Rencontre avec Sloggers

C’est lors du Destrock Winter Fest que j’ai pu rencontrer Sloggers pour leur première interview. Le groupe Guingampais venait attiser les foules pour l’ouverture de la soirée. Mais avant de monter sur scène, voici ce qu’ils m’ont confié …


Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Jean-Xavier : Nous sommes tous originaires de la région de Guingamp (22) et nous avons monté Sloggers en 2019. Avant ça, Cyril (chant) et Marco (guitare) jouaient dans Dezes, tandis que Benji (basse) et moi (batterie) étions dans MDO, un groupe expérimental dans les années 2010.
On avait déjà tous joué ensemble dans différentes formations, et on s’est finalement retrouvés pour ce projet.
La formation a récemment évolué : Marco, qui est aujourd’hui guitariste, était encore notre batteur il y a trois semaines. Nous avons changé de line-up il y a deux mois. Cyril, qui était guitariste, est passé au chant, Marco est passé de la batterie à la guitare, et nous avons fait entrer P’tit Yo, qui jouait auparavant dans Caldera et Dead Brain. Notre ancien chanteur, lui, a quitté le groupe.

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Pourquoi ce nom “Sloggers” ?

Jean-Xavier et Cyril : Le nom a été trouvé il y a pas mal de temps par l’un de nos anciens chanteurs. Il évoque une bande de gamins qu’on aurait pu croiser en Angleterre à la fin du XIXᵉ siècle, un peu dans l’esprit de la série Peaky Blinders. Les Sloggers, c’étaient des gamins des rues qui traînaient dans toutes sortes de combines. On a trouvé l’image sympa.
Je ne pense pas qu’il y ait de traduction littérale, mais ça évoque grosso modo des “bosseurs”, des “bagarreurs”. Et ça nous parle plutôt bien : on se reconnaît dans ce côté travailleurs et combattifs dans la musique.

On se reconnaît dans ce côté travailleurs et combattifs dans la musique.

Qu’est ce qui vous a donné envie de créer ce groupe ?

Cyril : À la base, Marco et moi voulions remonter un groupe après Dezes, qui a quand même duré une dizaine d’années. Le groupe avait fait son chemin et son histoire était arrivée à son terme. Avec les contacts et les relations qu’on avait, on a commencé à remettre quelque chose en place.

Jean-Xavier : Marco a demandé à Benji de venir jouer de la basse, puis il m’a proposé de les rejoindre. Au début, je n’étais pas vraiment emballé, parce que je ne suis pas très métal à la base — je viens plutôt de l’expérimental et du funk. Mais au fil des répétitions, ils ont fini par me convaincre.

Cyril : On a quand même gardé cet esprit expérimental et fusion qui nous liait. On écoutait beaucoup de groupes comme Faith No More, Magma ou Mr. Bungle, ainsi que tout l’univers de Mike Patton. On a gardé cette idée-là, mais en l’amenant vers quelque chose de plus métal.

Comment définiriez-vous l’état d’esprit de votre groupe en une phrase ?

C’est se marrer avec les potes et s’éclater le week-end.

Il y a un peu cette “french touch” version hardcore, et c’est ça qui me plaît.

Cyril, tu étais guitariste auparavant, est-ce que tu as déjà chanté ?

Cyril : Je chantais déjà dans certains groupes avant, mais cela faisait un moment que je ne m’étais pas remis au chant. Et ce que je fais aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec ce que je faisais à l’époque : j’étais plutôt un chanteur de punk.
Ce qui change avec la nouvelle version de Sloggers, c’est que les textes sont uniquement en français. On propose aussi un son plus hardcore, que ce soit dans l’approche ou dans les compositions. Il y a un peu cette “french touch” version hardcore, et c’est ça qui me plaît.
Je ne me voyais pas chanter du death ou du death mélodique.

Vous êtes donc en train d’explorer de nouvelles directions musicales ou quelque chose qui vous ressemble plus.

Tout à fait, comme depuis le début dans Sloggers. On explore, on a beaucoup de riffs qui viennent des années 80-90 avec des compos plus modernes. On a assemblé tout ça et nous voilà.

Aujourd’hui, nous avons quasiment tous les titres pour l’album.

Avez-vous déjà sorti un album ?

Nous avons sorti un EP, Inner Struggle, et nous sommes actuellement en train de travailler sur un album d’une dizaine de titres. Petit à petit, notre set évolue : on se déleste des anciens morceaux pour y intégrer les nouveaux.
Aujourd’hui, nous avons quasiment tous les titres pour l’album. Il n’a pas encore de nom, mais on aimerait qu’il sorte au plus tard en septembre 2026.

Vos objectifs de l’année ?

Sortir l’album et faire des concerts. C’est là qu’on se sent le mieux : être sur scène et partager ce qui nous anime. Donc on accepte les dates et on vient jouer, même si on ne cherche pas non plus à en faire tous les week-ends. L’idée, c’est surtout de prendre du plaisir sans se prendre trop au sérieux.

Comment vous vous voyez dans 10 ans ? Toujours les mêmes ?

Tant que l’on peut, on y va !

Est-ce que vous avez des rituels, des habitudes avant les concerts ?

Jean-Xavier : J’ai toujours beaucoup le trac. Quand un concert est prévu, je n’aime pas poser toute ma journée de boulot : je ne prends que l’après-midi, ou je pars le plus tard possible, parce que je stresse et j’ai mal au ventre.
Donc pour ne pas y aller par quatre chemins, mon rituel… c’est d’aller aux toilettes ! Clairement.
Mais aussi de prendre un peu de temps ensemble avant le concert : boire quelques bières, fumer des clopes et se mettre dans l’ambiance.

Cyril : Voilà c’est ça : être ensemble. Une fois que les balances sont faites, le stress part, et il n’y en a plus une fois sur scène.

Vous avez déjà répondu rapidement à toutes mes questions ! Merci. Le mot de la fin ?

On vient de te faire gagner 20 minutes sur l’interview, et on va pouvoir rattraper le retard sur les balances !
En tout cas, on est contents d’être là. Parce qu’avant tout, il faut des lieux et des organisateurs ; ensuite, il y a les groupes… et bien évidemment le public !


Ombre Futile (Instagram)

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