Le Heavy Metal Breizh se déroule chaque année à Pluméliau-Bieuzy (56). C’est un festival de métal à taille humaine, dont l’objectif est de partager une véritable journée de métal conviviale, proche du public et des groupes, pensée par des passionnés.
Le 24 janvier 2026 a eu lieu la 7ᵉ édition à la salle Droséra, avec une affiche solide. En une seule journée, nous avons pu apprécier et voyager à travers différents univers métal, sans jamais nous ennuyer.
Le line-up proposait : EXISTANCE (Heavy Metal), VOORHEES (Death Metal old school), ICELAND (Thrash Metal), DESILLUSION (Heavy Metal), BLACKENED (Thrash Metal), AFK (Metal mélodique), AMZERA (Thrash/Death Metal), BRUTAL STONER (Death/Stoner Metal) et SASTRUGGI (Metal progressif/Post-rock).

Il est 14h20, un petit groupe de personnes attend tranquillement l’ouverture des portes en plaisantant et discutant dans une ambiance détendue sous un peu de pluie.
SASTRUGGI
À 15 h, la salle est encore clairsemée lorsque Sastruggi, le groupe brestois de métal progressif/post-rock, ouvre le bal. Leur set démarre sur une mélodie électronique synthétique très douce, qui installe immédiatement une ambiance paisible et invite à tendre l’oreille.
On écoute, on se laisse surprendre, on ressent la musique et on apprécie chaque nuance, car certains passages titillent le cœur tout en chatouillant le cerveau. Ce type de groupe met davantage l’accent sur les textures et les transitions que sur la brutalité pure. Leur musique crée une atmosphère immersive.
Quelques passages plus énervés viennent trancher et apporter de la dynamique. Chaque musicien met en avant son jeu et l’interaction avec les autres, créant un véritable moment hypnotique que ceux qui n’étaient pas présents regretteront. (Mon coup de cœur de la soirée !)
Sastruggi : formes, tensions, matières.
BRUTAL STONER
Ensuite, c’est Brutal Stoner, le groupe lyonnais de death/stoner, qui investit la scène. Des masques monstrueux font leur apparition et l’ambiance bascule à 360°. On se retrouve plongés dans un univers sombre et théâtral, porté par une musique mêlant sludge, doom et death metal.
Les riffs sont lourds, les tempos lents et obsédants, créant une atmosphère pesante et dérangeante. « On les aime bien ces gars-là ! » me souffle Cédric, l’organisateur du festival. Car oui, ils ne sont pas à leur premier Heavy Métal Breizh.
Le public, plus niche, répond présent : la salle se réveille sous ce set lourd, hypnotique et fascinant. Mais, osons le dire, le concert se révèle parfois un peu brouillon, et les masques n’aident pas à la compréhension des paroles en live.
Brutal Stoner : high volume, low mercy.
AMZERA
La salle se remplit encore pour Amzera, groupe français de thrash/death originaire de Saint-Brieuc, formé en 2009. Malgré un léger retard technique — aléas inévitables du live — l’attente du public est palpable. Ce dernier participe activement à un set intense, nerveux et résolument orienté headbanging.
Le chanteur est déchaîné, les riffs incisifs, et la batterie martèle le tempo sur les titres du dernier album. Dommage toutefois qu’ils aient dû écourter leur prestation en raison du retard du début.
Amzera : la rage sous contrôle.
AFK
AFK prend la relève. Groupe de metalcore/death mélodique originaire du Mans, il monte sur scène alors que la salle est clairement prête à poursuivre dans une ambiance encore plus dynamique. Le retard accumulé plus tôt est presque rattrapé.
Dès les premiers morceaux, les riffs puissants boostent efficacement l’atmosphère avec des titres plus lourds. La salle répond immédiatement : les pogos se multiplient, la tension monte et l’on sent le public en train de se lâcher complètement. Quant à leur prestation, elle demande encore quelques petits réglages, mais on ne se fait aucun souci pour la suite !
AFK : pas dispo pour le calme.
BLACKENED
C’est au tour de Blackened, groupe de thrash métal originaire de Paris, de prendre la scène. Et quelle entrée ! Le set démarre avec une intro épique qui plonge immédiatement le public dans l’ambiance. On comprend vite que le groupe n’est pas là pour enfiler des perles : ils se définissent eux-mêmes comme un groupe « Thrash Metal Hard or Die ».
Tout dans leur attitude et leur musique respire l’énergie et l’agressivité : c’est du thrash direct, efficace et calibré, avec des riffs rapides, des solos incisifs et une batterie puissante qui frappe comme un marteau. Le chant, lui, est typiquement « in your face » : franc, agressif, sans aucune place au compromis.
Chaque morceau est exécuté avec précision et nervosité. Le public est aux anges — ou en enfer —, il transpire et s’immerge complètement dans le son, et l’on ressent une connexion immédiate entre la scène et la salle. Du très bon !
Blackened : La violence comme prière.
DESILLUSION
La salle est déjà bien remplie lorsque Desillusion investit la scène. Dès les premières secondes, l’attention est captée. Très vite, le groupe, originaire de Lisieux en Normandie, impose son univers de heavy métal franc, direct et sans artifice, fidèle à l’esprit des grandes heures du genre. On sent un groupe expérimenté : actif depuis 1999, il est à l’aise sur scène et sûr de ce qu’il propose.
Au fil du set, certains chantent les morceaux par cœur, les têtes bougent, les poings se lèvent, et plusieurs spectateurs sont de fervents connaisseurs et fans. Quant à ceux qui découvrent Desillusion ce soir-là, l’adhésion semble immédiate. « Le groupe flirte avec quelques clichés mais ne tombe jamais dedans », m’a-t-on soufflé dans l’oreillette. Desillusion joue dans le partage, avec une présence scénique sincère et engagée, et un style qui leur va parfaitement.
Pour ceux qui n’auraient pas encore été convertis au heavy metal, la reprise d’Iron Maiden a permis de fédérer tout le monde.
Desillusion : la rage en héritage.
ICELAND
Lorsque Iceland monte sur scène, on comprend immédiatement que ça va envoyer. Ce groupe parisien, né dans les années 90, balance un thrash frontal, sans détour. Les fans bougent avant même qu’une seule note ne soit jouée, et le public accroche instantanément : la connexion est évidente. Ce qui frappe, c’est l’énergie brute du groupe, ainsi que sa puissance et sa maîtrise.
Les morceaux s’enchaînent sans temps mort, portés par une section rythmique solide et un son thrash 90’s joué avec conviction. Iceland reste concentré, pour défendre sa musique : peu de paroles inutiles, beaucoup d’impact. On sent un groupe qui a retrouvé le plaisir du live et qui le partage pleinement. Au final, Iceland ne joue pas la carte de la nostalgie : il prouve que son thrash est toujours vivant, efficace et fait pour la scène. Un concert intense, direct, qui rappelle pourquoi le métal français des années 90 continue de faire vibrer.
Iceland : préparez-vous à l’avalanche.
VOORHEES
Un des moments les plus attendus de la soirée : Voorhees sur scène. Originaire de Metz, ce groupe de death métal oldschool fait partie de ceux que tout le monde voulait voir. La salle est pleine à craquer, et l’on sent immédiatement l’impatience du public. Les fans sont excités : certains discutent des titres qu’ils adorent, d’autres attendent avec attention le début du live. Pour ceux qui n’auraient pas fait le rapprochement, le nom du groupe vient du film Vendredi 13, Jason Voorhees. Pas étonnant, donc, que le groupe navigue parfaitement entre l’univers cinématographique et musical des films d’horreur.
La présence charismatique du frontman ne se fait pas attendre. Avec sa crinière qui vole à chaque mouvement, il impose déjà le respect avant même que le premier accord ne tombe. Dès qu’il attaque, l’univers est lancé et la passion se ressent immédiatement. Pas de fioritures : la musique est directe et intense, et l’on sent un vrai plaisir du live et un véritable sens du partage avec le public. Les morceaux s’enchaînent, certains classiques du cinéma métal provoquent des acclamations, et même ceux qui découvrent Voorhees pour la première fois se laissent emporter.
Chaque morceau semble plus attendu que le précédent, et l’on comprend vite pourquoi : Voorhees combine ce qui se fait de mieux dans le death metal de la fin du 20ᵉ siècle.
Voorhees : la bande-son du cauchemar.
EXISTANCE
La scène se met en place pour Existance, et dès le premier regard, on comprend que les deux blocs massifs en avant-scène ne sont pas là par hasard, ni pour éviter que les barrières de sécurité ne tombent… Existance est un groupe franco-belge de heavy métal formé en 2008. L’arrivée du batteur annonce un set millimétré et maîtrisé jusque dans les moindres détails, et lorsque les premières mesures fusent, c’est tout le heavy métal traditionnel qui se déploie : à la fois mélodique et d’une puissance saisissante. Chaque riff, chaque coup de caisse claire est livré avec une intensité qui captive immédiatement.
Le groupe joue avec une précision impressionnante tout en maintenant une interaction constante avec le public. Et d’un coup, des blocs en avant-scène jaillissent de feux d’artifice, offrant une véritable claque visuelle qui accompagne la puissance musicale et transforme le concert en une expérience à la fois sonore et spectaculaire. Rappelons que le groupe a déjà joué au Hellfest et assuré des premières parties prestigieuses pour Helloween et Megadeth. Ce soir, ce n’est pas un simple concert : c’est un véritable show, une mise en scène digne des plus grandes salles de spectacle, où musique et pyrotechnie s’unissent pour offrir une expérience mémorable et intense.
Existance : là où le heavy ne meurt jamais.
Conclusion
Au terme de cette journée, il ne reste qu’une certitude : le Heavy Metal Breizh confirme son statut de rendez-vous incontournable pour les amateurs de métal, où passion, puissance et convivialité se rencontrent pour créer des souvenirs mémorables. Une soirée qui rappelle pourquoi ce festival, année après année, attire toujours plus de fans et de groupes désireux de partager leur énergie et leur univers. Vivement la 8ᵉ édition, pour encore plus d’émotions !
Et n’oublions pas de remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont contribué à faire vivre ce festival.

Ombre Futile (instagram)