Skip The Use nous offre ce diptyque sonore prélude à un nouvel opus qui s’annonce, tenez-vous bien, cathartique. Et c’est là toute la beauté de la manœuvre. Pour l’heure, il est 3h33 et je ne dors pas… plus.
Il y a chez Mat Bastard et sa fraternité d’instruments une intelligence du rythme. Ce n’est pas un simple retour, c’est une décharge bifide qui explore les deux rives de leur fleuve sonore.

Face A : « We Are Good »
D’un côté, nous avons cet hymne fédérateur, ce titre qui vous prend par le col de chemise pour vous jeter dans un pogo souriant : « We Are Good ».
Ca groove : il y a là toute leur maîtrise de l’Electro-Pop fiévreuse. C’est une pulsation, un mouvement de hanches qui ne ment pas. La mélodie est immédiatement contagieuse. Elle respire la lumière des projecteurs, l’effervescence des grandes arènes, celle qui fait transpirer la foule et fait croire, l’espace de trois minutes, que oui, tout va bien dans le meilleur des mondes.
C’est subtil : mais attention, l’intention est plus profonde. Comme souvent chez eux, derrière le refrain taillé pour la radio se cache la thématique, chère à Mat Bastard, de la lucidité face au destin. Un hymne à l’affirmation de soi. Le titre aborde notamment le thème de la jeunesse, de leurs espoirs et de ce qu’ils ont à nous dire. C’est le côté Power Pop maîtrisé, celui qui permet d’entrer dans la danse pour mieux entendre le message. Danser pour ne pas pleurer, n’est-ce pas le propre de l’Homme ?
Face B : « Distorter »
Et puis, on retourne le vynile (je sais, je sais : ce n’est qu’une métaphore sur les plateformes numériques !). Et là, c’est le choc : « Distorter » !
C’est rageur : ce titre renoue avec la facette la plus brute, la plus abrasive et la plus Punk du groupe. Le tempo monte d’un cran. Les guitares sont tendues, presque à la rupture. C’est une vague d’Électro-Punk qui vient nous rappeler que Skip The Use est né des tripes, des sous-sols moites, et de cette urgence adolescente à tout exploser.
[ Note aux guitaristes : le nom n’est pas anodin ! « Distorter » est aussi le nom d’une pédale d’effet pour guitare élaborée par le bassiste/guitariste Nelson Martins en collaboration avec la marque française Tampco. Cet outil est un élément crucial qui forge le son puissant, saturé et éponyme de ce morceau. ]
Le propos est frontal, violent, sans concession, comme une claque bien méritée : le constat que nous sommes les seuls acteurs de nos vies, le refus de l’arnaque sociale qui nous dit impuissants. C’est l’ADN Post-Punk qui reprend ses droits, ce chaos salvateur, cette distorsion bienvenue pour réveiller les consciences.

Ce duo de titres n’est pas qu’un coup marketing, c’est une déclaration d’intentions. Il dessine un panorama musical complet : la fête et la rage, l’hymne et la claque.
Ces deux morceaux nous mettent l’eau à la bouche (et la sueur au front) pour le sixième album studio à venir ! Prévu vraisemblablement pour le premier semestre ou l’été 2026, il marquera une ère « plus libre, plus puissante », prolongeant les thèmes de la résilience et de l’espoir initiés avec Human Disorder (2022). Ce sera, à n’en pas douter, un disque taillé pour leur terrain de prédilection : les grandes scènes.
Pour défendre cette nouvelle œuvre à la croisée des genres, le groupe confirme un retour en force sur les planches qui va s’étendre tout au long de l’année 2026 :
- Ils seront notamment à l’affiche des festivals, comme ODP Talence (13 juin), Terres du Son (11 juillet), les Francofolies de La Rochelle (12 juillet) et le Lovely Brive Festival (du 16 au 19 juillet).
- L’apogée de cette tournée est d’ores et déjà fixé : un grand Zénith de Paris le samedi 5 décembre 2026.
L’énergie est intacte, le propos est affûté. On sent que le groupe a retrouvé une liberté et une puissance scénique. La machine est relancée !
Stedim (instagram)