Après la sortie de leur premier EP le 16 janvier 2026 et leur premier concert, Lifewaves nous fait l’honneur de se livrer à nous, pour leur première interview.
Mais avant d’entrer dans cette interview, un peu de contexte : Lifewaves est un groupe français qui invite son public à plonger dans un univers sonore à la fois moderne et immersif. À travers des mélodies envoûtantes et des ambiances travaillées, le groupe explore les émotions humaines, les mouvements de la vie et les vibrations qui nous relient. Leur musique se distingue par une identité forte, mêlant sensibilité, énergie et recherche artistique. Voyons cela de plus près …

Le début d’une nouvelle vie
Comment est né Lifewaves?
Romain : À la base, Lifewaves était Synapsian. C’était un projet solo dans lequel je faisais la musique, les compos… Damien était là pour m’aider dans tout ce qui était vidéos et visuels. Puis je me suis aperçu que ce projet ne me correspondait plus. J’avais envie d’évoluer sur du live, d’évoluer tout court vers quelque chose de plus professionnel et surtout, qui parle aux gens.
On s’est dit qu’on allait vraiment partir sur l’idée de groupe, avec plusieurs musiciens. Et que c’était le bon moment pour changer, créer une nouvelle identité.
Après un rebranding, tout ceci est devenu Lifewaves. Avec Damien, on voulait quelque chose d’original et qui ressorte.
Synapsian était un projet solo, mais, vous étiez déjà deux puis il y avait d’autres musiciens, donc pourquoi parler de “solo” ?
Romain : Alors oui et non, lorsque nous avons réalisé le clip Stuck, nous avons demandé à un batteur de venir afin d’ajouter un petit quelque chose en plus. Plusieurs musiciens dans un clip c’est toujours intéressant. Mais Synapsian était vraiment considéré comme un projet solo.
Pourquoi avoir choisi le nom de “Lifewaves”?
Romain : J’aimais bien la signification traduite en français « les vagues de la vie ». J’aime l’interpréter comme un mantra. Aller là où le vent nous mène, faire notre vie, avec des hauts et des bas, de naviguer sur « les vagues de la vie ».

Présentez-moi les membres de votre groupe et qui fait quoi ?
Damien : On a Romain qui est un peu le cœur du groupe. C’est lui qui fait toutes les compos et la musique. Mais également, les instruments en studio, le mixage et la production. Il chante et fait un peu de guitare en live. Romain nous donne les chansons brutes et moi je me rajoute dessus en y mettant ma patte et j’écris quelques paroles.
Ça m’arrive de donner des idées sur des arrangements, lorsque Romain est un peu coincé. Mais c’est plus un avis critique, car je ne suis pas compositeur. Je suis bassiste, et dans le groupe je m’occupe des photos, des vidéos, des visuels, des réseaux sociaux, du booking, toute la comm en fait.
Puis il y a Tilio, notre batteur, il gère aussi le matériel, s’occupe des réglages, du son avec les retours et effets micros, de la lumière, de toute la technique. Et enfin on a Estebane qui est arrivé sur le tard l’été dernier, lorsqu’on cherchait un guitariste. Il s’occupe aussi du mixage live et du son qu’on envoie sur scène.
La création d’un univers
Comment définiriez-vous votre univers en quelques mots ?
Romain : Au niveau du style musical, nous décrivons généralement Lifewaves comme un groupe de « hard rock alternatif », un terme qui nous correspond davantage que celui de « metal ». Certaines compositions, comme Aside, sont plus posées, même si elles conservent quelques éléments plus lourds pouvant rappeler le metal.
Nos morceaux sont nourris par de nombreuses influences : j’aime notamment y intégrer des touches de pop ou d’électro afin d’apporter quelque chose de plus singulier. Globalement, notre identité reste ancrée dans le hard rock, tout en laissant une place importante à la diversité des sonorités.
Quelles sont vos influences/inspirations musicales ou non ?
Romain : À mes débuts, mes principales inspirations musicales venaient de Linkin Park, un groupe qui m’a réellement ouvert les portes du metal. Avec Damien, nous écoutions beaucoup les mêmes artistes : Starset, mais aussi d’autres groupes de cette scène, comme Breaking Benjamin.
Par la suite, j’ai découvert Bring Me The Horizon, ainsi que l’ensemble de la scène metalcore et du metal américain. Peu à peu, mes influences se sont élargies : aujourd’hui, j’écoute un peu de tout, de la pop au punk, en passant par le rap ou l’électro. Cela dépend beaucoup de l’ambiance du moment. J’aime mélanger ces univers pour en tirer quelque chose de personnel. De son côté, Damien a également des influences différentes des miennes, et c’est justement cette diversité qui façonne notre musique et reflète ce que nous sommes.
Envie de faire transparaître un sentiment, une émotion, un ressenti, que beaucoup d’entre nous auraient pu ressentir
Quels thèmes abordez-vous dans vos textes ?
Romain : La base des paroles naît en même temps que la musique. Je m’appuie beaucoup sur mon vécu, sur les émotions que je ressens face aux événements du monde, pour les transformer en musique et tenter de transmettre un message qui puisse être universel.
L’idée n’est pas simplement d’exprimer ce que je ressens personnellement, mais plutôt de faire émerger une émotion, un sentiment dans lequel beaucoup peuvent se reconnaître, selon les expériences de chacun. Créer des morceaux et des textes où chacun peut projeter sa propre histoire.
Par exemple, Stuck est né peu de temps après la période du Covid. Beaucoup de personnes l’ont mal vécue, et c’était aussi mon cas.
Est-ce qu’il y a un message ou une émotion centrale que vous souhaitez transmettre au travers de Lifewaves ? D’un point de vue psychologique, sur l’actualité…
Romain : C’est une bonne question, et je n’y avais pas forcément réfléchi jusque-là. Je dirais que c’est un mélange de tout cela : l’envie de transmettre un message capable d’inspirer les gens à travers la musique, et de faire ressortir tout un éventail d’émotions.
La vie est faite d’événements positifs comme négatifs, et il me semble important de refléter cette diversité. Cela offre une plus grande liberté d’expression et permet de créer des morceaux plus contrastés. Comme je compose en permanence, certains titres appellent davantage à l’énergie et à la motivation, tandis que d’autres explorent des émotions plus sombres ou mélancoliques, ce qui apporte une vraie dynamique à l’ensemble.
Quel est votre titre préféré parmi les cinq ?
Damien : Se serait Stuck. Et romain plutôt l’inverse.
Romain : C’est vrai c’est peut être celui que j’aime le moins !
Damien : C’est celui que l’on fait en live pour commencer un concert.
Romain : Enemy serait mon préféré.
Est-ce que vous avez une trame pour la création de vos morceaux ?
Romain : Très souvent, la mélodie arrive avant les paroles. J’ai accumulé au fil du temps de nombreuses compositions, certaines datant de plusieurs années et restées sur un disque dur. Parfois, je vais y piocher, d’autres fois j’enregistre directement mes idées sur mon téléphone ou sur logiciel. Ensuite, quand j’en ai le temps, je retravaille progressivement toutes ces démos.
Je développe des idées instrumentales, des intentions de voix… Au début, le chant n’est qu’un charabia, des sons qui ressemblent vaguement à de l’anglais mais qui n’ont pas encore de sens. Cela me permet de trouver des syllabes qui fonctionnent avec le rythme et la mélodie. Une fois la base instrumentale posée et ce chant esquissé, je cherche alors des paroles qui correspondent à ce que je souhaite exprimer musicalement. Et si cela ne fonctionne pas, je retravaille le texte, souvent avec Damien, jusqu’à trouver le bon équilibre.
Les origines
Cela fait longtemps que vous faites de la musique ?
Romain : Depuis toujours, je pense. J’ai commencé par chanter très jeune, puis je me suis mis à la batterie vers l’âge de six ou sept ans. Ensuite, j’ai découvert la guitare, puis la production musicale autour de dix ou onze ans. Depuis cette période, la musique occupe une place centrale dans ma vie. Nous venons d’une famille de musiciens, où les instruments faisaient naturellement partie du quotidien.
Et toi Damien ?
Damien : Pendant longtemps, j’ai été le seul de la famille à ne pas vraiment faire de musique. J’ai commencé la production informatique il y a huit ou neuf ans, puis Romain m’a rejoint et nous nous sommes lancés ensemble. J’avais également un projet personnel à côté, dans lequel j’ai pas mal composé.
En ce qui concerne la basse, je m’y suis mis il y a un peu plus de deux ans, spécifiquement pour le groupe, peu de temps avant la sortie de Stuck.
Vous évoquez une famille de musiciens, c’est-à-dire ?
Damien : Nos parents sont musiciens et se sont rencontrés grâce à la musique. Pareil pour nos grands-parents. Ils ont joué dans plusieurs groupes locaux, de style, rock, jazz. Ils faisaient également de la musique depuis petit et sont passés par le Conservatoire.
Romain : Dans les grands-parents il y avait des musiciens professionnels, dans le milieu du classique.
À quel moment vous vous êtes dit : “ça y est le groupe existe” ? On est parti, ça y est, on ne peut plus revenir en arrière ?
Damien : Lorsque l’on a rencontré notre guitariste, Estebane, je pense.
Romain : Quand on lui a dit “tu es dans le groupe”, l’aventure était lancée.
Damien : On a fait notre première répétition ensemble mi-août 2025, je revenais de quatre jours du Motocultor. J’ai remballé ma tente au camping le matin et, en fin de journée, on répétait.
Avez-vous éventuellement rencontré des difficultés au cours de la création de l’album ?
Romain : En ce qui concerne la production des titres, je pense que c’est quelque chose de récurrent pour beaucoup de groupes : il y a forcément des périodes de blocage créatif, des moments où rien ne semble fonctionner. L’important est de ne pas se mettre trop de pression et de laisser le temps aux choses de venir.
Pour la construction de l’EP, nous n’avions au départ qu’un seul morceau que nous souhaitions sortir, sans vraiment savoir quels autres titres y associer, même si nous en avions déjà plusieurs en réserve. Nous nous sommes donc concentrés à fond sur la sortie du premier titre, Stuck. Environ six à sept mois plus tard est arrivé Burning Alive. À partir de Kryptonite, l’EP a commencé à prendre une forme plus claire. Lorsque Aside est sorti, Enemy était déjà prêt, ce qui nous a permis d’aborder la suite de manière plus fluide.

Se jeter dans le « grand bain »
Comment vous êtes-vous senti avant et après la sortie de l’EP ?
Romain : Au moment de la sortie de l’EP, je n’ai pas tout de suite réalisé qu’il était réellement disponible. C’est surtout après le concert, lorsque nous avons annoncé au public que l’EP était sorti et qu’il pouvait se le procurer, que quelque chose a basculé dans ma tête. À cet instant, j’ai compris que le projet était vraiment lancé. C’était surtout beaucoup d’excitation face à ce qui allait suivre.
Est-ce que vous avez déjà eu des retours sur l’EP ?
Romain : Pour l’instant on a eu de bons retours, c’est assez encourageant. Des gens nous ont découverts lors du concert et ont beaucoup apprécié. Cela fait plaisir.
Damien : J’ai également eu des retours de copains musiciens d’un peu partout qui le trouvent très accrocheur et sont emballés.
Comment avez-vous vécu votre premier concert ?
Damien : Super bien ! À part un peu de stress lors de l’installation, quand tu réalises que certaines choses ne fonctionnent pas comme prévu, tout s’est très bien passé une fois que tout était réglé. Juste avant le concert, je n’ai même pas eu le temps de stresser : tout a commencé avant que je m’en rende compte. On ne m’avait pas prévenu que le concert avait démarré, et j’ai entendu la musique commencer… Dans un sens, c’était génial, car je ne me suis pas posé de questions et j’ai directement pu me lancer et jouer.
Romain : Pour moi, la préparation s’est bien passée, même si un peu de stress était présent, car c’était la première fois que j’étais uniquement au chant, sans jouer de guitare. C’était un nouveau rôle, et je voulais éviter de me tromper. Notre set était assez carré grâce au métronome, tout avait été millimétré et répété en amont, donc le stress restait supportable. J’avais confiance. Je suis monté sur scène en dernier, avec beaucoup d’adrénaline et d’excitation. Une fois le premier pas franchi, tout s’est enchaîné naturellement, et nous étions tous à fond.
Comment vous êtes-vous senti après le concert ?
Romain : Les retours du public ont été très positifs : certains sont venus nous voir après le concert pour nous dire qu’ils avaient adoré, et d’autres l’ont vécu comme une belle découverte. Ça fait vraiment plaisir ! Bien sûr, les aléas techniques restent en tête, et j’ai tendance à m’en vouloir pour les petites erreurs que j’ai pu faire. Mon sentiment à la fin du concert était donc un peu mitigé, mais dans l’ensemble, c’était une super soirée.
Damien : J’ai été surpris que tout se soit déroulé aussi bien, surtout que les jours précédents, je m’embrouillais dans certains morceaux. Je ne pensais pas que tout allait s’enchaîner aussi naturellement, mais ça a parfaitement fonctionné. À la fin, j’étais soulagé et zen. Je suis vraiment content que le projet existe enfin pour de vrai ! D’une certaine manière, il est né samedi soir dans l’esprit du public, et c’est à partir de là que nous existons réellement.
Avez-vous des concerts de prévu prochainement ?
Damien : Pas pour l’instant. Nous sommes en discussion, mais rien de plus pour l’instant.
Avez-vous déjà des idées pour le futur, des prochains titres ?
Damien : Nous avons joué trois nouveaux titres lors de notre concert, mais ils ne sont pas totalement terminés. Mais on va certainement les mettre dans notre prochain EP. Quant à la suite, cela dépendra de Romain et des thèmes qu’il veut aborder.
Romain : Pour l’instant on va se concentrer sur la promotion du premier EP. Et ensuite je vais réfléchir aux prochaines compos qui pourraient sortir et nous en parlerons ensemble pour les réunir, pourquoi pas dans un second EP. Et vraiment travailler dessus et étoffer notre façon de travailler pour être plus professionnels.
Qu’est-ce que vous diriez à un jeune groupe qui aimerait se lancer ?
Romain : Je ne sais pas si nous avons vraiment la carrure pour répondre à cette question, car nous sommes nous-mêmes un jeune groupe qui débute. Mais je dirais qu’il est essentiel de multiplier les rencontres pour se créer un réseau : aller voir des concerts, rencontrer des gens, rencontrer d’autres musiciens. Si tu débutes un projet solo, essaie de trouver des musiciens avec qui collaborer, de te montrer, de partager ce que tu fais, sans attendre que tout soit parfait. Montre déjà ce dont tu es capable à ton niveau, et surtout, lance-toi.
Le mot de la fin ?
Damien : Merci de nous avoir fait cet honneur.
Romain : Merci beaucoup et puis on a hâte de voir où cette aventure va nous mener. Nous allons tout faire pour essayer de l’emmener aussi loin que possible, chercher de nouvelles dates et, rester actif.
Pour conclure, Lifewaves incarne une vision musicale authentique et contemporaine, portée par une créativité sincère et une volonté de faire ressentir autant que d’écouter. À travers leurs compositions, le groupe crée de véritables vagues sonores qui marquent les esprits et laissent une empreinte durable. Lifewaves s’impose ainsi comme un projet musical prometteur sur la scène française, à suivre de très près !