Hellfest 2026 – Samedi – Jour 3 : la fatigue s’installe, la musique prend le relais

Le troisième jour du Hellfest 2026 est souvent celui de tous les contrastes. Les corps commencent à accuser le coup, les nuits sont de plus en plus courtes, mais paradoxalement, c’est aussi le moment où le festival tourne à plein régime. Les habitudes sont prises, les kilomètres parcourus dans les allées ne se comptent plus, et chaque scène réserve encore son lot de découvertes, de confirmations et de moments complètement improbables.

Des premières déflagrations de la matinée avec Dvrk, Locomuerte, Bruit ≤ ou Profanation jusqu’aux retrouvailles aussi nostalgiques que chaotiques d’Enhancer sur la Mainstage, cette troisième journée aura rappelé ce qui fait la force du Hellfest : sa capacité à faire cohabiter les jeunes pousses les plus prometteuses avec des groupes devenus cultes, sans jamais perdre cette énergie si particulière qui anime Clisson pendant quatre jours.

Entre découvertes, coups de cœur, circle pits matinaux, chaleur écrasante et guests inattendus, retour sur les temps forts de ce samedi au Hellfest.

ALTAR10h30

DVRK

DRVK au Hellfest 2026

Troisième jour de festival et je suis dans le mal. A ce moment là, je suis en train de me maudire d’avoir terminé ma nuit précédente au Macumba. Autant vous prévenir, je vais passer la journée à regretter un peu les excès de la veille. Pour autant, c’est presque frais et douché que je débarque en Altar pour le concert de DVRK.

Pas le temps du café, j’arrive légèrement en retard attiré par le brouhaha lointain. Tel une abeille attiré par une fleur, je me rapproche et découvre une Altar sonnant un peu creux. Peu importe le monde, DVRK a décidé d’envoyer son son oscillant entre deathcore et nu-métal pour secouer ces invités du jours.

Au menu, gros riffs, peu de pause, du groove et un chanteur taillé comme une twingo qui hurle à la mort. Dans la fosse, les morts se réveillent lentement, et enchainent parties de moulinettes, circle pit, wall of death et mosh pit. C’est un peu l’after de l’after pour moi, et je me laisse guider par ces danseurs sauvages du samedi matin. L’effet de la douche est déjà bien loin.

Une demie-heure plus tard, après cette gym matinale, je remercie ce son brutal, massif et énergique de m’avoir remis sur pieds. Merci DVRK, tes concerts matinaux devraient être remboursés par la sécurité sociale.

SpehisPhotos : Cadence Noire (instagram)

Mainstage 210h30

Locomuerte

Locomuerte sur la mainstage du Hellfest 2026

À 10h30, Locomuerte lançait les hostilités sur la Mainstage 2. Pour le groupe de « Tijuana… dans le 91 », cette programmation avait une saveur particulière. Après avoir fait ses armes au Hellfest le Off, puis sur la Hellstage, cette arrivée sur l’une des scènes principales du festival apparaissait comme une suite logique dans son parcours.

Cela faisait déjà plusieurs années que nous suivions cette ascension, et l’engouement était perceptible bien avant le début du concert. Affiches, autocollants disséminés un peu partout sur le site, jusque sur les distributeurs de gel hydroalcoolique des toilettes du camping : difficile de ne pas croiser la route de Locomuerte au cours du week-end. La fidélité de sa fanbase ne faisait d’ailleurs aucun doute, avec un public déjà bien présent malgré l’horaire.

Sur scène, Locomuerte est resté fidèle à ce qui fait son identité. Son crossover thrash chanté en espagnol conserve cette énergie brute et ce goût de la fête qui le caractérisent, tandis que les désormais incontournables crocodiles gonflables envahissent rapidement la fosse. Un gimmick qui amuse autant qu’il participe à la proximité entretenue par le groupe avec son public.

Au-delà du concert lui-même, cette prestation symbolisait surtout le chemin parcouru. En quelques années, Locomuerte est passé des scènes alternatives du Hellfest aux Mainstages, sans renier ce qui a fait sa réputation : une forte proximité avec son public, beaucoup d’autodérision et une énergie communicative. Une progression qui semblait presque naturelle au regard de l’accueil qui lui a été réservé ce samedi matin.

Arnaud GuignantPhotos : Alex / Studio Dysphanie Concert (instagram)

Valley11h40

Bruit ≤

Bruit sur la Valley au Hellfest 2026

Sur la Valley, en cette matinée ensoleillée, nombreux est le public à se masser pour écouter Bruit ≤ . Le groupe instrumental toulousain, monte les échelons de la reconnaissance petit à petit, et commence à faire beaucoup de …bruit.

Les musiciens proposent une odyssée musicale singulière, oscillant entre post rock et metal brut. Le voyage de Bruit se fait grâce à l’expression de ses instruments autour de la guitare, du violoncelle et du violon. Une manière de casser les codes du genre et d’éveiller la curiosité de tous. Arrivé sur scène, le quatuor montre sa joie d’être là, et exprime de la reconnaissance à jouer devant autant de monde. Pour un groupe qui refuse d’être diffusé sur les plateformes de streaming, et qui fait le choix de fonctionner via le bouche à oreille, ils ont l’occasion de montrer ce qu’ils ont dans le ventre. Ce concert est une expérience, un vol suspendu au-dessus d’un nuage de poussière.

On prend le temps d’apprécier, d’écouter, de s’imprégner de l’atmosphère unique de la musique du groupe. Une réussite en tous points, et les festivaliers présents ne sont pas déçus. Une opportunité unique saisie et validée, qui permet à Bruit ≤ d’écrire une belle page de son histoire. De quoi leur ouvrir de nouvelles portes.

Spehis – Photos : Cadence Noire (instagram)

Altar11h40

Profanation

À 11h40, l’Altar commençait tout juste à se remplir lorsque Profanation investissait la scène. Si la fosse présentait encore quelques espaces clairsemés, les premiers aficionados étaient déjà bien en place, venus soutenir un groupe qui ne manque pas de fidèles. Autour d’eux, quelques festivaliers découvraient visiblement autant le groupe que les codes du death metal. L’un d’eux enverra même un message à un ami : « Je suis à Altar… mais j’arrive pas à lire le nom du groupe. » Une remarque qui a fait sourire les habitués, tant les logos illisibles font partie du folklore du genre.

Pour qui découvrait Profanation, la surprise était au rendez-vous. Le groupe déploie un death metal old school aux accents grindcore, dont les accélérations permanentes et les riffs acérés rappellent autant les racines du thrash que les pionniers du death extrême. Une formule sans artifices, mais exécutée avec suffisamment de conviction pour capter rapidement l’attention.

Parmi les premiers rangs, un spectateur arborant une impressionnante crête semblait vivre chaque morceau avec une intensité communicative, incarnant à lui seul l’énergie qui se dégageait de la fosse. Sans être compacte, celle-ci répondait déjà avec enthousiasme aux assauts du groupe.

Profanation ne cherche pas à réinventer les codes du genre. Le groupe privilégie l’efficacité, l’urgence et l’impact, enchaînant les morceaux avec une énergie constante. Une approche directe qui a rapidement dissipé les derniers doutes de ceux qui, comme nous, arrivaient sans connaître le groupe.

Au final, Profanation s’est révélé être l’une des belles découvertes de cette édition. Une prestation franche, énergique et sincère, qui rappelle que les premiers créneaux de l’Altar réservent souvent d’excellentes surprises.

Arnaud Guignant

Valley13h10

Fange

Fange 15

Vous connaissez la définition de « Fange » ? Ce qui souille moralement. Autant vous dire qu’en allant découvrir Fange, nous nous attendions à quelque chose de sombre. Mais pour autant nous n’étions pas prêts pour ce malaise constant. Avec son sludge industriel teinté de death, le quatuor nous emmène dans des recoins de notre esprit que nous n’aurions peut-être jamais voulu explorer.

Première chose qui frappe : c’est l’ambiance sonore. Des riffs lents, lourds, étouffants. Un scream qui ressemble davantage à des cris de détresse. De la dissonance à tout bout de chant.

Et comme si cela ne suffisait pas, cette ambiance de purgatoire est accompagnée par un spectacle visuel terrifiant. Difficile de savoir si le groupe souffre avec nous, ou prend un malin plaisir à nous torturer l’esprit. C’est le chanteur qui incarne le mieux cette ambivalence : telle une goule désarticulée, il occupe la scène comme si chacun de ses mouvements était le dernier, et chacun de ses hurlements lui causait d’atroces douleurs. Et pourtant, il recommence inlassablement. Impossible d’y échapper : si vous essayez de détourner le regard, vous tomberez probablement sur le rictus macabre du bassiste, vous faisant instantanément regretter cette tentative de fuite.

Au vu de cette description, on pourrait se demander pourquoi aller s’infliger cette désolation ? Et bien, je me suis surpris à être irrésistiblement attiré par ce spectacle macabre, à frapper du pied, et à avoir envie d’exorciser mes émotions les plus inavouables à chacun des breaks. 

Et c’est comme ça que j’ai compris l’objectif de ce voyage. Fange veut nous pousser tout au fond du gouffre jusqu’à nous faire oublier l’existence même des émotions positives. Pour qu’une fois remontés à la surface, nous puissions les savourer à nouveau.

Kévin Roth – Photos : Cadence Noire (instagram)

Hellstage14h40

Headkeyz

Photos à venir !

Difficile d’imaginer un créneau plus exigeant. À 14h40, sous un soleil de plomb, HeadKeyz investissait la Hellstage alors que les températures atteignaient leur pic. Malgré ces conditions, le public avait répondu présent et la scène affichait une belle affluence, preuve que le groupe avait su attirer bien au-delà de son premier cercle de fidèles.

Impossible pour nous de manquer ce rendez-vous. Après une interview réalisée en février puis la chronique de The Cage and The Crown: Chapter II, cette prestation constituait une nouvelle occasion de mesurer le chemin parcouru par le groupe sur scène.

Sur scène, HeadKeyz a proposé un set dans la continuité de The Cage and The Crown: Chapter II. Les morceaux trouvent naturellement leur place en live, alternant passages plus incisifs et séquences mélodiques, sans jamais rompre l’équilibre qui caractérise le groupe.

Quelques mois après notre première rencontre, cette prestation confirme la cohérence du parcours de HeadKeyz. Un concert qui prolonge logiquement les qualités entrevues sur disque et illustre une nouvelle étape dans l’évolution du groupe.

Arnaud Guignant

hellstage15h50

Fractal Gates

Retour en images sur le passage de Fractal Gates. Le groupe français a proposé son death metal mélodique, mêlant technicité, mélodies ciselées et atmosphères sombres, dans la lignée des grandes formations scandinaves du genre. Quelques clichés pour revivre cette prestation.

Photos : Nicolas Vergne (instagram)

Mainstage 116h55

Sidilarsen

Sidilarsen 17

Pour ceux qui ne connaissent pas Sidilarsen, le groupe défend ses convictions avec des paroles sans détour mais toujours avec des mélodies entêtantes. Justice sociale, cause écologique, égalité : autant de sujets essentiels qui incarnent leurs chansons. Et malgré la gravité des thèmes, il est difficile de ne pas danser au rythme de leurs riffs en live. 

Si je vous parle de ça, c’est qu’il régnait une atmosphère particulière pour ce Hellfest 2026, marqué par une chaleur écrasante et une alerte canicule. Autant vous dire que les pogos sur « On va tous crever » avaient un goût un peu plus amer que d’habitude. Une fois encore, Sidilarsen tombait juste, autant dans le fond que dans l’énergie qu’ils ont déployée sur scène.

Et c’est justement cette énergie qui a contaminé le public. Malgré la chaleur, personne n’avait envie de rester immobile. Les refrains repris par la foule et les pogos ont servi de catharsis grandeur nature. Et c’est surtout ça, Sidilarsen, nous donner envie de bouger, et de se bouger en transformant notre colère en ferveur collective. Au milieu de ce chaos, on pouvait distinguer la lueur d’espoir que le groupe nous a annoncé avec « Le meilleur est encore à venir ». 

Un groupe unique, un live exceptionnel dans un contexte qui l’était tout autant : Sidilarsen nous a offert un show à la hauteur du message qu’il portait !

Kevin RothPhotos : Cadence Noire (instagram)

Mainstage18h35

Enhancer

Enhancer sur la mainstage du Hellfest 2026

Instant nostalgie sur la Mainstage, avec le débarquement d’Enhancer au complet pour un rare concert depuis la mise en sommeil du groupe. Le crew se rassemble autour de son batteur afin de débuter le set par Electrochoc. Malgré ce début en fanfare, on sent que le groupe n’est pas encore en place, les flows sont hasardeux, le tout porté par un son mal réglé, avec une basse omniprésente. Peu importe ces aléas, Enhancer est là pour mettre le bordel et faire nawak (à l’image de David le frontman, qui a multiplié les voyages dans la fosse), au grand dam de la sécurité par moments. Bah ouais, j’étais obligé de poser le mot nawak au moins une fois dans cette chronique.

Enhancer n’est pas venu les mains vides. Les guests se sont succédé ce qui a donné à ce bordel permanent un air de kermesse, sans pêche au canard, mais celle de retrouvailles entre potes. Niko de The Arrs pour Hardcore version Dancefloor, puis le Patron JoeyStarr le temps d’un medley J’arrive / Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu  sur un sample de Guerilla Radio de Rage Against The Machine. Une dinguerie !! Enfin arrive la réunion de la Team Nowhere, avec le débarquement de Pleymo (Mark Maggiori, Benoît Julliard, Fred Ceraudo) pour un United Nowhere tout aussi bordelique mais terriblement heureux. Mon petit me doigt me dit qu’on risque de revoir ces gars là en 2027 sur le festival.

Le public se met à reprendre à tue-tête le hit Cinglés, avant de revoir tout le monde revenir sur scène pour un Hot mythique. Une conclusion en beauté de cette fête entre amis. Merci messieurs, c’était fun, mais ces sales gosses ont oublié de ranger la chambre avant de quitter la scène.

SpehisPhotos : Cadence Noire (instagram)

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