Une Nuit En Muscadet 2025

Le festival Une Nuit en Muscadet, les 12 et 13 septembre, a encore mis tout le monde d’accord. Deux jours de son, de sueur et de vibes électriques. Organisation nickel, accueil au top, et une prog’ qui envoie sévère. Le seul grain de sable ? La météo. Mais bon, ça joue en salle, donc pas d’excuses : les amplis ont craché leur rage comme prévu.

Sur scène, j’ai pris des claques. De vraies baffes sonores. Entre découvertes, grosses surprises et confirmations qui font plaisir, c’était un cocktail parfait.

Les bonnes vibes écolo

Gros point fort cette année : le stand de merch floqué direct sur place. Une idée brillante et carrément stylée. Le rendu est béton, la qualité au rendez-vous, et ça colle parfaitement avec l’esprit du festival.

Les plaisirs coupables

Impossible d’ignorer le stand des crus de Muscadet (oui, j’ai trinqué… mais tranquille ). Niveau bouffe, mention spéciale à la saucisse au Muscadet qui cale un estomac de rocker, et à la tartiflette : une vraie tuerie. Ma gourmandise ? Mon péché mignon assumé.

Backstage stories

Cette année, j’ai eu droit à un petit studio cosy aménagé par l’équipe. Un spot parfait pour croiser les groupes entre deux sets et leur balancer mes questions-mystère. Tous se sont prêtés au jeu, certains avec sérieux, d’autres avec second degré. Résultat : des moments bruts, drôles, parfois intenses… Bref, du vrai.

Montez le son, accrochez vos ceintures : je vous embarque direct dans le cœur du festival. Deux jours à fond les watts. On attaque le vendredi !

Vendredi 12

Booze Brothers

Pour ouvrir le bal ce vendredi, on attaque direct avec les Booze Brothers. Groupe toulousain né à la fin des 90’s, les mecs définissent leur son comme de l’Irish trad punk. En clair : la rage du punk-rock qui se mélange au souffle celtique et folk. Sur scène, c’est un vrai champ de bataille musical : violon, flûte, accordéon et bodhrán se frottent aux guitares saturées et à une rythmique qui cogne sec. Résultat : une ambiance explosive, fédératrice, impossible de rester statique.

Les Booze, c’est un concentré d’énergie pure. Ils envoient leurs textes en anglais, en français, en gaélique ou même en occitan, toujours avec le même feu sacré. Une musique festive, engagée, profondément vivante… et franchement, ça tabasse.

 Pour un premier concert, c’était déjà une grosse baffe musicale. La salle a tout de suite pris feu : festif, puissant, exactement ce qu’il faut pour lancer un festival sur les chapeaux de roue. Instagram

Retrouvez l’interview secrète en vidéo des Booze Brothers

3 Fromages

Après la première claque signée Booze Brothers, place aux 3 Fromages. Et là… changement total d’ambiance, mais tout aussi explosif. Ces Bretons se sont imposés comme les maîtres du rock’n’drole, un style mutant qui jongle entre punk-rock survitaminé et comédie musicale barrée.

Leur recette ? Des textes blindés d’humour et de références pop culture, des riffs qui restent collés au cerveau, des refrains qui rassemblent tout le monde… et une grosse dose de second degré. Depuis Et puis zet (2009) jusqu’à V (2022), ils ont peaufiné leur art du détournement, et sur scène ça se ressent : chaque concert est une expérience totale, mi-show rock, mi-stand-up, où le public devient complice.

Résultat : la salle chauffée à blanc, des sourires partout et un set calibré au millimètre… mais toujours avec ce petit grain d’impro qui fait toute la différence. C’était la deuxième fois que je les voyais cette année, et franchement ? Toujours pas déçu. Ces quatre joyeux lurons réussissent à faire rire tout en faisant du bruit — et c’est bluffant à chaque fois.

Bonus : on a même eu la chance de les choper pour une petite interview vidéo entre deux concerts, pile pendant le changement de… plateaux de fromage. Oui, ça fonctionne toujours aussi bien. Et croyez-moi, niveau affinage, ils sont tout aussi bons derrière un micro qu’avec une meule ! Instagram

Cachemire

Dix ans que Cachemire secoue l’arbre du rock français, et dix ans qu’ils continuent de balancer des riffs comme des uppercuts. Sur scène, ça claque sec : guitares corrosives, batterie qui cogne comme un marteau-piqueur et des textes qui visent juste, sans détour ni morale à deux balles. Du pur, du vrai, du brut.

Avec le prochain album Suffit juste d’une seconde, nos quatre Nantais accueillent Alice, princesse en cachemire qui électrise le groupe et le public.  Le son est dense, taillé dans le roc(k), avec des refrains qui restent plantés dans le crâne. Et ce soir, entre anciens brûlots et nouvelles pépites, c’était une démonstration de puissance. Pas de fioritures, pas de détours : Cachemire, c’est un bulldozer élégant qui passe et qui rase tout sur son passage.

Sur scène, Fred Bastar garde ce grain de voix râpeux et charismatique qui vous parle direct « entre quatre yeux ». Et quand il lâche un discours pour la petite Lola, victime de harcèlement scolaire, le temps s’arrête. La salle retient son souffle… puis explose quand elle monte balancer un énorme FUCK dans le micro. Moment de vérité, moment de rock, moment d’émotion pure. 

Quatrième fois que je les vois cette année, et c’est toujours le même frisson. En loge, comme sur scène, ces mecs donnent tout pour leur public, et leur public le leur rend bien. Trois extraits du nouvel album ont déjà résonné ce soir… et si le reste est du même calibre, la sortie prévu mi-octobre risque de mettre le feu aux poudres.

 Bref, Cachemire prouve encore une fois que le rock français a des tripes.  Pas de zones de confort. Pas de Reset. Juste du Pied au plancher, des éclaboussures de sueur et des frissons d’émotion.
Allez, Suis-moi baby… on part les voir en live ! Instagram

Retrouvez l’interview secrète en vidéo de Cachemire

Blackrain

Quand BlackRain débarque sur scène, ce n’est pas un concert, c’est une gifle électrique : riffs tranchants comme des lames, refrains qui s’incrustent dans la tête et une attitude 100% hard rock. Swan, possédé au chant et à la gratte rythmique, mène la charge, Max crache des solos en fusion, et Matthieu ancre le tout avec une basse qui cogne droit au cœur.

En 2022, ils ont sorti Untamed (SPV Records), un album qui sent la liberté et la poussière des grands espaces. Mais c’est en 2023 que tout a explosé : l’arrivée de Franky Costanza (ex-Dagoba) derrière les fûts. Premier tir de barrage : le single “Death Drive”, un missile sonore qui a ouvert une nouvelle ère pour BlackRain.

En live, c’est l’overdose d’énergie. Le public brûlait d’impatience de les voir clôturer la soirée, et le résultat a été sans appel : Swan en prédicateur possédé, Max qui incendie le manche, Matthieu en métronome sauvage, et Franky qui transforme chaque titre en rouleau compresseur.

Et si tu vibres pour le hard rock flamboyant des années 80, celui de EuropeSteel Panther ou Manowar, alors n’hésite pas une seconde : fonce les voir, pousse le volume et laisse-toi emporter.

BlackRain, c’est le rock’n’roll sans filtre, le genre de groupe qui monte sur scène pour retourner les clubs, les festivals… et laisser derrière eux un champ de ruines. Instagram

Retrouvez l’interview secrète en vidéo de Blackrain

Samedi 13

Aphasis

Ouvrir un festival, ce n’est jamais un cadeau. Mais Aphasis, venus tout droit de la scène rock/metal nantaise, ont montré qu’ils savaient transformer ce genre de défi en coup de poing bien placé. Dès les premières notes, le public déjà rassemblé s’est fait happer par une décharge d’énergie brute, entre rage contenue et envie d’en découdre.

Leur univers puise clairement dans les géants du genre — Metallica, System of a Down — mais ne s’y limite pas : Aphasis n’hésite pas à balancer des accélérations hardcore, des riffs au goût punk et à casser la routine par des passages plus planants, presque aériens, qui claquent encore plus fort quand la tempête revient.

Sur scène, les gars respirent la sincérité. Pas de chichis, juste du jeu franc, complice, et une vraie joie d’être là. Leurs textes engagés, nourris par la colère face aux injustices, à la guerre, à la misère sociale, trouvent une résonance brute et immédiate.

Résultat : un set carré, percutant, qui a donné le ton de la journée. Aphasis n’a pas seulement ouvert le festival : ils l’ont lancé à pleine vitesse. Clairement un groupe à suivre, pour tous ceux qui aiment quand le rock/metal garde ses tripes et son urgence. Instagram

Retrouvez l’interview secrète en vidéo de Aphasis

Rue de la forge

Chaos maîtrisé, sueur garantie

Ils ne font clairement pas dans la dentelle. Rue de la Forge, c’est une bande de furieux qui transforme chaque scène en champ de bataille sonore.
Au micro, Jérôme crache ses tripes en français, dévore les mots et harangue la foule comme un chef de guerre.
À la basse, Mathieu tisse des lignes sombres et massives… puis dégaine son violon pour calmer l’orage — ou, au contraire, l’amplifier façon viking enragé.
Gaëlann, batteur colérique, forge ses breaks comme des armes blanches, martelant ses fûts à coups de rage brute.
Et puis il y a Killian et Guillaume, guitares en main, prêts à lâcher riffs meurtriers et déflagrations sonores.

Musicalement, Rue de la Forge balance un cocktail explosif : rap engagé, rock saturé, basses telluriques, un souffle viking/celtique, et ce violon qui jaillit par éclairs pour calmer — un peu — la tempête électrique

Sur scène : un assaut frontal

Le live est un déferlement viscéral. Pas de fioritures, pas de pose : la sueur gicle dès les premières mesures.
Jérôme prend la salle à la gorge, arpente la scène, crache ses textes, soulève le public comme un capitaine de navire en pleine tempête.
Derrière lui, Mathieu fait gronder sa basse comme un moteur surchauffé, puis suspend le temps quand il sort son violon — un contraste saisissant qui donne de l’ampleur à la claque.
Killian dégaine des solos en fusion, imprévisibles, flamboyants, insolents.
Guillaume, plus discret, guette l’instant pour nourrir la machine à chaos.

Le public est happé par cette vague d’énergie brute : ça saute, ça hurle, ça scande les refrains, ça se laisse emporter par ce mélange unique de rap énervé, de guitares saturées, de groove viking et d’embruns celtiques.
On ressort rincé, essoré, mais avec la banane : Rue de la Forge, c’est la catharsis par le bruit et la sueur — un défouloir collectif qui frappe droit au cœur.

Rap. Rock. Viking spirit. Chaos maîtrisé. Rue de la Forge n’est pas là pour caresser, mais pour secouer. Et franchement, on en redemande.
 Pour moi, c’était un énorme coup de cœur ce week-end, et j’ai déjà hâte de les retrouver sur d’autres scènes de festival. Instagram

High Voltage

Quel dommage que ce soit la fin ! Oui, ils ont décidé d’arrêter… mais il vous reste encore quelques concerts pour aller les voir.

Un conseil quand vous assistez à un concert d’un groupe cover : fermez les yeux et imaginez que vous êtes au Stade de France, devant AC/DC en vrai. Puis écoutez… Et quand vous n’êtes plus capables de faire la différence entre le groupe original et le tribute, c’est que la mission est réussie. Et là, elle l’est largement !

L’énergie sur scène est incroyable. Max, le guitariste, qui n’était pourtant qu’un remplaçant, est littéralement habité par le personnage d’Angus : son jeu, ses solos, son attitude, son envie… tout est parfait. Le reste du groupe est au même niveau, et la voix est tout simplement bluffant.

Franchement, j’ai passé un excellent moment. En fermant les yeux, j’avais vraiment l’impression d’assister à un concert d’AC/DC. Bravo à vous ! Instagram

Tagada Jones

Toujours un kif de recroiser la team Tagada Jones. Coup de bol : mon studio collé aux loges m’a permis de croiser l’intégralité des groupes du week-end. Avec les Tagada, c’est simple : toujours dispo, toujours vrais, toujours ce plaisir brut d’échanger. Mention spéciale à Niko, qui s’est prêté au jeu de mes « questions secrètes » avec une décontraction déconcertante.

Côté live, pas de surprise : une claque. Le set alterne les brûlots récents et les classiques attendus, dont l’incontournable Mort aux cons, hurlé par toute la salle en un seul cri rageur. La voix de Niko, écorchée jusqu’à la moelle, tranche dans l’air comme une arme. Derrière, la machine Tagada déroule sans répit, une intensité quasi militaire, frontale, qui ne laisse aucune échappatoire.

Les prises de parole entre deux titres, brèves mais acérées, sonnent comme des uppercuts : injustices sociales, dérives politiques, nécessité de solidarité. Pas de bla-bla inutile, juste l’essentiel. Résultat : une communion totale, un public qui vit chaque mot, chaque riff comme un acte de résistance.

Le son est brut, sans fioritures, sans décors tape-à-l’œil. Juste l’énergie, la sincérité et la puissance. Et ça suffit pour retourner la salle.Après plus d’une heure de chaos organisé, le groupe balance un final d’anthologie oui le groupe quitte la scène sur Porcherie des Beurrier Noir, version du collectif-reposte populaire. La fosse explose, les poings se lèvent, la rage se transforme en fête. Quand les lumières s’éteignent, il ne reste qu’une salle lessivée, épuisée, mais grandie par l’expérience. Instagram

Darcy

Rock, punk, métal, électro en embuscade quand il faut cogner plus fort : voilà la mixture explosive. Pas question de chanter en anglais pour se planquer derrière un accent cool, ici tout est en français, brut et direct, parce que les textes doivent frapper sans détour.

Ça parle de rage, de luttes, de colère, d’inégalités, et ça le fait sans blabla inutile. Pas de cri pour le cri, mais une vraie volonté de balancer du sens à travers le chaos sonore.

En live, c’est la déflagration : murs du son, amplis sur le point de cramer, matos qui prend cher, une énergie brute qui roule sur tout. Leur dernier album pousse les potards encore plus loin, avec une colère citoyenne qui ne se cache plus, un discours politique et social assumé, frontal, prêt à gratter là où ça fait mal.

Et puis en coulisses, contraste total : Irvine, le frontman, s’est prêté à une interview décalée, avec humour et second degré, accessible et proche, loin de la furie scénique.
Le décalage est frappant : dehors, il déconne, il discute, il reste humain, mais dès que le micro est branché, lui et son groupe lâchent tout, et ça devient la dernière gifle du week-end, celle qui réveille, qui brûle, qui laisse une marque. Instagram

Conclusion

Deux jours intenses, deux nuits de riffs acérés, de voix déchirées et de sueur partagée. Ce Une Nuit en Muscadet version 10   a encore une fois prouvé qu’il n’a rien à envier aux plus gros rendez-vous.
Mes coups de cœur ? Sans hésiter : Aphasis, qui a ouvert les hostilités avec un set taillé dans le vif ; Rue de la Forge, bordel sonore jubilatoire, chaos organisé qui sent la poudre et le vécu ; High Voltage, dont l’hommage à AC/DC a retourné la salle comme un vrai uppercut nostalgique et puissant ; et bien sûr BlackRain, qui a électrisé la foule avec un hard rock sans filtre, flamboyant et ravageur.

Côté confirmations, pas de surprise : Tagada Jones toujours plus intenses, Cachemire avec leurs hymnes rageurs et sincères, et Darcy qui a balancé un set frontal, brut et engagé, comme une dernière gifle avant de rentrer lessivé mais grandi.
Et puis impossible de ne pas saluer la très belle prestation des autres groupes : les Booze Brothers ont lancé la machine avec une énergie fédératrice, les 3 Fromages ont retourné la salle entre humour et riffs accrocheurs, et High Voltage (bis !) a prouvé qu’un tribute pouvait transcender le réel. Sans oublier les passages marquants de chacun, qui ont tous contribué à faire de cette édition une fête totale, où chaque groupe a trouvé sa place dans ce puzzle sonore.

Bref, Une Nuit en Muscadet c’est ça : un mélange d’énergie brute, de frissons, de rires, de colère et d’émotion. Pas de faux-semblants, juste du rock, du punk, du metal et surtout une vérité qui claque comme un ampli poussé à fond. Rendez-vous pris pour la prochaine… parce qu’après ça, impossible de redescendre.

Jean Michel .o instagram

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