Bon, les Eurocks 2026, c’est plié. Quatre jours, 125 000 personnes sur la presqu’île du Malsaucy. Je vous fais le résumé jour par jour, avec ce que j’ai vu, ce que j’ai vécu et mes pépites.
Jeudi : ambiance rock, rock et rock
Pour ce premier soir, pas de scène française et une seule scène ouverte, la Grande Scène, avec, dans l’ordre, Upchuck, Social Distortion, The Offspring puis Airbourne. Du gros son direct. Upchuck pour ouvrir avec leur punk rock venu d’Atlanta, puis Social Distortion et ses classiques du punk californien, avant de monter encore d’un cran avec The Offspring.
Ensuite est arrivé Airbourne avec un guitariste-chanteur qui a fini dans le public et mis une ambiance de dingue à lui tout seul ! Perso, je ne sais pas ce qu’il prend au petit-déj, mais je veux la même chose..
Vendredi : la journée la plus francophone
Et donc, le réveil avec la chaleur et le bruit ambiant d’un festoch, ça pique méchant ! Petit-déj sur place (mais je n’ai toujours pas trouvé ce que prend le chanteur d’Airbourne), douche et c’est reparti, direction le site avec les navettes, facile d’accès !
Là, on change complètement de registre. Toutes les scènes sont ouvertes, 35 000 personnes sur le site, et clairement la journée la plus riche côté scène française.
Green Line Marching Band et Mathis Akengin
Ça commence en fin d’après-midi avec le Green Line Marching Band, une fanfare qui déambule en reprenant des titres comme « Jumping Jack Flash » des Rolling Stones ou des morceaux des Blues Brothers.

Cette pérégrination se termine devant la scène de la Loggia pour Mathis Akengin.

L2B – Ultra Vomit
Un peu plus tard, en même temps sur deux scènes différentes : L2B à la Plage et Ultra Vomit sur la Grande Scène (ndlr : ce qui explique qu’on n’ait pas pu faire des photos des 2 groupes, il a fallu faire un choix).
L2B a littéralement fait déborder la scène de la Plage, paraît-il ! Je n’ai assisté qu’au début, mais j’ai entendu dire que la scène s’est révélée trop petite pour contenir tout le monde venu voir ce collectif de rappeurs en pleine ascension, dont les tubes ont fait bouger un public plutôt jeune. Bref, victimes de leur succès, ils ont fait déborder la Plage !
Et puis il y a eu Ultra Vomit, enfin. Trois fois programmés aux Eurocks (2020, 2022, 2025), ils détenaient le record d’annulations, avec trois programmations tombées à l’eau : Covid, tempête et, la dernière fois, une opération du dos d’un des membres. Mais cette 4e était la bonne.
Sur scène, ils n’ont évidemment pas pu s’empêcher de vanner sur les suites de l’opération, « sonde de bite » comprise, fidèles à leur humour déjanté. Ultra Vomit, c’est du metallo-comique : on se marre dans les pogos. De gros riffs de métal et une grande complicité entre les musiciens.
Rise Of The Northstar – Orelsan – Trym
Rise Of The Northstar toujours aussi efficaces, ils retournent la Greenroom pour un show qui n’a de « zen » que les restes de fleurs japonisantes de leur décor
Orelsan, en tête d’affiche, a ensuite livré un show d’1 h 30 hyper taffé, très visuel, avec décors et costumes. Il a fait son entrée en étant filmé dès les coulisses, courant vers la scène pour sauter devant son public en criant le fameux « Deviens meilleur », parole de « Yoroï », titre phare de « La fuite en avant », qui fait aussi écho au film qu’il a coécrit et dans lequel il joue son propre rôle.
« La Quête » comme « Jour meilleur » se sont transformées en karaoké géant, avec un public qui connaissait les paroles par cœur ! Il a mis le feu avec « Le Boss » et toutes ces chansons qui te font sauter frénétiquement. Il a clos le concert sur « Tour du monde ». Dans le public, plein de familles étaient venues en mode transmission générationnelle, car il faut l’admettre : entre ses premiers albums et les derniers, il y a une telle différence qu’Orelsan parle à toutes les générations.
Ndlr : Pas de photos d’Orelsan car l’accès au crash photo était limité à une (très) short-list
En fin de soirée, THK avec le Brass Band Éphémère du Plateau à la Loggia, pendant que Trym livrait un show techno (ndlr : une fois encore pour les photos il a fallu faire un choix).
Vald, Vladimir Cauchemar, Todiefor et Shaârghot
Et pour finir la nuit, très tard : Vald x Vladimir Cauchemar x Todiefor sur la Grande Scène, une création électro-rap inédite entre le rappeur, le producteur de hard techno et le rappeur belge, histoire de clôturer en mode after (photos sur shortlist, dont nous n’étions pas, ndlr).
Et encore plus tard, passé 1 h du matin, Shaârghot, groupe de metal parisien, a refermé la Plage.
Samedi : Pulp, foot et grand écart généralisé
Journée « toutes générations confondues », entre familles, couples et bandes de potes.
Madame Ose Bashung – Josman – Bertrand Belin
Ça démarre avec Madame Ose Bashung à la Loggia, en tout début de soirée.
À peu près au même moment, sur deux scènes différentes, Josman à la Grande Scène et Bertrand Belin à la Loggia (ce qui fait que nous n’avons pas de photos, difficile d’être partout, ndlr).
Côté rap, Josman fêtait ses dix ans de carrière. Toujours aussi discret dans les médias, c’est un rappeur qui reste un peu secret. Un bon concert, seul avec son DJ sur la Grande Scène, où il a su occuper tout l’espace.
Bertrand Belin, de son côté, portait sa chanson pop discrète et poétique, à l’opposé de Josman et de President, qui lui succédait.
President a ensuite investi le Chapiteau Greenroom avec son rock entre métal et émo, porté par des membres cagoulés qui entretiennent leur anonymat. Beaucoup de filles parmi les fans, et un chanteur dont le scream fait penser à celui de Deftones.
Marie Jay – Copycat
Marie Jay chantait ensuite à la Loggia, avant que The Lumineers n’offrent le moment folk de la soirée sur la Grande Scène.
Le gros morceau de la soirée sur la Grande Scène : Pulp et leur pop anglaise. Grosse émotion pour pas mal de vrais fans !
À la même heure, Copycat retournait la Loggia (j’en reparle plus bas, spoiler : grosse pépite).
Alonzo – Enhancer
S’enchaîne Gans à la Plage, puis Alonzo sur la Grande Scène, qui faisait sa toute première apparition aux Eurocks après des dizaines d’années de carrière.
Ensuite, la Greenroom s’est transformée en fan-zone pour le huitième de finale France–Paraguay, avant de laisser la place à Enhancer. Grosse ambiance, aussi énorme que le bordel sur scène, puisque les chanteurs ont fait monter beaucoup de monde avec eux ! Les gars des Yvelines, pionniers du nu metal français dans les années 90, n’étaient pas venus sans surprise : Joey Starr a débarqué sur scène pour quelques morceaux !
Petite anecdote perso : il se trouve que, trente ans jour pour jour, sur cette même scène, j’avais vu Joey Starr avec NTM !
Anetha – Nico Moreno – Mosimann
La nuit très électro a ensuite démarré avec Anetha, puis Nico Moreno, et enfin Mosimann, qui a marqué les esprits avec des transitions souvent inattendues, comme le remix de « Belsunce Breakdown » avec « Sweet Dreams », sans oublier un clin d’œil « Allez Sochaux » glissé dans son set, faisant chanter tout Belfort.



Mosimann sur scène, c’est un DJ, mais pas seulement. Il joue de plusieurs instruments, saute partout et communique énormément avec le public. Ce n’est pas juste un gars derrière ses platines avec son casque : c’est un musicien qui a pensé son show pour le rendre plus vivant et créer une vraie proximité avec le public.
Dimanche : Aya Nakamura et Feu! Chatterton, de grosses pointures
Ino Casablanca – Jehnny Beth
Place ce dimanche à Ino Casablanca. Son succès n’est que très récent avec notamment une nomination aux victoires de la musique, mais toute la plage ici connaît déjà les paroles !
De chanteuse du groupe SAVAGES à une carrière solo, du plus petit festival indé du sud de la France en juin (TINALS à Nîmes) avec une jauge à 1500 aux Eurocks et ses 35 000 festivaliers, pour Jehnny Beth il n’y a qu’un pas… celui qui lui permet de prendre un bain de foule dès le 2ème titre.
FRS Taga – Feu! Chatterton – Aya Nakamura
Dernier jour, toujours ce grand soleil. FRS Taga a ouvert la Loggia avec des textes bien costauds sur la condition ouvrière. Un rappeur que je suis depuis un moment, avec une plume qui met en avant le monde ouvrier, comme on peut le ressentir dans son titre « L’Usine ».
Le Stéphanois, accompagné de son DJ survolté, a bravé la chaleur pour livrer ses textes, dédiés aux ouvriers, ouvrières, infirmiers, infirmières, caissiers et caissières. Loin du rap bling-bling, c’est du rap de prolétaire pour le prolétariat.
Feu! Chatterton a enfin pu jouer aux Eurocks, quatre ans après l’annulation de leur date en 2022 à cause de la tempête. Je ne vais pas mentir, je ne suis pas fan de leur musique. Pourtant, je me suis régalé pendant le concert. C’est beau, avec un côté intimiste, alors que la Greenroom, ce n’est quand même pas la taille de la MJC de Saint-Jean-de-Chevelu ! Une énorme partie du public était ultra fan et connaissait tout par cœur. En tout cas, ça a été une très belle surprise sur scène !



Aya Nakamura est ensuite arrivée. Le jeune public l’attendait avec impatience. Et je vais être honnête : je m’attendais à un show monstrueux, avec des décors et des visuels très poussés. Finalement, c’était assez sobre.
Le festival s’est refermé avec The Hives, de retour seize ans après leur dernier passage, où j’étais déjà. Ce qui est marrant avec The Hives, c’est que le chanteur essaie au maximum de parler français. Ce n’est pas parfait, mais ça rend le groupe très « friendly ».
Enfin, Ben Harper & The Innocent Criminals ont clôturé cette édition avec un beau concert, ouvert par une chanson a cappella interprétée par tout le groupe, avant d’enchaîner parfaitement anciens et nouveaux morceaux.
Mes pépites du week-end
Parce que les têtes d’affiche, c’est bien, mais le vrai kiff des festivals, c’est aussi de tomber sur des trucs qu’on ne connaissait pas, ou peu. Trois découvertes qui m’ont marqué.
Copycat

Samedi, à la Loggia, Copycat a terminé son show avec beaucoup d’émotion. Copycat, ce sont deux cousines, Zoé et Apolline, originaires de Nevers. Sur scène, elles confiaient que jouer aux Eurocks, c’était « un rêve qui se réalise ».
Une guitariste, Zoé, une bassiste, Apolline, une beatbox en plus : le mélange entre rock et électro fonctionne à merveille. Ça bouge, ça saute, c’est la fête ! Ces deux filles pétillantes ont offert un super show !
Elles ont commencé par « Mode Avion », enchaîné avec des titres comme « C’est OK » et « 16e Été », puis se sont moquées gentiment des gros lourds avec « Jean-Michel Open Bar ».
Une bonne partie du public était arrivée un peu par hasard, en attendant les têtes d’affiche du soir. Je pense qu’elles ont convaincu pas mal de monde. Si tu ne connais pas Copycat, c’est le moment d’aller découvrir !
La vie au festival
Côté orga, c’est carré, carré !! Les bracelets cashless te permettent d’aller au festival sans risquer de perdre ta carte bleue dans un pogo. La location de chargeurs externes te garantit aussi de pouvoir prendre toutes tes photos sans te retrouver à court de batterie.
Le ballet incessant des navettes facilite vraiment l’accès au site. Bon, pour rentrer le soir, tu as un peu d’attente, mais elle reste moins longue que le trajet à pied.
Sur le site, pour prendre ta bière, c’est simple grâce au mur à bières, des distributeurs automatiques : tu poses ton verre, tu valides avec ton bracelet cashless et c’est servi rapidement. Il y a bien eu quelques bugs qui ont créé de l’attente le premier jour, mais une fois le problème réglé, j’ai vraiment vu un gain de temps.
Côté camping, très peu d’attente aux douches, quelques food trucks, un petit-déj sur place et un bar qui prend ensuite le relais pour faire la fête, avec des DJ jusque tard dans la nuit.
Les chiffres pour la route, pris sur le net
- 125 000 festivaliers sur les quatre jours (130 000 en 2025)
- 51 artistes sur 4 scènes
- 35 000 personnes rien que le vendredi
- Une météo au top du début à la fin
- Rendez-vous est déjà pris du 1er au 4 juillet 2027
- Et 67 km parcourus à pied pour tenter de voir un maximum de groupes sur scène !
Alexnouchma – Photos : ka_jpg (instagram)