TEKA – Neon Overdrive (feat. TSAR) : la mécanique du cœur

Une pulsation. Un battement de quartz qui n’attend pas, qui ne triche pas. Le métronome est une guillotine de verre, et pourtant, dedans, ça chaloupe. Ça marche droit, mais ça balance des hanches.

Il y avait eu Do You, ce premier pas de côté en mars dernier. On y humait le skaï tiède, la retenue, cette façon presque polie d’effacer la guitare sous le chant de Nacera. Un artisan qui range ses outils pour ne pas faire de bruit dans la pièce d’à côté. C’était hier. Une éternité à l’échelle des machines.

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Là, on change de braquet. On quitte le salon.

Neon Overdrive. Le titre claque comme une portière de coupé allemand qu’on ferme dans la nuit de banlieue. Une nuit mauve, zébrée de tubes fluorescents qui grésillent un peu. Tanguy – TEKA pour ceux qui savent lire les étiquettes et les manches de guitare – remet le contact. Et le moteur a du coffre.

Ce qui frappe, c’est cette rigueur. Une rigueur de luthier qui inspecte le fil du bois, mais appliquée à la grille. C’est de l’Outrun, bien sûr. On connaît les codes, le dictionnaire, les paysages de pixels. On pourrait s’y ennuyer. Mais non. Parce qu’au milieu de la course mécanique, entre deux vagues de synthés bas de plafond et agressifs, la six-cordes revient. Elle ne frime pas. Elle ne fait pas de claquettes sur le manche pour épater la galerie des réseaux. Elle découpe la nuit. C’est un éclair propre. Chirurgical. Un riff qui a l’élégance des lignes droites et la tension d’un ressort tendu à rompre.

On sent l’artisan derrière la console. Celui qui sait qu’une machine sans homme, c’est juste du courant qui passe. Alors il y met du frottement. De l’épaisseur. L’overdrive n’est pas seulement dans la pédale, elle est dans l’intention.

Et puis, il y a cette rencontre. Ce binôme d’asphalte.

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Parce que sur Neon Overdrive, Tanguy n’est pas seul au volant. Il y a TSAR. TSAR et sa voix. Une présence qui ne cherche pas à surjouer le décor, mais qui s’y fond. C’est un chant qui arrive de profil, un timbre qui a la couleur des phares qui coupent le brouillard. TSAR n’accompagne pas la machine, il lui donne un visage, une urgence humaine. Ses mots s’empilent comme des images de voyage, des instantanés saisis à travers une vitre teintée, là où l’échappée belle n’a plus besoin de destination pour exister. Juste le mouvement. Le grain de la voix de TSAR vient frotter contre le lisse des synthétiseurs, et c’est dans ce frottement-là que le morceau s’incendie.

C’est l’histoire d’une carrosserie impeccable lancée sur l’asphalte noir, avec ce supplément d’âme, ce léger décalage dans le grain qui fait qu’on n’est pas chez les robots. On est chez des hommes qui cherchent. Et qui trouvent.

L’EP de TEKA à venir se dessine ainsi, par contrastes violents. Entre la caresse d’hier et la vitesse d’aujourd’hui.

On attend la suite. Calme. Mais le pied sur le champignon.

Stedim (instagram)

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