TEKA, nous vous en parlions en novembre dernier dans cet article. Promesse tenue : 2026, sortie du premier EP. Et le premier single, Do You, est sorti il y a juste quelques jours et fait un très bon démarrage. C’est donc l’occasion d’échanger avec Tanguy que je remercie pour sa disponibilité :
Avec Do You, on comprend que la guitare n’est plus seulement l’instrument roi, mais une texture au service d’une chanson. Comment as-tu négocié ce passage de la démonstration guitaristique à la production pure ?
Ça a été très simple. Je ne me suis pas posé mille questions : j’ai toujours été partisan du fait que la guitare, au même titre que n’importe quel instrument, doit être au service de la musique quoi qu’il arrive et que la démonstration pure n’a aucun intérêt. Je l’ai donc fait de manière très naturelle.
Cela me paraissait évident que la guitare n’intervienne qu’au moment où on l’attend. Ça tient aussi à l’histoire qu’on raconte. Ici, c’est un morceau très romantique dans un univers que je voulais explorer qui est la synthwave. Ce genre a beaucoup de synthés mélodiques, symphoniques donc la guitare est présente tout au long du morceau et plus ou moins en avant selon le moment.
Évidemment, le solo final, c’était son moment. C’est un concept assez différent de ce que j’ai toujours fait sur internet : reprendre la mélodie de voix à la guitare électrique. Là, c’était évident pour moi que la guitare se manifeste autrement : en clean durant les couplets, en mode rythmique pendant que Nacera chante et bien sûr en partie solo quand c’est son moment pour s’exprimer. Comme tu le disais, c’est une texture au service du morceau et le passage s’est négocié de manière tout-à-fait naturelle.

Est-ce que le choix d’un premier single avec une voix (Nacera) est une manière de dire que la guitare seule ne suffisait plus à raconter ce que tu avais sur le cœur ?
Ça aurait pu mais non, non. Pour le coup, c’était un élément que je voulais explorer depuis longtemps. C’est un schéma classique que j’ai toujours connu. Effectivement, j’ai toujours fait de l’instrumental mais je n’ai pas voulu m’y enfermer.
Dans l’EP, il y a un clin d’œil à l’instrumental : un seul titre – et le reste sera chanté. C’est aussi pour m’ouvrir à plus de public et faire quelque chose de frais sur lequel on ne m’attend pas. J’ai trouvé ça vraiment intéressant à faire et ça m’a beaucoup apporté.
Le talent et la performance d’une part et le côté humain d’autre part qui est hyper important pour moi…
Comment s’est faite la rencontre avec Nacera ? Cherchais-tu une voix spécifique pour contraster avec ta six-cordes, ou est-ce le morceau qui a appelé son timbre ?
Avec Nacera, on se connaît déjà depuis quelques années. Elle fait partie du cercle d’amis que j’ai en Haute-Savoie. On a eu l’occasion de se connaître ainsi lors de soirées où elle chantait, on jammait… J’ai toujours adoré son timbre de voix. Je trouve qu’elle a un talent extraordinaire.
C’est aussi quelqu’un qui a une certaine fragilité et peut-être un léger manque de confiance en soi aussi. Je voulais lui prouver qu’elle a un talent rare, et c’est donc par amitié et parce que sa voix est idéale sur ce morceau que je lui ai proposé d’être sur mon EP.
Le talent et la performance d’une part et le côté humain qui est hyper important pour moi d’autre part : je ne peux pas travailler avec quelqu’un si je n’ai pas ces atomes crochus. Je suis très content d’avoir fait ça avec elle.
… dans l’EP : on va aller de la pop au heavy.
Dans le processus de création, qui a dû s’adapter à l’autre ? As-tu écrit la mélodie pour elle, ou as-tu sculpté tes arrangements autour de ses lignes vocales ?
J’ai co-composé l’EP avec Simon Picot aka Monstera. Comme je t’expliquais, je suis parti dans la synthwave qu’on n’entend pas énormément en France mais qui est une combinaison parfaite entre la nostalgie des années 80 et les influences de Toto que j’aime. C’est surtout un univers qui peut mêler toutes sortes de styles de musique. Tu peux aller dans la pop, le rock et le heavy.
C’est d’ailleurs ce qui va se passer dans l’EP : on va aller de la pop au heavy. Do You est peut-être le morceau le plus cinématique de l’EP avec des notes très pop : on flirte avec l’electro par moment. Quand on a co-composé le morceau avec Simon, on imaginait une voix féminine très sensible avec une tessiture vocale assez aigüe, suave, fébrile… véhiculant une vraie sensibilité.
Il m’est apparu évident que c’est à Nacera que j’allais proposer. Les textes et la mélodie vocale étaient déjà écrits. C’est donc Nacera qui s’est adaptée pour s’approprier le morceau, y mettre sa patte, son identité.

Do You est le premier éclat de cet EP à venir. Est-ce le morceau le plus représentatif du disque ou n’est-ce qu’une facette d’un projet beaucoup plus complexe ?
Pour te donner la genèse du projet, je voulais que ce soit un EP de guitariste mais sans tomber dans le cliché du guitariste qui en fout des tartines partout. Je voulais donc garder cet élément important qu’est la voix. Comme je te le disais : j’ai gardé juste un clin d’oeil à mon passé d’artiste instrumental avec un seul titre sans chant. Pour le reste, on est parti sur le concept d’un titre / un chanteur.
Oui, Do You est un titre représentatif de l’EP car on est sur de la synthwave pure, très cinématique, très nostalgique, très romantique, façon “écoute sur autoroute” dans les années 80. Mais tu auras aussi des morceaux beaucoup plus énervés, beaucoup plus rock.
Aucun morceau ne sera prédominant. C’est la combinaison de tous qui fera l’offre de l’EP. Chacun devrait y trouver son compte selon ses affinités. Le prochain single sera du hard-rock, par exemple. Do You m’est particulier car c’est avec lui que je me révèle mais ce n’est bien qu’une des nombreuses facettes de l’EP.
Cet EP est une réponse à toutes mes influences : on aura des approches synthwave, electro, disco, rock, heavy.
Est-ce que cet EP suivra une narration précise, ou est-ce une collection d’expérimentations sonores ?
Cet EP est vraiment influencé par deux groupes très chers à mon cœur : Toto et The Midnight.
The Midnight est pour moi la référence absolue en matière de synthwave et Toto m’a beaucoup apporté en allant de la pop au rock selon les périodes.
Cet EP est une réponse à toutes mes influences : on aura des approches synthwave, electro, disco, rock, heavy. C’est un vrai panel. On retrouvera évidemment la signature sonore de ma guitare, de ma manière de jouer et de composer les solos. Ce sera le liant entre les morceaux qui eux seront différents dans les intentions et les voix : une histoire et une énergie à chaque fois différentes.

Ton public de la première heure t’attend en tant que guitariste solo de premier plan. On a été nombreux à être surpris quand tu as annoncé que cet EP serait “chanté”. N’as-tu pas peur de déstabiliser avec ce virage ?
J’ai tendance à dire que chaque album est le précédent du suivant. Alors peut-être que, un jour, je ferai un album complètement instrumental, quand je sentirai qu’il faut le faire. Là, j’ai eu envie d’explorer cette partie chantée pour toutes les raisons exposées plus tôt notamment m’ouvrir plus au public. J’ai toujours eu à cœur de démocratiser la guitare, la faire écouter partout.
Par exemple, Do You peut s’écouter en club, un endroit où on écoute assez peu de guitare. M’ouvrir au public en gardant une guitare au premier plan et au service de la musique. J’ai voulu trouver un équilibre.
Évidemment, la synthwave, c’est quand même un pari. C’est une niche.
Même si ça a été popularisé par Stranger Things, j’ai fait ce choix car c’est ce que j’ai toujours écouté. Il était important d’y apporter une dimension moderne et, pour ça, Simon est d’une aide particulièrement précieuse. Il a cette manière de groover, de rendre les choses hyper funky voire disco mais aussi rock et heavy. J’ai aussi la chance d’avoir un excellent producteur, il faut le dire : Romain Salmon de Miraj Productions. C’est une rencontre extraordinaire. C’est Romain qui m’a mis le pied à l’étrier. On forme vraiment un trio génial et j’ai pleine confiance en ces deux mecs. On va écrire une très belle histoire avec cet EP et je les remercie beaucoup pour leur aide, pour leur soutien.
Effectivement, c’est donc un pari. Do You a été très bien accueilli. On a déjà fait plusieurs milliers de streams sans vraiment avoir fait de campagne. La moitié des écoutes se fait aux États-Unis où le titre est entré dans plus de 200 playlists dont certaines à plusieurs dizaines de milliers de sauvegardes. C’est un indicateur qui dit qu’on est pas mal.
Merci, TEKA.
On se reparle au prochain single ?
Évidemment, avec grand plaisir. Je t’ai déjà un peu teasé ce prochain titre : heavy. J’attends le mastering cette semaine et il sort déjà le mois prochain.
On part sur un single par mois jusqu’à l’été, et la sortie de l’EP est prévue le 18 septembre avec deux titres en bonus.
Itw par Stedim (instagram)