21 mai 2007 – Thierry Amiel à l’Olympia

Version  » Restons sérieux, c’est pour un site oueeeebbbb « Ceux qui ont emprunté ce vingt-et-un mai les environs du boulevard des Capucines, au vu de la file d’attente formée dès le début de l’après-midi, auront certainement levé la tête pour savoir quel nom illuminait en lettres rouges la façade de l’Olympia.

Un Olympia comble, depuis la fosse dans laquelle les gens s’entassaient debout pour le voir au plus près jusqu’au balcon, où du premier au dernier rang, on ne trouvait un seul siège libre. Car le public, visiblement, avait répondu ‘présent’ pour le retour du brillant interprète révélé par la toute première édition de l’émission de ‘La Nouvelle Star’, trois ans après sa tournée triomphale (dont cinq Bataclan à guichets fermés). Chauffée à bloc, la salle tout entière, malgré son impatience, a poussé la bienveillance jusqu’à applaudir chaleureusement un certain Brice dont le très relatif talent, dans d’autres circonstances, ne lui aurait laissé que peu de chances de convaincre. La véritable mise en bouche n’interviendra pourtant que vers la fin de la pause, avec en bande son, pour ceux qui auront su tendre l’oreille, les vocalises de Thierry Amiel dont le nom commence à être scandé par une salle joyeuse qui a désormais suffisamment attendu.

Certains concerts mettent du temps à démarrer : l’artiste, le public et le lieu doivent parfois s’apprivoiser; parfois la rencontre n’a carrément pas lieu : les salles parisiennes ne sont pas réputées pour leur froideur sans raison. Ce soir bien au contraire, et dès les premières mesures, l’échange ne fait aucun doute. L’artiste est généreux et offrira près de deux heures de spectacle à lui seul. En face, cette générosité là fait mouche et il est de plus en plus longuement ovationné. Tout semble familier, parfaitement à sa place. Thierry Amiel se sent bien dans ce lieu mythique qui l’accueille comme un autre chez lui, ceux qui sont venus l’applaudir ce soir lui rendent cette chaleur là, et de part et d’autre l’émotion de ce partage est palpable. Le jeune homme, de sa voix si particulière, mélange les titres de son dernier album et ceux du premier pour lequel il a entièrement revisité les arrangements. Il enchaîne les performances vocales dignes d’un Mattew Bellamy et les passages acoustiques plus dépouillés qui illustrent avec bonheur ses talents d’interprète et mettent véritablement sa voix en valeur. On comprend qu’il a séduit à de maintes reprises en a capella : c’est incontestablement ce qui lui va le mieux.

Au rang des meilleurs moments,  » Un jour arrive  » est bien placé, avec un Thierry toujours capable de faire naître les larmes. Le titre  » Suède « , également, surprend et fait mouche : complètement hors norme et décalé par rapport au reste, il est aussi magnifiquement relayé par des lumières exceptionnelles.  » Hallelujah « , surtout, illustre une fois encore sa formidable capacité à faire sienne des chansons déjà  » culte  » ; il fallait oser en effet, passer derrière Léonard Cohen, Jeff Buckley ou encore Rufus Wainwright et avec bonheur, ajouter SA version à la liste !

Faut-il l’avouer ? Tant je n’avais pas été convaincue par la prestation grimaçante du Trabendo, tant l’Olympia a livré un Thierry jamais plus transcendé que par les enjeux de taille. Le concert se termine en apothéose sur une standing ovation et d’autres joues humides. Pour conclure un set d’une intensité rare, en effet, c’est l’ultime coup de grâce : l’artiste, presque à genoux sur scène, achève les plus récalcitrants en reprenant Barbara pour un ‘dis, quand reviendras-tu‘ d’anthologie.

Inoubliable.Version  » Oh putain merde le con ! (je suis fan) « AHHHHHHHHHHPfff c’était juste magnifique, j’ai pleuré deux fois, il était extraordinaire, une voix de folie, les gens l’ovationnaient entre chaque chanson, tout le monde debout à la fin, deux rappels personne ne voulait partir, vingt-deux titres en tout pour se terminer par un ‘dis, quand reviendras-tu’ reprise de Barbara de malade. Un Thierry sans une seule fausse note, un Thierry ému, généreux, qui passait son temps à revenir le plus au bord possible de la scène pour s’approcher toujours plus près, à avoir des mots, des gestes et des gestes pour chacun (si si c’est possible), jusqu’au plus petit spectateur là haut tout là haut loin dans les gradins, un Thierry exceptionnel sur des passages acoustiques de folie, hyper émouvant, au sommet de sa forme sur les vocalises des titres plus électriques, avec un  » Suède  » ambiance limite Radiohead c’est dire !Je pensais que c’était génial l’Olympia pour un ‘petit’ comme lui. N’importe quoi ! En fait c’était à peine assez ! Le costume était fait sur mesure, il lui allait parfaitement.

C’était juste beau. Et un peu bouleversant.Thierry quoi …

Isatagada

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