7 février 2026, Paloma, Nîmes
Première partie de Last Train
C’est suite à ce type d’expérience qu’est un concert de Wheobe qu’il faut commencer à parler à la première personne. Car l’illusion de l’objectivité disparaît dès que le choc esthétique se produit.
Ce samedi de février à Paloma, quatre types qui semblent des gamins prennent la scène, mes yeux, mes oreilles et les emportent dans un grand souffle vers leur univers haletant, poignant, révolté, énervé, délicat. Leur son phénoménal est tout à la fois furieux, rauque, mélancolique, lancinant, complexe, syncopé. Ils excellent dans tous les genres qu’ils essorent pour en tirer un minerai brut, émouvant de pureté. Dans un brouillard rouge cru, Swann déploie une voix magistrale, couvrant un spectre allant de la rugosité hurlante à la clarté cristalline, qu’il accompagne d’une danse expressionniste captivante. Matthias est aussi intense à la basse, et Ivanoé arpente la scène en maltraitant sa guitare avec le bois d’un cintre. Matthieu, petit prince de la batterie, allie la finesse à la robustesse et mériterait à lui seul un article. Comme chacun d’eux d’ailleurs.
Mais toutes ces considérations ne sont finalement qu’un pâle reflet de cette transe qui m’a happée dès les 30 premières secondes du premier morceau, ainsi que le public souvent blasé des premières parties. Il est plus qu’urgent d’aller découvrir ce groupe sur scène et sur album (à venir le 3 avril, pour l’instant seuls 2 EP sont disponibles), pour retrouver l’essence de la musique et du live.
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Prochaines dates : Annecy 18/02, Vienne 20/03, Paris 01/04
Album A Strained Ocean, sortie le 3/04
Amélie Robert (instagram) – Photos : Richard Gouard (instagram)