Vendredi : une première soirée sous haute tension
Comme chaque année, le BetiZFest transforme le Palais des Grottes en véritable temple des musiques alternatives. Dès les premières heures de la soirée, les habitués se retrouvent autour des stands, des bars et du merchandising tandis que les premiers riffs résonnent déjà dans la salle. Entre visages familiers, nouveaux curieux et passionnés venus parfois de loin, l’ambiance est immédiatement chaleureuse. Une ambiance typique du festival cambrésien, où la proximité entre artistes, bénévoles et public fait toujours la différence.
Fragile
C’est FRAGILE qui ouvre véritablement les hostilités. Le groupe ne met pas longtemps à capter l’attention d’un public encore en train de prendre ses marques. Porté par des compositions à la fois puissantes et mélodiques, le groupe impose son univers avec une belle maîtrise. Sur scène, l’énergie est communicative et les premiers rangs répondent rapidement présents. Les têtes commencent à bouger, les applaudissements se font plus nourris à chaque morceau et l’on sent que la soirée est lancée.
Aurore
Quelques instants plus tard, AURORE prend possession de la scène. Le contraste est saisissant. Plus frontal, plus incisif, le groupe délivre une prestation intense qui ne laisse aucun répit. La présence scénique impressionne autant que la précision musicale. Dans la fosse, les premiers mouvements de foule apparaissent, les circle pits se forment naturellement et les slams commencent à circuler au-dessus des festivaliers. Malgré la violence apparente, l’esprit du BetiZFest reste intact : entraide, respect et bonne humeur.
Au fil des concerts, la salle se remplit progressivement. Les discussions entre deux sets tournent autour des découvertes de la soirée, des souvenirs des éditions précédentes et des groupes encore attendus. Cette atmosphère conviviale fait partie de l’ADN du festival et contribue largement à son succès année après année.
Black Bomb A
Puis vient l’un des moments les plus attendus de cette première journée : BLACK BOMB A. Plus de vingt ans après ses débuts, le groupe continue de fédérer plusieurs générations de fans et cela se ressent immédiatement dans le Palais des Grottes. Dès l’arrivée des musiciens sur scène, les premiers rangs s’agitent et les téléphones se lèvent pour immortaliser l’instant.
Les premières notes déclenchent instantanément une vague d’énergie dans toute la salle. Les deux chanteurs occupent l’espace avec une présence impressionnante, alternant les chants growl et clairs, puis les passages plus fédérateurs avec une aisance intacte. Face à eux, la fosse ne tarde pas à s’embraser. Les slams traversent la salle tandis que les circle pits prennent rapidement de l’ampleur.
Comme a leur habitude les Black Bomb A sont de véritables rouleaux compresseurs.
Au fil des morceaux, BLACK BOMB A déroule un set redoutablement efficace. Les classiques sont accueillis comme de véritables hymnes et repris à pleins poumons par un public conquis. Chaque refrain provoque une réaction immédiate, chaque break est l’occasion pour la fosse de redoubler d’intensité. Malgré cette débauche d’énergie, l’ambiance reste fidèle à l’esprit du BetiZFest : engagée, festive et bienveillante.
Les musiciens semblent eux aussi prendre un réel plaisir à retrouver le public cambrésien. Les échanges sont nombreux entre la scène et la fosse, créant cette proximité qui fait souvent les meilleurs concerts. Plus les minutes passent, plus l’intensité monte. Et les festivaliers donnent l’impression de vouloir profiter de chaque seconde.
Lorsque les dernières notes retentissent, les applaudissements sont à la hauteur de la prestation. BLACK BOMB A vient de livrer l’un des sets les plus explosifs de cette édition 2026, confirmant une nouvelle fois son statut de valeur sûre de la scène métal française. Une véritable décharge d’énergie qui laisse le Palais des Grottes essoufflé mais pleinement satisfait.
BetiZFest, le samedi
Après une première journée particulièrement intense, le BetiZFest remettait le couvert ce samedi au Palais des Grottes. Malgré la fatigue accumulée la veille, les festivaliers étaient déjà nombreux devant les portes bien avant l’ouverture. Entre les discussions sur les concerts du vendredi, les passages obligés par le merchandising et les retrouvailles entre habitués, l’ambiance était une nouvelle fois au rendez-vous.
Parlor
Parmi les belles découvertes de ce samedi, PARLOR a incontestablement marqué les esprits. Dès son entrée en scène, le groupe impose une atmosphère particulière, mélange de tension permanente et d’énergie brute. Pas besoin de longs discours pour capter l’attention du public : la musique parle d’elle-même.
Sur scène, les musiciens affichent une intensité de chaque instant. Chaque morceau est délivré avec conviction, alternant passages lourds, accélérations fulgurantes et moments plus pesants qui maintiennent la salle sous pression. Le chant, habité et viscéral, ajoute encore un peu plus de profondeur à une prestation déjà particulièrement immersive.
Dans la fosse, les réactions ne tardent pas. Les premiers rangs se rapprochent instinctivement tandis que les mouvements de foule gagnent progressivement en ampleur. Les amateurs du genre répondent immédiatement présents, créant cette connexion si particulière entre le groupe et son public. On sent que PARLOR ne laisse personne indifférent, attirant aussi bien les connaisseurs que les festivaliers venus découvrir le groupe par curiosité.
Glowsun
La journée démarre sous les meilleures dispositions avec GLOWSUN. Les Français plongent rapidement la salle dans leur univers stoner psychédélique. Les riffs lourds et planants résonnent parfaitement dans le Palais des Grottes tandis que le public se laisse progressivement embarquer. Un début de journée idéal pour entrer doucement dans cette seconde et dernière journée.
Red Sun Atacama
La température grimpe rapidement avec RED SUN ATACAMA. Le groupe déroule un set solide porté par des sonorités massives et une énergie communicative. Devant la scène, les premiers rangs se densifient et l’on sent que la le groupe est lancé, déroulant un set propre, net et sans accros, emportant avec lui le public.
POESIE ZERO
C’EST TROP DE LA DAUBE
Avant de commencer cette chronique, je tiens à informer nos lecteurs que ce que vous allez lire ensuite est de la grosse merde, mais je ne vais pas vous spoiler tout l’article, je vous laisse donc découvrir.
Après plusieurs prestations particulièrement intenses, POÉSIE ZÉRO apporte une bouffée d’air frais et une bonne dose d’autodérision au BetiZFest. Dès leur arrivée sur scène, l’ambiance change radicalement. Les sourires apparaissent dans le public et l’on sent immédiatement que le concert ne va pas se prendre au sérieux, sans pour autant négliger l’efficacité musicale.
Le collectif enchaîne ses morceaux avec une énergie communicative, multipliant les textes décalés, les punchlines absurdes et les interventions qui déclenchent régulièrement les rires du public. Entre humour grinçant, provocations bien senties et regard acerbe sur notre société, POÉSIE ZÉRO maîtrise parfaitement l’exercice. Le groupe joue avec son public, l’interpelle, le fait chanter et transforme rapidement le Palais des Grottes en une immense fête, voire même dans un immense bordel.
Dans la fosse, les festivaliers reprennent les refrains à tue-tête, parfois même avant que le groupe ne les y invite. Les pogos deviennent plus festifs que brutaux, les bras se lèvent et les sourires se multiplient. Cette capacité à fédérer instantanément un public pourtant très varié reste l’une des grandes forces du groupe.
À l’heure de quitter la scène, POÉSIE ZÉRO laisse derrière lui un public conquis, mais avec un goût de trop peu. Dans une journée marquée par des prestations souvent sombres ou agressives, le groupe a offert un moment de lâcher-prise particulièrement apprécié, rappelant qu’au BetiZFest, la fête et la bonne humeur ont toute leur place aux côtés des grosses guitares et des décibels.
Mais derrière toute cette autodérision, rappelons que Poésie Zéro c’est trop de la merde, mais il nous rappelle qu’il faut parfois lâcher prise et arrêter de se prendre au sérieux.
Shaârghot
L’arrivée de SHAÂRGHOT marque un nouveau tournant. Costumes post-apocaplyptiques, décors travaillés et ambiance dystopique : le groupe transforme littéralement la scène. Tous peints en noir, ils entrent sur scène, Etienne, en bon frontman, est énergique à souhait, courant, sautant, faisant le show, mais les autres ne sont pas en reste, guitare projetant des lasers pour Bruno, un pied de micro stylisé pour Clem, ou encore un super jeu d’acteur et de percussion avec B28, mais n’oublions pas le pauvre Skarskin, qui est en proie aux moqueries des autres, nous procurant une étrange sympathie.
Shaârghot est un mélange entre métal industriel et électro. L’univers des ombres prend place. Les festivaliers se laissent prendre au jeu et le spectacle est autant visuel que sonore. Il nous manquera juste de ne pas avoir pu chanter le titre éponyme « shadows ». Mais une choses est sûre, c’est une prestation qui restera sans aucun doute parmi les plus marquantes du week-end.
Lofofora
Il est difficile d’évoquer cette édition 2026 du BetiZFest sans s’attarder sur la prestation de LOFOFORA. Attendu comme l’un des temps forts du week-end, le groupe n’a pas déçu un Palais des Grottes déjà chauffé à blanc par une journée riche en émotions.
Dès son arrivée sur scène, la réaction du public est immédiate. Les premiers rangs se resserrent, les poings se lèvent et les premiers refrains sont repris avant même que le concert ne soit réellement lancé. LOFOFORA possède cette capacité rare à créer instantanément une connexion avec son public, et Cambrai n’a pas échappé à la règle.
Porté par un Reuno toujours aussi charismatique, le groupe déroule un set puissant, engagé et terriblement efficace. Entre les classiques incontournables et les titres plus récents, la setlist fait mouche à chaque instant. Les textes, toujours aussi percutants, trouvent un écho particulier auprès d’un public qui les reprend en chœur avec une ferveur impressionnante.
Dans la fosse, l’ambiance atteint rapidement un autre niveau. Les slams s’enchaînent, les circle pits se multiplient et chaque morceau semble provoquer une nouvelle vague d’énergie. Pourtant, comme souvent au BetiZFest, cette intensité s’accompagne d’une véritable solidarité entre festivaliers. Ceux qui tombent sont immédiatement relevés et chacun profite du moment dans un esprit de partage qui fait la réputation du festival.
Entre deux morceaux, Reuno prend également le temps d’échanger avec le public, rappelant l’importance des valeurs défendues par le groupe depuis ses débuts. Ces prises de parole, toujours sincères et spontanées, renforcent encore davantage le lien qui unit LOFOFORA à ses fans.
Au fil du concert, le Palais des Grottes se transforme en une immense chorale. Les refrains résonnent dans toute la salle tandis que la scène et la fosse semblent ne faire plus qu’un. Chaque titre est accueilli comme un hymne et l’énergie collective ne retombe jamais.
Lorsque les derniers morceaux résonnent, une longue ovation accompagne les musiciens. Visiblement touché par l’accueil du public cambrésien, le groupe quitte la scène sous les applaudissements d’une salle conquise. Plus qu’un simple concert, LOFOFORA a offert un véritable moment de communion, concluant de la plus belle des manières cette édition 2026 du BetiZFest.
Les dernières notes retentissent et les lumières se rallument, un sentiment partagé envahit la salle : celui d’avoir vécu une nouvelle grande édition du BetiZFest.
BetiZFest, conclusion
Deux jours de musique, de rencontres, de découvertes et de passion. Deux jours qui rappellent pourquoi ce festival occupe une place si particulière dans le cœur des amateurs de musiques alternatives. Une fois encore, Cambrai a vibré. Et une fois encore, le rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine.
Photos et chronique : Punky Photographe (Instagram)