Matmatah fait une Embardée

Un nouvel album de Matmatah est toujours un petit événement.
Mais avec L’Embardée, le groupe pourrait bien en surprendre plus d’un.

Car oui, il s’agit ici d’un album de reprises, et pas des plus attendues.
Derrière ce parti pris, Matmatah assume un projet éclectique, sans véritable contrainte, naviguant entre coups de cœur personnels et choix plus engagés.

L’album s’ouvre avec Pour moi la vie va commencer, popularisé par Johnny Hallyday, donnant le ton d’un disque où le rock et la chanson française occupent une place importante. On y retrouve notamment Miss Maggie de Renaud ou Anne, ma sœur Anne de Louis Chedid. On sent dans ces choix un écho fort avec l’actualité.

Le voyage se poursuit en traversant les années 80, entre France et Belgique, avec Qu’est-ce que sera demain de Yves Simon, Putain putain de TC Matic avec le regretté Arno ou encore Tombé pour la France d’Étienne Daho.

L’album ne s’arrête pas là et s’autorise plusieurs détours internationaux, parfois inattendus. Certaines reprises surprennent autant par leur choix que par leurs arrangements, comme Boys Don’t Cry de The Cure en version épurée guitare-voix, ou encore The Winner Takes It All d’ABBA. On croise aussi Joy Division et même un passage en allemand avec Eisbär de Grauzone.
La palme de la surprise revient sans doute à Goldfinger, thème du James Bond éponyme, ici revisité dans une version piano-voix.

Enfin, Matmatah explore des territoires encore différents en allant puiser dans la poésie et les traditions. Canción del jinete, texte de Federico García Lorca, se voit transformé en morceau rock fidèle à l’identité sonore du groupe. Sans surprise, on retrouve également des chants issus du répertoire traditionnel, breton avec Ar Miliner, mais aussi portugais avec O que faz falta ou anglo-saxon avec Alison Gross. Plusieurs de ces titres portent une dimension engagée, dans la lignée de certaines protest songs, un terrain qui n’est pas étranger au groupe.

Au final, L’Embardée est un album déroutant, à la fois dans ses choix et dans ses arrangements. Un disque qui assume ses écarts et son éclectisme, quitte à désarçonner, mais qui témoigne surtout d’une vraie liberté artistique.

Arnaud Guignant

Retrouvez Matmatah sur leur site officiel.
Sortie de l’album le 24 avril 2026.
Retrouvez sur HexaLive Matmatah au Zénith de Nantes en 2023.

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