Et voilà, c‘est la rentrée ! Alors oui, je sais, les feuilles tombent et les stylos volent… J’espère que tu as passé un bel été, toi qui me lis, et surtout que tu as vu plein de concerts !!
Pendant que tu lisais le dernier tome de Martine à la plage sous ton parasol face à l’océan, ben moi, j’ai bossé un peu ! Et oui !!!
Tu te rappelles de Cartoon Machine ? Tu l’as lu mon « On a vu » sur leur concert de Candécibels le 5 juillet dernier ? Bah oui, tu l’as lu. (Et si tu ne l’as pas lu d’ailleurs, lis-le avant parce que ce qui suit met de la sauce piquante dans les spaghettis). Bref !
Juste après ce show de folie, j’ai pris mon culot à deux mains, et je me suis faufilée en coulisses. Oui, je connais l’ouvreuse, mais c’est pas la question…
Résultat : j’ai réussi à rencontrer Flo et Angel, respectivement guitariste à crête et chanteur à locks, pour papoter un bon moment. Parce que, franchement… fallait causer.
Après une bonne demi-heure à échanger en buvant une bière, j’ai décroché Le Précieux : un rendez-vous pour une interview. Et oui !
Et on s’est rencontrés, à la cool, par un bel après-midi de juillet, où ils m’ont fait cadeau d’un bout de leur temps, entre deux concerts.
Cartoon Machine, les origines
Bon, les gars : Cartoon Machine, c’est quoi l’histoire ? Un coup de trop devant un Disney en boucle ?
Angel & Flo : (rires) Pas loin ! Ça a commencé en 2013, chez nous en coloc. On jouait depuis dix ans dans Goulamas’K, un groupe punk engagé. Un hiver, Angel revient d’une soirée avec cette idée un peu folle : “Et si on refaisait les classiques Disney façon punk-rock ?”
Au départ, le groupe s’appelait We Rock Disney, ce n’était pas qu’une idée, les premiers clips sont même titrés (sur les images en intro) “We Rock Disney”. C’est lorsqu’on a voulu professionnaliser le projet en montant sur scène qu’on a dû changer.
Finalement, ce fut un mal pour un bien, parce que ce nom nous aurait un peu enfermés dans l’univers Disney, alors qu’avec Cartoon Machine, on est libres : on peut faire ce qu’on veut, et pas seulement sur Disney, tout ce qui touche à l’animé
Mise en ligne sur Youtube, ça a explosé, 100 000 vues atteintes en une semaine… c’était une première dans notre carrière pro !
On a rigolé, bricolé un clip dans le salon, recruté des potes. Au début, c’était juste un délire d’hiver, sans prétention. Et puis, mise en ligne sur Youtube, ça a explosé, 100 000 vues atteintes en une semaine… c’était une première dans notre carrière pro.
On aime dire que c’est un projet fun qu’on fait sérieusement : pas prise de tête, mais en bossant bien. Après chaque concert, on débriefe dans le bus ou par Whatsapp, toujours pour s’améliorer.
Au début, c’était dur à assumer, tu sais, venant d’un groupe politiquement engagé… Disney, ça surprend ! Alors on a misé sur la sincérité, le fun… et la musique qui déchire et de bons arrangements.
Après beaucoup de répétitions et un passage à vide avec le Covid, on tourne depuis 2022, bientôt cent concerts. Le public a vite accroché, et quand les gens te soutiennent, plus besoin d’assumer, ça porte tout seul !
Mais à un moment, on s’en fout et on assume à fond.
Vous êtes de grands enfants en fait ?
Flo & Angel : On a vraiment passé un cap, on est devenus des adultes qui s’assument ! Oui, un adulte peut faire de la chanson pour enfants, pas que pour les gamins mais pour toute une palette de publics.
Flo : Au début, on se disait un peu “OK, on fait des trucs d’enfants dans des corps d’adultes.” Moi, j’étais le premier à penser : « Arf, la honte, c’est nul. »
Mais Angel n’a jamais lâché, il m’a aidé à dépasser ça. L’ego peut jouer des tours : “Est-ce que je vais passer pour un c** ?” Mais à un moment, on s’en fout et on assume à fond.
En fait, moins on assume, plus ça devient ridicule. Faut y aller à fond et s’amuser. Je l’ai aussi réalisé en voyant des spectacles pour jeunes publics : 400 gamins qui sautent partout devant un groupe qui fait du rock pour enfants, c’est juste GÉNIAL !

J’adore choper les petits détails qu’on n’entend pas au premier abord
La créativité
Est-ce que vous ne pensez pas que faire des reprises comme vous les faites, ça vous pousse à être créatifs d’une manière un peu différente que si vous restiez à composer ?
Angel : Oui, clairement ! Quand on a commencé, c’est évident que reprendre des morceaux Disney en mode punk, ça t’ouvre un chouette terrain de jeu. Parce que ces morceaux, ils sont souvent plus riches qu’une compo classique où tu restes coincé sur trois accords basiques. Là, t’as des grilles avec six, huit ou dix accords, des refrains super travaillés, des mélodies complexes…
C’est hyper stimulant.
Moi, par exemple, j’adore choper les petits détails qu’on n’entend pas au premier abord : les violons, les bassons, les petites harmonies planquées. Et réveiller tout ça sur nos guitares, ça enrichit vraiment le truc.
Flo : Franchement, on n’aurait jamais pu composer des morceaux comme ça nous-mêmes. Et c’est normal, on parle des plus grands compositeurs du monde là ! Alors on s’amuse à les réinterpréter, à notre sauce, et ça développe une créativité différente, originale, qui nous stimule à fond.
Les featuring
Vous avez fait des featuring avec des groupes comme le Funky Styll Brass ou Les 3 Fromages. Racontez-nous comment ces collaborations sont nées, comment vous avez rencontré ces musiciens, et ce que ces expériences vous ont apporté.
Angel : À part le premier clip où on était juste nous, on a vite eu l’idée, avec Flo, d’intégrer des invités à chaque fois. Ça apporte un vrai plus aux vidéos. On connaissait déjà les gars du Funky Styll Brass, qui sont énormes. On habitait presque dans le même coin, donc le contact a été facile, un simple message et c’était réglé. Ils ont enregistré leurs parties chez eux assez rapidement. Malheureusement, ils n’ont pas pu venir au tournage, alors on les a fait apparaître dans une scène à l’école, histoire qu’on les voie quand même. C’est toujours notre but d’avoir un invité dans chaque clip.
Avec Les 3 Fromages, c’était différent : on ne les connaissait pas, mais je suivais leur travail, qui m’amusait beaucoup. Leur style un peu humoristique colle bien avec ce que nous faisons. Après presque un an pour caler une date, entre les agendas chargés et l’organisation, on a pu les inviter.
Ils sont arrivés débordants d’énergie et d’humour, adorables, et franchement très gentils. Ils ont même trouvé notre clip super pro, ce qui nous a fait très plaisir.
La scène
Sur scène, on te voit bondir partout Angel, vous faites rugir les guitares Flo et toi, Geoffroy tourne partout, Robin envoie du bois (sans mauvais jeux de mots)… Et en même temps, vous gérez. C’est quoi votre formule magique ?
Angel : Au début, je voulais prendre un chanteur, mais un soir, j’ai essayé moi-même. Ça sonnait pas si mal, alors j’ai continué. J’avais toujours chanté un peu, mais jamais vraiment devant un public, et surtout pas au micro. C’était une grosse difficulté, parce que, étant batteur depuis longtemps, t’es un peu caché, t’as un rôle plutôt posé, tu assoies la musique.
Mais devenir frontman, c’est tout autre chose : parler au public, le rencontrer… c’est un vrai challenge.
En 2019 on décide de monter Cartoon Machine sur scène. J’ai d’abord voulu un chanteur, puis je me suis lancé. Franchement, ça a été dur au début, mais avec beaucoup de travail et de la persévérance, ça s’est fait progressivement.
On a fait des résidences, pour être à l’aise sur scène. Les premiers concerts n’étaient pas forcément parfaits, y avait de la prudence, clairement. Alors ça me touche beaucoup quand on me dit que je suis un bon frontman, parce que, franchement, j’étais pas fait pour ça au départ, tu vois ce que je veux dire.

Flo : Musicalement, on a mis la barre haute. Faut jouer ces morceaux en live, et c’est pas des solos à trois notes… Tu fais du punk où tout repose sur le texte, l’engagement et l’énergie. Sur scène, on bourrinait à six, et on a gardé cette énergie avec Angel, même si maintenant il faut qu’il saute puisqu’il n’est plus assis ! (😊)
On approche bientôt de notre centième concert, en août. Et maintenant, c’est un vrai plaisir : ça joue presque tout seul, ça devient machinal, mécanique.
Robin est un batteur hors-pair. Et Geoffroy, niveau arrangements et harmonies, c’est un tueur. Il fait un bien fou au groupe. Il danse sur scène et brandit des peluches comme personne !

Angel & Flo : Plus largement, en venant de Goulamas’K où on était pros, redescendre d’un cran, c’était pas envisageable. On bosse dur, Cartoon Machine, c’est notre métier. On est là pour se marrer, pour kiffer et faire kiffer surtout !
Les métalleux reconnaissent certaines notes […] et ça fait plaisir.
Justement, parlons du public. Comment vous vivez ce mélange générationnel ? (perso, j’ai vu mon fils de 8 ans faire son premier Wall Of Death sur votre concert, j’ai pleuré).
Angel : Le public, c’est vraiment un truc de ouf chez nous. Il y a tout le monde : des gamins, des ados, des parents, des fans un peu plus vieux… et tout le monde s’éclate ensemble, c’est ça qui est cool.
Ce qui est marrant aussi, c’est que la communauté metal nous accueille super bien. Au début, on se demandait un peu comment ça allait passer, mais en fait, ça match ! Les métalleux reconnaissent certaines notes, certains riffs qu’on peut faire passer dans nos covers et ça fait plaisir.
On adore voir les parents qui regardent leurs gamins se défouler comme des fous. C’est vraiment un moment de partage où tout le monde lâche prise.
L’équipe Cartoon Machine
Vous avez construit une vraie équipe autour de Cartoon Machine. Comment avez-vous constitué ce crew et qu’est-ce que chacun apporte au projet, sur scène comme en coulisses ?
Flo : Au départ, on a monté le groupe avec Angel et Leny. Leny, c’était un jeune de 15 ans à l’époque, tout minot, qui est aussi le fils de Gary, notre super décorateur sur chaque clip (on le voit d’ailleurs qui coiffe la licorne à un moment dans le clip de Raiponce) !
Gary, c’est vraiment grâce à lui qu’on peut faire tout ça. Il nous a invités dans son hangar pendant une semaine, pour nous montrer comment ça se passe au cinéma. Il nous guide à chaque étape, “Prends ça, mets ça là.” On passe la semaine à fabriquer tous les décors, puis on tourne.
Depuis notre première collaboration avec lui, en 2020 (ton meilleur ami), on croise les doigts pour qu’il veuille continuer l’aventure avec nous à chaque clip. Il est magique (en plus d’être un superbe ami à avoir)
Son fils Leny, un super batteur, a commencé avec nous. Ensuite, il a rejoint Les Barbeaux, un groupe de frangins qu’on adore.
La suite, c’est l’album !
Quand on a cherché un nouveau batteur puis un bassiste, Angel et moi avions à cœur de garder un équilibre : mieux valait des musiciens ouverts et gentils que des tueurs à gages uniquement techniques. Par chance, on a trouvé Geoffroy, Robin, et toute l’équipe — Val au merch, Ludo au son, et Pépé aux lights — des tueurs à gages sur scène / hors scène, mais aussi des amours dans la vie. Franchement, si je ne les connaissais pas, je voudrais les connaître.
Les derniers de l’équipe ce sont Thomas, notre cadreur vidéo et François qui s’occupe du montage. Et tout le monde s’entend bien, vraiment et sincèrement. Donc ça fait vraiment plaisir ! On a une dream team !

L’album
Pour finir… une petite exclu pour les fans qui vous suivent et qui veulent savoir ce qui arrive ensuite ?
Flo : La suite, c’est l’album ! On a enregistré un nouvel album qui devrait sortir en septembre 2026. Ce qu’on va faire, c’est sortir un single chaque mois, pendant 10 mois, avant la sortie complète.
Angel : Jusqu’à présent, on sortait un morceau seulement quand il y avait un clip, on ne faisait pas d’album. Pour moi, ce projet, c’était presque un truc spontané, un morceau avec un clip une fois par an. Mais comme on a de la demande, on revoit les choses !
On réfléchit au prochain feat, on a des idées mais rien d’arrêté encore (c’est à ce moment-là de l’interview que j’ai proposé une colab avec mon groupe…Bah ouais…le culot à deux mains ! ^^)
Voilà ! tu l’auras compris : avec Cartoon Machine, ce rêve bleu se vit guitare en main, pogo au cœur et sourire jusqu’aux oreilles.
Ils ont pris leur Hakuna Matata très au sérieux : zéro tracas, mais beaucoup de taf ! Et comme l’histoire éternelle des bons groupes, ils continuent de grandir, tout en gardant leur âme d’enfant.
Alors ouvre bien les yeux, parce que la machine continue de tourner : de nouveaux morceaux, des feats surprises, et bientôt un album qui risque fort de te faire chanter encore plus fort que “Libéréééé… délivréééé !” (oui, on sait que tu l’as lu en chantant…).
Cartoon Machine, c’est un peu comme le voyage pour le Pays Imaginaire. Au début tu n’y crois pas, puis ça te donne des ailes. tu t’envoles grâce à ces étoiles adroites et tout droit jusqu’au matin !
Axl Aire
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