Faut-il séparer l’homme de l’artiste ? Faut-il séparer le père de famille du musicien ? Faut-il séparer le professionnel libéral du guitariste ? Quelle place donner à la pratique d’un instrument quand le quotidien n’est absolument pas articulé autour de ce besoin d’expression artistique, quand l’activité professionnelle et l’engagement familial occupent facilement la grande majorité du temps et des pensées ?
Aucune réponse miraculeuse ici. Chacun trouvera sa solution, pourvu que la six-cordes le hante positivement. Et LSZ semble avoir une réponse, une solution voire un nouveau chemin à tracer.
LSZ n’est pas différent du plus grand nombre : ado, il a flashé sur la guitare, a bossé son instrument, participé à divers groupes amateurs. Puis, études prenantes, début de vie active, famille, enfants, métier, responsabilités… abstinence musicale. Classique jusqu’ici, hum ? Et voilà, la six-cordes ne le quitte jamais vraiment. D’ailleurs, serait-il seulement possible que cette passion vous quitte après avoir vécu tous ces temps forts passés ? La passion peut entrer en hibernation, oui, la guitare remisée au placard dans sa housse, oui, mais toutes deux reviendront toujours, plus ou moins tard. Si !
Le temps a passé et voilà que, début 2024, LSZ se sent plus libre et décide de répondre à son envie de composer. Et s’il faut le faire seul et uniquement quand le quotidien pro/privé le permet, il le fera ! Sa guitare fétiche, un clavier, une groovebox et en avant ! Et voilà, en février 2025, LSZ sort son album solo en solo !

Hybride Électrique, 10 titres pour 43mn de guitare instrumentale entre rock et metal – souvent feel good et non dénué d’un certain sens de la mélodie ! LSZ se défend d’être un guitariste “trop” technique, un shredder et, effectivement, on doit lui reconnaître une véritable volonté de proposer des thèmes mémorisables et des compositions éclectiques. Mais voilà : LSZ est grand fan de Van Halen, Joe Satriani, Steve Vai, John Petrucci et Marty Friedman. Pas d’Erik Satie ! C’est donc bien un album de guitariste… majoritairement pour les guitaristes.
Ça joue bien et, plus souvent que parfois, les licks s’enchaînent dans ce rock progressif clair et incisif qui flirte parfois avec l’overplaying. On va donc être tenté d’y reconnaître ses influences ainsi que de repérer des plans à lui piquer.
Oh je sais qu’il ne va pas beaucoup aimer que je dise cela mais qu’à cela ne tienne : nous aurons l’occasion d’en discuter ensemble. Et probablement toi aussi car, parlant précédemment d’un nouveau chemin à tracer pour LSZ, sache que, dans la foulée de cet album, il prépare un set live !

En résumé, LSZ est allé au bout de son aspiration artistique nonobstant les freins pragmatiques et communs à toutes celles et ceux qui n’ont pas pu ou voulu dédier leur vie au quatrième art. Et ce, avec les moyens du bord !
Si on peut évidemment regretter parfois un côté un peu plat des instrus puisque groovebox et donc manque d’organique dans la section rythmique, force est de constater que j’en suis à pas loin de ma vingtième écoute de l’album et je suis reconnaissant à LSZ de nous prouver d’une belle façon qu’il ne faut jamais sacrifier l’art sur l’autel du quotidien. Et j’aimerais déjà beaucoup pouvoir écouter son prochain album, épuré, apaisé, tu sais, celui “de la maturité”.
LSZ : https://lszmusic.com/
Stedim (instagram)