91 All Stars

Interview 91 Allstars
Le Plan, Concert du 23/04/2008 en première partie de Sick of it All

C’est après le set de Sick of it All que nous nous retrouvons dans les bureaux du Plan, tranquillement posés. Un peu intimidée au début par le regard de Stéphane, je me présente. Julien nous rejoint quelques instants plus tard.

On entre dans le vif du sujet. Cash. Première question, évidemment, leur rencontre. Ils se connaissent depuis longtemps Stef et Julien. Ils ont eu envie de se faire un projet tous les 2. Ils ont commencé par bosser des compos, comme ça, Julien jouait un peu de guitare, et Stef, c’était plus les textes. Puis ils se sont mis à chercher des gens pour développer leur projet, et, au fil du hasard, des rencontres et des relations, ils ont croisé Romain (bassiste), Mike et Alex (Guitaristes) puis Thomas (Batteur).
Une histoire qu’ils ont du répéter des dizaines de fois probablement…Mais on espère toujours glaner un ‘ti détail en plus, pas vrai ?

Quand on leur demande ensuite comment se passe la naissance d’un morceau, la réponse est assez originale, voire inattendue :  » Je compose, Stef écrit. On se retrouve, on mixe tout ça (a priori la MAO tiens un rôle prépondérant dans tout ça, ndlr) et sur disons une douzaine de morceaux, on va en sélectionner 6 qu’on va présenter aux autres membres du groupe  » me dit Julien.

Ma question du tac-au-tac :  » Ce n’est pas trop dictatorial comme façon de faire, les autres zicos n’ont pas leur mot à dire ?? « Julien me répond dans la foulée. » Ben en fait on bosse comme ça depuis le début, c’est une façon de faire bien établie, et ça n’empêche en rien les autres de dire tiens va ça je le ferais plutôt comme ça, de proposer de travailler un passage différemment. Mais dans la majeure partie des cas, les compos arrivent prêtes à l’emploi et en général ça convient bien. Bien sûr c’est toujours un peu retravaillé, mais les compos finales restent quand même quasi identiques à ce que Stef et moi avons préparé. Puis ça nous donne une espèce de recul particulier : bosser en studio des compos qui sont plutôt instinctives…ça permet aussi de se jauger un peu et d’avancer.« 

J’avoue que je suis assez estomaquée de la réponse. Mais après tout, si ça fonctionne bien comme ça, et ça a quand même l’air d’être le cas, ça évite probablement beaucoup de discussions qui seraient autant de perte de temps…
Perte de temps ? Ben oui, nos jeunes loups des 91 Allstars nous préparent un album qu’ils me confirment pour la rentrée prochaine. D’ailleurs ils en ont même annulé leur concert au Klub si j’en crois nos lascars : » Si on veut sortir notre album en temps et en heure, il faut se concentrer sur les repet’ et enregistrements studio. Il y a des priorités. « 
 » Oui  » leur dis-je,  » et je l’attend de pied ferme en plus celui-là « .

On continue avec la petite question qui pique :  » un truc m’a choqué  » dis-je,  » sur les morceaux studio, la voix aigue… sur scène, le rendu n’est plus du tout le même…  » En fait je sous-entend sournoisement que la voix hurlée sur les morceaux studio, c’est…inhabituel et que la voix sur scène ça rend quand même mieux…Julien prend la parole derechef…C’est le principal concerné par l’affaire : » En fait au début, quand on a fait les enregistrements, je poussais la voix à fond… fallait que ça envoie … Ca faisait un bon complément à la voix grave de Stef . Puis à force de pousser, ben plus de voix. Pendant 3 semaines. Du coup je me suis mis à bosser ma voix, et le fait est que le rendu est moins hurlé aujourd’hui, c’est sûr, mais la complémentarité est toujours là, sans pour autant que je risque de me tuer la voix. C’est plus sérieux. « 

Je suis plutôt contente de cette réponse, car ça signifie que sur les enregistrements pour leur album, les voix seront mieux maîtrisées que sur les enregistrements précédents.
Je leur demande ensuite comment passe le ressenti texte / voix…En fait ma question les a un peu perdu…Mais j’ai pas du poser la chose clairement (hé ho, minuit et demi, des bières et 3 set dans le nez alors euh hein !). Ma question se voulait être : est-ce qu’ils sentent que le texte passe et se fait comprendre par leur public…La sincérité qu’ils peuvent faire transparaître quoi…Mais donc ben…pas de réponse claire (ça m’apprendra…), si ce n’est Stef qui lance un  » ben s’ils écoutent nos textes, ils comprendront…  » Euh, bon. Ok. Passons, je reviendrai quand je poserai mieux mes questions…

Par contre, une certitude, c’est la gouache qu’ils dégagent sur scène, et le plaisir évident qu’ils ont à y être…Là d’autant plus, car super salle et donc bonnes conditions de live. Et aussi, et surtout – c’est important – jouer en première partie de groupe tel que nos Sick of it All, leur donne une crédibilité et les ancre comme groupe essentiel de la scène Hardcore essonnienne .D’ailleurs, quand on leur parle des concerts en  » squat  » et en salle, ce qu’ils préfèrent, la réponse qui coule de source, tu sais :  » C’est clair que c’est un kiff les squats…mais on peut pas avoir une vrai crédibilité si on ne fait que ça…et en même temps on ne se voit pas, si ça continue de bien marcher pour nous, ne faire que des super salles…Les squats ça reste quand même un truc énorme, la proximité avec les gens qui kiffent notre musique n’est pas du tout la même que dans une grande salle. On reste assez humble au final, malgré les mauvaises langues (ben oui le sigle  » Allstars  » nous a valut pas mal de remarques…) ; et l’idéal, c’est de pratiquer et les squats et les grandes salles, ça donnent un équilibre, tu restes proches des gens qui trippent ce que tu fais, et en même temps tu te fais un nom.« 

Pour finir, je leur parle de l’Esprit du Clan. Du côté très métal qu’ils ont développé, comment eux se situent par rapport à la scène, au genre Hardcore. La comparaison les agace… Compréhensible, car mise en parallèle permanente par rapport à EDC, le groupe hardcore français qui monte. Il en ressort une sorte de frustration : «  c’est bien EDC, mais nous on pense bien imposer notre identité. Alors c’est vrai que nos deux formations chantent en français, c’est pas courant dans le hardcore, et le rapprochement est vite fait. Mais on essaie sincèrement de se démarquer, de se faire remarquer pour nos morceaux, avoir notre marque.« 

La vie des scènes montantes franciliennes est dure faut dire. La lutte est toujours ouverte, la concurrence nombreuse, faut s’imposer.En ce qui me concerne, je suis intimement convaincue qu’ils ont le potentiel qui va bien pour avancer sérieusement. J’attends avec impatience leur album…Et je ne pense pas me tromper en disant qu’avec la motivation qu’ils mettent au service de leur Hardcore sensible, ils devraient nous pondre un bon truc emprunt de cette lourdeur métallique qui nous a fait  » groover  » (terme qu’affectionne nos 2 lascars) en première partie de soirée.
Bonjour chez vous.

Milie

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