Le Off du Leclerc : La grosse claque d’avant-match !
Tu croyais poser tes valises tranquille, choper ton pack de 12 au frais et attendre sagement que les portes de l’Enfer s’ouvrent ? Tu t’es bien planté. À Clisson, le warm-up commence sur le bitume du supermarché, et cette année encore, le Off a envoyé du très lourd pour réveiller les morts.
Franchement, faut le voir pour le croire. Le parking du Leclerc transformé en fosse géante, des caddies qui tanguent au rythme des blasts, et les caissières qui headbangent entre deux scans. C’est le seul endroit sur Terre où tu fais le plein de merguez au milieu d’un mosh pit.
Pendant deux jours, c’était l’anarchie totale (mais gérée de main de maître, merci pour eux). Pas besoin de ticket, tu pointes ton nez, tu chopes une mousse fraîche et tu te prends les décibels en pleine poire. L’orga a aligné plus de trente groupes sur deux scènes, sans chichis, juste pour le plaisir de faire saigner les oreilles des premiers arrivés et des locaux venus squatter la fête.
Niveau son, il y en avait pour tout le monde. T’avais les potes venus envoyer de la reprise qui tache (histoire de hurler du Scorpions ou du AC/DC en chœur avec 5 000 furieux.ses), et les artistes de la scène locale qui ont sorti les tripes pour nous coller des grosses mandales à coup de Hardcore bien gras, de Stoner qui poisse et de Metalcore ultra-nerveux. Même les gosses ont eu leur dose d’adrénaline avec les animations et la session kids.
Pas de chichis, pas de barrières, juste de la poussière, de la sueur, et la banane sur tous les visages. Le Off, c’est l’essence même du truc : la démerde, le partage et du gros rock qui tache. Les nuques sont déjà en compote, les foies crient déjà grâce… et le vrai festival n’a même pas commencé.
Une machine de guerre ultra-rodée
Derrière ce joyeux bordel, faut pas s’y tromper : la machine est calée au millimètre. Côté Leclerc, que ce soit pour abreuver la meute au bar ou gérer l’accès des milliers de furieux.ses, c’est un sans-faute absolu. Rien à redire. Et puis, impossible de ne pas saluer le boulot monumental d’Alexandre Saba (de chez M&O). Le boss de la prog live nous a pondu, cette année encore, une affiche XXL qui n’a franchement rien à envier à certains festivals officiels.
D’ailleurs, demandez aux habitués : pour beaucoup, le Off est devenu un pèlerinage à part entière. Nous, les locaux, on ne s’y trompe pas. On voit débarquer les vagues de festivalier.es de plus en plus tôt. Dès le lundi, le bitume commence à chauffer pour ne surtout pas louper ces deux jours désormais incontournables. Alors soyons clairs, arrêtons de mentir sur les chiffres : le Hellfest ne dure pas quatre jours, mais bel et bien six jours complets. Si on y intègre le Off, c’est un marathon dantesque de près de 300 groupes que les rescapés auront eu la chance de se mettre entre les oreilles avant de rentrer au bercail.
Hellfest Le Off – Mardi
L’apéro des braves et le premier round d’échauffement
Le coup d’envoi est donné à une heure hautement stratégique : celle de l’apéro. Évidemment, on consomme avec modération, d’autant que le thermomètre affichait des températures à faire fondre le bitume. Écrire une chronique sur ce genre d’exercice relève presque du miracle : va juger un combo sur un set éclair de 30 minutes, montre en main ! Les groupes ont à peine le temps de poser leurs amplis et d’ajuster les balances à la va-vite que c’est déjà l’heure d’envoyer la sauce. Mais la magie du Off opère à chaque fois : l’enchaînement se fait dans une continuité folle, le son est là, et on passe notre temps à ramasser nos dents.
Pour en avoir le cœur net, on est allés traîner nos guêtres dans les backstages histoire de cuisiner les groupes et de leur arracher quelques confidences entre deux suées. Si on devait faire un bilan des hostilités de ce premier round, on retiendra quelques énormes secousses.
Darkrose et Yerao nous ont collé de sacrées mandales d’entrée de jeu. Grosse confirmation aussi pour Aphasis — des petits gars déjà croisés au festival voisin d’Une Nuit en Muscadet qui ont transformé l’essai avec une énergie contagieuse. Du côté des belles surprises qui font du bien par où ça passe, mention spéciale à Mu, Hangman’s Blood et au rouleau compresseur de Sick Sad World, auteur d’une prestation monumentale. Mention respect-total-vous-êtes-des-reines à Darkrose, qui ont éclaté le patriarcat à grand coup de micro dans les dents (et c’était nécessaire !!). On a aussi pris une bonne dose de folie surprenante avec Sarmates et l’efficacité redoutable de Hannibal.
Pour les nostalgiques de la grande époque, le tribute band Lovedrive a rendu un hommage à Scorpions d’une justesse impitoyable, tandis que Slip Panther s’est chargé de terrasser les derniers survivants pour refermer en beauté cette première journée. Une pensée obligatoire pour tous les autres guerrier.es qui ont foulé les planches et prouvé qu’ils.elles en avaient sous le capot : Agony, Derelicts, Ghost Anthem ou encore Redstone… Ont tous.tes assuré comme des damnés et craché leur talent sans compter.
Endless Agony / Sick Sad World / Mu / Hangman’s Blood / Sarmates / Aphasis / Darkrose / Derelicts Redstone / Ghost Anthem / Yerao / Hannibal / Lovedrive / Slip Panther
Endless Agony
Des riffs bien bourrins propulsé pleine gueule, de quoi réveiller tout Clisson, c’est sur une fusion hardcore et thrash que commencent les festivités ! Endless Agony préparent le terrain avec brio, on sent qu’on est au Hellfest. Pas de chichi. C’est violent, et on aime ça !
Sick Sad World
Des cris perçants qui peuvent aussi bien te faire headbanger que pleurer ? Si ça éveille ta curiosité, jette donc un œil à ce groupe de Post Metal Nantais, ça sort des tripes, c’est brut, c’est beau et ça fait du bien. En plus, adapter des morceaux aussi longs et travaillés pour un set de 30min, chapeau les artistes !
Mü
Un chant qui monte en intensité jusqu’à l’explosion et du bon texte en français, c’est ce que nous propose Mü qui ont tout déchiré sur la scène du OFF. Le chant saturé fusionné avec le chant clair créer une dualité entre violence brute et murmure, le tout noyé dans les instruments —- c’est parfait !
Hangman’s Blood
Un chant envoûtant et brutal, voici ce que nous propose Bel Cherry en plus d’avoir une énergie débordante sur scène. Et bam ! T’entends ça ? Des solos de guitare bien propres et techniques se combinant parfaitement avec la voix, c’est ce dont on avait besoin et on en redemande !
Sarmates
Vous n’avez jamais vu cet instrument. Oui oui. LE SARMATA ! Curieux-se ? Ce groupe nous faisant voyager à travers des sonorités issues des peuples des anciennes routes de la soie en s’inspirant des Scythes, Huns et Mongols ont créé de toute pièce
Aphasis
Venus de la scène nantaise, les gars ont balancé un metal/rock brut et percutant, entre influences à la Metallica, accélérations hardcore et cassures aériennes.Sur scène, pas de chichis : du jeu franc, une complicité évidente et des textes engagés vibrants de sincérité. Un groupe à suivre de très près !
Darkrose
« More Women On Stage », et si t’es pas d’accord avec ça, on part sur un pied-bouche. Et avec ceci ? Un chant à la Amy Winehouse accompagné de riffs explosifs, une prestance scénique de zinzin et voir des meufs sur scène — ça fait du bien ! Bourrée de talents et bien engagée, Darkrose ont su mettre tout le monde d’accord : des reines.
Derelicts
« Excusez nous madame », c’est ce qu’on pourrait dire en écoutant la voix de Marion, qui nous tabasse les oreilles avec son chant guttural hyper violent. On n’aimerait pas se faire engueuler ! Alors préparez vous à vous briser la nuques sur des sons bien lourds, et si t’es pas d’accord avec ça, rendez-vous dans le moshpit !
Redstone
Avez-vous 3 adjectifs pour décrire votre passage sur scène et quelques mots pour vous décrire ?
Energie, lourdeur et groove
La musique de Redstone est basée sur des gros riffs Stoner mais pas que ! On ressent des influences multiples allant du Hard Core au Prog, en maintenant un groove permanent, une tension constante et des passages ambiants. L’alchimie des styles est lâchée dans une violente énergie sur scène. Un nouvel EP (7 titres) vient d’être enregistré et sortira après l’été.
Ghost Anthem
Avez vous 3 adjectifs pour décrire votre passage sur scène et quelques mots pour vous décrire ?
Brutal, démentiel et unique
Ghost Anthem est un groupe français de metalcore mélodique sans compromis. Formé en 2017 à Paris, le quintet développe un son moderne et puissant, influencé par l’héritage du death mélodique scandinave. Leur musique se distingue par des riffs tranchants et guitares massives pour une intensité permanente. Un chant polyvalent, entre rage et mélodie, vient frapper droit au but. Une seule ligne directrice: frapper fort et marquer durablement la scène métal moderne.
Yerao
Avez vous 3 adjectifs pour décrire votre passage sur scène et quelques mots pour vous décrire ?
Déjanté, Circle pit, Licorne
Chez Yerao, on aime les riffs lourds, les refrains qui restent en tête… et les concerts où la fosse devient un immense terrain de jeu.
Notre univers mêle nü-metal et metalcore, porté par une identité visuelle forte et une approche profondément DIY. Chaque live est pensé comme une expérience immersive, où les barrières entre le groupe et le public disparaissent. Wall of death, circle pit, slams, surprises scéniques… chez nous, les gros breakdown ne riment pas avec austérité : elles sont surtout une excellente excuse pour FAIRE LA TEUF.
Hannibal
Avez vous 3 adjectifs pour décrire votre passage sur scène et quelques mots pour vous décrire ?
Mémorable, puissant, fédérateur, fier et résolument rock’n’roll : un moment de joie, de rencontre et de gros son.
Né dans l’Ouest de la France, HANNIBAL joue un rock-métal puissant, porté par des riffs acérés, des rythmiques solides et des textes en français. Les musiciens du groupe traînent derrière eux une solide expérience musicale et scénique, et ça s’entend : chaque concert est une déflagration qui prend aux tripes et laisse des traces.
Love Drive
Dès les premiers accords, le tribute band Lovedrive ressuscite avec une fidélité bluffante l’énergie scénique et la magie des pionniers du hard rock allemand. Le mimétisme est saisissant, porté par un chant qui défie sans trembler les envolées de Klaus Meine et des duels de guitares d’une précision chirurgicale. Cette communion nostalgique s’achève en apothéose sous les chœurs vibrants d’un public entièrement conquis par ces hymnes rock et ballades intergénérationnelles.
Hellfest Le Off – Mercredi
Second et dernier round du off, pas question de se reposer !
Le soleil se lève sur la charmante bourgade de Clisson, les survivants de la veille, titubant jusqu’au bar avec un seul mot à la bouche bien connu (aperooooooo), la couleur est déjà donnée. Ce ne fut pas les petits oiseaux qui réveillèrent les riverains en cette douce matinée mais plutôt les balances de ces nouveaux groupes enragés. Non pas fatigués de la veille mais plutôt traînés par notre envie viscérale d’entendre moult sonorités virulentes permettant de déboucher nos oreilles déjà conquises et de voir un grand nombre de congénères s’extasiants sur cette même musique. Nous nous sommes donc mis en marche, traversant la horde de festivaliers prête à faire couler le sang pour la meilleure place du camping.
Une fois arrivés, le ton enfantin était donné pour le début d’après-midi avec rock’n puppets et cartoon machine prêts à faire danser petits et grands. Pour un ton plus adulte, de la bonne brutalité avec eradikal insane et monolyth, nous ramenons à une scène plus saturée. Un pré-enhancer/limp bizkit par face 2 fake qui nous montre que metal et rap, ça déboite ! Et pour finir des reprises qui font mouche, interprétées par Ballbreaker et Soldier side, prouvant que les groupes tributes sont tout autant légitimes.
Lux Mentis / Kill The Drama Queen / Dvm Spero / Seven Eyed Crow / Rock’n puppets / Ballbreaker / Monolith / Eradikal Insane / Face 2 Fake / Cartoon Machine Soldier Side
Lux Mentis
Avez vous 3 adjectifs pour décrire votre passage sur scène et quelques mots pour vous décrire ?
Metalcore mélodique cinématographique
Lux Mentis, c’est une jeune formation de metalcore née il y a un an à Nantes. On aime proposer un univers qui va au-delà de la musique, avec une identité visuelle et une mise en scène où notre chanteur incarne Scafe et Yin. On est au début de l’aventure, mais sur scène, on se donne à fond. Si les breakdowns, les circle pits, les wall of death et les refrains fédérateurs sont votre truc, alors on devrait bien s’entendre.
Kill The Drama Queen
Fan des années 90/2000 et de métal ? Vous êtes au bon endroit.
C’est avec beaucoup d’émotion et de fierté que Kill The drama queen ont foulé la scène du off. Ou plutôt l’ont retourné à l’aide de leur mélange alternatif et progressif ! C’est avec leur jeu de scène énervé et leur mélange parfaitement exécuté que l’on se retrouve à bouger avec vélocité !
Avez vous 3 adjectifs pour décrire votre passage sur scène et quelques mots pour vous décrire ?
Progressif, émotion, fierté
Dvm Spero
Avez vous 3 adjectifs pour décrire votre passage sur scène et quelques mots pour vous décrire ?
Intense, sombre et circle pit !
A la fois inspiré des courants metal moderne (Jinjer, Infected Rain, Spiritbox) et du metal « visual kei » japonais (Dir en grey, D’espairsRay, MUCC), DVM SPERO explore en permanence l’équilibre entre mélodie et brutalité, beauté et violence, ombre et lumière.
L’introspection au cœur des thèmes abordés, viscéralement humains, se dépeignent au fil d’enchevêtrements de mélodies à fleur de peau et de riffs tranchants, portés par une voix bicéphale qui muent de douces tonalités claires aux cris écorchés vifs.
Seven Eyed Crow
Avez vous 3 adjectifs pour décrire votre passage sur scène et quelques mots pour vous décrire ?
Bouillant, énervé, motivé
Des morceaux énergiques et complexes guidés par des mélodies et de l’émotion ! Un groupe progressif qui sort des sentiers battus en empruntant à des musiques d’ailleurs. Une expérience déroutante et unique..
Rock’n Puppets
Et pourquoi ne pas faire découvrir aux enfants le monde merveilleux des guitares saturées et des chansons explosives par une marionnette ? C’est ce que fait ce charmant muppet Chester, accompagné de sa gratte et sa chope de bière. Sans oublier la mousse, les bulles et autres joyeuseries.
Ballbreaker
Le haussement de sourcils qu’on a eu dès que les premières notes sortant de la bouche du chanteur furent exprimées n’ont pas besoin de plus de commentaires. Comment se fait-il que la reprise de ce groupe mythique qu’est AC/DC puisse parvenir aux mêmes mimiques que ce soit au niveau de la gestuelle ou du talent musical ?
Mention spéciale au premier morceau interprété par une chanteuse et quatre cornemusistes.
Monolyth
On repart sur du death mélo bien explosif et aux inspirations proches d’In Flames. Un set bien maîtrisé et jovial qui nous fait repartir sur des bases différentes du groupe précédent mais tout aussi bonnes !
Eradikal insane
Euuuh, qui à augmenté le taux de brutalité au max ? Comment ça, ils sont arrivés eux mêmes dans l’espoir de voir tout le monde bouger la tête jusqu’au sol et d’observer des taches de sang sur le bitume ? Bon bah, on va être forcés de se déchaîner sur du bon gros death métal enjoué de pig squeal et autres techniques obscures !
Ps : Pour les amateurs de brutal death français, si le chanteur vous dit quelque chose, allez mater le clip casual piece of meat de Benighted.
Face 2 fake
Yo yo, on est dans la place, on va pouvoir profiter d’un bon vieux mélange de nu-métal qui nous fait virevolter. On danse, saute, bouge sur les morceaux de Face 2 Fake qui sont exécutés avec justesse. C’est un vrai retour aux années 2000 qui nous est proposé et ça marche !
Cartoon Machine
« Moi j’ai un rêve… ». Prêts à revivre les chansons de ton enfance version ska-punk ? En voilà une super idée ! Merci aux gars de Cartoon machine qui nous interprètent ce petit mélange tout droit sorti du four, on chante, on rigole et on pogote (pas trop quand même, il y a des gosses). Un retour à l’âge lointain où l’on ne payait pas de taxes réussi !
Soldier Side
Quoi de mieux pour finir ces deux jours en beauté que des reprises d’un des meilleurs groupes de tous les temps : SOAD ? Encore une fois, on nous prouve que les tributes ont leurs mot à dire avec un show exécuté avec perfection. Même les zicos de Locomuerte ne purent s’empêcher d’apporter leur patte sur scène en chantant au micro ou en sautant de partout. Et que dire du public agglutiné et plus nombreux que jamais ?
Entre la folie des mosh pits sur le bitume, les découvertes locales ultra-solides et des tributes d’une justesse impitoyable, les nuques sont en compote mais les cœurs sont conquis.
Un immense merci à l’organisation pour cette machine de guerre rodée au millimètre, à Alexandre Saba pour cette prog XXL totalement gratuite, aux caissières et équipes du magasin qui ont headbangué avec nous, et bien sûr aux trente groupes qui ont tout donné sur scène.
Nous souhaitons remercier tous les groupes, bourrés de talents, qui ont acceptés de nous prêter leur temps pour répondre à toutes nos questions. et qui nous ont fait passer un moment incroyable. Ils nous ont fait pogoter, trembler, headbanger et ça, c’est ouf !
Le décor est posé, les oreilles saignent déjà… Place au grand pèlerinage. À l’année prochaine le Off !
JEAN MICHEL / LOLA / JEAN