Interview avec Pascal Gueugue, pour la Fédération des Musiques Métalliques

Entretien avec Pascal Gueugue, pour parler de la fédération des musiques métalliques.

Bonjour Pascal, merci de nous accorder cette interview. 
Est-ce que déjà tu peux te présenter, et présenter brièvement ton parcours ?

Je suis Pascal Gueugue, j’ai un parcours un peu atypique puisque je suis passé de journaliste plutôt spécialiste des questions internationales, à la musique (qui était ma passion mais dont je n’imaginais pas faire mon métier !). 
Donc, je suis passé par les Sciences Politiques, le Droit et puis un DEA de Relations Internationales avant de devenir journaliste professionnel… J’ai basculé suite à diverses mauvaises expériences à la FNAC… et je m’aperçois que je veux bosser dans la culture et la musique surtout ! A partir de là, j’ai un peu tout expérimenté : la communication, le management, la production de concerts, la formation professionnelle… tout ça m’ayant quand même permis d’avoir une expérience très large et de rencontrer beaucoup de monde ce qui me sert pour le projet Fédération aujourd’hui. 

Comment est venu cette idée de la fédération des musiques métalliques ? Est-ce qu’il y a un constat en particulier qui t’a fait réagir et qui t’a décidé à entreprendre cette démarche ?

C’est venu dans une discussion avec l’ADAMI avec qui je collabore depuis longtemps sur divers projets. Il y a environ 2 ans. Je leur disais que la filière Métal avait vraiment besoin d’aide et d’accompagnement (on était en plein COVID) et qu’il manquait sûrement une structure pour la représenter. Ils m’ont suggéré l’idée d’une Fédé et j’ai mis un an à maturer l’idée avant de me lancer fin de l’année dernière. 
La scène métal s’est toujours débrouillée (et plutôt pas mal !) mais je pense que mieux la représenter peut permettre de l’aider à se développer dans de meilleures conditions. 

Comment ont réagi les différents acteurs du milieu à cette initiative ?

La majorité des acteurs ont accueilli l’initiative avec bienveillance et enthousiasme. Je suis un peu identifié (côté artiste comme côté pros de la musique) donc les gens ne m’ont pas pris pour un arriviste (j’espère en tout cas !). 
Après, la Fédé est récente, il y a encore beaucoup de choses à faire concrètement et tout le monde n’a pas encore adhéré de ce fait. J’espère donc que nos actions à venir permettront de ramener encore plus de structures (aujourd’hui on compte 70 structures adhérentes quand même !) pour peser dans les débats publics et institutionnels ! 

La fédération des musiques métalliques, c’est toute une équipe. Vous vous connaissiez d’avant, ou c’est le projet qui vous a rassemblé ?

Disons que j’ai rassemblé autour de moi des gens de confiance et très compétents. Pour certains, comme Olivier Moulin, notre Président, on est ami de longue date et on se connaissait très bien. Je connaissais aussi Laurent Rossi qui était un bon copain ou Yasmine Ligen. Pour d’autres, comme Pascale Miracle, Stéphane Labas ou Aurélie Vandenborn, on se connaissait moins mais on s’appréciait déjà pour nos parcours respectifs.  
On va probablement étoffer l’équipe en année 2 avec les bonnes énergies qui gravitent autour de nous. 

Quels sont les objectifs que vous vous fixez à court et moyen terme, car tout ne se fera pas en un jour ?

A la rentrée on va se fixer 4/5 gros axes de développement pour ne pas partir dans toutes les directions effectivement (car le projet est costaud !). 
On va prioriser le travail sur et avec les territoires, en région en s’appuyant sur des structures relais. En Auvergne Rhône-Alpes par exemple, c’est monté AURA, le pôle Metal qui est une extension de la Fédé. L’appui des structures locales est essentiel au maillage de la Fédé et au développement de la filière.
Sinon, on a un gros projet pédagogique à destination des écoles et collèges sous forme d’action culturelle avec des sujets de parité, d’intégration etc… 
Autre gros projet, une plateforme ressource sous forme de carte réunissant tous les acteurs. Un outil innovant pour les pros et le grand public. 
Et enfin, des prises de paroles sur des sujets forts comme la place des femmes et des genres ou l’écologie avec des partenaires institutionnels. 
Voilà en gros … plus le reste !!!  

Au niveau des actions, est-ce que vous avez d’ores et déjà des actions planifiées ? Est-ce qu’il y a déjà des coproductions prévues par exemple ?

Alors on intervient au MaMa le 13 octobre sur une conférence avec un format un peu spécial… On sera aussi à Lyon en octobre, et on doit organiser des Metalagora, des prises de paroles sur la fin de l’année. On a même été sollicité en Tunisie pour parler de l’expérience Fédération et travailler en collaboration avec nos amis tunisiens. 
On doit lancer un tour de France des régions avec la SACEM mais les dates restent à caler… 
On sera aux BIS de Nantes et surtout partenaires de la première édition du Lille Metal Musique Showcase en février 2024. Une super initiative que je vous invite à découvrir : https://lillemetalmusicshowcase.com/
Pour les coproductions, on y va plus en mode partenariat (comme on l’a fait avec le Bataclan en juin dernier ou avec Recyclage de Métal Rouillé en juillet). On essaie de pas trop prendre de risques financiers (c’est pas tout à fait notre rôle même si on a les Licences d’entrepreneur de spectacle) mais plutôt d’apporter notre expertise et la caution de la Fédération pour l’instant.  

J’imagine que cela doit représenter un travail monumental ? Et beaucoup d’énergie pour tenter de faire bouger certaines lignes ? 

C’est passionnant et très agréable de défendre une cause surtout quand c’est un milieu aussi riche en bonnes personnes. Mais oui, c’est un gros chantier car il y a beaucoup de sollicitations et de besoins. Pour autant, j’ai toujours aimé faire bouger les lignes, c’est dans mon ADN. 

Je vois que dans les travaux de la fédération, il y a un observatoire avec de scientifiques, des sociologues… L’idée c’est de continuer à montrer au grand public que le métal n’est pas un univers brutal comme il pourrait paraître au premier abord (même s’il y a eu quand même des avancées de ce côté là en terme d’image si l’on compare avec il y a 20 ans par exemple) ?

Oui clairement, les métalleux sont des gens intelligents et brillants pour la plupart. La brutalité s’exprime sur scène et dans les pogos, pas au quotidien. Mais c’était important d’expliquer ça aux institutionnels et aux médias qui font vite des raccourcis. 
La perception a évolué et le Hellfest n’y est pas pour rien. De même, les travaux sur le Métal existent de longue date et on a la chance d’avoir des gens exceptionnels comme Gérôme Guibert, Corentin Charbonnier, Lulia Dima ou d’autres qui élèvent les débats. 
La création d’un observatoire doit permettre de perpétuer ça et de réunir chercheurs et chercheuses (oui il y a aussi pas mal de chercheuses) pour avoir un vrai pool d’observation utile. 

Comment va s’organiser cette tournée des territoires, et as-tu déjà des interlocuteurs dans les différentes régions, ou es-tu en recherche sur certains secteurs ?

On connait déjà pas mal de monde et on a donc déjà pris contact avec quelques têtes de réseaux musique actuelle. Ce que beaucoup ignorent en effet, et notamment les métalleux, c’est qu’il existe des structures décentralisées de référence partout en France, dont le travail est d’aider à se développer les groupes et artistes. Ces pôles ressources sont nos premiers appuis professionnels. Dans un second temps, il y a tout le maillage associatif local, des organisateurs d’événements aux groupes eux-mêmes. Bref, il y a tout un tissu d’acteurs locaux avec qui on peut bien travailler et qui peuvent aussi nous remonter les problématiques sur leurs territoires.  
On a fait une première réunion à Montpellier en juin, on sera à Lyon en octobre et on doit en caler d’autres sur la fin d’année. Mais il se pourrait qu’on cumule ce « tour » avec des actions de formation notamment avec la SACEM pour optimiser nos déplacements. 
On va vous tenir informés… 

A quel moment tu te diras que l’objectif est atteint ? Ou dis autrement, quel serait l’objectif ultime que vous aimeriez atteindre s’il fallait en choisir un ?

Bonne question. Le but c’est que la Fédération s’installe durablement pour servir les intérêts de la filière et de la communauté Métal. D’autres fédérations (en jazz, dans la chanson) existent depuis longtemps et font valoir les intérêts de leurs adhérents. Il faut que nous nous implantions de manière à devenir incontournable dans les consultations, dans les festivals etc… L’objectif sera atteint quand on ne pourra plus nous oublier !  

Merci Pascal pour cette interview !

Pour en savoir plus sur la fédération des musiques métalliques, vous pouvez visiter le site officiel.

Arnaud Guignant

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