NO TERROR IN THE BANG – L’interview au Hellfest

Suite à leur passage sur la Hell Stage et dans les coulisses bouillonnantes du Hellfest, nous avons eu le plaisir d’échanger avec Sofia et Clément de NO TERROR IN THE BANG. Loin du vacarme des amplis et de la poussière des scènes, le groupe s’est prêté au jeu de l’interview avec simplicité et sincérité, revenant sur son passage au festival, leurs influences et la présentation de leur nouvel EP, Existence


Bonjour à vous 2, quel effet ça fait d’avoir été le premier groupe à jouer sur le site du Hellfest, mercredi ?

Sofia : Bah écoute, c’était vraiment chouette. Je dirais que c’est même une chance. Étant donné que le site du festival était fermé, tous les festivaliers qui arrivaient, s’arrêtaient pour nous écouter, nous découvrir. Nous, on était dans l’euphorie du truc, donc c’était génial.

Et vous aviez appréhendé comment le fait de jouer sur ce lieu-là ? Il y avait de l’excitation, de l’envie, de l’inquiétude ?

Sofia : Non, nous n’étions pas inquiets. T’étais inquiet, toi ?

Clément : Non, pas d’inquiétude, mais je pense que tu as à peu près tout dit dans ta question : excitation, impatience… Ouais, on attendait ça depuis des mois. Voilà, nous sommes hyper heureux, très enthousiastes, avec de la joie.

 Sofia : L’avantage d’avoir joué en premier, c’est qu’on a vraiment eu le temps de faire des balances. Ça nous a mis vraiment, je pense, dans un mood confortable. Il y avait déjà des gens qui avaient prêté une oreille avant qu’on puisse démarrer. Ensuite, on a pu prendre le temps aussi de se préparer, et de monter sur scène en étant prêts.

Et une fois que le set s’est terminé, c’était quoi votre sentiment ? C’était trop court ?

Clément : C’est vrai que c’est passé vite, mais c’était quand même un temps de jeu qui était plutôt pas mal. Souvent, c’est 30 minutes de jeu, c’est court, et là, on avait 40 minutes. Certes, ça reste court, mais c’est un bon temps quand même, parce qu’on a eu la possibilité de donner pas mal d’énergie. Quand on joue 30 minutes, lorsqu’on on sort de scène, on est à peine chaud.

 Jouer sur la Hell Stage, est-ce que ça change par rapport à vos lieux de concert habituels ?

Sofia : Non, on a joué sur des scènes de différentes tailles, mais ça a toujours été des belles scènes, bien équipées. On aime avoir une scène bien équipée pour notre musique, pour qu’on lui rende justice d’une certaine manière, et cette scène-là, elle est très bien.

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Crédit : Lauréane

Quelle a été votre réaction entre groupe lorsque vous avez appris que vous alliez jouer sur la Hell Stage ?

Sofia : Nous étions très heureux. Au début il y eu une forme d’étonnement, on s’est dit « Ah bon ? vous êtes sûrs ? ». On n’y croyait presque pas. Je pense qu’il y a aussi une forme d’accomplissement dans la vie d’un musicien de métal, que de venir jouer au Hellfest. C’est une comme une étape à faire dans ta carrière de musicien. Ca a été une sorte de réconfort pour moi. J’ai vu ça comme une reconnaissance.

Cela vous a rassuré dans la direction que vous prenez en tant que groupe ?

Sofia : Oui, surtout dans notre légitimité.

Je pense qu’il y a aussi une forme d’accomplissement dans la vie d’un musicien de métal, que de venir jouer au Hellfest.

Vous décrivez votre groupe comme une expérience de métal cinématographique, ça vient d’où cette idée ?

Sofia : Ça vient surtout d’Alexis, le batteur et compositeur du groupe, qui lui a vraiment baigné dans sa jeunesse dans le cinéma, et la musique de film. C’est quelque chose qui le touche énormément, et il a tout de suite voulu apporter ces influences-là dans notre musique.

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Et c’est lui qui s’est chargé d’écrire votre nouvel EP, Existence, ou cela a été un travail collaboratif ? Plus généralement, comment avez-vous composé vos disques ?

Clément : Cet EP, Existence, c’est un peu une finalité en termes de travail d’équipe. Sur la composition, Alexis, Sofia et Etienne, l’autre guitariste, ont pris une grosse part dans la composition de ses cinq titres. Si on va à rebours, sur l’album Heal, c’est essentiellement Sofia et Alexis. Toutefois, certains titres ont été amenés par d’autres membres du groupe. Cet album, est le plus représentatif du groupe, car il porte la signature de chacun. Et d’ailleurs cela se ressent dans l’écoute car il y a pas mal de diversité entre les morceaux. Sur notre premier opus, Éclosion, c’est carrément Sofia et Alexis qui ont bossé. D’ailleurs, la patte cinématographique, à mon sens, c’est sur cet album où elle est la plus présente.

Sofia : Je pense qu’on est dans une optique où on n’a pas envie de se priver quand on compose. On n’a pas envie de rentrer particulièrement dans une case. On est tous nourris de différentes influences. Et pour en faire une force, on a décidé qu’on allait se servir de tout, en essayant de faire le bon cocktail. Parfois, quand tu mélanges trop de choses ensemble, à la fin, tu obtiens des trucs pas très digestes. En l’occurrence, on essaie d’avoir vraiment la bonne formule, la bonne recette, pour qu’on puisse se régaler.

Je reviens un peu sur le côté cinéma, en dehors des films d’Alfred Hitchcok, si votre musique était un film ?

Clément : C’est difficile de s’arrêter sur un film, mais plutôt sur une association de films.

Sofia : J’ai envie de dire un film post-apocalyptique, de science-fiction, quelque chose un peu comme ça, et en même temps un peu mystique. Ou un film qui mêle fantastique et post-apocalyptique. Je pense qu’il faudrait créer un film exprès.

Avec le recul, quel message feriez-vous passer à tous les membres du groupe, à vos débuts ? Si vous deviez vous parler à vous-mêmes ?

Clément :  On était dans le sous-sol, chez les parents d’Alexis en train d’enregistrer Eclosion. Et c’est vrai qu’à ce moment-là, on n’avait aucune, vraiment aucune idée de passer un jour sur une quelconque scène du Hellfest. C’est vrai qu’on n’y était vraiment pas. Donc, est-ce qu’on se dirait « Tu vas y aller » ou est-ce qu’on ne se dirait rien du tout pour ne pas forcer le destin ?

Sofia : Oui, je ne me dirais rien du tout pour ne pas me gâcher la surprise.

Clément : Mais en même temps, c’est dur à garder. On se dirait de s’accrocher. Peut-être qu’il va y avoir un truc cool qui va tomber dans 5 ans.

On est dans une optique où on n’a pas envie de se priver quand on compose. On n’a pas envie de rentrer particulièrement dans une case.

Est-ce que l’un des premiers messages était de se dire de jouer au 106 ?

Sofia : Ça a été une des premières ambitions, et on l’a fait deux fois. Donc c’est génial

Dans la vie du groupe, en tournée ou en festival, lorsque vous vous déplacez qui s’occupe de la playlist et c’est quelle chanson qui tourne le plus ?

Sofia : C’est vrai qu’à l’aller, je crois qu’on n’a pas mis de musique.

Clément : À l’aller, cette fois-ci, on n’a pas mis de musique. Mais la dernière fois qu’on a fait un aller-retour, on s’est mis du Pantera, je crois.

Sofia : Le Pantera, c’est trop la musique pour conduire !  L’album Vulgar Display of power surtout. Je crois que c’est le seul album où je ne connais quasiment pas les paroles mais je connais tous les riffs par coeur. Je peux chanter tous les riffs de l’album, mais pas les paroles.

Tu évoques Pantera, c’est une influence pour vous ?

Sofia : Non. Pour le projet, pas du tout, mais c’est un album (Vulgar Display of power) que j’adore.

Clément : Cette influence nous a amené à faire du métal, sûrement même me concernant. Par contre, comme influence musicale, ça ne matche pas avec les idées modernes vers lesquelles on essaie de tendre.

Sofia : En termes d’influences, depuis qu’on a commencé, j’ai toujours cité Ginger. S’il devait y avoir des influences qui devraient nourrir nos prochains albums, j’aimerais bien qu’on s’inspire de Leprous. Pourquoi tu rigoles ?

Clément : Parce que c’est très accessible. C’est de la prog très facile (rires)

Sofia : J’ai vu le groupe en concert au mois de février, et j’ai pris une déculottée. Franchement, c’était incroyable en termes de qualité. Je crois que c’est la plus belle performance vocale que j’ai entendue de ma vie. Le concert était ultra propre, et les musiciens excellents. Et ce qui m’a marqué, c’était de voir que tous les musiciens chantaient. J’ai été hyper impressionnée par la technique vocale de Einar Solberg. J’ai lu une interview de lui où il indiquait faire une vraie préparation de tournée pour sa voix. Il y a plein de chanteurs comme ça, comme Will Ramos aussi, qui parlait de la manière dont ils se préparent avant de partir en tournée. Ces chanteurs-là sont passionnants. Ils sont là pour proposer de la qualité parce qu’ils respectent vraiment leur public, et ça, c’est hyper inspirant.

Clément : Moi, je suis un peu old school. J’aime beaucoup Pantera, Iron Maiden. Au sein du groupe et pour travailler nos compositions, j’essaie de me fier un petit peu à Etienne, qui a un regard plus moderne. Il est plus inspiré par Meshuggah, Gojira. J’aime aussi Gojira, mais Meshuggah, c’est un groupe que je connais sans vraiment connaître. En tant que guitariste, en tout cas, je ne suis jamais allé chercher un travail de repiquage parce que juste leur manière de jouer est folle. Il y a beaucoup de technique chez Meshuggah, et c’est très passionnant.

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Crédits : Lauréane

Pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore, quel message vous devriez leur faire passer pour les inviter à venir vous voir jouer ou à vous écouter ?

Clément : Déjà, moi, je voudrais les remercier d’être lecteur, car ce qui est écrit est lu. Plus on a de retours de chroniques, d’interviews, de concerts, plus nous, ça nous dynamise. Si on pouvait arriver à effectuer une sorte de cercle un peu bienveillant, où tout se nourrit mutuellement, voilà, le message que moi, j’ai envie de passer.

On a une tradition chez Hexalive pour conclure les interviews, si vous avez un nom d’artiste à nous conseiller à interviewer, quel nom vous vient en tête ?

Sofia : C’est pas facile comme question. Je ne sais pas, toi tu as une idée ?

Clément : J’en ai une, mais je ne sais pas si j’ai le droit. En fait, ma fiancée écoute beaucoup Etienne Daho. Donc, je vais citer Etienne Daho, parce que je n’ai personne d’autre qui vient à l’esprit.

Sofia : J’ai plein d’idées, mais là je pense à une amie à moi, Alice Animal, qui est chanteuse de rock. À la base, son projet, c’est Alice Animal. Et en fait, elle joue en tant que guitariste chez Cachemire. C’est une femme en or.

Remerciements : Sofia et Clément de No Terror in the Bang, Guillaume de Klonosphère, Lauréane à la photo

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