Fancy

Après un show déjanté, c’est une Clo toute intimidée qui va retrouver Jessie dans sa loge accompagnée de Doudi et Aline. Avec Mass Hysteria en fond sonore, nous sommes très vite mises à l’aise. Rencontre avec Jessie,  » The Voice « .

Clo’s Song : Alors, ça y est, tu as retrouvé ta voix. Elie Kakou est sorti de ce corps ?

Jessie : Ah oui, la voix sur scène ! Bah ouais, alors c’est très marrant que tu parles de ça parce que souvent les gens me posent cette question et me disent :  » Ah ! mais tu ne parles pas pareil après ! « 

Clo’s Song : Ou avant !

Jessie : Ou avant, exact ! Bien noté ! Ou entre les titres. J’écoutais beaucoup de gens comme Stevie Wonder, Minnie Riperton ou alors dans le glam Suzi Quatro, David Bowie ou alors après tu prends le hard rock avec Guns N’Roses. Axel Rose tu vois il a pareil. Même après Judas Priest, il chante  » aaaaahhhhh  » [aigu]. Et après, tu vois, tu parles normal. Pour moi, c’est pas très choquant mais c’est vrai qu’apparemment aujourd’hui, en 2008, les gens demandent :  » Mais y’a quelque chose sur ta voix ? « 

Clo’s Song : Un peu d’hélium ?

Jessie : Hé non ! C’est la facilité, quel prétentieux ! C’est la possibilité que j’ai avec mes cordes vocales. Et la nature.

Clo’s Song : En tout cas, sur scène, vous êtes vraiment du pain béni pour les photographes.

Jessie : C’est bizarre mais récemment j’ai eu des remarques de photographes :  » Ah ! tu bouges trop ! « 

Clo’s Song ! : Oui, c’est vrai qu’on fait aller-retour, aller retour avec l’appareil jusqu’à ce que tu sois stoppé par le micro !

Jessie : Quel est le dilemme ? Vais-je m’arrêter de courir pour les photos ou vais-je continuer pour le public ?

Clo’s Song : Ton déploiement tous azimuts est peut-être ton secret pour être aussi fin.

Jessie : Ah oui ! Je pense que ça doit faire un petit peu les choses. Après, écoute, non, je ne sais pas… En fait, je fais aussi beaucoup l’amour donc ça aide. Mais seul je tiens à le préciser. Ca marche très bien à deux mais bon, ça marche aussi seul.

Doudi : C’était un vrai orgasme ou un orgasme simulé tout à l’heure ?

Jessie : Un orgasme simulé pour de vrai ! Hé bien écoute, comme j’ai un peu une part de féminité en moi et que les femmes simulent toujours un peu pour arriver à l’orgasme, hé bien je simule un peu mais ensuite j’arrive à l’orgasme.

Clo’s Song : En dehors de scène !

Jessie : Ah ! même sur scène !!

Clo’s Song : On va retourner dans le droit chemin des questions un peu plus raisonnables.

Jessie : Très bien, soyons sérieux !

Clo’s Song : C’est une volonté de votre part de n’apparaître que dans peu de médias, de cultiver une part de mystère ?

Jessie : Ah merde ! Notre label a quand même pas mal bossé. Une belle double-page dans Elle, dans Jalouse il ya eu de supers articles, dans Rock & Folk, dans les Inrocks, dans « Tracks « , si y’a eu beaucoup de choses… Après, c’est vrai que c’était l’année dernière. Récemment, il y a eu beaucoup moins de choses.

Clo’s Song : Comment s’explique l’existence d’un site Internet en japonais ?

Jessie : En fait, l’album est sorti au Japon fin mai et donc forcément pour les Japonais, il est en japonais ! Sinon, si tu vas sur le Myspace, normalement il y a ce qu’il faut…

Clo’s Song : Il n’y a pas beaucoup d’infos, pas beaucoup de texte. De la musique certes, quelques photos…

Jessie : Si tu veux oui, on n’a pas été très loin à l’école donc on ne met pas beaucoup de texte. (rires) On met des images pour compenser le manque culturel.

Clo’s Song : Pensez-vous que les Japonais soient plus séduits que les Français par votre style (musique & look) ?

Jessie : C’est une bonne question. Ecoute, en même temps, pour moi, c’est encore un peu jeune le Japon. L’album est sorti il y a deux mois-deux mois et demi. Les réactions sont assez positives mais faut voir. Après, en France, je trouve quand même que leurs réactions sont assez bonnes. Je suis assez content des réactions. Les gens nous reçoivent assez bien. Mais bon, malheureusement, bien évidemment quand tu proposes un show et que t’es, j’aime pas le mot  » décalé  » mais c’est vrai que c’est un peu ça aussi. A l’heure actuelle, tout est tellement formaté que nous, on en devient décalés. Mais si tu voyais les Stones ou Queen ou des choses comme ça à l’époque ou David Bowie, ouais c’était décalé mais voilà c’était du show. C’est du concert au vrai sens artistique du terme. Le truc c’est qu’en France, il y a eu quelques fois où on nous a dit :  » Ah ! vous êtes rigolos ! Wha ! c’est sympa ce que vous faites, c’est rigolo ! « . Bon OK, même si évidemment j’aime bien raconter 2-3 bêtises sur scène parce que ça fait aussi partie du show, il faut un peu rire de certaines choses. Il n’y a pas à me prendre super au sérieux et le jour où j’aurai un peu plus de villas, un peu plus d’argent sur mon compte en banque, on en reparlera mais voilà, ça reste avant tout du show et on n’a pas envie de devenir des humoristes. Sinon, de manière générale, la réaction est assez bonne en France. Donc on est assez contents. Finalement, c’est assez pareil, quand on joue, ne serait-ce qu’en Angleterre, aux Etats-Unis, tous les pays où on a pu aller, il y a toujours une réaction de bouche un peu ouverte, ou de grands yeux où ils se demandent :  » Qu’est-ce que c’est ? Est-ce que c’est une blague ce groupe ? Qu’est-ce qu’ils font ? « . Et puis finalement, les gens qui sont fidèles tout le long du concert se rendent compte vraiment qu’on est de vrais musiciens, il y a des vraies chansons et voilà, on fait un vrai groupe. Mais c’est vrai qu’on n’a plus l’habitude de voir ça.

Doudi : Niveau tradition, vous relancez quand même le glam un petit peu.

Jessie : Ouais, merci. Voilà, c’est bien que tu m’aides un petit peu. Enfin, relancer le glam, je ne me sens pas le fer de lance du glam.

Doudi : Par rapport à ce que tu vois habituellement sur scène, en plus il y a un show, il y a toi qui est sur scène et qui bouge de manière complètement décalée…

Jessie : Oui complètement, c’est ça. Comme je dis dans toutes les interviews, moi quand je vais voir un concert, j’ai vraiment envie de voir des trucs qui me plaisent. J’ai vraiment envie de voir des gens qui vont me mettre une claque. Ou quand je rentre chez moi, le soir je me dis :  » Putain ! c’était incroyable ! J’ai vraiment envie de faire comme eux. « . Se dire que limite, ils sont inaccessibles. Tu vois, c’est ce genre de choses qu’on essaie de reproduire sur scène, vraiment. Donner cette part de rêve, absolument.

Doudi : C’est ce qui se passe chez le public. Ce côté étonné et ensuite le petit truc magique qui arrive et qui fait que tout le monde est content d’être là et de voir ce spectacle, c’est carrément incroyable.

Jessie : C’est le but ! Pour se faire du bien, il faut qu’on fasse du bien aux autres. C’est comme ça. Et là, on se sent complètement les  » Kings of the World  » !

Clo’s Song : Continuons à voyager. Un point sur l’épisode de la tournée US avec Justice pour ceux qui n’auraient pas suivi ?

Jessie : Alors, donne-moi ta version.

Clo’s Song : Mom n’obtenait pas de visa. Il en aurait obtenu un in extremis. Et vous auriez trois dates américaines en première partie de Justice.

Jessie : Exact. Tout juste. Non, parce que des fois, on nous sort d’autres versions donc c’est assez drôle mais là, ouais je suis assez étonné. Bravo ! Donc voilà, on a dû faire la côte ouest : San Francisco, Las Vegas et Los Angeles.

Clo’s Song : Et quel souvenir en gardez-vous ?

Jessie : Bah, génial ! Même trois dates et demi parce qu’on a fait une boutique de disques qui s’appelle Rasputin Records qui est d’ailleurs allé accueillir Metallica un mois après pour une séance de dédicaces. Bon, on n’a pas eu beaucoup de monde mais c’était génial ! On a fait quatre dates allez, on va dire. C’était super ! Touts les dates étaient vraiment fantastiques ! En plus, Justice est vraiment en train de basculer dans le lourd là-bas. Il leur faut peut-être le prochain album ou un autre truc et là ça devient vraiment des supers stars. Parce que tous les soirs quand on jouait, on montait sur scène, il y avait un minimum de 1500-2000, pour nous. A San Francisco, je crois qu’il y a eu 5000 personnes ! Donc, pour eux, ça commence vraiment à partir en flèche et nous, on a pu bénéficier de ça. Alors, on était ravis, forcément.

Clo’s Song : San Francisco, Cinqueux : quelle différence ?

Jessie : Hé bien écoute, c’est autre chose au niveau du paysage et au niveau de l’alimentation. (rires) Sinon, nous sommes ravis de pouvoir jouer autant à la Ferme du Rock qu’à Los Angeles ou à Las Vegas. Quand tu as des gens qui sont à fond et qui sont prêts à nous écouter jusqu’au bout, je m’en fiche. Je suis même prêt à jouer sur Saturne ou sur Vénus.

Clo’s Song : Le public picard ?

Jessie : Très bien, la Picardie !

Clo’s Song : J’ai lu qu’on vous comparait aux Hushpuppies, présents ce soir. Qu’auriez-vous à répondre ?

Jessie : Je pense que cette comparaison n’a pas lieu d’être car nous sommes les  » Kings of the World  » ! (rires) et que les Hushpuppies, c’est un bon petit groupe qui a encore du chemin à faire. Je les aime bien ! On a fait pas de dates avec eux, ils sont supers adorables. Je leur souhaite qu’ils fassent un aussi bon concert que le nôtre mais je ne pense pas qu’ils y arriveront ! (rires)

Clo’s Song : En quoi êtes-vous vraiment les rois ?

Jessie : Très sincèrement, cela ne s’explique pas : cela se vit ! Tu as pu le vivre tout à l’heure… Donc voilà, c’est tout en ressenti.

Clo’s Song : On parle de la musique mais plus généralement, dans quel domaine êtes-vous les rois ?

Jessie : Si tu veux me rejoindre ce soir dans ma chambre… Si tes amies veulent venir… Il n’y a pas de problème et une fois de plus, nous vous prouverons que nous sommes les  » Kings of the World  » ! (rires) Les Queens of the World… J’ai franchement une grande admiration pour les femmes.

Doudi : Le fait d’arriver sur scène maquillés, ça fait partie de la préparation ?

Jessie : Oui, bien sûr ! Comme les indiens quand ils allaient se battre, tu vois… Ils se peignaient le visage, ils se maquillaient. Tu vas à la guerre. C’est vraiment la conquête qui m’intéresse, la séduction en fait. C’est pareil, la séduction c’est conquérir. A partir du moment où tu commences à te maquiller, à t’habiller, tu sens que ça vient de plus en plus. T’es content, t’es pressé, t’as envie de monter sur scène, t’as envie d’y aller quoi. Enfin, moi je le vis comme ça…

Doudi : A quoi tu carbures pour avoir autant d’énergie ?

Jessie : A quoi je carbure ? Bah en fait, au sexe ! Non mais je pense vraiment que c’est l’excitation. Enfin, moi je suis toujours content de faire un concert, quoi qu’il arrive… Il peut y avoir de mauvaises conditions. Je ne sais pas moi… Tu peux faire un voyage de merde ou on t’accueille mal… C’est bon t’as encore de la bande ? Dès que je monte sur scène, il y a comme une euphorie qui monte. Je sais pas, je suis content. En plus, sur ce genre de scène où tu peux courir. Bon j’étais un peu bloque, ça m’a un peu frustré mais ouais attends, c’était génial !

Doudi : Et du coup, comment se passe l’après-scène ? Vous ressentez une satisfaction, vous déchargez ?

Jessie : Décharger ? J’ai bien envie de décharger, effectivement ! J’ai envie de faire l’amour ! C’est vrai, souvent j’ai envie de sexe en descendant de scène ! C’est peut-être des histoires de cliché. Psychologiquement, je ne saurai pas expliquer ce que c’est… ne pas être allé jusqu’au bout… Et sinon, dans un autre registre, moins glamour, je me sèche très vite parce que je suis tombé tellement de fois malade et donc, je pense surtout à vite rentrer dans la loge et à me sécher… parce que je suis très en sueur…

Clo’s Song : Le mot de la fin : qu’est-ce qu’on peut te souhaiter ?

Jessie : Ce qu’on peut souhaiter au groupe évidemment, c’est de marquer l’histoire de la musique mais moi, j’ai un petit message à faire passer aux demoiselles bien que j’aime beaucoup les hommes. Les hommes sont incroyables ! Mais les femmes sont aussi très incroyables, ne serait-ce déjà qu’elles marchent avec des talons, comme je l’ai dit dans la précédente interview (j’ai dit exactement la même chose, c’est pas grave, je pense que ça ne passera pas pareil !). C’est respectable. Peut-être pas ici mais déjà dans la vie. C’est très dur de marcher avec des talons. C’est vraiment tout un boulot et rien que pour ça, je leur tire mon chapeau. Chose très importante : ne vous débarrassez pas de votre cellulite, les filles parce que c’est très très sexy ! Et ceci n’est pas une blague même si ça peut paraître très drôle. C’est réel. Je trouve que c’est très sex les filles qui ont de la cellulite. Je trouve que c’est débile ces magazines qui disent de retirer cette cellulite alors que c’est un attribut féminin de haute importance. Donc voilà, je finirai là-dessus, avec une voix masculine.

Clo’s Song : Merci à toi.

Jessie : Merci.

Interview réalisée par Clo’s Song, Doudi et Aline

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