard un moment suspendu, quand Kyrian au chant invite les spectateurs de la scène Altar à danser une valse, seul ou accompagné. Pour une fois, les têtes qui tournent dans l’Altar ne sont pas dues à un circle pit.
C’est décidé, j’écoute plus en détail l’album au retour !
Arnaud Guignant – Photos : Pauline Lévêque (instagram)
Gravekvlt – Temple – 11h05

Jeudi, 66h50 du matin post début du festival, tu tiens encore debout grâce à ton 94ème café du jour. Mais à priori, cela ne suffit pas. Tu te demandes de quoi tu as besoin pour te donner la force d’affronter les dernières heures de cette infernale communion.
Tu te diriges nonchalamment vers la Temple ; espérant trouver le salut. Comment ai-je pu en sortir de là 30’ plus tard, regonflé à bloc, avec une nouvelle côte en moins ? La réponse tient en un nom : GRAVEKVLT
C’est qu’ils ne sont pas venus là pour trier les perles ou enfiler les lentilles les gonzes ! un set où te fais rouler dessus, par leur speed-black-punk-métal transpirant l’essence et les viscères de vieux VHS de films d’horreur.
La part belle est donnée à leur superbe album Full Moon Fever, sorti l’an dernier. Une véritable bande son du chaos. Dans la foule bien présente, ça chahute, ça s’interroge mais surtout ça secoue la tête à t’en décrocher les cervicales. Aucune pause dans le set, juste pour changer de médiator.
Dans la saleté de leur son, on sent le souci de la précision et des riffs saillants. Devant cette impression de massacre sonore, où tu n’as aucune chance de survivre, règne une grande efficacité saignante ! les chansons « Skvllcrvcher » et « Fool moon fever » te font tomber les dernières gencives qu’il te reste.
Le set se termine bien trop tôt mais te voilà suffisamment crasseux, armé et vivant pour cette dernière journée !
Spehis – Photos : Ka_jpg (instagram)
Calcine – Warzone – 11h05

Je ne connaissais pas du tout Calcine avant de débarquer sur la Warzone. J’y allais donc sans attente ou préjugé.
Mais quand le show a commencé, wahou ! Impossible de ne pas faire le parallèle avec des poids lourds du style comme Wall of Jericho, vu il y a deux ans sur cette même scène et qui m’avaient mis une grosse claque. Avec Calcine, j’ai tendu l’autre joue pour reprendre la même !
Stef a envie de manger la scène, Luc, Lucas et Arthur s’en donnent à cœur joie.
J’ai même assisté à une première, un circle pit de dinosaures !
Bref, une bonne dose de hardcore pour dérouiller les articulations en ce début de J4.
Setlist : Autopsie / Target / Arsonists / Crash / Neglect / Denial / Des Vies À Bout / Parasite / Back to Fight / Blood Boil / 23:11
Arnaud Guignant – Photos : Ka_jpg (instagram)
The Cemetary Girlz – Temple – 12h15

The Cemetary Girlz sont loin d’être des nouveaux arrivants, car le groupe s’est formé en 2006. Inspiré par l’esthétique goth, les vampires et les anciens films d’horreur, le groupe prend aussi quelques racines musicales dans les années 80 avec des accents post-punk.
De quoi faire frissonner de plaisir la Temple.
Photos : Ka_jpg (instagram)
Ashen – Mainstage 1 – 12h15

J’ai un avis partagé sur le metalcore. D’un côté, je kiffe et surkiffe le mur d’énergie brute que peuvent prendre les guitares et les voix, mais je suis moins fan des parties claires. Peut-être mon côté bourrin. Ou vieux con peut-être.
Beaucoup de metalcore était au programme ce matin, notamment avec Ashen. L’occasion de vérifier leur bonne réputation scénique.
Cela fait un moment qu’Ashen tourne, et que leur base de fan grossit. Ils viennent de sortir leur premier album, et la Mainstage 1 du Hellfest, c’est une sacrée marche à passer. D’autant plus qu’ils sont fans de Linkin Park, et jouer sur la même scène, et le même jour qu’eux doit rendre l’exercice encore plus impressionnant.
Mais on a été très vite rassurés. On avait même l’impression qu’ils avaient joué sur des Mainstage toute leur vie, tellement l’envie de bouffer la scène sautait aux yeux, et qu’ils n’avaient aucun souci à occuper l’espace. Bref, un niveau de professionnalisme impressionnant pour un groupe formé il y a quelques années seulement.
A noter également un passage éclair de Will Ramos de Lorna Shore pour un duo.
Arnaud Guignant – Photo : Ka_jpg (instagram)
Novelists – Mainstage 2 – 12h50

Je crois que je pourrai prendre la chronique précédente d’Ashen, et la copier-coller ici.
A l’image de Clem pour Ashen, Camille pour Novelists occupe et illumine la scène. Les passages chant clair/chant saturé sont parfaitement maîtrisés.
Quand on voit ces deux groupes, qu’on aime ou qu’on aime pas ce qu’ils proposent, on se dit que la scène française actuelle propose des groupes d’un niveau de qualité et de professionnalisme impressionnant. Surtout au vue de la jeunesse des membres et des formations.
Je pense qu’on devrait retrouver ces deux formations encore longtemps sur des grandes scènes de ce type.
Arnaud Guignant – Photos : Ka_jpg (instagram)
Setlist : Coda / Prisoner / Mourning the Dawn / Terrorist / Heretic / Say My Name / All For Nothing / Smoke Signals / Turn It Up (Keyboard Warriors Social Club)
Aluk Todolo – Temple – 13h35

Cela fait maintenant plus de vingt ans qu’Aluk Todolo propose son mélange original entre rock psychédélique et black metal. Et le groupe aime les paradoxes, car on peut trouver dans sa discographie l’album « Voix » alors qu’il n’y a pas de paroles, et l’album « Lux » alors qu’ils jouent à la lueur d’une seule ampoule.
Photos : Ka_jpg (instagram)
Shaârghot – Temple – 16h25

En ce dernier jour de festival, j’attends avec impatience les Shaârghot. Pour l’occasion je me suis positionnée un peu en avance afin d’être bien placée.
Dès les premiers instants, l’univers post-apocalyptique de ce groupe d’indus s’impose. L’ambiance est présente : on est tout de suite plongé dans leur monde. Le public est déjà en effervescence et acclame les membres du groupe en pleine préparation. La température ne fait qu’augmenter sous cette tente et le spectacle n’a pas encore commencé.
Les minutes passent, les rangs se resserrent.
16h50 : L’heure tant attendu arrive, les lumières s’éteignent et le public est déjà en ébullition.
Comme à leur habitude les Shaârghot, font monter la pression avant même de monter sur scène. L’intro de « the one who brings chaos » résonne, dans un showlight teinté de rouge et de vert. Sous de fortes acclamations du public, les artistes peints en noir et vêtus de tenues post-apo dignes de Mad Max- font une entrée spectaculaire.
Le public répond présent, tout le monde saute, danse, chante sur ce premier morceau. L’ambiance n’est pas près de retomber car cela s’enchaîne avec « Let me out », titre phare du dernier album.
Les slams et pogos se poursuivent dans une énergie débordante. Etienne est littéralement survolté. Clémence, de son côté, fusionne sa voix avec la sienne pour créer des harmonies puissantes et envoûtantes.
Bruno, quant à lui, assure le show avec sa guitare, d’où jaillissent étincelles et lasers verts, apportant une dimension presque cinématographique à la performance.
Les classiques sont eux aussi de la partie : Cut Cut Cut, Great Eyes ou encore Break Your Body déclenchent de véritables vagues d’euphorie dans la fosse.Le set est court, mais intense. Rassembleur, fédérateur, il ne laisse personne indifférent. Et le succès est là : la foule déborde largement de la Temple.
La prochaine fois, une programmation sur la Mainstage ?
Setlist : Intro / Let me out / Kill your god / Life and choices / Traders must die / Cut cut cut / Great Eye / Uman is Jaws / The Way / Break your Body / Something in my head
Punky Photographe – Photos : Ka_jpg (instagram)
Hellfest, l’aftermovie officiel
Réalisé par le festival
Hellfest, ambiance et décors
Photos : Jean-Michel O (instagram) – Ka_jpg (instagram) – Arnaud Guignant
L’édito de Karine
Journal d’une fan de Ben Mazué au Hellfest.
Festival mythique, international, le disneyland du métal, le jeudi transpi d’Etienne Carbonnier, bref… je voulais faire partie de ceux qui peuvent dire « le Hellfest, j’y étais ! » . Un truc de ma todolist depuis longtemps, voir le Hellfest et mourir. Enfin pas tout de suite quand même.
Je pense qu’il y a différentes façons de vivre le Hellfest. Pour moi ce sera à la façon 35° à l’ombre pendant quatre jours (mais on va devoir les passer en plein soleil !!). Du jamais vu pour un breton ? Du coup à 10h du matin on est tous déjà liquides, et je ne parle pas du nombre de bières qu’il va falloir écouler pour étancher la soif de chacun.
Au-delà de la température, il y a ceux qui viennent pour les têtes d’affiche, d’autres pour la découverte, ceux qui veulent tout voir et ceux qui se contenteront de quelques scènes chaque jour, certains même viennent pour l’ambiance seulement ou encore pour en découdre (gentiment) au milieu des wall of death ou pour un premier slam.
Alors certains ne décollent pas d’une scène , il y a les adeptes de la Warzone ou encore du binôme Altar / Temple (mais ceux-là c’est sûr ont une ordonnance pour s’infliger autant de chaleur et de sueur : la température de ce sauna doit avoisiner les 50 degrés, dès 11h, et les bienfaits d’un sauna sont multiples on le sait : réduction des risques de crises cardiaques et de maladies artérielles, soulagement des rhumatismes, nettoyage de la peau, boost des défenses immunitaires…
Bref, c’est ce qui doit expliquer les si bons chiffres de la Croix Rouge cette année, et si les festivaliers alternent avec les rideaux d’eau leurs tissus seront tonifiés et leurs pores resserrés… Je ne vois que ça. Certains disent que les Vikings eux-mêmes s’adonnaient à ce rituel, de là à me faire dire que j’ai comparé Viking et métaleux…).
Mais il y a aussi celles et ceux qui sont venus pour faire la fête, déguisés, armés pour la tournée des bars, campeurs prêts à sacrifier leurs quelques heures de sommeil à la fraiche pour une course de caddies, et celles et ceux qui commencent par du shopping (4h30 de queue, en moyenne, le premier jour, en plein soleil pour accéder aux articles du merch), un tour de grande roue, une sieste à l’ombre avec un livre et quelques photos souvenirs…
Qu’on soit arrivé une semaine plus tôt pour le Hellfest Off, le mercredi pour la reconnaissance des lieux ou le jeudi même pour le premier jour, le Hellfest débute… au Leclerc !! Incroyable mais vrai ce supermarché est devenu une institution pour les festivaliers. Rentrer dans le magasin sous les acclamations des employés, crier un tonitruant « apéroooo » à chaque « apéroooo » lancé à la volée par un festivalier heureux d’être là, chercher du poisson mais trouver de la bière dans les étals de glace… C’est ça le Leclerc de Clisson pendant 4 jours. Des tee-shirts noirs et des cheveux longs dans chaque rayon.
Après ce passage obligé, et 2 kms à pied depuis un parking, je découvre enfin le site, que chacun décrit comme tellement grand, qu’il va falloir faire des choix.
Je me fixe la mission de couvrir l’ensemble des groupes français, qui n’ont pourtant pas la part belle de la programmation, puisque c’est un peu moins de 35 groupes sur les 180 programmés, soit un petit sixième des propositions de l’édition 2025.
Les Français occupent les créneaux du matin, ou de la nouvelle scène – cage, « la Purple house », et finalement très peu, les Mainstages, ou les créneaux de début de soirée. Et pourtant on retrouve des choses qui sont plutôt intéressantes, et des profils plus accessibles pour les néophytes en mon genre. Les filles occupent globalement une jolie part de la programmation, et le public les réclame. #morewomenonstage
Côté ambiance, ici il fait très chaud je l’ai dit, mais ici tout est permis aussi… Collant, maillot de bain, caches tétons ou slip Borat, peu importe, l’essentiel c’est d’être bien (oui certains auront bronzé en bas résilles !). Évidemment le noir est à l’honneur (tant pis pour la chaleur), nous avons un défilé de T-shirts d’éditions précédentes (là c’est l’occasion de se faire connaître comme un habitué !), ou des groupes metal en vogue.
Si dehors il fait chaud, sous les tentes, c’est encore autre chose. La transpiration suit les lignes de votre dos, et pourtant personne ne rechigne à s’y serrer, y compris, s’il n’y a pas de place, à s’entasser à l’extérieur pour espérer voir un bout de scène. Ce qui s’avère plus compliqué ensuite, c’est le passage de ceux qui espéraient simplement rejoindre une autre scène, ce qui est quasi impossible dès le milieu de l’après-midi. La jauge -déjà énorme- aurait été augmentée cette année (de 60 à 70 000 personnes par soir). Alors, pas le choix, on y passe tous, on se presse sous les 2 rideaux d’eau (recyclée donc quand même au final un peu poisseuse, tant pis !) pour repartir trempés mais soulagés…
Côté scène, en 2025, les têtes d’affiches sont entre autres Muse, Scorpions, Linkin Park. Les puristes critiqueront : « ce n’est pas du métal, ce n’est pas ce que l’on venait chercher ici à l’origine » . Je me demande ce qu’ils pensent alors des rappeurs de Cypress Hill ?
Mais heureusement avec 4 autres scènes, il est difficile de se plaindre, tant le choix et vaste, et tant les propositions sont nombreuses. Il suffit de passer son chemin et d’aller un petit peu plus loin. Certes à cette heure-ci de la soirée chaque kilomètre compte, mais quand on aime on ne compte pas… Enfin, ils n’étaient pas si nombreux les festivaliers à bouger. Les mainstages ont affiché archi-complet. Si bien qu’il était même difficile de trouver une place qui permette de seulement regarder un écran ! Encore un concept de festival que je ne comprendrai jamais. Payer si cher sa place pour ne pas voir un bout d’artiste, juste un écran géant. Je pourrais en effet dire « j’y étais » mais je ne pourrai toujours pas dire que j’ai « vu » Scorpions ou LinkinPark… j’avoue que je n’ai pas eu le courage de braver une énième fois la foule pour me faufiler.
Parce que certes on y était, certes les constructions sont folles, certes les artistes sont précieux ici, mais l’enfer du Hellfest est ailleurs. L’enfer ce sont les conditions de travail qui sont proposées aux médias : pas de parking, pas de casier (on a 10 kilos de matériel sur le dos), pas de fontaine à eau (gros point noir du festival sous canicule : deux points d’eau, qui affichaient plus de file d’attente que les bars ou les échoppes de restauration !!), pas de raccourci entre deux scènes (il faudra se risquer avec 5000 balles de matériel sur le dos à traverser 70 000 festivaliers heureux d’être là – heureusement tous vraiment gentils – et ça entre chaque concert, donc 12 à 15 fois par jour), pas d’espace média pour se poser, se rafraîchir et travailler (enfin si une tente dans laquelle il faisait au minimum 60 degrés, si bien que les conférences de presse ont été annulées), pas d’ombre (même pas un parasol pour faire la queue avant d’entrer dans les pit photos de longues heures dans une journée), pas suffisamment d’espace pour manger (nous mangerons souvent par terre entre deux tables)… c’est ce que j’appelle : aucune considération. Mais évidemment, nombreux sont celles et ceux qui attendent encore leur tour, leur besoin de dire « moi aussi j’y étais », alors rien ne changera, et les médias se presseront encore pour l’expérience Hellfest, aussi irrespectueuse soit-elle…
Alors Ben résonne dans ma tête… arrêter de penser, se presser, marcher, sourire, se relever…
« Stop ca y est j’arrête de penser
j’vais courir j’vais marcher
Stop aller j’arrête de m’presser
j’vais courir j’vais marcher j’vais sourire
Stop ca y est j’arrête de penser
j’vais courir j’vais marcher
Stop aller j’arrête de m’presser
j’vais courir j’vais marcher j’vais sourire
j’vais m’relever »
C’est ça aussi l’expérience Hellfest, souffrir mais n’en retenir que le meilleur. Les copains qu’on a croisé là-bas, les découvertes musicales, la salade concombres fêta olives tomates cerise dont j’avais rêvé toute la journée, le soleil parce que c’est mieux que la pluie, les bénévoles et salariés tellement souriants et accueillants, les gars de la sécu qui ramassent des tapis roulants de slameurs toujours avec la même passion. Comme pour les marathoniens, j’ai envie de récupérer ma médaille de « finisher », oui le Hellfest je l’ai fait ! J’suis venue, j’ai vu, j’ai vaincu (mais je ne reviendrai plus !… sauf comme consultante – à titre même bénévole – pour la prise en charge des équipes médias… à bon entendeur !!).
Ka_jpg
Hellfest 2025, conclusion
On referme donc la page de cette édition 2025. C’est toujours un moment un peu nostalgique de quitter ce site, et le retour « à la vie normale » . La fameuse dépression post-Hellfest.
On en retiendra en tout cas de nombreuses rencontres, des échanges, des concerts bien sûr, de la chaleur, des kilomètres parcourus, des litres d’eau et de bière…
Terminons comme le festival sur un beau feu d’artifice !

Et la saison des festivals est loin d’être terminée sur HexaLive ! On vous invite donc à garder un œil sur nos publications, et à nous suivre sur les réseaux si ce n’est pas déjà fait !
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Aluk Tolodo
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Shaârghot
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Witchorious
Merci pour ce joli feedback immersif qui permet de mieux comprendre l’expérience Hellfest et de carrément s’y projeter !
Normalement tu devrais t’en souvenir jusqu’à tes 90 ans, le concept de l’expérience qui marque à vie. Par contre effectivement on ne profite pas car il y a trop de monde, de groupes, de kilomètres, de journées interminables. Mais l’ambiance avec ces bisounours géants est difficile à retrouver.