Les Ramoneurs de Menhirs, l’interview

A l’occasion du ReAnimator Festival, nous avons pu rencontrer Loran des Ramoneurs de Menhirs pour un échange.


Bonsoir à vous, très chers amis bretons, et merci d’avoir accepté de nous recevoir ! Pouvez-vous nous raconter comment votre groupe s’est formé ?

Le groupe Les Ramoneurs de Menhirs a été fondé en 2006, mais la graine avait été semée bien plus tôt. Avec Éric, notre sonneur à crête, on se connaît depuis notre jeunesse, à l’époque où nous étions de jeunes punks en banlieue parisienne. Notre amitié remonte même à avant l’époque des Bérurier Noir, à la fin des années 1970.

Quel a été l’élément déclencheur de la création des Ramoneurs de Menhir ?

Tout a commencé après la sortie du 45 tours Joyeux Merdier en 1985. À ce moment-là, on a eu l’envie un peu folle de sonner une gavotte. Le son qui en est sorti m’a littéralement halluciné. Ce mélange entre les instruments traditionnels bretons et ma guitare a marqué notre première véritable étincelle. C’est là que la graine a été plantée.

Et voilà ! Le nom était trouvé, aussi étrange qu’évident.

Pourquoi avoir appelé votre groupe Les Ramoneurs de Menhirs ?

C’est le jour de l’enregistrement du disque que le nom est apparu. Je suis arrivé devant les gars et je leur ai raconté qu’un petit korrigan s’était glissé sous mon lit pendant la nuit. Il m’a soufflé à l’oreille : « Ramoneurs de Menhirs, tu ramoneras des Menhirs ».
Et voilà ! Le nom était trouvé, aussi étrange qu’évident. C’est avec cette identité un peu décalée qu’on s’est imposé au Festival Interceltique.

Votre premier concert a-t-il réellement été annulé ?

Oui, c’est vrai ! Ça devait se passer au Bar Bush, mais le patron a trouvé que le son était déjà trop fort… alors même que la sono n’était pas encore branchée !
L’anecdote a fait sourire jusqu’à la rédaction de Ouest-France, qui en a parlé dans ses colonnes. Le lendemain, on recevait un appel de la Taverne du Roi Morvan, le bar emblématique des sonneurs à Lorient.
C’est là, ce jour-là, que Louise Ebrel a pris le micro avec nous pour la toute première fois. Un moment fondateur.

Je le sais désormais : c’est mon dernier groupe

C’est donc ce moment-là qui a vraiment lancé votre groupe ?

Oui, clairement. Entre notre musique et le débarquement inattendu de la petite mamie Louise, on a pris conscience de l’impact et de la puissance de ce que l’on créait. Depuis 2006, on a énormément tourné à travers la Bretagne.
Aujourd’hui, nous approchons des 20 ans d’existence du groupe. Et je le sais désormais : c’est mon dernier groupe. Il est temps de laisser la place aux jeunes.

Pour créer un morceau, vous fonctionnez comment ? La guitare d’abord, ou la bombarde ?

On n’a aucune règle, et c’est très bien comme ça. J’ai horreur des règles. Sinon, je ne serais ni punk, ni anarchiste. La création chez nous, c’est avant tout une affaire d’instinct, d’énergie brute, et de liberté totale.

Pour moi, c’est ça, le rôle d’un musicien : fédérer la tribu

Vous avez un public extrêmement varié : des jeunes, des moins jeunes, des punks, des métalleux… Comment expliques-tu cette capacité à rassembler autant de styles ?

Pour moi, c’est ça, le rôle d’un musicien : fédérer la tribu. On refuse de rentrer dans des cases ou de suivre des règles figées, parce que ça rétrécirait l’impact du groupe.
Notre force, c’est justement cette ouverture, cette liberté qui parle à toutes les générations et à tous les horizons.

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Tu aimerais partager la scène avec un grand nom ? Un grand groupe ?

J’aurais rêvé de le faire avec AC/DC, à l’époque. Angus Young, pour moi, c’est un véritable chaman. Il n’y a pas un millimètre de son corps qui ne joue pas. C’est une incarnation totale de la musique, un exemple d’énergie pure.

Quels ont été les premiers sons que tu écoutais plus jeune ?

Avec Éric, on écoutait énormément les Sex Pistols, évidemment. Mais aussi des groupes comme les Sœurs Goadec. Leurs enregistrements, on aurait dit qu’ils étaient faits dans une salle à manger, avec zéro budget et trois fois rien comme matos… mais waouh ! Quelle claque ! Je trouve ça vraiment classe.
C’est une vraie leçon de sincérité et d’intensité que nous donnent les gens du traditionnel breton.

Et puis surtout… God save the kouign

Question piège : tu es plus galette ou crêpe ?

Ah, ça… c’est le grand débat dans le groupe !
Le canal punk, c’est le nord, du côté de Saint-Brieuc, et le canal historique, c’est le sud, pays de Lorient. Là-bas, on ne dit pas « galette », on dit « crêpe ».
Ma tendre épouse est originaire de Trégueux, alors chez elle, c’est galette-saucisse. Moi, je dis crêpe-saucisse, même si je suis végétarien depuis 36 ans !
Et puis surtout… God save the kouign, parce que le kouign amann, j’en raffole.

Il ne nous reste plus qu’à te remercier de nous avoir accordé un peu de ton temps, Loran. À bientôt sur scène, et surtout… merde à vous pour la suite !

C’était un grand plaisir. Merci à vous, et vive le bruit, la sueur et la liberté !

Interview : Tom LD – Photos : T. Oria Photography (instagramFacebook)

Retrouvez toutes les photos du concert des Ramoneurs de Menhirs au ReAnimator sur HexaLive.

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