Ils viennent de L.A. (comprendre de Loire Atlantique), la Californie française. Ils sont trois (batterie, guitare, basse/voix), ils sont finalistes du tremplin Guitare en Scène, et ils ont ouvert la sélection sur la scène village mercredi 15 juillet. L’occasion pour Hexalive de les découvrir un peu mieux, après avoir il y a quelques mois écouté leur premier album Galak 51.
On va essayer de faire un peu mieux connaissance : comment vous décririez le groupe en un seul mot (chacun) ?
Amitié (à l’unisson !), ça fait 15 ans qu’on joue ensemble, on avait un autre groupe avant (un groupe d’hardcore), on s’est rencontrés un peu par hasard dans un bar, Bat (chanteur/bassiste) cherchait au pif un batteur…
« Amour » et « Energie » sont venus compléter le portrait !
Les genres musicaux aujourd’hui c’est devenu un véritable dictionnaire, le vôtre, vous le décririez avec quel vocabulaire ?
Post grunge médiéval… funky / groovy post grunge…
« Post Grunge » pour mettre tout le monde d’accord !
Vous pensez qu’on ne peut pas faire du Post Grunge en français ?
Avant l’album on a sorti deux EP et on avait des sons en français. Mais on se cherchait un petit peu donc on les a mis de côté, car on cherchait encore un peu la recette de notre mayonnaise. Par contre, Bat qui écrit les textes, a une culture qui est anglo-saxonne, et il a d’ailleurs énormément grandi durant son adolescence avec la carrière solo de Frank Black (à l’unanimité : « hyper classe de jouer avant les Pixies »).
La recette qu’on a trouvé pour composer c’est le jam et quand on fait du jam on laisse les émotions nous submerger, on laisse sortir ce qui vient et ça vient en anglais. Écrire en français, c’est plutôt après avoir fait les zik, en planchant sur une feuille, c’était un peu laborieux.
Mais on s’est aussi dit « si on survit à ça, on pourra jouer partout ! »
Est-ce que vous pouvez me parler de trois temps forts de votre carrière ensemble ?
Aujourd’hui !
L’enregistrement de l’album.
La session de compo (deux grosses sessions de jam).
Au final, c’est aussi le moment où l’ego est tombé entre nous, on pouvait tout se dire, sans jugement, alors que chacun a un univers plus ou moins light.
Le Hellfest n’en fait pas partie ?
C’est très cool évidemment, on l’a fait deux fois. On a bien kiffé, mais on a souffert un peu. C’était 45 degrés sous un chapiteau (la Purple House). C’est une scène pour les groupes émergents, c’est fait pour ça et c’est génial. Mais on s’est aussi dit « si on survit à ça, on pourra jouer partout ! ». Le Hellfest c’est aussi des potes et c’est chez nous.
Sur 10 à combien compte le fait d’être Nantais pour devenir un groupe de rock ? (je rappelle que le rock à Nantes a sa propre page Wikipédia!)
Il y a même un bouquin de Laurent Charliot, qui a, entre autres, créé les « Rockeurs ont du coeur ». Oui, Nantes est rock depuis les années 30-40. Niveau Jazz, Nantes a accueilli les premiers clubs de jazz en Europe mais c’est géographique, ils arrivaient par là. A l’inverse il faut avoir le niveau pour sortir du lot à Nantes, se battre un peu…
Je vais revenir vite fait sur le nom du groupe, est-ce que vous pouvez m’expliquer un peu et nous dire si ça a un rapport avec la saison 7 de South Park (on a des membres amateurs chez Hexalive!) ?
Évidemment. Les hommes crabes sont les reptiliens dans South Park, des êtres mi-hommes mi-crabes, qui vivent sous la terre et qui conspirent pour faire monter le niveau des océans. Ils jouent de la politique pour pouvoir manipuler les gens via les médias…
Le rapport avec nous ? On se renseigne pas mal sur ce qui se passe et on a besoin de tourner ça en dérision… et on adore l’océan !
Ces Hommes-crabes là on les applaudit d’ailleurs de façon peu sonore mais très visuelle, en pinces de crabes 😉
En parlant de crabes… La batterie pieds nus c’est comment ?
(rires)
En réalité… j’avais oublié mes pompes dans la voiture, mais je joue pieds nus la moitié du temps. C’est chouette car on ressent les vibrations, y’a un feeling, c’est chouette pour ressentir l’énergie…

Toujours en parlant d’instrument, on vous a vu sur scène avec une guitare (Cracks guitars) de Thibaut LECHERF, luthier présent sur le festival, vous pouvez nous expliquer ?
Chant-mé ! Si elle n’était pas cool je ne l’aurai pas joué, mais oui on l’a essayé en balance. On avait flashé hier, car on a un ami qui jouait avec nous dans l’autre groupe qui fait à peu près le même trip de guitare (bois brut) et c’est vraiment notre délire. On est repassé le voir et il nous a proposé de la prendre et de la mettre avec nous sur le côté de la scène, « pour faire beau » mais j’ai voulu la tester et je lui ai bien claqué la gueule, je lui ai mis de bonnes traces.
C’est la première fois qu’elle a joué et c’était hyper cool, c’est une très bonne rencontre. On a un pote (Valleypicks) qui fait des médiators en os, on bosse ensemble sur le Motocultor, je bosse avec des luthiers aussi…
Vous avez participé ici à un tremplin, qu’est-ce que vous en attendiez ?
On a été sélectionnés, on est en finale. Ce n’est pas notre réseau habituel, c’est un festival plus éclectique que le Hellfest par exemple, ça nous va un peu mieux. C’est une chance, c’est hyper important, ça nous donne accès à un public qui ne nous connaît pas du tout, ainsi qu’à des journalistes. Le résultat n’est pas important, on a déjà tout gagné ! Ça nous permet de bouger de chez nous (aller dans l’est !). Ici on est pris pour notre zik, c’est notre premier vrai retour, premier tremplin.
En plus c’est le soir des Pixies !

Est-ce qu’il y a quelque chose que vous retenez de cette expérience-là à Guitare en scène (GES) qui serait peut-être différente de ce que vous auriez déjà vécu ailleurs ?
Ici le public était à l’écoute. Sur trois quarts des concerts qu’on fait, les gens discutent etc. Ici c’est un peu comme au Hellfest, les gens viennent vraiment voir les concerts. Ils ont envie de « manger notre énergie ».
Souvent les festivals utilisent les tremplins pour qu’on parle d’eux sur les réseaux, avec des votes du public… Ici ça n’a rien à voir. Déjà on a été payés normalement. On a eu un jury de passionnés. On a été considérés. Le tremplin est ici hyper important. C’est important pour GES de faire découvrir des groupes et c’est d’autant plus cool pour nous. Ce sont des rencontres de ouf, on a halluciné des retours professionnels qu’on nous a fait. Ça nous donne encore plus envie d’y aller et de se professionnaliser.
Quelles sont les prochaines étapes pour vous ?
Bosser sur un prochain album, le Motocultor et se professionnaliser pourquoi pas (ndlr : avoir une intermittence sans avoir à bouger des caisses les week-ends pour avoir son nombre d’heures !).
Nous c’est pareil : on ride la scène
Si on devait vous souhaiter une carrière musicale aujourd’hui ce serait celle de qui ?
Sans réfléchir et pour tous les 3 : les Red Hot Chili Peppers !
Pour finir, s’il y avait une question que vous auriez aimé qu’on vous pose et que je ne vous ai pas posée aujourd’hui ce serait laquelle ?
Qu’on parle un peu des textes pourquoi pas !
Et si nous parlions alors un peu des textes !! Vous dédiez une chanson aux skatteurs…
Yes ! On a joué pour le Championnat de France de skateboard à Guidel, Alex vient du Bmx et du skate. Mais nous (Bat + Flo) on a découvert que, là-bas, les gens avaient le smile, la banane toute la journée. Les interactions étaient ultra cool, un peu comme à GES d’ailleurs ! Le fait de voir les riders et de capter ça : quand je suis dans le spine, je suis libre, je suis hyper bien. Nous c’est pareil : on ride la scène.
« I can ensure it, You won’t get me, I leave it all and fly » / Spine 2025
Merci à tous les 3 et rendez-vous au Motocultor !
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