Patrick RONDAT – Escape From Shadows

Quoi ? Avoir pris 20 ans pour pondre cette merde ?

Ici, je cite Patrick Rondat qui aime beaucoup devancer les éventuelles attaques de haters avec humour. Il n’en manque pas, d’humour, “notre Patrick Rondat national”. Ni d’humilité, ni de recul sur sa carrière et sur le guitar game français comme international.

Vous vous en rendrez compte aisément car il fait actuellement la tournée des médias et youtubeurs pour promouvoir son nouvel album “Escape From Shadows” après 21 ans de silence discographique (précision importante car il n’avait pour autant pas disparu : masterclasses, tournée récente avec le Guitar Night Project, etc.).
C’est qu’elle était attendue, la nouvelle galette de “notre guitar hero tricolore” [NDR : “galette” pour CD… l’objet sonore qu’on vendait “dans les bacs”… d’ailleurs Patrick Rondat le dit lui-même : “il est de retour dans les bacs”]. 

Attendu. Il était très attendu. Enfin, pour ceux qui espéraient encore. Il est vrai qu’à ce jour, aucun autre guitariste de metal progressif/rock instrumental n’a égalé ses réalisations passées : participer au G3 de/avec Satriani et une retentissante collaboration avec Jean-Michel Jarre (oui, le fils de Maurice).

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Entre-temps, l’artiste a vécu des moments sombres et semble vouloir raconter, au travers de ces 10 titres pour 1h (pile) de musique, le chemin parcouru jusqu’à la résilience. Bien qu’il se défende de toute apologie de la virtuosité (et on le croit volontiers), on reconnaît bien la patte de Rondat, cette main droite du Diable et certaines cascades de notes toujours bienvenues.
Mais voilà, pour le meilleur, Patrick (permettez que je l’appelle par son prénom parce que j’aimerais bien, moi-aussi, être son pote – Pensez donc ! Mon premier groupe, au siècle dernier, s’appelait Just For Fun à cause de lui !) soigne son style avant tout : son style, sa patte, sa signature sonore, sa signature musicale, son son, quoi ! Sa signature guitaristique et ses compositions. Voilà. C’est ça qu’il faut retenir.
C’est très réussi, jamais bâclé. Je ne retrouve pas cette notion de voyage comme évoqué assez souvent mais il y a bien là un cheminement. Et ça rend le tout très intéressant. C’est donc un album à écouter dans l’ordre et attentivement.

Ah, fait notable : on y trouve un titre chanté ! Et c’est bien une première pour Patrick. Une évolution artistique ? Collaboration avec la puissante et expressive Gaëlle Buswel (que vous pouvez retrouver en photos sur HexaLive, ndlr), auteure-compositrice-interprète française reconnue dans les milieux blues/rock/folk. Personnellement, je ne serais pas contre renouveler l’expérience voire que Patrick, mon futur pote, sorte bientôt un album complet avec de telles collaborations.

A ce stade, il est grand temps de saluer également les compères zicos présents et qui ont largement contribué à la réussite de cet album : Patrick Guers à la basse, Dirk Bruinenberg aux drums, Manu Martin aux claviers. Bravo, gentlemen !

Enfin, last but not least, le dernier titre est un hommage au style néo-classique parce que c’est son péché mignon, à mon pote, Patrick (souvenez-vous, Vivaldi…). Ici une référence au (célèbre ?) « Prélude et Allegro » du fieffé coquin violoniste et compositeur autrichien Fritz Kreisler qui l’avait alors écrit dans le style de Pugnani.

Mais trève de blabla, poncez “Escape From Shadows”, c’est toute une (belle) histoire !

Stedim

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