Il y a des affiches qui ressemblent à une réunion de famille. Celle du 3 juillet à la Maroquinerie en faisait clairement partie. Deux groupes que l’on a pu voir déjà au Bru’Noise : Existance, tête d’affiche de l’édition 2026, et Harsh, qui avait porté celle de 2025. Deux formations françaises qui prouvent que la scène hard et heavy hexagonale n’a jamais été aussi vivante.
Existance

C’est Existance qui ouvre les hostilités. Le concert débute avec un léger contretemps technique du côté de la guitare. Rien de dramatique toutefois : quelques instants suffisent pour remettre la machine en route, avant que le musicien ne lance un rassurant « Je suis de retour ! » sous les applaudissements. La suite ne souffrira d’aucune fausse note.
Le groupe déroule alors ce qui fait sa force depuis plusieurs années : un heavy metal mélodique solidement ancré dans les années 80, porté par des riffs acérés, des harmonies de guitares impeccables et des refrains fédérateurs. Existance confirme une nouvelle fois pourquoi il est devenu une valeur sûre de la scène française. Une mise en bouche idéale avant de laisser la place à ceux que le groupe présente avec affection comme « leurs petits frères qui se donnent les moyens d’y arriver ».
Harsh

La transition est parfaite. Quelques jours seulement après notre interview exclusive et la chronique de Feels, nous retrouvons Harsh sur scène pour célébrer officiellement la sortie de leur nouvel album. C’était justement tout l’intérêt de cette soirée : voir ces nouveaux morceaux prendre vie devant un public venu en nombre. Et force est de constater que Stedim ne s’était pas trompé dans sa chronique. Il soulignait la qualité du son, la richesse des arrangements et l’équilibre entre puissance et mélodie ; autant d’éléments qui prennent encore davantage d’ampleur en live. Les nouveaux titres s’intègrent naturellement au répertoire du groupe et démontrent que Feels a été pensé autant pour être écouté que pour être vécu sur scène.
L’émotion n’est jamais bien loin non plus. Albert prend un moment pour adresser une pensée à son grand-père, malheureusement disparu. Un hommage simple mais sincère à celui qui, avec sa voiture, avait permis au groupe d’effectuer sa toute première tournée. Une manière de rappeler que derrière les projecteurs et les amplis se cachent aussi des histoires familiales et humaines.
Mais une release party reste avant tout une fête. Et après de longues années de préparation pour cet album, Harsh avait bien l’intention de célébrer ce nouveau chapitre comme il se doit. Le groupe offre une tournée de champagne à toute la salle, déclenchant une ovation générale. L’ambiance monte encore d’un cran.
Rapidement, les premiers pogos apparaissent. Un slam traverse la fosse tandis que la température grimpe à mesure que les morceaux s’enchaînent. La reprise de Maniac met tout le monde d’accord et finit d’embraser une Maroquinerie pleine à craquer. La salle parisienne joue d’ailleurs parfaitement son rôle : avec sa configuration compacte, elle crée une véritable impression de mini-arène où artistes et public ne font qu’un. Chaque refrain est repris en chœur, chaque mouvement de foule semble amplifier l’énergie qui se dégage de la scène.
Lorsque les dernières notes retombent, personne ne semble vouloir quitter les lieux. Une immense file d’attente se forme devant le stand de merchandising. Les musiciens prennent le temps d’échanger, de signer albums et affiches, de discuter avec leurs fans. À tel point que les agents de sécurité finissent par annoncer la fermeture de la salle. Compréhensifs, ils laisseront finalement les derniers admirateurs repartir avec leur précieux autographe.
Plus qu’une simple release party, Harsh a transformé cette soirée en véritable célébration collective. Un concert qui marque le début d’une nouvelle aventure pour Feels et qui confirme, s’il en était encore besoin, que le groupe est prêt à franchir un nouveau cap.
Setlist Harsh :
Break Your Way
Losing My Ming
The Sound She Does
Offer You A Rome
Don’t Mess With Me
Fuel To The Fire
Back To Life
(Drum Solo)
Places To Go
When We’re Together
Tease Me
Forever Yesterday
All I Ever Wanted
—
Maniac
Good Lovin’
Texte et photos : Arnaud Guignant