Hellfest J0, le jour d’avant qu’il ne fallait pas manquer !

Officiellement, le Hellfest 2026 ouvrait ses portes le jeudi 19 juin. Officieusement, le festival avait déjà commencé la veille. Depuis plusieurs éditions, le Day 0 est devenu un rendez-vous à part entière grâce aux scènes du Metal Corner, à la Hellstage et à une programmation qui n’a plus rien d’un simple échauffement.

Une fois le bracelet récupéré, la tente montée et le premier tour du camping effectué, les festivaliers convergent naturellement vers Hell City. L’ambiance y est particulière : les retrouvailles entre habitués, les premiers verres, les premières découvertes musicales et cette excitation propre au moment où l’on réalise que quatre jours de concerts sont enfin devant nous.

Cette année encore, le mercredi a largement tenu ses promesses. Entre les émotions de No Terror in the Bang, la folie contagieuse de Pussy Miel, l’univers inclassable de Schlaasss, les débuts remarqués de Dope Spell et la fournaise de la Purple House avec Violence, cette mise en bouche avait déjà des allures de grand festival.

Une chose est sûre : ceux qui n’arrivent au Hellfest que le jeudi passent désormais à côté d’une vraie journée de concerts.

Hellstage16h30

No Terror in The Bang

No terror in the Bang sur la Hellstage du Hellfest 2026

Il y avait un rendez-vous que je ne voulais pas manquer en ce mercredi. Arriver à Clisson, récupérer le bracelet, rejoindre le camping, installer le campement… le timing était serré et je n’étais pas certain de pouvoir être devant la Hellstage à temps pour No Terror in the Bang. Finalement, tout s’est parfaitement aligné. 

Le groupe est venu défendre les morceaux de son tout récent EP Existence, et c’était évidemment l’occasion de découvrir ces nouveaux titres en live. Parmi eux, « Moon » s’est imposé comme un moment fort, porté par cette intensité cinématographique qui caractérise la formation.

Sur scène, la présence magnétique de Sofia capte immédiatement l’attention. Ses longues tresses balayent l’air à chaque mouvement, accompagnant une prestation aussi physique qu’habitée. Sa voix, elle, fascine par sa capacité à passer instantanément d’un chant clair d’une grande sensibilité à des saturations viscérales, sans jamais perdre en émotion. 

Pour ouvrir mon Hellfest, difficile d’imaginer meilleur choix. Un concert intense, sincère et maîtrisé, qui confirme que No Terror in the Bang fait partie de ces groupes dont la puissance prend une nouvelle dimension sur scène. Une excellente entrée en matière avant de plonger dans les quatre jours de festival.

Arnaud GuignantPhotos : Cadence Noire (instagram)

pURPLE hOUSE17H30

Pussy Miel

Pussy Miel dans la Purple House lors du Hellfest 2026

Cette chronique est à lire avec la voix de Julien Lepers :

Je suis un groupe français, originaire des Landes dont le nom intrigue autant qu’il peut amuser. Sur scène, je ne fais pas dans la demi-mesure : mes concerts sont une véritable décharge d’énergie où le public est rapidement embarqué dans une ambiance aussi festive que chaotique. Entre riffs incisifs, attitude punk, humour assumé et second degré permanent, je transforme chaque prestation en une célébration déjantée où les sourires se mêlent aux pogos.

Au Hellfest 2026, au coeur de la Purple House, sous une chaleur infernale et une tente bien bondée, j’ai su séduire aussi bien les curieux que les connaisseurs grâce à une présence scénique débordante, une complicité évidente avec le public et un concert dont beaucoup sont ressortis avec le sentiment d’avoir assisté à la première belle surprise du festival.

Groupe exclusivement féminin, j’ai également organisé le premier circle pit autour de la cage faisant office de scène et défendu avec ambition et passion mon premier EP, récemment sorti, Bee Raged

Je suis, je suis, … PUSSY MIEL

SpehisPhotos : Cadence Noire (instagram)

Purple House19h50

Dirty Rodéo

Retour en images sur le passage de Dirty Rodeo. Le duo limougeaud a distillé son post-hardcore, mêlant énergie brute, mélodies accrocheuses et une intensité qui ne faiblit jamais. Une sélection de clichés pour revivre cette prestation.

Photos : Cadence Noire (instagram)

hellstage20h40

Schlaasss

Schlaasss

Assister à un concert de Schlaasss, c’est accepter de perdre ses repères pendant un moment. Le duo cultive depuis ses débuts un univers volontairement décalé, où l’absurde côtoie la provocation, le mauvais goût devient un véritable langage artistique et l’humour flirte en permanence avec le malaise. Une proposition qui peut dérouter autant qu’elle fascine.

Et il y a presque deux spectacles en un. Sur scène, bien sûr, mais aussi dans la fosse, où il est difficile de ne pas observer avec un certain délice les visages des festivaliers qui découvrent Schlaasss pour la première fois. Entre éclats de rire, regards interloqués et tentatives de comprendre ce qui est en train de se passer, la surprise fait partie intégrante de l’expérience.

Le duo enchaîne dans la petite cage proche de la Hellstage ses titres les plus emblématiques sans jamais chercher à édulcorer son identité. Entre rap, électro, punk et performance théâtrale, Schlaasss brouille volontairement les pistes. Les morceaux s’enchaînent dans un joyeux chaos parfaitement maîtrisé, porté par un public qui connaît les paroles sur le bout des doigts et entraîne progressivement les plus sceptiques dans son univers.

Déconcertant, parfois inconfortable, mais aussi étonnamment rafraîchissant, Schlaasss rappelle qu’au Hellfest, les expériences les plus mémorables sont souvent celles qui échappent à toute classification. Et si les habitués savourent chaque minute, le véritable plaisir est peut-être de voir les nouveaux venus se demander, avec un mélange de perplexité et d’amusement, ce qu’ils viennent exactement de vivre.

Arnaud GuignantPhotos : Jean-Michel (instagram)

Hellstage21h10

Dope Spell

Dope Spell sur la Hellstage du Hellfest 2026

Pour ceux qui ne sont jamais venus au Day 0, il faut savoir qu’en début de soirée il règne une atmosphère particulière à Hell City. Une bonne partie des festivaliers a fini d’installer sa tente, ont attaqué l’apéro, et se retrouve là pour démarrer leur festival comme il se doit : avec du gros son. Cette année, c’est Dope Spell qui s’est chargé de nous distribuer quelques claques !

C’était le tout premier live du groupe, et pourtant, impossible de le deviner tant la prestation était qualitative. Le quatuor nous a balancé un hardcore boosté à l’électro sans nous laisser le moindre répit. Le résultat ne s’est pas fait attendre : de beaux circle pits, du mosh et même des crowd surfers : un festivalier attentionné a dû s’improviser challenger pour l’occasion. 

La Hellstage avait des airs de Mainstage ce soir-là, et il faut croire que ce n’est pas passé inaperçu : Dope Spell a ensuite été appelé pour ouvrir la Mainstage le samedi 20 juin, après la réorganisation du running order liée à l’annulation de Tom Morello.

Pour un tout premier live, transformé en doublé, on peut dire que le contrat a été plus qu’honoré !  

Kevin RothPhotos : Cadence Noire (instagram)

Purple house22h10

Violence

Violence sur scène à la Purple House du Hellfest 2026

Plus tard dans la journée, cap sur la Purple House du Metal Corner pour l’un des concerts les plus atypiques de ce mercredi : Violence.

Avant même d’apercevoir le groupe, une chose saute aux yeux : la file d’attente. Le bouche-à-oreille a fait son effet et la salle est rapidement prise d’assaut. Les vigiles sont contraints de filtrer les entrées afin d’éviter une surcapacité. À l’intérieur, l’atmosphère est déjà irrespirable. Comme souvent dans cette petite salle fermée, la température grimpe en flèche, transformant chaque prestation en véritable étuve.

La configuration propre à la Purple House, avec sa scène enfermée dans une cage métallique, contribue pleinement à l’expérience. Dans cet espace exigu, la proximité entre les musiciens et le public renforce encore la sensation d’être au cœur de l’action.

Le groupe avait choisi cette date au Hellfest pour tourner un clip, invitant le public à participer afin d’immortaliser l’ambiance de ce moment.

Le résultat est à la hauteur des attentes : un concert incandescent, où la sueur, la promiscuité et l’énergie collective ne font plus qu’un. Si le clip parvient à retranscrire ne serait-ce qu’une partie de ce qui s’est vécu dans la Purple House ce mercredi, ce devrait être énorme.

Arnaud Guignant – Photos : Violence, extraites de la vidéo live, clip à sortir à la rentrée

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