Hellfest 2026 – Vendredi – Jour 2 : le festival passe à la vitesse supérieure

Après une première journée de mise en jambes, le Hellfest 2026 entre véritablement dans le vif du sujet. Les allées sont désormais pleines, les festivaliers ont trouvé leur rythme et chaque scène devient le théâtre de découvertes, de confirmations et de prestations qui marqueront cette édition.

Du post-metal atmosphérique de Dragunov aux déflagrations hardcore de Wake The Dead et Point Mort, en passant par le glam survitaminé de BlackRain, les expérimentations de Felo Skurt (SKB) ou les envolées psychédéliques de Slift, cette deuxième journée illustre une nouvelle fois toute la richesse de la programmation du festival. Un grand écart permanent entre les genres, mais toujours porté par la même envie de défendre la musique live.

Et comme souvent au Hellfest, la soirée s’est achevée dans un joyeux chaos. Ultra Vomit a transformé la Mainstage en immense cour de récréation, concluant cette deuxième journée avec un concert aussi absurde que maîtrisé, où l’humour n’a jamais éclipsé la qualité musicale.

Retour sur les concerts qui ont marqué ce vendredi à Clisson.

VALLEY10h30

Dragunov

Dragunov sur la Valley au Hellfest 2026

À 10h30, Dragunov avait la responsabilité d’ouvrir la Valley, un exercice toujours particulier alors que les premiers festivaliers prennent encore leurs repères. Curieux de découvrir le groupe sur scène, nous avons d’abord retrouvé l’esthétique de leurs clips, les musiciens apparaissant masqués. Après quelques morceaux, les masques à gaz tombent, laissant place à une prestation à visage découvert où la musique prend rapidement le dessus sur l’image.

La première surprise vient rapidement de la formule choisie par le groupe. Tout au long du concert, les musiciens alternent régulièrement leurs positions entre la guitare et la batterie, apportant une dynamique inhabituelle au set. Ce jeu de chaises musicales, parfaitement maîtrisé, attire autant le regard qu’il témoigne de la complicité qui unit les membres de Dragunov.

Musicalement, Dragunov ne choisit pas la voie de la facilité. Le groupe développe des compositions progressives, aux structures évolutives, qui demandent un peu de temps avant de révéler toutes leurs subtilités. Une proposition exigeante, mais qui trouve naturellement sa place sur une scène comme la Valley, où le public est souvent venu chercher ce type d’expérience.

Cette première rencontre avec Dragunov a surtout éveillé la curiosité. Plus qu’une musique qui se dévoile immédiatement, le groupe propose un univers qui interpelle et invite à y revenir. Un set qui donne envie de reprendre les albums, au calme, pour s’imprégner pleinement de compositions dont toute la richesse ne se révèle sans doute pas en une seule écoute.

Arnaud GuignantPhotos : Cadence Noire (instagram)

Warzone11h05

Wake The Dead

Wake the Dead sur la Warzone au Hellfest 2026

Le feu ça brûle, l’eau ça mouille, la Warzone est une petite cour des miracles. Ouvrir la journée sur cette scène, c’est un saut dans l’inconnu. Est-ce que les acharnés habituels seront là ? Est-ce que le public va oser affronter la chaleur après un passage au bar à Muscadet ?

La réponse est oui, et il est sans doute agréable pour Wake the Dead de voir autant de monde pour les voir et les soutenir pour la défense de leur dernier album, The Great Disappointment. Aleks au chant saute partout, le pit de la Warzone aussi. Une fois les présentations faites, place à la bagarre et aux danses traditionnelles de cette scène durant 30 minutes : Mosh Pit, wall of death, circle pit. Il ne manquait qu’une macarena. Comment ça c’est pas une danse traditionnelle de la Warzone ?

Le hardcore des marseillais fait mouche et je surprends même quelques fans reprendre les paroles de leurs chansons. Il ne manquerait presque que quelques craquages de fumigènes. Tout le monde a le sourire, c’est une magnifique journée qui commence. Une vraie belle promesse qui ne demande qu’a être confirmée.

SpehisPhotos : Cadence Noire (instagram)

Mainstage11h05

BlackRain

BlackRain sur la mainstage du Hellfest 2026
Photo : Yann le Bechec

En tant que toulousain, quand on me parle de la Savoie, je pense à Pascal Dupraz, le fromage, le vin blanc et un département aux montagnes un peu moins belles que les Pyrénées (soyons chauvins un peu). Dorénavant, je vais aussi penser à BlackRain après les avoir vu jouer sur la Mainstage, leur glam féroce et rugissant.

Au moment où le groupe arrive sur scène, je suis en train de me transformer en fromage à raclette. A la fin du show, je suis plus fromage fondu, je transpire du Beaufort, mais je suis content. Entre les deux situations, des chansons efficaces, des effets pyros qui prolongent la cuisson et la voix reconnaissable entre toutes de Swan le chanteur.

Loin d’être fan de glam, le concert est efficace, brut et sans compromis. Je frôle la jalousie capillaire et vestimentaire. Le public n’est pas en reste, ça dodeline et tape dans les mains. Le concert s’achève trop vite pour certains, pour d’autres il est temps de se mettre à l’autre. Un vrai bon moment.

SpehisPhotos : Yann le Bechec

Valley11h40

Yarostan

Retour en images sur le passage de Yarostan. Le groupe français a déployé son black metal atmosphérique, mêlant longues envolées contemplatives, passages plus abrasifs et influences post-metal. Quelques clichés pour revivre cette prestation.

Photos : Cadence Noire (instagram)

Mainstage 113h35

Sortilège

Retour en images sur le passage de Sortilège. Véritable institution du heavy metal français, le groupe a replongé le public dans les grandes heures du genre grâce à ses morceaux devenus incontournables et à une présence scénique intacte. Quelques clichés pour revivre cette prestation.

Photos : Cadence Noire (instagram)

Warzone15h05

Point Mort

Point Mort sur la warzone au Hellfest 2026

Cette fois, pas de lapin pris dans les phares. Lors de notre première rencontre avec Point Mort, c’est surtout le public non initié qui pouvait se retrouver déstabilisé face à une proposition aussi singulière et la puissance des growls. Nous avions pourtant déjà été séduits par l’intensité du show. Depuis, Le Point de non-retour est venu confirmer tout le potentiel du groupe et nourrir l’attente autour de ce retour au Hellfest.

La Warzone avait répondu présente, attirée par une formation qui poursuit son ascension. Dès les premiers instants, le décor tranche avec les standards de la scène : une scénographie immaculée, largement fleurie, presque aérienne, qui contraste avec la tension de la musique et donne une identité visuelle forte au concert.

Au centre de cette proposition, Sam Pillay capte immédiatement les regards. Charismatique, la chanteuse passe avec une aisance déconcertante de growls puissants à des lignes de chant claires aux accents presque pop. Son interprétation, son jeu avec le public et son sens de la mise en scène donnent une véritable dimension théâtrale au concert, sans jamais éclipser la musique.

Sur scène, Point Mort confirme les qualités entrevues sur Le Point de non-retour. Les morceaux gagnent encore en intensité et en relief, tandis que le groupe trouve un équilibre naturel entre violence, mélodie et émotion. Une formule qui demande parfois quelques minutes d’adaptation, mais qui finit par embarquer même les spectateurs les plus sceptiques, à mesure que le concert se déploie.

La pluie de confettis – immortalisée dans l’aftermovie officiel du Hellfest – vient conclure une prestation aussi soignée dans sa forme que convaincante sur le fond. Une nouvelle démonstration que Point Mort s’impose désormais comme l’une des propositions les plus originales de la scène française actuelle.

Arnaud GuignantPhotos : Cadence Noire (instagram)

Hellstage16h00

Felo Skurt (SKB)

Felo Skurt SKB au Hellfest
© Photographie Mathilde Baës

Au détour d’une balade à l’Extreme Market en quête d’un énième t-shirt AC/DC à ajouter à notre collection, nos oreilles se font saisir au vol par une musique singulière tout droit venue de la HellStage. Alors que nous nous en approchons, se dessine une composition jusqu’alors peu observée sur les scènes du Hellfest. Exit les formations à rallonge façon Slipknot et les drum kits plus spacieux que votre premier appartement : c’est au nombre de trois que se présentent les auteurs de cette douce mélodie qui nous attire, l’un d’entre eux caché derrière des platines

Felo Skurt (SKB), voilà le nom de ces artisans du drop et de la rime dont nous partons à la rencontre. Par-dessus les notes métalliques d’une Ibanez noir et violette se crie une rage incontenable qui s’habille tantôt de ces saturations vocales chères aux musiques extrêmes, tantôt de ce phrasé rapide et saccadé propre à la trap music. Car oui, c’est ce mariage inattendu mais réussi que Felo Skurt (SKB) est venu officier aujourd’hui sur la scène du Hellfest, contre vents et critiques de ces puristes insupportables qui rejettent tout ce qui s’arrête au heavy métal des années 80 (mais si vous savez, les mêmes qui vous demandent de citer 18 chansons s’ils ont le malheur de vous croiser avec un t-shirt Iron Maiden). 

Au son des boîtes à rythmes et des basses bien grasses qui feraient passer un album de Kaaris pour une compilation de comptines pour enfants, Felo Skurt (SKB) défend sa place autant que ses convictions. Antiracisme et antifascisme : c’est à l’intolérance que le groupe est venu faire la part belle, lui qui en avait subi les affres avant même le début du festival sur cette douce et bienveillante place publique que sont les internets français. Mais parce qu’une image vaut mille mots, c’est bien par le talent que Felo Skurt (SKB) est venu fermer les bouches et ouvrir les consciences à grand coup de rangers en cuir. Et le pari est réussi, puisque le public abonde devant la HellStage, attiré par cette nouvelle génération de métalleux qui refusent de tomber dans le piège de l’élitisme et lui préfèrent les merveilles de l’ouverture d’esprit

Soprettyrocker

Valley19h40

Slift

Slift sur la Valley au Hellfest 2026

À l’approche de Slift, je m’attendais à voir une Valley bondée, prête à prendre le rock psyché et engagé de Slift. Un peu déçu par cela, j’arrive à me faufiler près de la scène et me prépare à recevoir des tonnes de décibels dans la tronche. Je tombe sur un individu qui me semblait être sous c., et qu’il se retrouve là par hasard pour la fête du Slift. Grand fan de calembour, je ne valide pas celui-ci

Avec Slift, peu de paroles, que des actes. C’est par leur musique que le trio « Ariègo-toulousain » s’exprime le mieux. Là où les habitués pouvaient s’attendre à un immense medley de leurs hits psychédéliques, la part belle a été donnée aux morceaux de Fantasia, leur splendide dernier album sorti il y a quelques semaines : 6 morceaux sur les 8 joués (Fantasia, Corrupted sky, The village, A storm of wings, The day of execution, Secret Mirror). Et c’est une immense claque dans la tronche. Ces morceaux sont incroyables

Dans le public, beaucoup de réception positive. Ce qui semble détendre petit à petit le groupe, qui semblait tendu à son entrée sur scène. Certains se laissent embarquer dans la stratosphère des harmonies du trio. D’autres semblent carrément possédés par moments (coucou Mathieu Yassef). Les envolées cosmiques se poursuivent avec l’interprétation de Umon et de Ilion, ce qui tend à sortir quelques festivaliers de leur torpeur.

De mon côté, j’assiste à un immense moment de musique. Je suis bluffé et captivé. Je vole par moments mais je reste attentif à rester autant que possible sur terre, pour capter chaque onde de chaque note jouée. Chaque personne présente vit à sa manière le concert, mais souvent avec des grands coups de nuque. La musique s’arrête, les lumières se rallument et il est temps de partir vers d’autres cieux et d’autres scènes.

SpehisPhotos : Cadence Noire (instagram)

MAINSTAGE 100h50

Ultra Vomit

Ultra Vomit sur la Mainstage 1 du Hellfest 2026

Tête de gondole à Venise de ce vendredi soir, les troubadours de Ultra Vomit investissent pour la première fois la Mainstage 1, là où en 2019, ils avaient été programmés en Mainstage 2. C’est grâce à eux que le festival a été sold out. En effet, c’était le seul groupe annoncé au moment de la mise en vente des billets. Quoi de plus normal que de les retrouver là. Une fois les tests de volume sonore passées, place au spectacle, où près de 50 000 clients… pardon, festivaliers, se sont massés. Ode à la plomberie, Evier métal vient déclencher un bazar géant. Le show étant filmé, il est demandé au public de mettre le pit à l’envers. De ma position, je ne voyais pas tout, mais rien qu’à voir la tête de certains festivaliers à la fin du concert, je suppose qu’être dans le pit, ne devait pas être de tout repos.

Le groupe montre son savoir-faire musical. Sous leurs airs d’anciens étudiants, on se retrouve face à quatre incroyables musiciens. Entre imitations douteuses d’Orelsan, de Renaud et de notre Johnny national, mimiques comiques de Mathieu Bausson, et blagues carambar de Manard, on rigole beaucoup. Grands seigneurs, ils remercient Sabaton et Iron Maiden d’avoir ouvert pour eux. Mais ce qui marque, c’est la maîtrise de leur art de cet orchestre. Ils savent jouer tous les types de métal et semblent à l’aise à peu près partout. C’est très fort. Une question vient toutefois à moi. Comment fait le public non francophone fait pour comprendre et s’imprégner de cet immense bazar ?

La setlist est taillée pour le festival et la part belle est faite à leur dernier album : Ultra Vomit et le pouvoir de la puissance. Au-delà des moments forts habituels de leurs concerts (La minute Manard qui vient tuer une seconde fois Ozzy Osbourne et le défilé de canards sur je collectionne les canards), Christian de Gojira vient jouer le guest de luxe sur Calojira. Pour rappel, en 2019, sur le même titre, un Calogero de Wish (un membre de leur staff technique) était venu prêter main-forte au groupe. On approche trop rapidement de la fin du set, ça commence à tirer dans les mollets, mais le traditionnel Kaamthaar vient de finir de tout renverser, avant une conclusion en toute légèreté sur A.N.U.S. , hymne pipi-caca repris en chœur par ceux qui sont encore indemnes ou presque.

On sort de ce concert en se disant qu’on a assisté à une vaste blague géante où tout le public a pris son pied, tout en se demandant s’il est l’heure d’enchaîner sur un Tikawahukwa ou sur un Ricard Peinard ou sur des Patatas Bravas pour reprendre des forces.

SpehisPhotos : Cadence Noire (instagram)

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