Swan Vaude – premier single annonçant l’album à venir

Swan,
Ravi d’échanger à nouveau avec toi. En mai dernier, tu nous as annoncé ton premier album solo et, j’avoue, j’ai vraiment nourri l’espoir de pouvoir le découvrir dès l’automne de cette même année. J’étais évidemment bien candide face à l’industrie musicale.
Alors j’ai tenu bon, séché mes larmes muettes et nous voici en mars 2026 : le premier single va sortir ! Celui annonçant l’album pour… bientôt.
Qu’en est-il ?

Oui, absolument : Ten Years, mon premier single, va paraître ce 27 mars.
Si j’avais moi aussi espéré le sortir plus tôt, ce n’est pas une déception pour autant de le donner à voir maintenant. Je suis extrêmement heureux de la manière dont les personnes avec qui je travaille ont dépassé toutes les projections que je m’étais autorisées, et cette aventure vient au monde au moment opportun.
Ten Years constitue le premier pas sur le sentier qui mène à l’album St Blaise.

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© Steve Gaudin

Ce premier single, Ten Years, porte en lui une « douceur sépia » très marquée. Était-ce pour toi l’évidence de commencer par cette couleur-là pour introduire l’album ?

Évidence, c’est peut-être bien le mot, oui. Le titre clôt l’album autant qu’il lui donne vie en premier. Je suis du genre à réfléchir beaucoup -trop, peut-être- je retourne les choses sous toutes les coutures et peux les contempler à travers différents prismes durant des heures, des jours parfois.
Pour autant, la décision m’apparaît presque toujours de façon soudaine et absolue, elle s’impose à moi.
Ça a été comme contempler les rayons d’une bibliothèque pour finalement attraper un beau livre : presque au hasard, mais pas tout à fait.
Je trouvais beau de présenter l’album comme on ouvre un vieil ouvrage : doucement.

Ça a été comme contempler les rayons d’une bibliothèque pour finalement attraper un beau livre : presque au hasard, mais pas tout à fait.

On sent une grande attention portée au grain du son. Quel a été l’instrument ou l’ampli « clef » pour capturer cette atmosphère si particulière sur ce titre ?

Il est pour moi essentiel de dire, de raconter ; toute chanson trouve son origine dans un souvenir, une image, un vestige, qui jamais n’est explicitement nommé.
Dans mon processus créatif, ce sont toujours la voix et ses harmonies qui riment. Cet album, c’est un conte que l’on susurre à demi-mots, une succession d’histoires qui feront écho en celui qui les recevra.
Pour ce faire, il était essentiel de chercher quelque chose de très organique, presque intime, comme si la chanson se déroulait dans la pièce avec vous.

Tout devient soudainement plus exposé : chaque silence, chaque respiration, chaque intention.

Tu nous disais en mai dernier que le sideman doit s’effacer au profit du spectacle. Ici, c’est ton nom et ta voix qui sont devant. Comment as-tu vécu ce changement de perspective au moment de finaliser le mixage ?

Tout devient soudainement plus exposé : chaque silence, chaque respiration, chaque intention. Loin d’être une fatalité, ce changement de perspective a plutôt constitué pour moi une respiration, un soulagement.
Cette écriture a sans doute été infiniment plus cathartique que je ne saurais le réaliser, et le fait de m’autoriser à choisir a donné lieu à un renouveau salutaire.
Je crois que la création peut venir aussi d’une instabilité, d’un questionnement ; l’errance poétique au plus profond de l’océan du champ des possibles, pour au final devoir choisir, voilà qui est source non pas de perfection, dont je ne pense pas qu’il faille la considérer comme une réalité, mais de vivant, d’humain.

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© Steve Gaudin


Dans l’interview, tu parlais de « sauver des vies » par la musique à travers une anecdote forte. Quelle émotion précise espères-tu que ce premier morceau déclenche chez celui qui l’écoute pour la première fois ?

Cette chanson, c’est tout autant la mélancolie d’un avant, parti à jamais, qu’un élan d’espoir, à la réalité des lendemains qui chantent. Je ne saurais que trop me garder de prétendre insuffler une émotion précise à celui qui l’écoute ; en revanche, j’ai toute confiance en lui pour ressentir celles qui seront précieusement siennes.
Le côté introspectif m’a toujours passionné dans la musique, et j’aimerais de la mienne qu’elle fasse sourire, pleurer, hurler, rire ; qu’elle ouvre au monde, qu’elle soit enfin comme tout trajet de vie : un bout de chemin ensemble.

Sortir un single en mars pour un album qui n’arrivera qu’à l’automne est un choix fort. Est-ce une façon de nous laisser le temps d’infuser ton univers, comme on laisserait un négatif se développer ?

Oui, c’est une image qui me plaît. D’autres singles sont à venir, et c’est la construction de ce sentier, tout autant que le fait de l’arpenter, qui m’émeut.
St Blaise n’est pas plus une fin qu’une arrivée ; c’est une étape, un endroit, et, en ceci, la photographie d’un moment, dont le négatif se développe doucement et laisse apparaître tout le merveilleux de ses couleurs.

On se revoit au prochain single ?

Bien évidemment, avec tout mon amour.

Retrouvez l’interview précédente de Swan Vaude sur HexaLive : https://hexalive.rocks/interviews/swan-vaude/

Photos © Steve Gaudin
Itw par Stedim

Un commentaire sur « Swan Vaude – premier single annonçant l’album à venir »

  1. De bien belles phrases sur la création, denses et lumineuses. Les mots déposent des petits cailloux sur le chemin…

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