25 septembre 2025 – « Paul Iron est un jeune chanteur guitariste Francilien », m’apprend-on dans le dossier de présentation que je parcours dans le métro. Je viens de recevoir également le lien Youtube pour la pré-écoute (son premier EP intitulé « Everybody Tries » ne sort que demain) et je lance les 5 titres : de la guitare, plein de guitares, et ça chante bien avec de jolies harmonies vocales comme je les aime. Les lignes mélodiques du chant me surprennent et ne m’emmènent pas toujours là où je les attends et c’est très intéressant.
C’est du rock, pas de doute, mais le contraste entre les guitares qui cognent et le chant agile apporte une signature personnelle. Résultat, on ne trouve pas immédiatement une case où le ranger, ce qui est vraiment un bon signe. Je m’en frotte les mains intérieurement et je me dirige donc vers la péniche Antipode avec la curiosité éveillée.

… le sourire jusque là.

Je rejoins Bruno, notre talentueux photographe qui est déjà là depuis un moment et me présente Paul-le-Francilien-Iron qui nous accueille le sourire jusque là. On aurait pu s’attendre à un peu de stress à l’idée de défendre ses titres pour la première fois sur scène, mais s’il a le trac ça ne se voit pas du tout.

Cet EP, c’est une histoire qui a commencé un peu moins d’un an auparavant, lorsque l’aventure des « Angels » a pris fin. « J’écrivais de manière occasionelle, j’avais quelques titres et quand je les ré-écoutais, je me disais que je les aimais bien ces compos, alors je me suis demandé ce qu’il se passerait si je laissais aller le flot de la composition… »
C’est qu’il faut en effet se faire confiance et croire en ses compositions pour les proposer au public. Donc quand Paul Iron laisse couler le flot de l’inspiration, il en sort une douzaine de titres, dont les 5 premiers sortent le vendredi 26 septembre.
Même si Théo Cormier et Swann Vaud font des apparitions, Paul a composé, arrangé et enregistré toutes les parties. Il a également programmé les parties batteries qui ont ensuite été enregistées par Joseph Causse. Il s’agit donc d’une proposition très personnelle qui est défendue ce soir.

Rolling Stones… Namaspamus… ?
La première partie est assurée par Namaspamus. J’ai été frappé par un éclair de génie la veille lorsque j’ai fait le rapprochement entre les Rolling Stones et Namaspamus ! (vous l’avez ?). Un groupe de rock en Français qui veut apporter « l’énergie du rock sur des compos orientée Pop ».
Le chant est assuré en duo par une chanteuse et le chanteur/guitariste, une deuxième guitare est en renfort de la rythmique et assure les solos. La batterie et la basse sont fusionnels avec des lignes de basses très mélodiques à une note par kick.
Ils assurent un set d’une heure où les cinq musiciens démontrent une belle présence scénique. J’échange 2 mots avec Bruno qui a beaucoup aimé la prestation. Nous reparlerons donc bientôt de Namaspamus avec Hexalive, car ils seront le 26 novembre au Supersonic.
Ils sont partis à fond tout droit…
Le temps de débrancher et rebrancher le materiel sur scène, et Paul Iron est prêt. Il démarre dans l’obscurité et envoie immédiatement une grosse énergie. La Télécaster de Paul Iron et la SG de Théo Cormier produisent un mur soutenu par la basse de Baptiste Rigaud et la batterie de Joseph Causse.
Inutile de chercher à passer, ils ont pris possession des lieux et ne vont plus nous lâcher. Ils sont partis à fond tout droit et envoient 3 titres de l’EP. La sensation de contraste entre les guitares agressives et le chant mélodiques est encore plus présent dans l’énergie du live. C’est super efficace et Paul chante vraiment aussi bien que sur l’album. Ses capacités vocales lui donnent beaucoup de liberté, avec un falsetto qui lui permet de monter très haut.

Il s’adresse au public et explique que le set de ce soir sera un mélange de reprises et des titres de l’EP. Mais le projet, c’est qu’avec le temps, la setlist évoluera et les reprises laisseront la place aux compositions. En attendant l’album complet, les musiciens s’amusent sur scène et reprendront les Black Keys, Neil Young ou John Denver.
Paul Iron porte une veste à paillettes noire, il prend la pose sur les solos et envoie des coups de médiators agressifs dans les cordes de sa télé. Son unique tatouage visible sur l’avant-bras représente une Lyre, symbole de l’Irlande et par association d’idée, je me dis qu’avec sa tignasse et sa veste, il me fait penser à un Rory Gallagher qui aurait tourné Glam.
Quand il termine son solo il se tourne vers Théo Cormier qui enchaine, les deux styles se complètent et on ne s’ennuie vraiment jamais.
Il se passe énormément de choses sur des chansons qui ne durent pas plus de 3 ou 4 minutes
Les contrastes et les variations semblent caractéristiques du style de Paul Iron, car les morceaux de l’EP se reconnaissent très facilement au milieu de toutes ces reprises/références. Il se passe énormément de choses sur des chansons qui ne durent pas plus de 3 ou 4 minutes (on est pas sur du Franz Ferdinand non plus, mais c’est dense). « Je ne me rends compte de la durée du titre qu’au moment de l’export. Tiens ? Moins de 3 minutes ? Et bien ce sera moins de 3 minutes… » nous a expliqué Paul avant de monter sur scène.
La durée n’est clairement pas un critère dans son processus de composition. Par contre, les chœurs en sont une partie essentielle. Sur « Everybody tries », on pourrait même imaginer une conversation ou Thin Lizzy poserait les questions et les Beatles répondraient en choeur.
Dans ses paroles en anglais, il nous dit « Soyez indulgents avec les autres et vous-mêmes », il passe des messages positifs à l’image de son personnage bienveillant. On est pas dans l’introspection profonde, même si « Starry Night » est une confidence sur le vertige qui peut nous prendre face à l’immensité de l’univers, on ne part pas dans la crise d’angoisse et on reste dans des considérations à taille humaine où tout le monde peut se reconnaître.

Il y a vraiment une belle énergie très positive depuis le début de la soirée. Entre Namaspamus et Paul Iron, on est sur la même vibe. La personne sur scène est une version qui n’est pas très éloignée de celui avec qui j’ai échangé quelques mots un peu plus tôt. Il y a de la sincérité, de la générosité dans cet artiste qui n’en n’est encore qu’à ses tous débuts et doit en avoir encore beaucoup sous le pied.
… le groupe nous a fait un vrai tour de magie
Parmi les covers, il faut souligner cette extraordinaire reprise de « A day in the life » des Beatles. Elle n’est pas simple à chanter, mais surtout le groupe nous a fait un vrai tour de magie. Ils n’étaient que 4 mais ils ont sonné comme 50 sur cette fameuse montée cacophonique qui sépare les 2 parties de la chanson.
Si vous ne me croyez pas, venez donc vérifier par vous même le 27 octobre prochain lors du prochain concert de Paul Iron au Supersonic. C’est un show solide autour d’un projet solo riche en références, il a réunit tout le rock qu’il aime et nous le livre avec sa touche personnelle. Il nous a prévenu, cet EP n’est qu’une étape, alors suivons sa trajectoire car on a envie d’en entendre plus.
Régis Hamelin – chronique
Bruno Aressi – photos (instagram)