Army of the Trees – Savage Lands

Depuis plusieurs mois, j’écoute Army of the Trees pour le chroniquer et… je me retrouve coincé. Les titres se succèdent, bouclent, vont et reviennent et impossible d’écrire quoi que ce soit.
Pas que ce soit mauvais, loin de là, mais je sèche. Alors je creuse le concept, le projet, je relis l’interview faite par mes collègues. Et OK, y’a un vrai concept derrière, une ambition même, un espoir.
Mais quand je laisse le côté associatif écolo, que j’en arrive simplement à la musique, à moi dans mes baskets avec mon casque et que je fais péter les watts, il se passe un truc qui ne m’est jamais arrivé.

Je suis paumé.
Fuckinguement paumé.

J’ai passé les chaussures de rando, enfilé le manteau, préparé le sac à dos et j’ai pris le sentier. Il traverse les bois, contourne des rochers et alors que l’odeur de l’humus et l’humidité des feuilles en décomposition m’emplissent les narines, j’enchaîne les intersections, choisissant mon chemin un peu au pif et tout autour de moi, l’océan vert m’encercle. M’accompagne presque.

Y’a pas d’horizon, de vue large qui me permettrait d’appréhender les lieux, sa beauté. Pour ça, faudrait prendre de la hauteur, grimper ou user d’un drone. D’en bas, on voit juste les troncs qui grimpent vers les cieux, les uns près des autres, jusqu’à former un tout indistinct. Une armée immobile. Mais déterminée.
Pourtant, quand on se rapproche, on voit qu’il y a différentes essences : des chênes, des hêtres, des frênes, etc.
Ils sont tous différents, ils apportent leur touche à ce tout et composent un ensemble élégant et somptueux.

L’album de Savage Land est comme ça. Son Army of the trees est composé comme ça. On enchaîne les morceaux quali, d’inspirations différentes, on kiffe, on passe d’un style à un autre, d’une ambiance à une autre et on se promène dans ce que le métal peut nous offrir. On s’y perd – comme dit précédemment – on cherche son chemin, on revient sur nos pas et on se laisse porter.

Ces différences de styles viennent sans doute des invités sur l’album, de leur patte, de leur envie de bosser pour le projet (voir l’interview sur HexaLive) et d’ajouter leur pierre à l’édifice.

Avec cette construction, les méchantes langues pourraient dire que le groupe manque d’identité.
Mais c’est peut-être cette variété qui fait son identité.
Après tout, une forêt, c’est bien fait d’arbres différents.

Lilian Peschet

Données techniques :
Poun / vocals (Black Bomb A) + Sylvain Demercastel / Guitars + Etienne Treton / Bass (Black Bomb A) + Florian Pons / Drums (Locomuerte).
Leur crédo : « Army of the trees est un album collaboratif tout en puissance et en rage. C’est un cri de colère face à la guerre que l’Homme a déclaré à la Nature, et d’espoir d’y mettre fin, ensemble. »

Retrouvez Savage Lands sur leur site internet

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