Cachemire – La Cigale

J’ai découvert Cachemire dans les meilleures conditions qui soient : en concert.
En avril dernier, j’avais adoré ce show à haute énergie, et ce groupe en fusion avec son public. Déjà à la Maroquinerie, le rendez-vous avait été pris pour la Cigale en janvier 2026. Et on sentait que remplir cette salle en tant que tête d’affiche était une étape importante pour les Nantais.

Mais ils ont vraiment bossé dur pour ça. Ils ont joué dans tous les festivals, entrant sur scène à pas d’heure et repartant le lendemain pour un autre concert. Ils ont même récemment joué en plein air sous la neige, avec les doigts qui collent aux cordes de la guitare.
Tout ça, je le sais, car je les suis sur Instagram. J’ai donc développé une relation parasociale avec Cachemire et ce soir, j’ai l’impression d’aller voir des amis jouer.

Les fans de Cachemire sont de tous les âges et de tous les styles.

Ils sont d’ailleurs là devant la salle en train de discuter quand j’arrive. Un des éléments étonnants dans ce public, c’est la grande variété des profils. Les fans de Cachemire sont de tous les âges et de tous les styles. Les mecs les plus extrêmes portent une crête bleue et une jupe plissée noire.
Un fidèle vient avec son masque de président de la République en prévision de « Moi Être Roi », il a assuré la mise à jour avec une image de Macron et ses désormais iconiques lunettes de soleil.

Quelques anciens ont sorti leur T-shirt AC-DC et une Battle Vest, et un groupe de potes est venu tout en blanc. Mais ce qui est surprenant, ce sont tous les autres, sans costumes et sans signes distinctifs, des enfants avec leur mamie ou leur maman. Tous ceux que l’on croise dans la rue sans jamais se douter qu’ils ont le Rock en eux.

Howard

La première partie est assurée par Howard, un trio puissant clavier, batterie, guitare-voix… et ondes Martenot. Un combo hyper créatif qui fusionne des sons électro avec une guitare saturée et une belle voix métal.
Le clavier prend une place essentielle dans leur musique et de part et d’autre de la salle, deux petits mâts sont disposés. Tour à tour, le claviériste et le chanteur/guitariste iront interagir avec l’instrument, qui de la main, qui du manche de sa Duesenberg, pour produire les sifflements typiques des ondes Martenot. C’est très visuel et ajoute une tension supplémentaire à la musique. Ils réussissent leur passage car le public a vraiment accroché à leur proposition.

Cachemire 310126 BAressi 4 1

On est pas là pour bavarder, ils envoient les guitares et ça cogne fort.

Cachemire à la Cigale

Le rideau se ferme pour préparer la scène de Cachemire et à 21h, une musique de menuet ouvre le bal, la dernière note de la bande-son est le signal et on envoie le gros son. On n’est pas là pour bavarder, ils envoient les guitares et ça cogne fort. Il est vraiment difficile de croire que ce sont les mêmes qui discutaient plus tôt devant la salle.

Fred, le chanteur, m’impressionne encore quand il part dans les aigus. La batterie est placée en hauteur et un triangle de lumière géant forme un cadre où le chanteur viendra parfois se placer pour mieux haranguer la foule. Le plafond de la Maroquinerie était trop bas pour permettre de l’installer en entier, et nous n’avions eu qu’un grand V sur scène. Ici, tout y est jusqu’au backdrop qui reprend la pochette du dernier album, cette main sur fond orange, paume en l’air, au triangle noir tatoué .
La Cigale est la salle idéale pour Cachemire est ils sont en parfaite maitrise.

Cachemire 310126 BAressi 12 1

Un premier guest intervient comme par magie au clavier, légèrement en retrait. Fred expliquera ensuite qu’il s’agit de Corentin Pujol, claviériste de Mathieu Chédid. Il joue avec une barre de vibrato montée sur son clavier et il module ses notes comme le ferait un guitariste. Il a un jeu très expressif et ça fonctionne vraiment bien sur « à l’ancienne ».

Téka assure en se plaçant en front de scène et la foule répond positivement à l’appel.

Entre alors un deuxième guest, le guitariste Tanguy Kerleroux aka Téka (dont on a parlé récemment sur HexaLive, ndlr), qui s’est construit une belle communauté sur TikTok et vient prêter main forte avec des solos et des licks en question/réponse avec Corentin. Il assure en se plaçant au front de scène et la foule répond positivement à l’appel.

La musique de Cachemire n’est pas habituellement du rock de guitar hero, mais ça ne gâche rien à l’affaire. Après un second titre, Téka sort de scène et mes voisins qui n’ont manifestement pas suivi l’affaire s’interrogent : « c’est qui lui le guitariste ? », « chai pas ça doit être un techos… ». Cela faisait pourtant longtemps que sa présence avait été annoncée sur Insta et ce qui est évident pour les followers l’est beaucoup moins pour les minimalistes numériques.

Le show se poursuit en toute fluidité, le crowdsurfing bat son plein et le chanteur, campé sur ses jambes écartées, le micro en main, balance ses paroles au kilomètre, et tout le groupe reprend le refrain sur un titre qui doit frôler les 160 bpm. Il prendra la guitare pour la première fois de la soirée pour la reprise de « La Nuit je mens », et c’est un quatuor à cordes qui s’est installé cette fois-ci. Le morceau s’arrête mais la foule reprend ses incantations et Fred, assis en bord de scène, lève les bras comme pour une prière et reçoit toute cette énergie.

Chaque morceau est un moment épique avec sa propre énergie mais toujours cathartique.

Sur « Adam », le support du quatuor est superbe et Fred nous montre un registre moins exploité de sa voix avec une interprétation plus sensible, moins dans l’énergie. Son timbre entre en résonance avec le public dans un moment d’émotion qui contraste avec le déchaînement ambiant.

Sur le titre suivant, on invite la foule à former un cercle pour y valser. On se prête au jeu mais faut pas rêver, ça ne dure pas. Un drapeau vendéen se déploie un peu plus loin. Le moment émotion est terminé, on remballe les chevalets et on relance l’énergie.

YPoupaud Cachemire 310126 BAressi 2 1

… on est là pour faire la fête au rock et c’est la spécialité de Poupaud.

On aperçoit Yarol Poupaud en coulisse, il va bientôt entrer sur scène. Et comme pour les autres, pas de chichis, il entre sans les grandes présentations habituelles, on n’est pas là pour s’épancher sur les remerciements et les superlatifs, on est là pour faire la fête au rock et c’est la spécialité de Poupaud.
Il prend vraiment possession de la scène, il a une présence ultra rock et quand son câble se coince, il continue de jouer de la main gauche pour le tirer de la main droite. Fred Bastar me fait rire quand il remercie Yarol en posant sa main sur son cœur et comme un cartoon lève subitement les bras au ciel en hurlant pour que le public suive.

Quelle soirée, mais quelle soirée… Ils font danser les dépressifs, headbanger les grand-mères et leurs petites-filles et valser les rockers à crête ! Si vous n’avez jamais vu Cachemire en concert, vous ratez une jolie fête. C’est un groupe 100 % live et le public fidèle revient.

« Chanson Pour Sépultures » viendra clore le set de cette Cigale magnifiquement réussie, et bientôt le groupe entame le riff lourd de « Kashmir » qui annonce la fin du concert car « c’était Cachemire, pour vous servir » !

Photos : Bruno Aressi (instagram)
Blabla : Régis Hamelin

Les artistes dont on parle

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *