Dernier jour pour ce Hellfest 2026. Une journée qui aurait pourtant pu ne jamais avoir lieu. À la veille de ce dimanche, la Loire-Atlantique est placée en vigilance rouge canicule, faisant planer le doute sur le maintien des concerts. Finalement, les autorités donnent leur feu vert, à condition d’adapter l’organisation du festival.
Conséquence immédiate : le traditionnel feu d’artifice est annulé, la vente d’alcools forts suspendue et les bières limitées à des gobelets de 25 cl. Une décision qui a laissé quelques festivaliers perplexes, surtout lorsque la pinte à 8 € s’est mystérieusement transformée en un simple demi-format facturé 5 €. À défaut d’être rafraîchissante, l’opération aura au moins fait grimper la température des discussions.
Car de chaleur, il en sera beaucoup question tout au long de cette ultime journée. Sous un soleil écrasant, artistes, bénévoles et festivaliers vont devoir composer avec des températures approchant les 40 °C. Malgré ces conditions extrêmes, personne ne semble prêt à quitter Clisson avant le dernier riff.
Entre les grosses découvertes, les confirmations de la scène française et les derniers grands moments de communion avant de démonter les tentes et reprendre la route, retour sur cette quatrième et dernière journée du Hellfest 2026.
Tempt Fate
Retour en images sur le passage de Tempt Fate. Le groupe français a défendu son metal moderne, où se croisent riffs incisifs, refrains mélodiques et touches électroniques, avec une énergie qui trouve naturellement sa place sur les scènes du Hellfest. Quelques clichés pour revivre cette prestation.
Photos : Cadence Noire (instagram)
Alta Rossa

Voilà, nous y sommes ! C’est le dernier jour de festival et les corps sont éprouvés. Une journée caniculaire est annoncée, armé de mon tube indice 50 de crème solaire et de mon chapeau, je file en Valley, pour découvrir les bisontains de Alta Rossa. Pourquoi ? Je ne sais pas, mais je vais vite trouver réponse à ma question.
Il fait déjà à 33°, et une foule nombreuse au regard des conditions, s’est massée devant la scène baignée par le soleil. le show débute, nous sommes pas loin du drame avec la presque chute de Antoine, le chanteur, à son entrée sur scène. Pendant une trentaine de minutes, la température ne va faire qu’augmenter. Le post metal du groupe, teinté de violence et de mélancolie, tabasse dans tous les sens. On a par moments des relents de black metal qui arrivent jusqu’à nous. Ça tape fort (et je ne parle pas du soleil), et nos corps sont envahis d’une envie de lutter pour absorber l’énergie envoyée par le quintette.
J’ai un voisin prévenant qui me tend sa gourde d’eau, car il voit que j’en ai perdu beaucoup. Cela remet le facteur sur le vélo, et je profite de la fin du set avec plaisir. On voit que les musiciens sont heureux d’être là, et de nous envoyer de gros riffs et salves de sludge dans la gueule. On en redemande !
Il fait maintenant 666 degrés, le concert est malheureusement déjà fini, il est temps d’aller s’hydrater et d’offrir un verre à mon salvateur voisin.
Spehis – Photo : Thomas Furic (instagram)
Not Scientists

Ouvrir la Mainstage 1 n’est jamais une mission évidente, encore moins sous un soleil de plomb. En ce dimanche, jour le plus chaud d’un week-end caniculaire, les premiers festivaliers cherchaient autant les coins d’ombre que le chemin vers les barrières lorsque Not Scientists est monté sur scène.
Le quatuor lyonnais, né des cendres d’Uncommonmenfrommars, n’a pas cherché à en faire trop. Après une introduction aux sonorités rétro évoquant les consoles 8-bits et la Game Boy, le groupe a rapidement déroulé son punk rock mélodique, direct et sans détour. Un registre classique dans sa forme, mais porté par une solide expérience de la scène et un sens évident de l’efficacité.
Face à un public encore en train de prendre ses marques pour cette dernière journée, Not Scientists a rempli son rôle avec application. Les refrains accrocheurs et l’énergie communicative du groupe ont progressivement rassemblé les festivaliers, malgré une chaleur qui invitait davantage à chercher un peu de fraîcheur qu’à multiplier les pogos.
Sans chercher à réinventer le genre, Not Scientists a parfaitement lancé cette journée dominicale : un concert honnête, dynamique et fédérateur, idéal pour mettre la machine Hellfest en route une dernière fois.
Arnaud Guignant – Photos : Cadence Noire (instagram)
Silhouette
Photos et chronique à venir !
Revnoir

Revnoir faisait partie des immanquables pour moi cette année. La première fois que je les ai entendus, j’ai tout de suite été attiré par ce metalcore, parfois mélancolique, parfois électrique, mais toujours bien énervé. Et le rendu sur scène s’est révélé à la hauteur.
Le set commence sur les chapeaux de roue : ça gueule, ça break, les riffs sont lourds, les basses prennent au corps. Aucun doute, la colère est présente. Et pour la mélancolie ? Il suffit que le frontman Maxime se mette à chanter pour que l’ambiance change. Tout s’adoucit, l’enfer laissant lentement sa place aux limbes du rêve. Le groupe nous ballotte continuellement d’un état à l’autre et, je pense, avoir compris avec ce set ce qu’est un rêve noir. Une sorte de cauchemar qui nous attire irrésistiblement, à l’image de ce live qui m’a scotché du début à la fin.
À la manière de l’orage qui grondait au loin, Revnoir a jeté un voile noir sur cette Mainstage en ce dimanche caniculaire.
Kevin Roth – Photos : Cadence Noire (instagram)
Resolve

À 12h50, alors que la chaleur s’était déjà imposée sur Clisson, Resolve retrouvait la Mainstage 2 devant une fosse loin d’être clairsemée. Les festivaliers alternaient entre les rares zones d’ombre et les passages devant les membres du staff du Hellfest, qui tentaient de les rafraîchir à grands renforts de karchers. Malgré ces conditions éprouvantes, le public avait répondu présent pour le groupe lyonnais.
L’entrée en scène donne immédiatement le ton. Les premières notes de Non, je ne regrette rien d’Édith Piaf résonnent dans les enceintes avant de céder brutalement la place aux flammes et au metalcore incisif de Resolve. Une introduction aussi inattendue qu’efficace, qui fait rapidement monter l’intensité du concert.
Très à l’aise face au public, le chanteur multiplie les interactions entre les morceaux. Sur l’un d’eux, il lance le défi de provoquer un maximum de crowd surfers, annonçant qu’il allait les compter un à un. Quelques instants plus tard, il invite la fosse à se séparer en deux pour un impressionnant wall of death, immédiatement exécuté par des festivaliers qui, malgré la chaleur, n’avaient rien perdu de leur énergie.
Autre particularité de cette prestation, l’intégralité du concert était interprétée en langue des signes sur le côté de la scène. Les paroles, les interventions du chanteur et jusqu’à l’énergie des morceaux étaient traduites en direct par Aurélie Nahon et Perrine Diot, offrant une lecture originale et immersive du concert. Une présence qui n’est pas passée inaperçue et qui apportait une dimension supplémentaire au spectacle.
Dans des conditions météorologiques particulièrement exigeantes, Resolve a livré une prestation solide, portée par une exécution maîtrisée et une communication permanente avec le public. Une nouvelle démonstration de la maturité du groupe, qui confirme sa place parmi les formations françaises les plus en vue de la scène metalcore actuelle.
Arnaud Guignant – Photos : Cadence Noire (instagram)