Megascene 2026 : le pari réussi des 35 ans du festival

Un pari audacieux et totalement réussi !

35 ans : un cap rare et symbolique dans le paysage des festivals !  L’organisation de Megascene a fait le choix audacieux de se remettre en question en misant sur un tout nouveau format. Terminé la dispersion : le festival s’est recentré sur deux jours autour d’une scène unique pour accueillir 11 artistes. L’avenir nous dira si ce format s’inscrira dans la durée ou s’il s’agissait d’une exclusivité pour cette édition de transition. Quoi qu’il en soit, le pari est franchement gagnant : le public a répondu présent en masse et l’événement a affiché complet, pour le plus grand plaisir de tous.

Côté programmation, l’ADN du festival est resté intact, savant mélange d’identités fortes, de pépites confirmées et de belles découvertes. Autant vous dire que vu mes goûts musicaux, j’ai été particulièrement gâté ! Nous sommes tous repartis de là les jambes en coton et les oreilles sifflantes, mais quel kiff ! Retour sur un cru 2026 d’une efficacité redoutable.

Vendredi : Le grand écart énergétique

Les Électrons Libres

St Graal : Si ses versions studio laissaient présager une pop fraîche, tranquille et rafraîchissante, c’est sur la scène que le projet a pris toute son ampleur. Seul face à la foule, l’artiste a déployé une énergie brute, presque rock, balayant le côté policé de ses morceaux enregistrés. Véritable pile électrique, sautant partout et haranguant un public déjà conquis, il a transformé la plaine en une immense rave techno-pop à ciel ouvert. Une performance survoltée et ultra-visuelle qui confirme son statut de révélation incontournable de la scène francophone. Le public s’en souviendra longtemps !

Guy2bezbar : Dans le genre ultra-efficace, il a mis tout le monde d’accord. Loin des play-backs paresseux que l’on subit trop souvent, le gars a donné tout ce qu’il avait dans le ventre. Porté par une énorme dose de bonne humeur et un impact scénique indéniable, c’est clairement l’un des patrons pour foutre le feu à un public, propre et sans bavure.

Grosse Communion et Hymnes de Festival

Zoufris Maracas : Le groupe idéal pour chiller, planer et faire la fête. Ils ont débarqué avec leurs cuivres chaleureux, leurs rythmes chaloupés et leurs textes militants bien acérés. Un joyeux bordel poétique qui donne juste envie de choper son pote par l’épaule, de lever son gobelet et de chanter en chœur. Une vraie bouffée d’humanité.

Dub inc : Attendus comme les grands patrons de la soirée, les Stéphanois ont livré une véritable démonstration de force. Dès les premières basses, toute la plaine est entrée en fusion, portée par l’alchimie parfaite entre le flow ragga survolté de Komlan et les envolées orientales envoûtantes de Bouchkour. Enchaînant hymnes intergénérationnels et rythmiques implacables, le combo a transformé le site en une marée humaine de jump ups frénétiques. Un live d’une puissance brute et d’une générosité rare, qui a laissé la foule rincée mais des étoiles plein les yeux.

Le Coup de Grâce

Hysta : Pour fermer la boutique le vendredi soir, il fallait une formule radicale. C’est la DJ Hysta qui s’est chargée d’achever les derniers festivaliers encore debout, et elle n’a pas fait de quartier. En envoyant des kicks hardcore surpuissants mêlés à des sonorités ultra-modernes, elle a livré un set d’une puissance brute et d’une grande maîtrise technique. Une apothéose parfaite pour clore cette première journée.

Samedi : De la poussière, du groove et des grosses basses

Les Allumeurs de Mèche

Fiestapapa : Le public était chaud bouillant dès les premières minutes. Balançant leur rock cuivré à l’état brut, l’onde de choc a été immédiate. Ça jump, ça s’enflamme, et le rythme ne retombe jamais. Sur les planches, les musiciens débordent d’une énergie hyper communicative, emportant la foule dans un joyeux bordel électrique. Pas de chichis, pas de temps mort : la poussière volait sous les sauts des festivaliers.

Taïro : Changement d’ambiance radical ! On quitte le rock festif pour plonger direct dans le reggae-dancehall hexagonal. Figure incontournable de la scène française, Taïro navigue avec aisance sur des riddims roots, du dancehall lourd ou des morceaux plus intimistes. Accompagné de nombreux musiciens, son show est hyper rythmé et visuellement très agréable. Une immersion totale dans son univers chaleureux.

La Révélation Solaire & La Machine à Tubes

Luiza : C’était la grosse attente : la révélation franco-brésilienne originaire de Rennes qui cartonne partout, notamment grâce à son titre « Soleil Bleu » et son premier album sorti en avril 2026. Mélangeant pop française, rythmes tropicaux, dub et groove chaloupé, la question se posait : était-elle taillée pour le live en festival ? La réponse est un grand oui. Une performance généreuse et solaire, parfaite pour une journée d’été. Une artiste à croiser absolument… et l’histoire ne s’est pas arrêtée là pour elle ce samedi (rendez-vous plus bas !).

KeBlack : Même si ce n’est pas ma tasse de thé musicalement, je dis un grand merci pour ce super moment. Le mec est une machine à tubes faite pour secouer les foules ! Sur scène, sa vibe afro-pop et rumba congolaise prend une tout autre dimension grâce à un vrai groupe en live : la combinaison basse, guitare, batterie et claviers apporte une puissance organique et des basses hyper lourdes. Impossible de rester les bras croisés face à ce showman ultra-généreux qui transforme la plaine en club à ciel ouvert. Cerise sur le gâteau : le gars est aussi accessible en coulisses qu’entier sur scène. Une sacrée claque humaine !

Le Point d’Orgue du Week-end : La Claque Visuelle et Sonore

La P’tite Fumée : Le groupe de l’Ariège, incontournable de la scène Trance/Tribal/Techno, a tout balayé sur son passage. Pour leur tournée 2026, ils ont complètement cassé les codes et propose un show radicalement nouveau par rapport à leur dernière venue. Le combo didgeridoo, flûte traversière et percussions a pris une dimension folle grâce à l’intégration d’une chanteuse à part entière. Oubliez le format habituel : la scénographie est devenue frontale, narrative, ultra-massive et théâtrale. Le jeu de lumières et la mise en scène sont tellement calibrés pour une immersion totale que mes yeux (et l’autofocus de mon appareil photo !) ne savaient plus où donner de la tête face à une telle vitesse d’exécution. Ma claque monumentale du week-end.

Focus : Le Corner Dub by Dub Camp

Petite nouveauté particulièrement savoureuse cette année : les copains du Dub Camp s’étaient installés sur le site ! À quelques jours de leur propre festival (prévu les 10, 11 et 12 juillet 2026), ils avaient posé un corner dédié pour assurer leur promo et faire vibrer l’événement avec une Sound System de haute voltige et une ambiance chill formidable.

Le public a pu breaker et viber tout au long du week-end grâce à des sets pointus signés Panzer Stepper, Soma Collectif, Anima Sound System, Alpha Steppa x Nai Jah, ou encore Lo Free Mediation & Kaya Kaspar. Le moment magique est survenu le samedi : Mahom, figure emblématique du dub français, a été rejoint durant une grosse demi-heure par la solaire Luiza, accompagnée de son saxophoniste et de son trompettiste. Un bœuf mémorable, improvisé et d’une générosité folle, qui prouve définitivement que Luiza a plus d’une corde à son arc. Un pur régal pour les oreilles !

Résumé Global (Le mot de la fin)

Pour ses 35 ans, Megascene 2026 a transformé son essai audacieux en un triomphe total. En resserrant ses forces autour d’une scène unique et de 11 artistes (10 scene francaise) judicieusement choisis, le festival a gagné en intensité sans perdre une once de son ADN originel. Du voyage techno-pop de St Graal aux vibrations légendaires de Dub Inc le vendredi, jusqu’à la claque immersive et théâtrale de La Petite Fumée et la chaleur cuivrée du corner Dub Camp le samedi, cette édition restera gravée dans les mémoires. Un festival complet, un public survolté, une poussière festive et des souvenirs gravés pour l’année : longue vie à Megascene !

Jean Michel

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