REDSTONE – The Fall

Il y a des groupes que l’on croise sur scène, avec qui l’on échange quelques minutes après un concert, et dont on suit ensuite le parcours avec forcément un peu plus d’attention. REDSTONE fait partie de cette catégorie. Nous avions rencontré les cinq Angevins au Westill en 2025, et lors du Off du Hellfest en 2026. A chaque concert, le groupe avait tout donné et apporté une énergie communicative. L’occasion aussi de découvrir des potes qui sont là pour faire la musique qu’ils aiment. Cette philosophie prend aujourd’hui tout son sens, avec la sortie de leur EP, The Fall.

Officiellement, The Fall est un EP. Mais avec sept morceaux, le groupe propose un format suffisamment généreux pour que d’autres formations puissent y voir un album. Le stoner reste au cœur de l’identité du groupe, mais le quintet élargit clairement son terrain de jeu. Heavy metal, passages plus agressifs, influences alternatives et moments plus atmosphériques viennent enrichir l’ensemble. Les influences sont nombreuses, mais REDSTONE ne cherche jamais à les afficher comme des autocollants sur une guitare. Le groupe les digère. Et surtout, il commence à trouver son propre langage.

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Raise Your Voice ouvre le disque et REDSTONE ne prend pas la peine de demander si tout le monde est prêt. Le son massif arrive, la machine démarre. Et ça part ! Frontal et efficace, le morceau donne immédiatement le ton. Pas de détour inutile : les guitares sont épaisses et les riffs capables de faire bouger quelques cervicales. Le message est clair. The Fall ne sera pas là pour faire de la figuration.

Avec The Storm, le groupe ouvre davantage les espaces. Parce que les musiciens ne se contentent pas d’empiler les riffs. Le groupe sait aussi ralentir, installer une ambiance et laisser respirer ses compositions. C’est probablement là que l’EP devient particulièrement intéressant. REDSTONE joue sur les contrastes. Du lourd. Puis de l’espace. De la tension. Puis une explosion. Cette capacité à alterner les dynamiques donne à The Fall une vraie cohérence et évite surtout l’effet « mur de riffs pendant trente minutes ». Même si, soyons honnêtes, un mur de riffs n’a jamais vraiment été un problème.

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Witness Of The Fall change de rythme. Le tempo ralentit. Les guitares prennent de la place. L’atmosphère devient plus pesante. Et REDSTONE démontre qu’il n’est pas nécessaire d’accélérer pour devenir puissant. Au contraire. Le groupe semble particulièrement à l’aise lorsqu’il prend son temps. La tension s’installe. Et le morceau gagne progressivement en poids.

C’est également l’un des titres qui témoigne le mieux de l’évolution du groupe depuis Immortal. REDSTONE paraît aujourd’hui plus sûr de ses choix. Plus précis. Plus mature. Oui, le mot est parfois un peu chiant. Mais là, il fonctionne. Avec Best Served Cold, la machine repart. Plus directe. On retrouve dans ce morceau, cette énergie communicative qui avait marqué le passage du groupe au Westill. Une section rythmique solide, des guitares épaisses et un riff suffisamment efficace pour déclencher un mouvement de tête involontaire. Même au bureau ou dans la voiture

Puis arrive Silent Mess, un morceau 100% instrumental. Plus étrange, plus atmosphérique, une respiration amenant un calme relatif avant que les amplis ne reprennent leurs droits. Avec Pointless, REDSTONE replonge dans le lourd. La machine (re)devient plus massive, plus agressive, avant de ralentir brusquement pour repartir sur un mur de guitares

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Pour clôturer, Anything. Et autant vous prévenir : personne ne repartira tranquillement indemne. Le chant se fait plus agressif, parfois plus hurlé, tandis que les passages mélodiques viennent créer le contraste. Derrière, les guitares construisent un véritable mur sonore. Une conclusion limpide qui résume ce que le groupe propose sur ce disque : de l’agressif, des mélodies, des atmosphères, du brutal.

Avec cet EP, le groupe a trouvé une direction et propose un disque plus dense, plus varié et plus affirmé. Le stoner reste la colonne vertébrale. Le heavy apporte le poids. Le metal injecte l’énergie. Et les passages plus atmosphériques permettent à l’ensemble de respirer. Le groupe ne cherche pas à révolutionner la musique. Et tant mieux. Il préfère prendre ses influences, les mélanger, faire confiance à ses riffs et jouer ce qu’il aime. Fort, sincèrement et sans fioritures. Alors oui, le disque s’appelle The Fall. Mais pour l’instant, la chute peut attendre. Parce que REDSTONE est clairement en train de monter. Et vu le poids des riffs embarqués dans l’ascension, un conseil : ne restez pas dessous.

Spehis

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