FauxX – Release Party à La Passerelle, Saint Brieuc

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Saint-Brieuc, 3 décembre 2025. Il est à peine 20 h 15 devant le Petit Théâtre de La Passerelle quand les premiers spectateurs franchissent les lourdes portes vitrées. Dans la rue, rien ne laisse deviner que ce lieu habituellement dédié aux pièces intimistes et aux spectacles jeune public s’apprête à devenir, le temps d’une soirée, l’un des épicentres les plus déroutants du metal industriel français.

À l’intérieur, le contraste frappe immédiatement. Le théâtre, bâti en 1884, déploie ses courbes à l’italienne : balcons délicats, loges semi-circulaires, velours rouge, plafonds ouvragés. Un écrin patrimonial que l’on imagine volontiers occupé par des voix d’opéra ou des dialogues feutrés. “On ne s’attend pas à voir un groupe comme FauxX ici”, souffle une spectatrice, encore surprise de la juxtaposition. Et pourtant, les spectateurs sont là, attirés par la promesse d’une rencontre spectaculaire.

Ce soir a lieu la Release Party de FauxX pour la sortie de leur nouvel album Anteroom.

Dès l’extinction des lumières, un frisson traverse les rangs. La salle se replonge dans l’obscurité de manière presque cérémonielle, comme si elle retenait son souffle avant d’affronter ce qui va suivre. Le silence, puissant, semble faire vibrer les murs centenaires.

L’entrée de FauxX : uppercut dans un écrin de velours

Les premières notes d’Anteroom s’abattent comme une masse. Les rythmes, à la fois lourds et organiques, résonnent dans la salle à la manière d’un cœur mécanique surchauffé. La voix, déchirée, surgit comme un cri venu des profondeurs.
L’effet est immédiat : un uppercut sonore et visuel.

Sur scène, tout est pensé pour renforcer le vertige. Peu d’accessoires, peu de lumière. FauxX préfère le minimalisme électrique, des flashes précis, parfois cruels, qui avale les silhouettes. On a la sensation d’assister non à un concert, mais à une installation immersive dans un autre espace-temps.

Anteroom prend en live une dimension cinématographique totale. Chaque morceau semble prolonger un scénario invisible, un monde où la naissance, la chute et le chaos s’entremêlent. FauxX y déploie un univers nihiliste et oppressant avec une intensité rare.
Les spectateurs oscillent entre fascination et tension. Le cadre intime du Petit Théâtre démultiplie la sensation : ici, tout est frontal.

Les moulures renvoient les clairs-obscurs des stroboscopes, les bois anciens vibrent sous les percussions électroniques, les spectateurs se retrouvent à mi-chemin entre musée vivant et bunker dystopique.
La proximité, la chaleur du lieu, son humanité presque palpable, viennent amplifier la noirceur froide de FauxX. Ce contraste devient l’un des moteurs émotionnels de la soirée.

Un lancement de tournée marquant

Après un dernier morceau, d’une violence retenue mais implacable, la salle met quelques secondes à revenir à elle. Les applaudissements éclatent comme une libération.

FauxX aura offert un moment rare.

Un lancement de tournée audacieux, radical et profondément mémorable pour ce duo briochins.
Un soir où, l’espace d’un instant, nous nous sommes retrouvés, extatique au bord d’un gouffre.

Ombre Futile (instagram)

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