Sélim, patron du Kave Fest, l’interview

A quelques jours du Kave Fest 2025, rencontre avec Sélim, l’organisateur du festival. Il nous explique notamment comment on peut passer d’un concert dans un jardin, à un festival au pied d’un château…


Kave Fest, les origines et le lieu

Est-ce que tu peux nous raconter dans les grandes lignes cette aventure Kave Fest, qui a démarré entre potes dans un jardin et qui se tient maintenant au pied d’un château ?

C’est simple, avec des potes du lycée on a organisé une petite journée autour de la musique et des bonnes bières dans mon jardin. Au fur et à mesure, on a senti de plus en plus d’engouement, de gens, et le jour où la maison de mes parents ne pouvait plus accueillir suffisamment de monde, on a cherché un château, et Gisors nous a ouvert ses portes.

On voulait un lieu qui inspire la convivialité, la camaraderie, tout en étant bucolique et beau !

Ce lieu est vraiment magique, et colle parfaitement avec l’univers d’un festival metal. Avec en plus des histoires autour de trésors des Templiers. Comment avez-vous pu obtenir cet endroit pour l’organisation ? C’est vous qui l’avez trouvé ou on vous l’a proposé ?

Un mélange des deux ! On voulait un lieu qui inspire la convivialité, la camaraderie, tout en étant bucolique et beau ! Nous avons envoyé notre dossier en sous-préfecture des Andelys, le maire de Gisors a vu passer ça, et nous a contactés. On peut dire qu’on s’est mutuellement trouvés.

Photos : Nicolas Chaigneau

Comme c’est un monument classé, il y a des choses à prendre en compte de votre côté au niveau de l’organisation ?

Oui, déjà préserver le lieu en termes de taille et de matériel, mais aussi sur le plan écologique et sur le nettoyage, dégrader le site le moins possible. À part ça, ça reste un château, c’est du solide.

Kave Fest, l’édition 2025

C’est une édition ambitieuse !

Est-ce que tu peux nous présenter cette édition 2025 qui arrive (de notre côté, on a repéré un paquet de noms qui nous parlent) ?

C’est une édition ambitieuse ! Par l’affiche déjà, mais aussi des améliorations sur site, une scène et un matériel son beaucoup plus massifs.
C’est aussi une affiche très éclectique comme à notre habitude. Entre Boston Manor, Bob Vylan, Ensiferum, Coheed And Cambria, Klone ou Saint Agnes, on couvre vraiment tous les styles.
On est aussi très fiers de proposer beaucoup de groupes français dont des petites pépites émergentes comme Mirabelle ou No Terror in the Bang (dont vous pouvez lire l’interview sur HexaLive).

Par rapport à l’an dernier, est-ce que vous réservez quelques surprises ou nouveautés aux festivaliers ?

Si je vous le dis, c’est plus une surprise ? Mais non. En réalité l’année 2024 a été un gros gap pour nous.

Pour 2025 l’idée est de nous perfectionner et de stabiliser le festival. 2026 par contre…

Kave Fest, l’organisation

Bref, tout le monde joue le jeu et c’est top.

Vous êtes en lien avec la ville de Gisors j’imagine pour l’organisation. Comment ça se passe avec les autorités locales, elles ont vu ça d’un bon œil ? Car le metal peut faire encore peur à certains.

On est en très bons termes avec la ville et les organismes locaux, tout le monde nous soutient et nous encadre comme il faut. La ville nous prête quand même son château, et ça c’est fou. Mais même la communauté de communes nous prête du matériel, le département nous soutient financièrement, bref tout le monde joue le jeu et c’est top.
Nous aussi on joue le jeu, on travaille avec des artisans et commerces locaux.

Combien de personnes cela représente au niveau de l’équipe d’organisation, des bénévoles, des équipes techniques… ?

10 personnes au bureau, qui conceptualisent le projet et gèrent différents sujets au long terme. 70 bénévoles pour tout gérer, de la cuisine à l’entrée en passant par les loges et le bar. Et enfin une équipe technique de 6 personnes.

Comment se répartissent les grandes étapes de préparation du festival au cours de l’année entre deux éditions ?

On commence par définir nos objectifs de l’année suivante en fonction des résultats de l’année passée. Ensuite vient le booking et la création de l’affiche, mon moment préféré. Et on enchaîne avec la logistique avec la ville, la sous-préfecture, les déclarations et l’administratif. Et une fois que tout est carré, on lance la communication, qui dure longtemps !
Ce sont les derniers mois où tout s’intensifie, avec les questions techniques, la finalisation des prestataires, et l’installation du site.

Kave Fest ambiance chateau gisors
Photo : Nicolas Chaigneau

Au niveau de la programmation, quels sont vos principaux critères de choix ?

Des esthétiques variées, modernes et accessibles. Peu importe le sous-genre de rock metal, on veut que le son soit cohérent, que tout le monde s’y retrouve et puisse facilement découvrir des groupes qui sont moins dans leur goût de base.

En termes de budget, vous arrivez à être à l’équilibre ?

Depuis 4 ans oui, cette année on a beaucoup investi donc moins sûr, on verra bien ! Dans tous les cas les dés sont lancés et il ne faut pas trop s’inquiéter de ça. On est confiants sur le remplissage de cette année.

Dans mes rêves les plus fous ? Faire une tournée des châteaux partout en France

Après un jardin, un château, comment vois-tu le festival évoluer dans les années qui viennent ? De façon raisonnable, et dans tes rêves les plus fous ?

Raisonnablement, remplir et sold out ce château à sa capacité max (3 500 personnes/jour).
Dans mes rêves les plus fous ? Faire une tournée des châteaux partout en France tout en gardant une jauge humaine.

Les Triomphes du Metal Français

On a pu te voir en tant que juré lors de l’émission “Les Triomphes du Metal Français”. Comment s’est passée ta sélection en tant que juré ?

On se connaît bien avec Arthur de l’équipe des Triomphes, on trouvait ça pertinent d’avoir l’avis d’un programmateur de festival avec beaucoup de groupes émergents.

Quelques-uns, mais ça risque de spoiler l’affiche 2026.

Et quel est ton retour à froid sur cette expérience avec un peu de recul ?

Génial, j’ai pu découvrir certains groupes comme Onesight, et surtout ça m’a permis de confirmer qu’on avait pioché les bons groupes avec l’équipe du Kave Fest, car une grande partie était déjà chez nous en 2025 ou était passée chez nous avant.

Tu as pu découvrir quelques groupes que tu ne connaissais pas ?

Quelques-uns, mais ça risque de spoiler l’affiche 2026.

Faut pas hésiter longtemps, ils partent vite !

Conclusion

En conclusion, un dernier mot pour convaincre les personnes qui hésiteraient encore à prendre un pass pour le Kave Fest 2025 ?

Faut pas hésiter longtemps, ils partent vite ! Et aussi, un truc que j’entends beaucoup, ce sont les gens qui regrettent de ne pas avoir connu le jardin en venant au château. Il faut voir le château dans sa configuration actuelle avant qu’on passe aux 3000 personnes.

Pour prendre votre place avant le sold out, n’hésitez pas à vous rendre sur la billetterie du festival.

Interview réalisée par Arnaud Guignant

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