Messalina frappe fort avec un premier EP déjà magistral

Messalina n’existe peut-être que depuis peu, mais dès les premières minutes de Golden Wounds, on comprend que les musiciens n’en sont clairement pas à leurs débuts. Avec des membres passés par Svart Crown et aujourd’hui actifs chez Igorrr, le quatuor niçois affiche déjà une maîtrise impressionnante. Avec ce premier EP de six titres, sorti le 22 mai 2026, Messalina nous emporte dans son univers.

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Originaire de Nice, le quatuor puise dans une noirceur aussi élégante que viscérale. Si Messalina vient de la Baie des Anges, mieux vaut ne pas s’y tromper, ici, les anges ont les ailes brûlées et les auréoles ternies.

Entre rock sombre, post-metal et mélancolie viscérale, Messalina nous plonge immédiatement dans un univers qui les rend uniques. Le principal atout du disque réside dans cette capacité à faire cohabiter lourdeur et émotion sans jamais tomber dans la démonstration. La production est irréprochable. Le mix de Jimbo Goncalves et le mastering de Thibault Chaumont donnent à l’EP une ampleur remarquable.

Mais la véritable force du groupe reste cette voix bouleversante, chargée d’émotion et de fragilité, qui nous prend aux tripes du début à la fin. Cette mélancolie bouleversante traverse tout l’EP et trouve un écrin parfait dans des instruments calibrés avec une précision redoutable. Les guitares avancent comme des vagues épaisses et hypnotiques, la basse enveloppe les morceaux d’une chaleur sombre tandis que la batterie sait autant écraser que respirer. Tout sonne juste. En seulement six titres, Golden Wounds impose déjà une identité forte et mature.

Dès “Golden Wounds”, le ton est donné. “Cold As Before” plonge dans une lenteur pesante et quasi hypnotique. “A Cross” montre quant à lui toute la dimension émotionnelle du groupe, entre sacrifice et abandon.

Et puis il y a “No Color”. Inviter Doodseskader sur un premier EP n’a rien d’anodin. Cela prouve déjà que Messalina sait parfaitement s’entourer. La rencontre entre les univers fonctionne de manière saisissante : entre tension sourde, violence intérieure étouffée, noirceur post-grunge et énergie alternative qui fusionnent dans un morceau aussi abrasif qu’émouvant. La présence de Tim De Gieter apporte encore davantage de relief à un titre déjà immense.

Même logique pour les collaborations avec Kabbel sur “Narrow Chase” et Dool sur “Born Again”, qui participent à élargir encore un peu plus l’univers du groupe sans jamais lui faire perdre sa cohérence.

Rarement un premier EP n’aura donné une telle impression d’évidence. Messalina possède déjà tout d’un très grand groupe, et l’avenir leur appartient clairement.

Ombre Futile (Instagram)

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