Marmites & Moshpit [by Rock in your kitchen]

Jean Driege, le « chef metalleux », est un sacré lascar. Si vous n’avez pas déjà croisé son chemin, vous saurez tout en lisant sa première interview Hexalive. Jean nous revient avec un nouveau format très prometteur : Marmites & Moshpit dès à présent proposée sur sa chaîne Youtube : Rock in your kitchen. On a tout voulu savoir.

Jean, pour ce tout premier épisode, tu as choisi de tourner dans les conditions du direct à la FireMaster Convention à Issoudun. C’est un sacré baptême du feu pour lancer un format d’une heure ! Pourquoi avoir choisi l’effervescence d’une convention Metal plutôt que le confort calme d’une cuisine de studio pour essuyer les plâtres ?

« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » j’aurais tendance à te dire.

C’est un peu ma philosophie de vie, et le lancement de cette émission en est la parfaite illustration. Ça fait des années que Marmites & Moshpit me trotte dans la tête. Le jour où, avec l’équipe, on est passé au concret, la question du lieu s’est imposée immédiatement. Une cuisine de studio ? Trop évident. Trop lisse. Pas cohérent avec ce qu’on voulait raconter. Et c’est le timing qui a tout décidé : au moment de lancer le premier coup de caméra, j’étais prévu sur la scène de la FireMaster pour un show culinaire. L’évidence s’est imposée : on tournera là, dans un lieu chargé d’énergie rock. Et pas question de faire les choses à moitié : le live s’est lui aussi imposé comme une seconde évidence. Partager ce lancement avec le public, comme des artistes sur scène, c’est ça aussi offrir un vrai show.

Parce que c’est exactement ça, l’ADN de l’émission : marier l’art de la scène et la cuisine, jusqu’au bout, sans compromis, et le plus naturellement du monde. On voit déjà tellement d’émissions de cuisine ultra léchées, bien propettes, où tout est millimétré et où le naturel a du mal à trouver sa place. Moi, ce que j’aime, c’est le vrai. Et rien de tel que le live pour ça, où il faut accepter que parfois les choses ne se passent pas comme prévu. Comme un set sur scène, au fond.

Les prochains épisodes, on me retrouvera encore là où les artistes transpirent et créent vraiment : salles de répèt’, conventions, festivals, lieux de rencontres atypiques. Oui, c’est plus rock niveau logistique. Mais c’est cohérent avec ma vision.
Et franchement ? C’est tellement plus vivant !

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Dans l’épisode 1, on te voit revisiter des classiques de la cuisine allemande (Wurstsalat, Forêt-Noire) en version 100 % vegan pour coller à l’univers et aux convictions de ton invitée, SUN. À quel point est-ce un défi pour toi, le chef, de t’adapter aux régimes, aux goûts ou aux origines de chaque artiste pour construire ton menu ?

J’ai une chance réelle : la cuisine, c’est mon métier bien au-delà des émissions. Je le dis souvent : je suis cuisinier, pas influenceur. M’adapter aux univers de chacun, je fais ça au quotidien. Dans mon activité de chef privé, j’ai une spécificité : chaque menu est créé sur-mesure, pensé pour le client, en fonction de ses régimes, de ses goûts, de ses souvenirs, de ses émotions. Transposer cette approche dans Marmites & Moshpit est donc, quelque part, une évidence.
Ce qui est fascinant en revanche, et c’est là que ça devient vraiment excitant, c’est la découverte. Plonger dans des cultures culinaires que je ne connais pas, tomber sur des plats qui m’étaient totalement inconnus. La phase de recherche et de documentation, j’adore ça.

Avant l’épisode avec SUN, je ne connaissais ni la Wurstsalat ni la Markklösschensuppe. Et c’est précisément ça qui me nourrit dans ce métier : enrichir encore et encore ma bibliothèque cérébrale. Pour moi, un plat découvert… un plat appris… un plat à réinterpréter !
Parce qu’ensuite vient la partie que j’affectionne tout autant : cogiter. Comment le revisiter ? Comment le réinventer ? Ici, par exemple, en version 100% vegan. Mais comme on dit : « De la contrainte naît la créativité ». J’aime cette tension intellectuelle là.

Et pour reprendre légèrement différemment la phrase de Guy Savoy sur son plaisir du marché, je dirais que pour moi « La réflexion autour d’un plat, c’est à la cuisine ce que les préliminaires sont à l’amour. »

… on veut faire le programme qu’on aurait envie de regarder nous-mêmes.

Proposer un format d’une heure sur YouTube en 2026, à l’ère des vidéos ultra-courtes, c’est un vrai parti pris de passionné. Entre les temps de découpe, les cuissons (comme la soupe de boulettes ou le gâteau) et les discussions de fond, comment as-tu bossé le rythme et le montage avec ton équipe pour que le spectateur reste scotché du début à la dégustation finale ?

La question de la durée revient souvent mais on l’assume complètement. Avec l’équipe, on est convaincus qu’un format long, entre 1h et 1h30 (on ne tourne pas du Kubrick non plus !), est indispensable pour vraiment creuser l’histoire et la personnalité d’un artiste. Parce que c’est ça, le cœur de Marmites & Moshpit : connaître l’humain derrière l’artiste. Un souvenir fort, une histoire personnelle, ça ne se livre pas en quelques minutes ! Il faut du temps pour installer la connivence, la confiance, pour que quelqu’un s’ouvre vraiment. Et pour ceux qui n’ont pas 1h30 devant eux, les vidéos sont chapitrées, rien n’empêche de les regarder par petits bouts 😉

Sur le rythme ? Honnêtement, on n’intellectualise pas trop. Notre boussole, c’est simple : on veut faire le programme qu’on aurait envie de regarder nous-mêmes. La complicité avec la personne au montage et à l’habillage (merci David !) et l’œil affûté d’Élodie nous aident énormément. Quand tout le monde partage la même vision, ça se ressent à l’écran. Et puis, on ne peut pas non plus trop couper : sans les recettes dans leur continuité, l’émission perdrait son sens. C’est ça aussi, la petite contrainte de ce format mais comme je le disais, c’est justement ce qui en fait un terrain de stimulation incroyable à chaque tournage.

Pour la construction d’une émission, je me prépare sur papier un fil directeur : quelques questions, les grands temps forts autour des plats choisis par l’artiste, les moments clés de son histoire. Mais c’est volontairement léger. Ce sont les échanges, les digressions, les moments inattendus qui font la vraie matière de l’émission. Ce type de conversation me vient naturellement, tout comme cuisiner. J’ai une destination en tête, mais je laisse le chemin se tracer au fil de la discussion. Les fiches ultra-préparées, les questions minutées… ça irait à l’encontre du naturel que je veux insuffler à ce programme. Car oui, les artistes n’ont pas non plus les questions en amont !

Après, au grand dam d’Élodie qui assure actuellement la coordination du plateau et veille au timing, et à qui je dois un grand merci, je ne suis pas toujours le premier à regarder la montre quand les échanges deviennent passionnants. Mais on s’en sort plutôt bien, je crois !

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Le premier épisode met à l’honneur la « Brutal Pop » lumineuse et explosive de SUN. Pour l’épisode 2, tu annonces LOCOMUERTE [NDR : épisode paru entre-temps – retrouvez-le à la suite de cette itw], ce qui promet une ambiance Chicano Hardcore radicalement différente. Comment est-ce que tu adaptes ton énergie de présentation (et ton menu !) quand tu passes d’un univers musical à un autre ? On doit s’attendre à des piments « muy calientes » pour le prochain service ?

C’est clair qu’on va être sur deux ambiances très cool mais très différentes ! Et l’épisode avec les LocoMuerte est vraiment particulier dans le sens où l’on aura le plaisir de retrouver chaque membre individuellement dans sa propre séquence, avant de tous les retrouver autour d’une grande tablée pour le moment du banquet. Ce partage final dans Marmites & Moshpit, je l’adore tout particulièrement, car c’est souvent l’occasion de se replonger dans de nouveaux souvenirs, matérialisés autour d’objets symboliques pour les artistes.

… mon envie, c’est que chaque épisode soit une expérience à part entière…

Tu sais, mon envie, c’est que chaque épisode soit une expérience à part entière : différent dans le style de l’artiste, différent dans le menu bien sûr, et différent dans l’ambiance générale parce que c’est exactement ce qu’est le Metal pour moi aujourd’hui : une pluralité incroyable, une diversité qui n’en finit pas de surprendre. SUN a été absolument incroyable, des anecdotes, une énergie… vraiment hors norme.

Et les Loco… ben, c’est les LOCO ! Tout l’univers chicano est là, on est à fond dans la street food West Coast, version caliente… sauf le dessert, parce qu’El Floco tenait à glisser un petit hommage à sa Normandie et ça, j’ai trouvé ça touchant, un vrai pas de côté dans le menu général.

Sur ma façon de préparer : comme dit précédemment, je structure peu mes questions à l’avance, mais quelques jours avant chaque tournage, je me plonge dans la discographie et la vie de l’artiste de façon quasi obsessionnelle. Je les écoute, je les réécoute, je m’imprègne de leur énergie, de leur personnalité musicale, parce que pour moi, la musique de quelqu’un te dit déjà beaucoup sur qui il est. C’est ma boussole. La seule autre info concrète que j’ai en amont, c’est le menu qu’ils ont eux-mêmes choisi pour l’émission. Et ça, c’est loin d’être anodin : comme leurs morceaux, les plats ne sont jamais choisis au hasard, ils ont un sens, ils
racontent quelque chose. Alors entre leur son et leur menu, je me construis déjà une image de la personne que je vais rencontrer… et ensuite, je lâche prise et je me laisse porter par le feeling de la rencontre.

Maintenant que le premier pavé est jeté dans la mare et que la machine est lancée, quelle est ton ambition secrète avec ce format ? Est-ce que le but à terme est d’emmener ta cuisine nomade dans les backstages des plus grands festivals européens comme le Hellfest ou le Motocultor pour cuisiner avec des têtes d’affiche internationales ?

Te dire le contraire serait clairement te mentir : oui, cette ambition existe sur le long terme, et je l’assume complètement. Mais aujourd’hui, ma priorité va résolument aux groupes de la scène française, parce qu’on a des pépites absolument incroyables,
méconnues du grand public, qui méritent une vraie mise en lumière. Le Metal est encore un genre trop caricaturé en France, sous-représenté dans les médias, et ça, ça me tient vraiment à cœur de le changer à mon échelle, et de valoriser cette scène qui le mérite
largement.

Et dans cette logique, tourner un épisode de Marmites & Moshpit au Hellfest, au Motocultor ou dans n’importe quel grand festival français, voire européen, serait quelque chose d’incroyable. Si les organisateurs lisent cette interview… l’appel est lancé !

Maintenant, si à terme la scène internationale s’ouvre et qu’une opportunité se présente, je serais le premier à sauter dessus avec joie. Je n’ai jamais caché ma passion pour Sabaton, donc là on serait dans une autre dimension. Et recevoir par exemple Joakim Brodén, Attila Dorn de Powerwolf, Bruce Dickinson d’Iron Maiden, Marko Hietala ou encore Alissa White-Gluz de Dragon Force… ce serait tout simplement démentiel et un rêve qui se réaliserait de ouf.

L’appel est lancé lui aussi, et mon anglais est prêt !

Un commentaire sur « Marmites & Moshpit [by Rock in your kitchen] »

  1. Trop cool, une ambiance sympa ça donnerait presque envie de cuisiner je déconne ça donne envie. Merci super concept🤘

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