Akiavel

Interview d’Akiavel en ce début d’année 2024. Afin de faire un bilan de cette année 2023 particulière pour eux, de se projeter sur 2024, et de revenir sur le groupe et ses origines.

Comment allez-vous en ce début d’année 2024?

Chris : Je vais bien personnellement, nous revenons de Belgique et nous avons une série de dates à travers la France pour le moment, donc tout va bien.
Auré : Hello ! Impeccable! Nous attaquons l’année avec pas mal de projets à réaliser en 2024. Donc on espère que tout se passera comme on le souhaite !

Quel bilan faites-vous de l’année 2023 qu vient de s’écouler?

Auré : L’année 2023 a été pour nous un tremplin pour beaucoup de choses. Nous avons d’abord concrétisé notre collaboration avec notre tourneur Rage Tour, qui nous a fait confiance en nous donnant des dates partout en France dans de belles salles et dans de prestigieux festivals ! Ce qui nous a donné une visibilité supplémentaire.
Et surtout, nous avons pu rencontrer notre public aux quatre coins de la France ! Nous avons eu la chance de participer au Hellfest, au Motocultor, au Plane’R fest, FuriosFest (ndlr : voir les photos du FuriosFest par hornsphotography666 sur HexaLive), entre autres !
Et j’ai une pensée particulière pour le Mennecy Fest qui nous attendait de pied ferme, où l’accueil a été particulièrement extraordinaire et où le public était FURIEUX !!! Je crois qu’à ce jour c’est la plus belle date qu’on ait pu faire !

Akiavel au Mennecy Metal Fest 2023 Concert

Croyez moi, après la frustration post confinement, on avait juste envie de jouer et ça s’est réalisé dans de supers conditions !
Bref ! 2023 c’était l’année où nous devions faire nos preuves sur scène. On s’est amusé, on a pris un plaisir fou malgré les longues heures de route quasiment chaque week-end ! Haha ! Nous sommes heureux de ce qu’on a pu accomplir, on a beaucoup appris aussi, pris de l’expérience. C’était fructueux sur tous les plans !

Cet été vous étiez de tous les festivals! Hellfest, Motocultor, PlaneRfest, le MMF… Y a-t-il des moments mémorables de vos festivals de cet été ou de vos performances en live que vous aimeriez partager ?

Auré : Oui ! Comme je le disais, le Mennecy était particulièrement dingue (ndlr : voir l’article sur HexaLive où nous avons suivi Akiavel toute cette journée) !
Il pleuvait des gens ! Ça slamait de partout, du Pit, un Braveheart qui séparait la foule jusqu’à la régie ! IN-CROY-ABLE!!


Face à un public aussi motivé nous étions remontés à bloc pour offrir le meilleur de nous même !
Ce que je dis souvent c’est que la musique est un formidable outil de communication ! Et là clairement, l’échange entre le public et nous était permanent, même après la scène où nous sommes restés à notre stand des heures car beaucoup de monde souhaitait nous rencontrer. C’était juste magique !

Revenons sur les origines du groupe. D’où venez-vous? Comment êtes-vous venus au metal ? Et puis à Akiavel ?

Auré : pour ma part je suis tombée dans le métal quand j’étais petite ! À la fin de l’adolescence j’ai commencé à connaître des groupes de métal extrême et j’ai accroché de suite ! C’est vers 19 ans que j’ai acheté mon premier micro. Lorsque j’ai compris qu’une femme était capable de faire une voix Death avec la découverte du groupe Sinister.
Ensuite j’ai traversé plusieurs projets, mais pas avec les bonnes personnes. Chaque fois je reprenais après un chanteur, donc je n’avais pas mon identité sur ces différents projets.
Et j’ai rencontré Chris. On s’est croisé pendant quelques années sur des concerts, et un jour il m’a appelé pour me proposer de créer l’aventure Akiavel. J’ai écouté les démos, et j’ai complètement accroché ! C’était exactement le style que je voulais jouer depuis tant d’années, j’avais mon identité et la liberté d’écrire comme je l’entendais. Derrière j’ai appris à connaître Jay qu’il avait recruté à la basse, puis Butch qui nous a rejoint quelques mois plus tard. Ça a complètement matché humainement entre nous, dans les rires et dans le travail. Comme je le dis souvent, c’est un coup de foudre musical et amical. Avec le temps on a beaucoup appris à se connaître, nous sommes une famille, on se soutient, on se parle ouvertement, et surtout qu’est ce qu’on rigole !!
C’est une merveilleuse aventure !

J’ai lu quelque part que le nom du groupe, Akiavel, venait de Machiavel ? On peut en savoir plus sur l’origine et la genèse du nom du groupe ?

Chris : Il en est inspiré oui. Mais la raison principale pour moi est que la sonorité est géniale. Je trouve que le nom et logo sortent de l’ordinaire et sont facilement reconnaissables.

On dit de vous que vous êtes un groupe de Death metal mélodique avec des inspirations groove metal. Bien évidemment, rien n’est jamais tout bien rangé dans des cases : vous validez ? Quelles sont vos influences ?

Auré : Oui et non, c’est difficile de se définir de façon très claire car nos influences respectives sont variées. Et si un morceau paraît Heavy, le suivant paraîtra HxC… Tant que ça nous plaît, on fait. On ne s’attache pas particulièrement à un style, parce qu’en fonction des inspirations de chacun on sort un truc plutôt unique.
Perso je viens du Death “old school”, Chris du Heavy, Jay du HxC, Butch du Thrash.
Donc on va forcément avoir un peu de tout ça dans Akiavel. Et nous travaillons d’autres façons de jouer en fonction des morceaux. Ça nous donne d’autres perspectives de travail, et cela permet d’apprendre d’autres méthodes, c’est que du plus dans une carrière de musicien !

Les tueurs en série, les références guerrières vous inspirent. Mais plus généralement qui écrit les paroles et d’où provient l’inspiration ?

Auré : Alors les textes c’est moi. Mais d’abord, nous nous retrouvons pour trouver par avance le thème et les couleurs du futur album pour rester dans une logique. Tout se rejoint dans une trame. En général, je propose un thème et nous en discutons ensemble. Si tout le monde est ok, nous réfléchissons à l’art-work qui en découle etc…
Le premier album « V » est sur les 5 blessures de l’âme. Donc on a bossé sur les blessures émotionnelles.
Le deuxième album « Vae Victis » est sur les blessures physiques. La musique est plus froide, je voulais interpréter des choses réelles. Donc j’ai choisi les grands “serial killers”. Et il faut avouer que je suis assez friande d’histoires de faits divers. Je me régale à apprendre de la psychologie. J’ai adoré l’écrire, et j’adore l’interpréter sur scène avec le jeu qui va avec.

Akiavel
AkiavelPhoto : Horns Photography

Le troisième « Veni Vidi Vici » est là pour boucler la trilogie. Ce sont des histoires qui trouvent à mesure des titres une échappatoire de plus en plus lumineuse. Départ sombre et terminal sur la lumière. Car dans chaque part de ténèbres, on y trouvera de la clarté.

Pourquoi l’anglais ?

Auré : C’est la langue la plus utilisée et je trouve que c’est la plus jolie au niveau de l’oreille dans le métal.

Et le latin? (vous étiez bon en latin en cours au collège, lycée?)

Auré : Pas plus que ça ! Haha ! Mais c’est très doux et classe à l’oreille ! Une part de mystère en découle, ça colle bien à notre image !

Comment se déroule le processus de création de vos chansons, de la composition à l’enregistrement ? Les paroles arrivent d’abord ou est-ce l’inverse ?

Auré : les paroles viennent en dernier. Lorsqu’on crée un album, j’ai un document sur lequel je mets énormément d’idées : des phrases d’accroche, des refrains, des sujets à creuser, des références de livres ou de documentaires à poncer. Puis quand on me propose les musiques, je regarde ce qui serait le plus adapté et je crée les paroles et placements.
Ensuite je pars chez Jay pour faire des préproductions. On les réécoute souvent pour éventuellement modifier des choses, puis quand c’est validé : go studio !

On sent une grande complicité sur scène entre vous. D’où vous connaissez-vous, depuis combien de temps et comment travaillez-vous ensemble ?

Auré : Comme je le disais précédemment, je connais Chris depuis bientôt 15 ans ! On se croisait en concert, et on a sympathisé un jour où nous jouions sur la même date avec nos groupes respectifs. Il m’a vu chanter enceinte jusqu’aux yeux, ça l’a fait marrer ! Haha ! Depuis on s’est suivi de loin jusqu’à ce coup de fil qui a changé ma vie ! Aujourd’hui mes musiciens sont comme mes frères. On s’adore, parfois on s’engueule, on s’écrit, on s’appelle, on se donne des nouvelles quotidiennement depuis la création du groupe. Nous sommes là les uns pour les autres, on se guide sur le travail de la musique, mais aussi sur le plan personnel. C’est sain et sans non-dit. Donc en effet, la complicité qu’on a sur scène n’est pas “travaillée”, c’est très naturel, c’est de l’énergie qu’on se transmet !

Vos visuels artwork, album, merch, univers, clips… sont très travaillés et assez époustouflants. Comment avez-vous rencontré l’artiste Mr Cana. Allez-vous continuer avec lui en 2024 ?

Auré: Merci ! J’ai connu Mitch (Mr Cana) via Jay. C’était l’un des ses amis proches, qui est devenu un ami de tout le groupe. Un mec adorable, qui a vite cerné le rendu visuel qu’on souhaitait pour le groupe. Il a une patte artistique que je n’ai vu chez personne d’autre. Et c’est donc devenu un ami pour moi, ainsi que son épouse Mimi qui est apparue dans deux de nos clips et qui nous a prêté sa voix sur « Lady of Death » .


On espère bien sûr continuer à travailler avec eux pendant encore longtemps !

Vous étiez en studio avant Noël, que nous préparez-vous, un nouvel album ?

Auré : Oui ! C’est dans les tuyaux ! Et je suis assez satisfaite des premières ébauches qu’on a créé ! Hâte de continuer la suite !

Y a-t-il un avantage ou des inconvénients d’être une femme dans le metal, aujourd’hui ? Est-ce qu’il arrive encore qu’on te prenne pour la fille du merch, ou la copine du guitariste ?

Auré : Haha ! J’adore!
Ben écoute, à l’époque (20 ans en arrière !) il faut dire que ce n’était pas évident. En tant que femme on m’attendait au tournant, il fallait que je fasse mes preuves deux fois plus que les autres pour être crédible face à des True Metalleux… Et surtout, on croyait que j’étais chanteuse lyrique quand on me voyait arriver devant le micro… HaHa! Mais cette époque est révolue, aujourd’hui je suis bien acceptée et même très encouragée ! Ça fait du bien !
Mais, en effet, il arrive encore en arrivant sur certaines dates, que le staff d’accueil me prenne pour la copine d’un musicien ou la responsable du merchandising. Mais lorsque que l’on commence le soundcheck, les choses sont rapidement clarifiées pour les étourdis. Haha !
En tout cas, au sein du groupe, nul question de genre, nous sommes tous égaux, et notre groupe est avant tout une famille, avec un objectif et un amour commun : notre musique !

Interview réalisée par Maïa (instagram)

Retrouvez Akiavel sur leur chaîne YouTube, leur instagram, leur FaceBook

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