Beauregard a de nouveau enflammé Hérouville Saint Clair

C’est avec une immense joie qu’Hexalive est venu fouler les terres du château de Beauregard pour une deuxième année consécutive. Plus grand festival de Normandie, Beauregard était complet pour les cinq jours du festival grâce à une programmation particulièrement ambitieuse. C’est sous la chaleur accablante et les retrouvailles qu’on a entamé les festivités.

Quand il s’agit de programmation, Beauregard ne fait pas dans la demi-mesure. Et bien que cette année la parité de groupes masculins et féminins n’ait pas été atteinte, cela reste un objectif fondamental pour les créateurs de ce festival.

La scène française était largement représentée, environ la moitié de la programmation était tricolore. Entre Aya Nakamura, Théodora, Orelsan, L2B ou encore le trio Vald x Vladimir Cauchemar x Todiefor, impossible de faire l’impasse sur un de ces concerts.

Pour cette nouvelle édition les queens, les boss, et les rois du dancefloor étaient présents pour nous faire vivre pleinement ce festival pendant cinq jours. Cinq jours particulièrement intenses, car même avec deux scènes, les concerts s’enchaînent sur une longue période, notamment de 15h à 3h du matin pour les vendredi et samedi. Difficile de s’en plaindre tant la programmation est riche, et que cela nous permet d’étancher notre soif de découvertes.

La surprise inattendue de John : Jain invitée surprise

Une surprise était au rendez-vous pour les détenteurs du pass de mercredi.

D’habitude on devait attendre 1h entre chaque concert le temps du changement de scène. Mais cette année, Jain est venue nous faire une surprise en animant un DJ set entre les différentes prestations. En hauteur sur une voiture avec le coucher du soleil, Jain qui paraissait timide au départ, a très vite pris ses marques et a fait chauffer les platines.

Son attitude solaire et sa joie ont très vite conquis les festivaliers qui se sont retrouvés en masse devant son set.

Les boss de Caen à l’honneur sur la scène Beauregard

Entre Orelsan et Nico Moreno il y avait de quoi se régaler. Bien que leur style diverge totalement, il n’empêche qu’ils savent nous faire danser au rythme de leurs flows ou de leur basse.

Orelsan est d’abord apparu sur un écran géant, on le voit commencer à chanter tout en marchant du château de Beauregard jusqu’à la scène. Pour ce qui est de sa performance, rien à redire, il s’agissait en grande partie de la scéno de sa tournée de concerts. Voir une telle attention apportée aux détails pour des prestations en festival, cela fait vraiment plaisir. Il a découpé son show en plusieurs parties, en racontant une histoire qui lui permet aussi bien de passer ses sons les plus connus tels que Basique, mais aussi, de s’immiscer dans son film « Yoroi » en enfilant son costume.

Nico Moreno est le genre de DJ dont on entend plus parler à l’international qu’au niveau national. Mais Nico Moreno est bien de Caen et il était très fier de nous le rappeler. Car jouer dans sa ville natale cela représente toujours un immense défi mais aussi une immense fierté. Réputé pour ses BPM élevés, il nous a laissés ébahis entre flammes bleues, hard techno et une énergie hors du commun. Difficile de partir après une telle prestation.

Headcharger a ouvert l’avant-dernière journée avec un concert explosif, digne du Hellfest. Avec leur setlist bien chargée, ils nous ont fait secouer la tête.

Le duel des reines

Entre la Boss Lady ou la reine de France, on ne sait toujours pas quelle performance on a préférée. C’est impossible de se décider, ces deux artistes ont vu leur notoriété s’accroître, leurs carrières sont déjà toutes tracées.

Aya Nakamura était l’affiche féminine du before de Beauregard, une tradition qui se perpétue et où des noms mondialement connus y sont représentés chaque année. On n’a plus besoin de présenter notre reine de France qui a performé sur la mainstage avec élégance et finesse. Accompagnée de ses danseurs, elle nous a fait crier ses hits les plus connus de Sexy Nana à Djadja.

De son côté, Theodora nous a aussi fait lâcher quelques décibels mais aussi quelques larmes sur son titre Ils me rient tous au nez, un titre puissant qui fait partie des titres favoris de sa performance. Joyeuse et pleine de peps, Theodora assume pleinement son statut de boss. Son ascension a été fulgurante, et c’est déjà une artiste accomplie avec une véritable scénographie, des danseurs, et des outfits spectaculaires. Theodora ose sortir des standards pour nous proposer des performances à la hauteur de son univers.

Les groupes qui ont fait monter la température de quelques degrés

Avec Vald x Vladimir Cauchemar x Todiefor, la chaleur est montée d’un cran, on est passés dans l’antre des enfers. Un concert démesuré qui mélange les styles à la perfection. Aussi bien les jeunes que les anciens ont pris leur pied pendant cette performance. La fosse était particulièrement agitée. Même le vidéaste s’est prêté à un petit bain de foule, suivi de près de Todiefor qui s’est jeté dans la foule.

L2B, ce trio du rap qui ne cesse de gagner en popularité, a quasiment monopolisé tout le festival. Bien qu’ils performaient sur la scène John, la deuxième scène du festival, le public s’étendait jusqu’à la scène Château. Et ce ne sont pas des fumigènes que l’on voyait de loin, mais plutôt la terre qui a été retournée par les festivaliers pendant les pogos. Quand certains ont troqué leurs chaussettes blanches pour des chaussettes marrons, d’autres ont fini couverts de terre et certains en ont même perdu leur chaussure. Après le show, nombreux étaient les plus résistants à être encore debout alors que beaucoup étaient partis se reposer.

Le rap très présent sur la scène John

Avec Houdi, Disiz, L2B, La Mano 1.9 ou encore Jolagreen, le rap français était à l’honneur.

La Mano 1.9 a littéralement pris d’assaut la scène, entre fumigènes et énergie décuplée, les festivaliers ont pris leur pied avec des pogos à foison sur les titres les plus connus.

Jolagreen a été salué dès son arrivée sur scène par son public, auquel il a fallu très peu de temps pour se mettre dans l’ambiance et nous offrir un passage digne de ce nom.

Houdi a pris place sur la scène John, ce rappeur masqué avait beaucoup de fans qui l’attendaient. Malgré l’annulation de sa tournée de concerts, il a tenu à assurer ses festivals et on ne peut que saluer ce choix car son concert était un pur régal visuel et auditif. Son titre Monaco en clôture de show et en version remixée était juste exceptionnel !

Disiz est venu présenter son nouvel album « On s’en rappellera pas« . Sous ses lunettes de soleil, il nous en a mis plein la vue. Il s’est imposé sur la scène avec fracas, le public a chanté ses sons et notamment son feat Mélodrame avec Theodora à pleins poumons.

La figure emblématique intemporelle : Gaëtan Roussel

Sur Beauregard, on a pu retrouver un symbole de la musique française, Gaëtan Roussel, membre du groupe Louise Attaque. Il reste une référence dans les styles musicaux mêlant rock, pop et influences électro. Sa voix caractéristique et ses textes à la fois profonds et poétiques rassemblent les générations. On a pu se plonger aussi bien dans la nostalgie de Louise Attaque que dans la découverte de son nouvel album.

Dans le même style, on a pu retrouver Gaël Faye. Tantôt connu comme écrivain, tantôt connu comme chanteur, il a posé ses mots sur nos maux. Sa façon d’écrire et de délivrer ses textes nous fait du baume au cœur.

Dynamite Shakers : nos vendéens étaient présents sur la grande scène

Quel plaisir de voir évoluer ce groupe vendéen au fil des années. Et surtout, quelle joie d’avoir pu les retrouver à Beauregard sur la grande scène. Ils n’ont pas besoin de nous pour faire grimper leur cote de popularité car de ce côté ils sont plutôt bien servis.

On ne tarit pas d’éloges sur eux, avec leur énergie brute et leur scénographie, Dynamite Shakers a conquis le public du festival avec leur style garage rock taillé pour la scène.

Un SURVIVAL MODE qui ne laisse pas sans voix

Rilès, après nous avoir scotché par sa chute, est arrivé de façon spectaculaire sur scène avec son titre « Pressure« . Cet artiste n’est pas seulement une bête de scène. Sa maîtrise vocale impressionne tout autant que sa direction artistique. Chaque détail du spectacle est millimétré, tandis que les danseurs prolongent parfaitement son univers.

Rilès nous a proposé une version de « Survival » à la guitare électrique. Il faut le dire, c’est particulièrement efficace et cela crée une nouvelle dynamique sur scène.
PS : Rilès, on attend que tu nous sortes cette version sur les plateformes pour qu’on puisse la saigner tout l’été.

Certains l’auront forcément loupé puisqu’il passait juste avant notre boss lady, et nombreux étaient ceux qui l’attendaient. Mais qu’on aime ou qu’on n’apprécie pas le style musical de Rilès, son passage en aura certainement convaincus plus d’un.

SLIFT : le rock à la française

Le hard rock de Slift a fait trembler la mainstage. Entre riffs acérés, cheveux en vrac et une batterie bien puissante, ils ont détonné et conquis l’ensemble des rockeurs présents sur cette journée.

La musique électronique au centre de la programmation

La musique électro/techno était au centre de cette nouvelle édition. Si bien souvent ce genre musical est placé en clôture, ici on a pu en retrouver à toutes les heures de la journée que ce soit à 19h ou à 2h du mat, l’ambiance reste inchangée.

Tout d’abord, Bob Sinclar était le premier à jouer pour ouvrir The day before. C’est sous le soleil qu’il a ouvert un set énergique et dansant. Malgré une scénographie optimisée, il a su conquérir les festivaliers dès les premières notes. Un petit air d’Ibiza s’est transporté en Normandie.

Il a ensuite été suivi de Thylacine qui a performé le jeudi. Il nous a emmené dans un peu plus de douceur. Sa musique électro, accompagnée de piano, clavier et saxophone nous transporte littéralement dans un voyage hors du temps.

Puis est venu Cassius, son écran racontant la construction de sa carrière et l’historique de ses feats, particulièrement intéressant pour s’immiscer dans son histoire et mieux comprendre son univers. Sa house a fédéré les festivaliers et l’hommage à son ami Zdar étant très émouvant.

Le vendredi, ce ne sont pas un mais bien deux sets électro qui se sont enchaînés. Mosimann a ouvert le bal suivi de Nico Moreno. Mosimann, avec une scéno hors normes et une pyro à nous faire brûler la cervelle, il nous a bien conquis. Cet artiste proche de son public n’aura pas hésité à nous faire une vidéo récap de son évolution, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a géré sa carrière à la perfection. Nous aimons particulièrement cet artiste qui représente la polyvalence qu’un DJ doit avoir de nos jours. Il ne se contente pas de rester derrière ses platines, mais apporte une réelle dynamique avec ses enregistrements et ses performances musicales en direct. Il court partout certes, mais le show a le mérite d’être apprécié du plus grand nombre.

Samedi, c’est Trym qui assurait la clôture. Avec la nuit qui se rafraîchissait, si vous aviez froid c’est que vous avez loupé Trym. Sa pyro était démoniaque, et incroyablement sympa à prendre en photo, les flammes partaient dans tous les sens au rythme effréné de ses basses. Il nous a livré un opening mêlant puissance et pyro.

Force est de constater que généralement, les sets électro sont très agréables à écouter, mais un peu moins impressionnants à regarder qu’une performance vocale. Mais cette année, on ne peut rien dire, les sets techno et électro nous ont enflammés !

La mise en avant des lauréats 2026

Comme l’année précédente Beauregard et Rose Festival ont renouvelé leur partenariat sur le partage de leur lauréat. C’est à dire que le lauréat de Beauregard va non seulement jouer à Beauregard mais aussi au Rose Festival. Pour les artistes, ce partenariat est plutôt important pour leur permettre de se faire connaître ou de propulser leur carrière.

Tout d’abord, la lauréate de Beauregard, Louise Charbonnel, a envoûté la scène John avec sa voix douce. Une jeune femme simple et honnête qui en a sous le pied, entre chant, piano et guitare. Elle n’a cessé de me surprendre.

Milhan, c’est la petite pause hors du temps dont on avait besoin. Si beaucoup étaient encore en train de décuver sur le camping, les plus chanceux ont pu découvrir Milhan. Lauréat du tremplin du Rose festival, il lui aura fallu peu de temps pour nous transporter dans son univers. Le mélange subtil du rap et de ses origines colombiennes en fait un combo gagnant, et renouvelle ce qu’on a l’habitude d’entendre dans le rap de nos jours. Le mélange des cultures a aussi conquis les festivaliers qui malgré le nombre n’ont eu de cesse de l’applaudir. Aux portes de la bossa nova, du reggaeton et de la salsa, sous ce grand soleil on avait juste envie de danser en compagnie d’un petit cocktail.

Un nouveau style musical à Beauregard en 2027 ?

Le festival qui revendique une programmation très ouverte avec du rock, pop, électro, hip-hop, a commencé à élargir ses horizons en ouvrant ses portes à de la dub et du reggae notamment avec Biga Ranx en 2025. Mais, un style reste toujours manquant, malgré sa notoriété et son explosion ces dernières années.

En effet, le shatta n’y a pas encore vraiment trouvé sa place, alors que des artistes comme Maureen ou Bamby ramèneraient de la fraîcheur sur le festival. On le sait, Beauregard n’a pas besoin de ce nouveau style pour faire complet, puisque plus de 160 000 festivaliers ont pu fouler le site durant les cinq jours.

Mais, pour l’année prochaine, on aimerait bien avoir du shatta sur le site de Beauregard. En plus, on a de très bonnes artistes françaises dans ce domaine comme Maureen. Son univers est suffisamment pop et fédérateur pour séduire le public du festival tout en apportant une couleur musicale encore absente de sa programmation. On pourrait aussi y retrouver Meryl ou Bamby qui s’inscrivent dans la même lignée. Et croyez-moi bien, ces artistes ne font pas dans la demi-mesure sur scène. La bonne humeur et les déhanchés risquent d’être contagieux, surtout si on refait une année sous le soleil.

Les pronostics d’Hexalive pour 2027

Chez Hexalive on supporte nos artistes français, en 2027 on aimerait bien y voir Dakeez, le Michael Jackson des temps modernes.

Et, pour les années à venir, en comparant les programmations et les styles qui se font à Beauregard, il ne serait pas étonnant qu’on y retrouve du côté du rap Lujipeka, Yuston XIII, Bekar ou encore Rounhaa. Et, du côté de la pop, on privilégie nos artistes féminines, de ce fait Kalika, Joanna, Solann, Styleto, Marguerite, Zélie mais aussi Adèle Castillon feraient de très beaux noms sur les prochaines programmations.

Beauregard n’est pas seulement un festival

En effet, parmi les deux scènes du festival on retrouve comme à son habitude des bars, des restaurants, mais aussi des stands de merch. Cette année la petite nouveauté a été d’intégrer au sein du festival les stands de certains médias. On a notamment pu y croiser Mosimann en interview, et il n’a pas hésité à faire des photos avec son public.

Pour ceux un peu moins adeptes de certains styles de musique, croyez-moi vous n’aurez pas le temps de vous reposer. Puisque Beauregard propose plusieurs activités diverses comme des cours de salsa, judo ou encore des twisters géants. Vous avez aussi un large choix de stands de restauration que ça soit des huitres, des burgers, de façon végétarienne, fromagère et autres.

Et pour le mot de la fin : « prenez soin de vous et prenez soin des autres », la brigade safe de Beauregard va continuer de prospérer pour faire de Beauregard un festival inclusif où le respect des autres et des valeurs du festival prime sur tout le reste.

Merci à toute l’équipe de Beauregard et à l’agence Suzette pour l’accréditation et pour l’accueil. On se retrouve l’année prochaine (on l’espère) pour passer cinq jours mémorables ensemble puisque Beauregard ce n’est plus seulement un festival mais aussi un lieu de retrouvailles.

Beauregard 5

Johanna Mechineau (Instagram)

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