Mozhell Open Air 2026 : 3 jours de metal et 19 groupes français à Insming

Première édition sur trois jours, le Mozhell nous a offert, une fois encore, un festival particulièrement réussi, tant dans son organisation que dans son affiche. Aussi bien rodé que certains grands noms, mais avec un public d’environ 2500 festivaliers par jour, le Mozhell conserve une dimension humaine qui en fait une expérience à part que je ne peux que vous recommander.

Du très bon son sur des scènes particulièrement soignées, 250 bénévoles aussi motivés que souriants, des stands de nourriture variés et qualitatifs, de la bonne bière (avec même une version sans alcool, bravo !) et surtout une ribambelle de groupes aussi doués les uns que les autres.

Et que serait un festival sans ses festivaliers ? À Insming, l’ambiance est bon enfant, pleine d’énergie et de bonne humeur, et est renforcée par la proximité permise par une répartition des groupes sur deux scènes. Tout le monde peut assister à tous les concerts, on se recroise facilement et quel plaisir de revoir les mêmes têtes dans le pit au fil du week-end. Tout était réuni pour profiter de chaque instant sans voir passer ces trois jours.

Qui aurait cru que l’une de nos meilleures expériences de festival metal se déroulerait en pleine campagne mosellane ?

Retour sur cette troisième édition du Mozhell Open Air qui nous a une nouvelle fois fait découvrir de nombreuses (19 !) pépites françaises que nous avons hâte de vous raconter.


Vendredi – 24/07/2026

Pour cette première journée, le Mozhell nous a offert un véritable retour dans les années 2000, avec une soirée clôturée par deux grosses doses de néo-metal : le tout premier concert de Kült 45, et un final dont seul Enhancer a le secret. Le reste de la journée n’a pas été de tout repos non plus : retour sur un vendredi aussi court qu’intense !

Astrayed Place – Slash Stage

Premier jour, premier groupe : Astrayed Place. Tout droit venu de Paris, le groupe a ouvert le Mozhell Open Air 2026 avec un savant mélange de mélodie et de brutalité. Pendant tout le set, les solos ont côtoyé des riffs bien énervés accompagnés de bons gros growls. Le bassiste a même glissé quelques passages de basse slappée, donnant parfois au tout une touche funky.

Résultat : une alternance de claques et de caresses, maîtrisée et méthodique, sur laquelle il était impossible de ne pas headbanger. Les festivaliers étaient déjà au rendez-vous, offrant même au groupe le premier slam du festival. De quoi donner directement le ton pour la suite.

Alea Jacta Est – Main Stage

C’est Alea Jacta Est qui a enchaîné. Et aucun doute, les Toulousains étaient déchaînés. Je les découvrais, et j’ai vite compris à quoi m’attendre rien qu’à la tenue du guitariste. Short noir & Air Max : aucun doute sur le programme, du hardcore bien rapide qui met des tartes dans la tronche.

Et pas de surprise, c’est bien ce qui s’est passé quand le chanteur a défié le public. En lançant « À partir de maintenant, l’ambiance, c’est vous », tout le Mozhell est parti en circle pit avant que la fosse ne se transforme en mosh ininterrompu. Le frontman est même venu profiter du spectacle directement au milieu du public, de quoi pousser tout le monde à ne rien lâcher.

Un bon échauffement pour les trois jours à venir, qui ne pouvait pas mieux se terminer qu’avec « Eye of the Tiger », diffusé par le groupe en guise de conclusion.

Blazon Fire – Slash Stage

Pour la suite, direction la Californie avec les Mosellans de Blazon Fire. Encore une découverte, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe ne fait pas les choses à moitié lorsqu’il s’agit de détourner les codes du glam américain. Jeans ultra-slim, perruques kitsch, accent américain à couper au couteau dans les échanges avec le public et des titres volontairement outranciers : on se croirait presque face à des cousins français et débridés de Steel Panther.

En plus d’une tranche de rire, le groupe nous a offert un glam efficace taillé pour faire la fête qui a su trouver son public. Et bien évidemment, que serait un concert de glam sans un final réunissant sur scène une bonne partie du public féminin pour conclure ce show américano-mosellan ?

Kült 45 – Slash Stage

Annoncé par David d’Enhancer, qui clôturera la journée, c’est au tour de Kült 45 de monter sur scène. Gros coup de cœur pour ce groupe de nü metal venu donner son tout premier concert. Une information que j’ai même dû vérifier après le live, tant la prestation semblait déjà maîtrisée.

Rien qu’à travers les paroles, le décor était posé : « On arrive, on te parle en français comme Pleymo » et « Big up Mass Hysteria, la Furia dans les gènes ». Le quatuor a puisé dans tout ce que le nü metal français a pu nous offrir de meilleur : du rap en français qui n’hésite pas à basculer vers du scream, une guitare accordée très bas, portée au niveau des genoux évidemment, et des textes sombres voire amers.

Le cocktail parfait pour nous ramener au début des années 2000. Mais le groupe ne s’est pas contenté d’en faire une copie. Il nous en a proposé sa vision actuelle, teintée de mélancolie et de regrets, et surtout extériorisée dans une sacrée rage.

« Krash » en a probablement été la meilleure démonstration. Le morceau alterne des phases lentes, ouvertement dépressives, et des passages bien lourds dont chaque break faisait l’effet d’un crash. Il a déchaîné les festivaliers, et je me trouvais moi-même au milieu du pit lorsque le premier break est tombé. Ça cognait sur scène comme dans la fosse. De toute évidence, le groupe n’était pas le seul à avoir quelques regrets à évacuer.

Du début à la fin, les membres de Kült 45 ont fait preuve d’une belle complicité et semblaient prendre autant de plaisir que nous. Le groupe nous a dit au revoir sur « Références », véritable ode à cette époque qui nous manque probablement à tous.

Merci à vous de nous l’avoir fait revivre le temps d’un concert. Forty-five jusqu’à l’infini !

Enhancer – Main Stage

Enhancer est monté sur scène en se souvenant de concerts dans la région qui étaient déjà, je cite, « sauvages ». Et ça ne m’étonne pas vraiment. J’étais collégien à la sortie de « Street Thrash » et cet album tournait en boucle chez nous tous. À tel point qu’Enhancer avait probablement acquis ici une notoriété encore plus forte que certains autres représentants du néo-metal français. Autant vous dire que ce concert, je rêvais de le voir depuis cette époque. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe comme le public a été à la hauteur de mes souvenirs.

Après une introduction rappée en cercle, David a rapidement demandé à tout le monde de foutre le bordel. Il n’a pas eu besoin d’insister : pogos, circle pits et slams se sont enchaînés sans interruption dans la fosse, tandis que sur scène, le chaos était tout aussi présent. David ne tient pas en place : tantôt sur la foule, tantôt perché sur la batterie, quand il ne traverse pas simplement la scène dans tous les sens. Toni et William ne sont pas en reste et, à eux trois, ils sont en mouvement perpétuel.

Ils ont même rejoint le public le temps d’un morceau, encerclés par un circle pit qui n’a pas faibli une seconde, sauf pendant une chute façon domino, occasionnant un moment plus que mémorable. Et comme si cela ne suffisait pas, « Cinglés » a vu débarquer Clem d’Ashen, attendu le lendemain, et sur « Hot », c’est la fine équipe de Kült 45 qui s’est ajoutée pour un featuring collectif complètement fou. Évidemment, la fosse en a remis une couche !

Ce qui m’a pourtant le plus marqué dans ces pogos, et notamment sur « Cinglés », ce sont les sourires aux lèvres de tout le monde sans exception. Comme si, le temps de quelques morceaux, nous étions tous retombés dans cette période plus insouciante où nous avions découvert le groupe. Musicalement, c’était un vrai plaisir de retrouver ces classiques, de danser à nouveau sur leur son et de constater qu’Enhancer n’avait rien perdu de son efficacité.

Et le rappel a définitivement achevé de faire tomber la barrière entre la scène et le public qui était déjà floue. Lumières brutes, clope en main, le groupe nous a laissé choisir les morceaux que nous voulions entendre. Parfait tant le concert nous a donné envie de les réécouter tous en boucle. « Hardcore Version Dance Floor » est alors reparti de plus belle, David commençant à chanter perché sur la régie avant de regagner la scène en slammant sur le public.

Pour la deuxième itération de « Cinglés » et « Hot », le Mozhell a carrément été invité à monter sur scène. Clem d’Ashen et Kült 45 étaient toujours de la partie : autant dire qu’il y avait presque autant de monde sur scène que devant. Une vraie fiesta.

Avec cette soirée où la frontière entre artistes et public semblait avoir complètement disparu, j’ai eu l’impression de revivre une soirée de mon adolescence : celle où les potes qui ont monté un groupe jouent devant toute la bande et où personne n’a d’autre objectif que de s’amuser et de faire les cons.

Un show d’une authenticité rare, avec une vraie proximité entre le groupe et son public comme on aimerait en voir plus.

Bravo Enhancer, et merci pour ce moment d’anthologie. On espère vous revoir très vite !


Samedi – 25/07/2026

Après un vendredi placé sous le signe des années 2000, changement d’ambiance pour cette deuxième journée. Cette fois, le Mozhell nous a surtout demandé de tenir le rythme. Du thrash de Pelmwørk au hardcore de Calcine, en passant par la douceur toute relative d’Alita et la fête complètement débridée d’Ashen, pas le temps de se reposer.

Retour sur un samedi où la fosse n’aura pas eu beaucoup de temps pour souffler.

Pelmwørk – Slash Stage

Ce sont les gagnants du tremplin Riff’X qui ont ouvert cette seconde journée du Mozhell. Avec une BC Rich Warlock en guise de seule et unique guitare, je ne m’attendais pas à autre chose qu’à du thrash bien gras. Et c’est bien ce que le trio venu du Nord nous a servi : des rythmiques lourdes, des cris bruts, et des BPM qui s’affolent.

Le final, une reprise de « Roots Bloody Roots » de Sepultura, a bien évidemment continué de faire headbanger le public. De quoi se mettre immédiatement en forme pour toute la journée.

Calcine – Main Stage

Le quatuor parisien Calcine a pris la suite sur la Main Stage avec du hardcore taillé pour la bagarre. Première frontwoman du festival, la chanteuse est clairement venue pour en découdre à en juger par son rap screamé particulièrement énervé. Accompagnée par une guitare qui tabasse à chaque riff, elle a su transmettre sa rage au public qui a pris un malin plaisir à mosher tout au long du concert.

Alita – Slash Stage

Après du thrash brut et du hardcore énervé, place au hardcore mélodique des Alsaciens d’Alita. Et pour être mélodique, c’est mélodique. De très beaux riffs de guitare, parfois joués seuls en introduction, des passages plus calmes portés par une frontwoman à la voix chargée d’émotions et même un moment suspendu lors d’un aparté voix-guitare presque apaisant.

Mais on parle bien de hardcore tout de même. La chanteuse rappe, puis bascule sans hésiter vers des growls qui viennent des tripes, toujours accompagnés de riffs ultra-mélodiques. Un contraste qui fonctionne particulièrement bien et donne au groupe une vraie identité.

Identité renforcée visuellement également : tous habillés en noir et blanc, les musiciens occupaient la scène avec assurance, les guitaristes venant régulièrement sur le devant pendant les riffs tandis que la chanteuse ponctuait les morceaux de poses renforçant l’émotion transmise par leur musique.

On se laisse transporter tout au long du concert par ces mélodies presque introspectives, que l’on prend davantage le temps de savourer que de simplement subir de plein fouet. Très belle découverte du jour : on espère revoir Alita rapidement, et surtout retrouver davantage de morceaux en ligne !

Ashen – Main Stage

Pour la suite, Clem, le chanteur d’Ashen, nous avait invités à venir faire la fête avec eux. Et on peut dire que le Mozhell a répondu présent.

Quelques images suffisent pour résumer l’ambiance : des walls of death en boucle, des festivaliers assis au sol pour ramer au rythme des breaks, certains en profitant même pour slammer sur leurs camarades, et un circle pit qui s’est transformé en véritable chenille. Clem s’est lui aussi jeté dans la mêlée, allant jusqu’à chanter un morceau depuis la régie avant d’inviter tout le monde à former un wall of death entre celle-ci et la scène. Et bien sûr, quoi de mieux que de se placer en plein milieu pour screamer pendant que les deux côtés se referment sur lui ? Un moment épique.

Côté musique, la fête était tout aussi réussie avec déjà les classiques d’une soirée métal : une reprise de « Smells Like Teen Spirit » magnifiquement exécutée, un peu de hardcore électro pour faire grimper les BPM entre deux chansons, et surtout des breaks bien lourds à n’en plus finir. Le groupe nous a fait danser au son d’un metalcore vraiment travaillé, aussi mélodique que percutant. En oscillant constamment entre phases violentes, chantées et entraînantes, Ashen a joué avec nos émotions et fait passer le set à une vitesse folle. Et chacun des membres a participé à rendre ce show vivant et vibrant grâce à une énergie particulièrement communicative. Clem, notamment, qui ne laisse de répit à personne, mais mention spéciale aussi à Nathan, le bassiste, qui reprend toutes les paroles même lorsqu’il n’a aucun chœur à assurer et tabasse sa basse à la moindre occasion.

Clairement une fête qu’on ferait bien toutes les semaines. Merci Ashen !

Olden World Limit – Slash Stage

Olden World Limit, dit O.W.L., a littéralement pris possession de la Slash Stage. Venu prendre sa revanche sur l’édition 2025 du Mozhell, durant laquelle l’orage avait écourté son set, le groupe de Thionville était bien décidé à ne pas se laisser faire.

Au menu : des sonorités hip-hop mêlées à des rythmiques presque oppressantes, un DJ qui scratche et balance des basses électroniques à faire trembler la cage thoracique et même un véritable duel vocal. D’un côté, le frontman alternant rap, chant et scream à toute vitesse. De l’autre, le guitariste n’hésite pas à lâcher la gratte pour le micro sur certains morceaux pour lui répondre par des hurlements.

Mais apparemment, la scène ne leur suffisait pas : le chanteur est venu directement dans le pit pour pogoter avec le public et montrer que cette fois rien ne les arrêterait.

BrokNface – Slash Stage

C’est brokNface qui a clôturé la Slash Stage ce samedi. Avec une fusion unique de riffs empruntés au métal, de rythmique puisant tantôt dans le néo, tantôt dans le punk, d’une ligne de basse bien groovy, et des refrains catchy presque pop, le groupe a autant surpris que convaincu.

Après avoir joué au Mozhell OFF, la veille de la toute première édition du festival, les Parisiens ont cette fois pu présenter leur univers à l’ensemble des festivaliers, dans une explosion d’énergie contagieuse.


Dimanche – 26/07/2026

Pour ce dernier jour, le Mozhell nous a accompagnés lentement vers la nuit. Démarrée sous un soleil de plomb avec l’ambiance californienne de Late Blossom et la tempête d’Encounters, la journée s’est progressivement assombrie, musicalement comme littéralement : de la rage de Cage Fight à la mélancolie de REVNOIR, jusqu’aux ténèbres d’ORLY et Solitaris.

Retour sur un dimanche qui n’aurait pas pu mieux clôturer le festival.

Late Blossom – Slash Stage

Ouvrir le dernier jour d’un festival de trois jours n’est pas chose facile, surtout lorsque la fatigue et la chaleur se cumulent. Et pourtant, Late Blossom a réussi à rallier une bonne partie des festivaliers autour de son néo-métalcore : des breaks, du rap et de belles mélodies qui donneraient presque l’impression de se balader sur une plage californienne en plein été.

Pour parfaire l’ambiance, le groupe a distribué ballons gonflables et bouées au public, et l’idée a fait mouche. Une véritable ambiance de plage énervée, parfaitement accordée au soleil de plomb qui régnait sur le Mozhell ce dimanche.

Encounters – Main Stage

Je ne connaissais pas Encounters avant ce concert, et je dois dire que je ne m’attendais pas à prendre une aussi grosse claque. Et au vu de l’ambiance sur le festival pendant leur set, ou encore de la file d’attente devant leur merch juste après le concert, je crois qu’ils nous ont tous fait le même effet.

Prenez du metalcore rapide, ajoutez quelques sonorités électro et des breakdowns qui viennent casser le rythme pour mieux vous secouer ensuite. Ajoutez-y une frontwoman qui assure et met des tartes à chaque growl. Faites porter le tout par un bassiste, véritable pile électrique, qui chante, rappe et parvient à embarquer tout le public avec sa bonne humeur communicative entre les morceaux. Vous aurez alors une vague idée des responsables de la tempête qui s’est abattue sur le Mozhell pendant le set d’Encounters. Parce qu’il y a réellement eu un déchaînement du vent à ce moment-là, et difficile d’imaginer un meilleur décor.

Point culminant avec « FUNeral », qui résume parfaitement le style du groupe : déjanté, violent, mais toujours festif. Tout le pit était en feu. Je n’ai vu personne rester immobile, ou au moins ne pas « bouger la tête », comme l’avait demandé Pieter, le bassiste. Le groupe a affiché sa reconnaissance tout au long du set, avec des sourires constants et beaucoup de remerciements qui ont créé un vrai lien avec le public. Et nous le leur avons bien rendu, en nous jetant sans réfléchir dans cette fête bien énervée qui a retourné le Mozhell.

Gruiiiik (avec 4 i !) – Slash Stage

Avec mes amis, impossible de se mettre d’accord sur la première chanson : Gruiiik, Gruxiiik ou Gruviiik ? Seul indice : on est sûrs d’avoir reconnu « Gruiiiik, gruiiiik, gruiiiik » dans les paroles.

Trêve de plaisanterie, Gruiiiik, c’est du grindcore qui ne se prend pas au sérieux. Parfait pour un public venu faire n’importe quoi : comme le groupe d’ailleurs.

Cage Fight – Main Stage

Ce n’est pas vraiment une exception à notre ligne éditoriale pour Cage Fight : si le groupe est anglais, sa frontwoman Rachel Aspe est, elle, bien française.

Malgré le vent qui venait parfois brouiller le son, le groupe a imposé un concert de hardcore d’une rage inouïe. Et pas n’importe quel hardcore : des instrumentales teintées de thrash, sur lesquelles viennent se poser des vocaux tirant franchement vers le deathcore.

Au centre de cette tempête, Rachel Aspe captive tous les regards. Hypnotique lorsqu’elle prend la pose entre deux growls, elle redevient démoniaque dès que le chant reprend, incarnant toute la haine que le groupe semble être venu exorciser sur scène en offrant au public la possibilité d’en faire autant.

Coming Wolves – Slash Stage

Coming Wolves a pris la suite et, venu fêter son 100e concert, le trio n’a pas fait dans la dentelle. Avec son metal crossover qui emprunte autant au hardcore qu’au death et au thrash, les Messins n’ont laissé aucun répit à l’oreille, notamment par l’omniprésence de la double pédale.

Ils ne sont que trois, et pourtant ils saturent l’espace sonore comme s’ils étaient le double. C’est d’ailleurs sur ce concert que j’ai vu le public de la Slash Stage se déchaîner le plus : wall of death jusqu’à la régie, un défouloir collectif en guise de pit, et le tout du début à la fin. Le chanteur n’a pas hésité à se frapper le front avec son micro à plusieurs reprises, histoire de montrer qu’il était lui aussi pleinement de la partie.

Un moment de grâce est venu interrompre toute cette violence. Une festivalière est montée sur scène pour demander son compagnon en PACS lors d’un instant doublement symbolique : ils s’étaient rencontrés lors de la première édition du Mozhell, et leur premier concert ensemble était justement celui de Coming Wolves.

Comme quoi, le metal, ce n’est pas juste des cris et des pogos, c’est aussi, et surtout, de beaux moments comme celui-là !

REVNOIR – Main Stage

REVNOIR est venu nous offrir une parenthèse de douceur entre tous ces cris. Mais attention, REVNOIR a sa propre définition de la douceur. Nous les avions vus au Hellfest, où le groupe nous avait déjà transportés dans son univers onirique. Au Mozhell, il a cette fois pu nous y plonger complètement.

Après la tempête survenue plus tôt dans la journée, la totalité de la bâche de la Main Stage avait dû être retirée, laissant pour décor quelques arbres verts dansant au rythme de la musique. Dans cette ambiance presque méditative, le groupe nous a de nouveau emmenés au plus profond de la mélancolie d’un rêve toujours sur le fil du cauchemar.

Bande-son de ce rêve noir : une guitare qui enchaîne les rythmiques haletantes comme après un réveil paniqué. Un chanteur qui brise ses belles envolées par des cris profonds comme un réveil en sursaut. Et tout le groupe qui interrompt ces phases mélodiques par des breakdowns capables de les effacer instantanément comme ces rêves dont il ne reste plus rien quelques secondes après avoir ouvert les yeux.

Nous avons bien sûr profité de ces derniers pour lancer quelques walls of death, mais c’est surtout un set extrêmement qualitatif que nous avons contemplé et savouré. REVNOIR nous a d’ailleurs offert « New World » en piano-voix, apportant son lot de frissons et rappelant que, parfois, la chanson la plus intense n’est pas celle qui aura le break le plus lourd.

Orly – Slash Stage

Au tour d’Orly de prendre possession de la Slash Stage. Orly, c’est pour « On rouvrira les yeux ». Et pourtant pendant leur concert, c’était plutôt l’obscurité qui dominait.

Les Lyonnais ont joué un blackened sludge lourd et torturé. En alternant rythmiques étouffantes et cris évoquant la détresse, le tout sur des passages planants, c’est tout le festival qui semblait baigner dans la noirceur. Visuellement, la cohérence était totale entre tenues et instruments entièrement noirs.

Un concert aussi pesant qu’hypnotique après lequel il n’est pas certain que l’on ait vraiment envie de rouvrir les yeux.

Solitaris – Slash Stage

Solitaris a, pour sa part, plongé définitivement la Slash Stage dans les ténèbres. Et ce dans tous les sens du terme. Clôturant la scène pour cette édition, dans une nuit noire, les membres étaient vêtus de noir et dissimulés sous des cagoules. Le tout dans une scénographie particulièrement soignée.

Niveau sonore, on profite cette fois d’un deathcore très travaillé au rendu extrêmement propre. Les phases mélodiques sont enveloppantes, tandis que les rythmiques deviennent presque angoissantes avant d’être brisées par des breaks profonds.

Comme des silhouettes fantomatiques venues absorber toute luminosité, le groupe a aspiré notre attention autant que la lumière ambiante. Seules survivantes : les bougies disposées çà et là sur scène comme autant de petits phares pour nous guider dans ce voyage aussi beau que triste.

Mozhell Open Air 2026 : conclusion

C’est sur un dernier break de Madball que le festival s’est clôturé. Avec des souvenirs plein la tête, nous avons quitté cette troisième édition du Mozhell, partagés entre la légère tristesse de voir ces trois jours déjà terminés et le bonheur d’avoir vécu autant de beaux moments. Et c’est avec le sourire aux lèvres et déjà l’envie de découvrir ce que nous réserve la prochaine édition que nous sommes rentrés chez nous.

Nous espérons qu’à travers cette chronique, vous avez pu vivre ou revivre une partie de cette belle édition.

Merci à toute l’équipe du festival d’avoir rendu ces moments possibles, aux bénévoles pour leur bonne humeur sans faille (mention spéciale à Fabien dans le pit photo), aux artistes qui nous ont tous fait vibrer, et à vous tous qui avez participé à faire de cette édition ce qu’elle a été.

Et comme on dit chez nous en Moselle-Est : édé et à l’année prochaine !

Photos : Cadence Noire (instagram) – Texte : Kevin Roth (instagram)

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