Jean Driege

“Journée à la cool, tranquille !” dit Jean Driege en s’installant. Il prépare une carbonade pour les copains du lendemain.
Jean, comment aimes-tu être présenté lors de telles interviews ?
Bah écoute : “chef metalleux”. Souvent, on me présente comme ça et ça me va.

Perso, je t’ai découvert grâce à la toute jeune émission Thrashy Time (sur Wanted Radio) de l’ami Janovitch. Tu en étais l’invité il y a peu, le 15 octobre dernier, et tu en es d’ailleurs même désormais le parrain très officiel ! Félicitations ! 
Comment en es-tu arrivé à être en contact avec Janovitch ?
C’est lui qui m’a contacté ! Je ne sais plus si c’était sur Tinder ou… (rires) Non, je déconne. Je pense que c’était sur Instagram. On a échangé. J’ai trouvé ça sympa. Il avait rebondi sur une story que j’avais faite sur les brunches du Hellfest Corner. On a parlé de métal. C’était même avant le démarrage de sa jeune émission.

C’était cool à vivre d’être ainsi avec Janovitch durant 40mn à mêler cuisine et métal ?
Oui, super moment ! Et Jano est hyper-enthousiaste. Un enthousiasme communicatif ! C’était vraiment cool. Un bon format ! Il m’a laissé la partie programmation. Ça m’a permis de raconter des anecdotes. Vraiment bon moment !

Et, justement, faire cette programmation fut simple ou compliquée ?
Oh non, non. C’est venu assez naturellement. Jano m’a dit “tiens, choisis 5 ou 6 morceaux !”, j’ai regardé ma playlist en me disant “ok, qu’est-ce que je me mets bien dans les oreilles, qu’est-ce qui m’a marqué…” Et c’était finalement une évidence. Par exemple, Parkway Drive qui d’ailleurs fut un des meilleurs concerts que j’ai pu voir au Hellfest. Et Sabaton (Ah, Joakim Brodén !) que j’adore ! Et Pain !

D’ailleurs, c’est quoi pour toi un bon live ?
L’énergie sur scène, le show, le bon son, la bonne ambiance dans le public… C’est ce qui se passe sur scène et ce qui se passe dans la fosse. Tu sais, je ne suis pas musicien. A mon grand grand regret ! Alors je suis sensible à l’expérience dans sa globalité.
Même chose : Amon Amarth, j’adore et, au Hellfest, c’était extraordinaire !

Durant cette émission, tu as répondu à moultes questions de Jano. En aurais-tu une, toi, de question, à lui poser pour riposter ? Vas-y full blast ! Histoire de te venger. 🙂
Écoute, oui. Il est très branché bouffe. L’autre jour, il m’a même envoyé une photo de son poulet à la crème. Alors ma question sera : si tu recevais Dave Mustaine à dîner (car je sais qu’il est très fan de Megadeth), qu’est-ce que tu lui cuisinerais ?
Voilà, ça, c’est fait !

Tiens, d’ailleurs, si tu avais une émission (TV ou radio) de cuisine, quel titre de métal utiliserais-tu pour le générique ? Oui, tu n’as droit qu’à un seul titre.
Écoute, moi, il y a un groupe que j’ai toujours regretté de ne pas avoir vu. J’avais même mes places mais, malheureusement, il nous a quitté… C’est Motörhead. Et le titre qui collerait bien au générique d’une émission, c’est tout simplement “Rock N’ Roll”. C’est un titre accessible, kiffant, ayant une belle énergie et pouvant plaire au plus grand nombre.

Tu es très fan de Sabaton également : imagine qu’ils font appel à toi pour leur 3e mi-temps après leur prochain gig à La Villette, que vas-tu leur concocter pour bien les impacter ?
Alors, déjà, je lance un grand message : “Joakim Brodén, mon numéro, c’est le…” (rires)
Je pense que, en entrée, je leur ferais un tartare. Tu sais, le terme tartare, ça vient du peuple tartare qui voyageait énormément et, anecdote, qui glissait leur viande sous la selle de leurs chevaux pour l’attendrir. Alors, on irait vers un tartare de veau avec du flétan – parce qu’ils sont suédois donc, du flétan fumé, ça leur parle. Le tout condimenté avec de la noisette. Et, en plat, puisqu’on serait en mode catering, je leur ferais une fricadelle. Un gros hot dog accompagné de légumes grillés à la flamme parce que Sabaton ça envoie côté pyrotechnie. Et puis une bonne sauce au curry rouge, tiens !

OK, parfait ! Il faut aussi choisir la bière qui va bien !
Alors la bière… (temps de réflexion)… Là, il y a toute la liste des bières qui défile dans ma tête…
D’autant que, par chez toi (Lille) la liste est longue…
Écoute, je leur ferais découvrir un brasseur que j’adore dont la bière s’appelle la PVL. Ils font une excellente bière blonde qui a été plusieurs fois primée. Je n’irais surtout pas sur des délires de bières aromatisées, non. Voilà : une bière blonde qui a du corps, qui a de la gueule ! Je sais que les suédois sont amateurs de bières blondes.
Donc, il faut vraiment qu’ils m’appellent, hein ! (rires)

Peux-tu nous parler un instant de ton concept “Rock In Your Kitchen” (ou “Rock n’ fork” ?) ? (ndr : chef à domicile)
Oui, c’est “Rock In Your Kitchen” (le premier nom qui m’est venu) sur Instagram puis “Rock n’ Fork” pour mon site, pour une simple histoire de nom de domaine disponible sur internet. “Rock n’ Fork”, bien sûr, parce que ça m’amusait de sonner comme “Rock n’ Folk” !

En fait, je cuisine directement chez mes clients (certains diront « chef nomade »), que ce soit des particuliers ou des entreprises, où je leur fais découvrir mon univers culinaire et musical. Je fais autant des dîners sur Table gastronomique que de la street-food pour les événements privés mais aussi (comme je dispose d’un camion-cuisine me permettant de venir, si besoin, avec une cuisine complète) pour des gros événements type festival et régaler plein plein de monde.

Ton business marche bien ?
Oui, je suis assez demandé. Par exemple, jusqu’à la fin d’année, je suis booké. Donc, c’est cool. Particuliers, entreprises, écoles de commerce font appel à moi. J’ai développé 3 offres différentes et mes prix sont accessibles.

Tu es aussi une fois par mois aux commandes du brunch du Hellfest Corner jusqu’en juin 2024. Ça se passe comment ? 
Déjà, me voir proposé de cuisiner lors de ces brunches au Hellfest Corner, en terme d’émotions, c’était un peu comme si Joakim Brodén m’appelait ! (rires)
On me laisse totalement carte blanche et, à chaque fois, les retours sont canons !

En sus des mets à déguster, es-tu aussi le MC de l’ambiance sonore du lieu lors de ces occasions ?
Alors disons que je choisis la musique en cuisine mais, en salle, au Hellfest Corner, ils ont évidemment très bon goût ! Et ils connaissent aussi mes sensibilités. 

Tu as indiqué précédemment ne pas être musicien…
A mon grand regret ! J’ai essayé ! Mais mes mains ne se coordonnent pas du tout ! Alors gratte et basse… Et s’il s’agissait de jouer de la batterie… Oublie tout de suite ! 

Bon ok. Mais, voilà, pendant un an, on te donne du temps et des cours : vers quel instrument vas-tu ?
La guitare ! Oui, la guitare !
C’est d’ailleurs l’instrument sur lequel j’ai essayé, essayé et essayé encore. J’ai même persévéré mais ça ne passait pas. J’ai même à une époque eu une B.C. Rich Warlock étant étudiant mais j’ai fini par devoir la revendre.
Donc, pour répondre à ta question, si j’ai tout le temps et tous les cours que je veux, c’est la guitare et je me rachète une B.C. Rich Warlock !

Bon, sinon, question de mon pote Rod’. Il ne voulait pas que je te la pose mais, moi, je l’ai trouvé bien bonne, j’avoue :
“Jean Driege, ce métalleux, quand il a une petite faim, est-ce qu’il se fait un métal-encas ?” 
Haha, oui, alors je dirais un bon gros hotdog bien quali parce ça me rappelle ce qu’on peut trouver en festival mais vraiment de qualité.
Avec la petite touche Jean Driege, quand même, non ?
Oui, moi, j’adore le piment donc… piments pickles et mayonnaise au curry rouge ! Un truc qui tabasse. Le commun des mortels doit s’y brûler le museau.

Tiens, théorie à laquelle j’ai quelques fois réfléchi en cuisinant moi-même : penses-tu qu’un compositeur (de musique) puisse faire un bon cuisinier ?  Et, inversement ?
C’est vrai qu’il y a des similarités entre cuisine et musique. Par exemple, en cuisine, on parle de notes, on parle d’accords. Donc ma réponse sera : oui mais pas forcément ! Oui si la personne connaît au moins les bases, évidemment.
La musique a d’ailleurs toujours inspiré la cuisine. Exemple : le tournedos Rossini, c’est en hommage à un musicien ! Et, il y avait aussi une tradition allemande, la Tafelmusik, de la musique classique composée exclusivement pour être écoutée durant les repas.

Tu sais que l’interview est pour HexaLive dont la spécificité est de se focaliser sur les artistes de l’hexagone. Alors, pour le coup, Jean Driege et le métal français ?
Alors l’évidence sera de te parler directement de Gojira ! Maintenant, il y a un autre groupe dont on a beaucoup parlé par le passé mais dont on parle moins, c’est Dagoba ! Et j’invite même tout le monde à rechercher “Dagoba wall of death Hellfest” : c’est absolument monstrueux ! Et puis aussi une artiste française, expatriée pour le coup, c’est Clémentine Delauney, actuellement chanteuse du groupe Visions Of Atlantis et également de Exit Eden (ndr : collectif de Métal symphonique). Elle fait un travail formidable pour valoriser le métal et, artistiquement, ce qu’elle fait est vraiment canon !

Chez HexaLive, on aime assurer le suivi des artistes que l’on a la chance de rencontrer. Je vais maintenant te faire écouter 2 titres.

L’un de BAD SITUATION, que nous avons interviewé il y a peu : ils viennent de sortir un nouveau titre en attendant l’album complet en mars 2024 : Brused And Battered.
Qu’en dis-tu ?
Je trouve ça vraiment vraiment cool. Moi, il y a un truc que j’aime bien, c’est le clip simple : studio, groupe, BAM ! C’est super bien filmé. Ça a vraiment de la gueule ! Et ce son bien énervé, j’apprécie ! Bien énervé mais avec aussi une vraie mélodie derrière. J’y suis très sensible.

L’autre est de FLORENT CURATOLA. Je lui ai simplement demandé, à l’occasion de l’interview faite, laquelle de ses créations je pourrais te faire écouter et la voici : Every Word Erased (de Sleepscultor).
Attention, c’est pas piqué des hannetons !
Qu’en dis-tu ?
Ah là, c’est un morceau d’initiés au métal, je dirais ! Je pense que quelqu’un qui n’a jamais écouté de métal va se barrer en courant (rires) mais, moi, j’ai trouvé ça super ! Une grosse baffe dans la gueule ! J’ai trouvé ça très très bon voire excellent ! Ce titre est désormais lui-aussi dans mes favoris. Super beau boulot !

Jean, j’ai deux autres questions à te poser. Et elles me sont suggérées par une personne qui partage ta passion de la cuisine puisqu’il s’agit de Virginie Legrand, Chef à domicile (www.communic-passion.fr).
Oh quelqu’un d’humainement extraordinaire ! Elle a une grande réussite en tant de cheffe privée et reste très dans le partage et l’échange avec les autres. C’est quelqu’un qui mérite car elle fait un travail formidable. Elle comme moi ne sommes pas dans la compétition. On fait le même métier et on kiffe ensemble. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Virginie, c’est vraiment quelqu’un que j’apprécie beaucoup.

Sa première question est : comment parviens-tu à entrecroiser ta sensibilité culinaire et ton amour pour le métal ?
Alors… En fait, je tire mon énergie et ma sensibilité beaucoup du son et de la musique métal. C’est quasiment ésotérique. Tu vas vraiment me prendre pour un mec chelou : mon cerveau est focalisé musique et assiette. Tout le reste du quotidien s’arrête. Et ce n’est pas un gimmick. C’est moi. Oui, je suis métalleux, oui mes habits sont souvent noirs, oui, oui, oui. Mais c’est moi. C’est bien moi. Tu ne peux pas être créatif si tu mets un masque, si tu fais semblant d’être quelqu’un d’autre. Et je me libère ainsi.

Et la seconde question est quel est ton projet le plus fou que tu as en tête pour le moment ?
Ah elle fait chier ! (rires)
Parce que j’ai un projet complètement fou dont je ne peux pas parler vraiment sur la forme : je suis en train de travailler à l’élaboration d’un documentaire sur la base d’un tour de France mêlant cuisine et métal. Aujourd’hui, mon associé et moi sommes en recherche de producteurs. Ca avance mais ça serait complètement fou !

Et, sans trop en dire, sur quel média imagines-tu ce documentaire ?
Télévision. Ou VOD.
(mains en porte-voix) Je lance un appel aux producteurs ! (rires)

Enfin, vers laquelle de tes connaissances m’envoies-tu pour ma prochaine interview ?
Écoute… Peut-être que tu le connais déjà mais sinon ça serait probablement intéressant que ce soit Pascal Gueugue, le président de la Fédération des Musiques Métalliques. Dont je fais partie.
Ah le patron me dit dans l’oreillette que c’est déjà fait ! (l’interview date de juillet dernier).
Alors je vais te renvoyer vers mon amie Gwen qui est responsable des relations avec les artistes pour la marque française de cordes Skull Strings ! C’est une amie au top. On a des points de notre parcours drôlement similaires. Je la kiffe grave ! Et pose-lui donc cette question : quel artiste n’as-tu pas encore aujourd’hui rencontré et avec qui tu rêverais pouvoir échanger ?

Merci Jean !
A très bientôt à minima lors d’un brunch au Hellfest Corner !
Grand merci à toi et à HexaLive !!

Au moment où nous l’écrivons, rien n’est signé mais il est fort possible que nous puissions savourer la street food bien quali de Jean Driege au prochain L2MS (Lille Metal Music Showcase – du 6 au 8 février 2024). Stay Tuned !!

Interview réalisée par Stedim (Instagram)

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