D’abord totalement gratuit, la formule avait changé l’an passé (retrouvez l’édition 2024 des Gueules Rouges sur HexaLive, ndlr) avec des soirées de concert à 5 euros. Un prix quasi symbolique, qui a permis à tout le monde, même celles et ceux qui n’ont ni les moyens ni l’envie de se fondre dans d’énormes festivals à 10 ou 15 000 entrées, de profiter d’artistes comme Cali, ou encore Tagada Jones et Cachemire, dans une ambiance festive, et presque intimiste.


Les Gueules Rouges, le festival et l’état d’esprit

La force des Gueules Rouges ? Un projet au cœur du village de Saint Martin de Valgalgues, une programmation festive et, néanmoins engagée, un public « comme à la maison ». Ici vous venez comme vous êtes, vous êtes là seul, entre amis, en amoureux ou en famille, pieds nus, peu importe. La petite jauge permet de profiter de chaque concert sans stress, sans course à la meilleure place, sans agressivité… Ici, le public vient faire des rondes avec son voisin, sur les sons de Soviet Suprem, tout en scandant des messages de vivre ensemble et de refus de la médiocrité. Oui à Saint Martin, cette année pour 16 euros la soirée ou 27 euros le pass 2 jours, on est là pour danser, pour respirer, pour chanter et même pour s’aimer tiens… Retrouver confiance ensemble, à ce qu’il est possible de faire si on réfléchit un peu.

Alors cette année, second virage du festival. Les têtes d’affiches sont là, la programmation est 100% française et même 50% locale. Et cette année ce sont 2 scènes qui se font front : la mainstage reçoit samedi The Hyènes, Soviet Suprem et No Money Kids, face à la « petite scène » qui accueille Apolo, vainqueur du tremplin, Genre Genre groupe montpellierain, et Prade qui nous amène son rap sucré du sud ouest.

6 groupes, pour une soirée non stop. Les artistes s’enchainent, aucun répit entre les groupes, 19h-1h de musique sans interruption. Tous les genres musicaux se succèdent, de l’électro d’Apolo à la douceur de la proposition de Genre Genre, en passant par le rock électrique de No Money Kids ou les textes engagés de The Hyènes ou Soviet Suprem. Un seul point commun : l’humanisme. Les artistes eux-mêmes l’ont compris, les Gueules Rouges c’est avant tout un état d’esprit.


Les Gueules Rouges, samedi 7 juin

Apolo

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C’est Apolo qui a la lourde tâche d’ouvrir l’édition 2025. Il propose des sons électro et un sourire à toutes épreuves, avant que The Hyènes – qui finissaient encore leurs balances 30 minutes plus tôt – investissent la mainstage.

The Hyenes

The Hyenes au Festival les Gueules Rouges 2025

Face à un soleil tant attendu mais légèrement éblouissant on le concède, ce sera lunettes au nez qu’ils abordent leur set de bon vieux rock français (nés presque par hasard après avoir signé pour la musique d’un film de Dupontel, ils ajoutent un « the » – nous disent-ils – car il pressentent une carrière internationale… en attendant ils seront ici avec nous dans le Gard !! Chance !).
C’est bien le soleil qui les cache derrière des lunettes noires et pas la grosse tête, même si celle du batteur nous parle, puisqu’il était le batteur de Noir Désir en son temps (le temps où on ne savait pas…). Bienvenue chez nous M. Denis BARTHE.

Genre Genre

Genre Genre au Festival les Gueules Rouges 2025

Après le rock, la douceur. Celle de Genre Genre, un duo (un peu trio quand même avec Giada qui a rejoint au clavier, Eli et Kim) surprenant de poésie. Dream folk… oui un univers presque onirique. Difficile de donner un genre à leur musique.
Et si le genre vous interroge, moi je me demandais s’ils étaient frère/sœur tellement la connexion semble simple pour ces deux jambes d’un même pantalon. Du coup j’ai envie de partager un mot avec vous (car j’aime toujours autant les mots…) : adelphité. Je le trouve à la fois sublime et parfait, « le lien de parenté qui unit les enfants nés de mêmes parents, sans distinction de genre ».
Fin de la parenthèse littéraire, ce sont, je viens de le lire, des ami.es.

Soviet Suprem

Soviet Suprem au Festival les Gueules Rouges

C’est au tour des tant attendus Soviet Suprem. Le public a déjà les tee-shirt du groupe et le point levé. Si l’esprit des Gueules Rouges ne devait se résumer qu’en un seul concert, comment mieux le choisir. Du rock, du hip-hop, de l’énergie, des messages militants, une révolution en marche (mais à la soviétique) pour finir par danser ensemble, main dans la main.

Prade

Prade au festival les Gueules Rouges 2025

Difficile pour Prade d’enchaîner après autant de folie, et c’est pourtant avec vitalité qu’il investit la petite scène pour livrer ses émotions en chanson. Un rap mélodique, qui rejoint une pop qui porte ici bien son nom de « populaire ». On pourrait presque chanter avec lui les refrains tout juste appris.

No Money Kids

No Money Kids au festival les Gueules Rouges 2025

Cette première journée se terminera sous le rock de No Money Kids, qui délivre un rock électrique qui réchauffe un peu cette fin de soirée.


Les Gueules Rouges, dimanche 8 juin

Jack’s Connexion

Morgane Ji au Festival les Gueules Rouges 2025

Dimanche, nous retrouvons Jack’s Connexion groupe de rock gardois qui accueille les festivaliers avec le sourire, en toute simplicité.

Vanupié

Vanupié au Festival les Gueules Rouges 2025

Ils cèdent la place à Vanupié, pour enfin un peu reggae qui manquait à la programmation déjà très complète du festival. Messages d’amour sur messages d’amour, Vanupié affiche cette bonne humeur qui guérit. Celle que l’on connaissait de son ami Naâman, parti si tôt.
Vanupié le rappelle en son honneur, « la vie est belle » . Il profitera du dernier quart d’heure pour lui délivrer un bel hommage (qui attire quelques larmes mais aussi un élan de vie), en nous offrant en exclusivité un titre non terminé à ce jour, qui porte son nom. Emotion. Vie. Merci.

Julia Lùmni

Julia Lùmni au Festival les Gueules Rouges 2025

Julia Lùmni enchaine avec des textes qu’elle écrit après les avoir dessinés. De l’artichaut à l’arbre de vie, elle raconte, murmure, récite, avec tendresse et poésie… et ouvre la voie à la Caravane qui avant de passer vient faire étape, ici, à Saint Martin.

La Caravane Passe

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Sons tsiganes, folklore multiculturel, la musique n’a pas besoin d’électricité mais juste d’amour… Alors évidemment, ces intergitans nomades partagent la scène avec leur public et même, transforme le public en scène. C’est au milieu de la foule qu’ils exercent le mieux leur art, instruments au poing ils se mélangent car c’est ce mélange qui crée la vie non ?

Paris-Brest

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Paris-Brest (accordéon, violon, clarinette remplacent ici farine, œufs et praliné !) profite du défilé pour attaquer un set de chansons festives aux rythmes folk, gipsy et flamenco, qui continue de faire danser les festivaliers jusqu’à l’arrivée de Morgane Ji, sublime, aux allures chamaniques.

Morgane Ji

Morgane Ji au Festival les Gueules Rouges 2025

Elle revendique, tantôt sensuelle tantôt guerrière elle milite (2452 c’est le nombre de migrants morts en Méditerranée en 2024 !), aux sons du banjo dans un univers atypique et captivant.
Il est tard mais le public en veut encore. Sa voix est unique, son univers est électro-mystique. C’est rêveurs que nous quittons le festival.

Les Gueules Rouges, conclusion

L’édition 2025 est un indiscutable succès. Il y a beaucoup à attendre de 2026. Souhaitons que les Gueules Rouges ne prennent pas la grosse tête et gardent cette identité, qui devient rare en festival. Merci et à très vite.

Texte et photos : Ka_jpg (instagram)

Les artistes dont on parle