Cette année, nous avions carrément créé un studio Hexalive pour enregistrer des interviews avec les artistes. Beaucoup d’entre eux avaient une actualité très proche de la date du festival, il était donc impossible de passer à côté. Un grand merci à l’ensemble des groupes pour leur accueil et leur participation. Petite mention spéciale à Die Morg et encore désolé : l’enregistrement n’a malheureusement pas fonctionné et nous n’avons pas pu le refaire, mais promis, ce n’est que partie remise !
De notre côté, l’accueil a toujours été des plus chaleureux, ce qui rend l’immersion particulièrement agréable. D’ailleurs, c’était un peu le maître-mot partagé par tous les groupes.
Cette année on a pu vibrer avec des formations comme Strollad, Digresk ou Princesse Leya, retrouver avec un immense plaisir Vilebrequin, Die Morg, Les Wampas et La Phaze, sans oublier la confirmation survoltée des Dynamite Shakers. Une édition mémorable !
Une Nuit en Muscadet, vendredi
Dïe morg
Vendredi soir, 19h30. L’heure de lancer les hostilités de ce premier round. Et pour ouvrir le bal, l’incontournable régional de l’étape. Retrouver ce mec sur scène, c’est toujours une claque assurée.
Artiste total et ultra-généreux, il a une fois de plus prouvé qu’il tenait la baraque à lui tout seul, captivant la salle d’un bout à l’autre. Une foule déjà massive massée au plus près pour le saluer. Résultat : une petite heure à tout emporter sur son passage, avec en prime le traditionnel petit poireau en fin de set. Sans oublier, bien sûr, la petite distribution de Jack. Mais les habitués du personnage ont largement capté l’ambiance.
Côté coulisses, un sale coup du sort technique est venu compromettre l’enregistrement de notre interview. Promis, on remet ça très vite avec lui. Mais retenons l’essentiel : l’échange en loges était d’une fluidité rare, et croyez-nous, on y a appris de sacrées petites pépites.
Sur les planches, il a déroulé la recette qu’on lui connaît : des reprises bien senties et de solides compos personnelles. Le tout balancé dans un élan de générosité qu’il ne faut jamais banaliser. Bref, c’est le genre d’artiste qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie. En live, c’est tout simplement une autre dimension.
Le dernier larsen s’éteint, la poussière retombe sur l’ampli rougeoyant. On croirait entendre le générique de fin d’un road-movie crépusculaire de Tarantino ou la bande-son poussiéreuse de Paris, Texas. Le concert est fini, le projecteur s’éteint, mais le bitume continue de défiler. Let’s keep rolling on.
Les Wampas
Les Wampas ont pris possession de la scène en deuxième position, offrant ce grand écart permanent entre urgence punk et refrains redoutables qui fait leur marque de fabrique. Des classiques aux nouveaux morceaux, le groupe sait captiver son public de la première à la dernière note.
Dans la fosse, l’ambiance était électrique. Vétérans du rock et nouvelles générations, parfois venus en famille, ont partagé des pogos aussi intenses que respectueux. Fidèle à lui-même, Didier n’a pas résisté à son traditionnel bain de foule en chaise portée, confirmant son immense générosité et son sens de la fête.
Juste avant le rappel, une vingtaine de fans ont été conviées à le rejoindre sur scène pour le titre culte du groupe. Entre sourires radieux et communion totale, le set s’est achevé sur ce chaos joyeux et fédérateur qui caractérise leurs prestations. Une performance une fois de plus magistrale, à l’image de la disponibilité et de la gentillesse du groupe, que l’on a pu retrouver cet après-midi-là pour une interview exclusive.
La Phaze
Une transition en douceur et un groove qui s’affine
Voir ressurgir La Phaze avec un line-up entièrement refondu avait de quoi éveiller la curiosité des irréductibles. Entre nostalgie d’un groove viscéral et curiosité légitime face à cette mue, l’accueil du public ne pouvait être que chaleureux.
Dès les premières mesures, la signature sonore répond à l’appel. Les nappes de basses vibrantes, les machines tranchantes et les rafales de fûts rappellent immédiatement pourquoi le groupe a marqué durablement les routes de l’Hexagone. Pourtant, à l’épreuve des planches, ce nouveau visage demande un temps d’ajustement.
Le set s’apprivoise : si le liant entre les boucles électro-dub et les fulgurances rock cherche encore à se fluidifier totalement, la machine est carrée et propre. La passation de témoin entre les tauliers historiques et les nouvelles recrues respire le travail appliqué.
Le public, conquis, en redemanderait presque deux fois plus. On connaît par cœur la capacité de La Phaze à transformer une fosse en chaudron survolté où la sueur sacrée fusionne avec la fête. Le plaisir est bel et bien là, porté par une formation pleine de bonne volonté qui n’attend qu’un peu de bouteille pour s’embraser pour de bon.
Un immense merci au groupe pour l’accueil, l’énergie et le partage. Longue vie à cette nouvelle mouture : ne lâchez rien, la route est à vous !
Princesses Leya
Quand Princesses Leya débarque, le gros son prend une méchante cure de dynamite, le tout arrosé d’un humour bien barré et d’une sacrée dose d’autodérision. Né de la folie douce de deux figures de la scène humoristique mordues de décibels, Dédo au chant et Antoine au chant et à la guitare, le quatuor est complété par la basse vrombissante de Cléo et la frappe chirurgicale de Xavier. Résultat : un cocktail redoutable de heavy métal, de grunge et de punk rock taillé pour tout balayer sur son passage.
Mais c’est évidemment sur les planches que le groupe était attendu au tournant.
Entre éclats de rire en loge et demi-teinte sur scène
Pourtant, ce soir-là, un petit je-ne-sais-quoi est resté en coulisses. L’interview menée l’après-midi avait pourtant placé la barre très haut, affichant un taux d’hilarité maximal. Malheureusement, cette transpiration d’humour et cette folie communicative ne se sont pas totalement transvasées sous les projecteurs. Était-ce la fatigue ? Un horaire un poil ingrat ? Difficile de trancher. Toujours est-il que la mayonnaise n’a pas pris à 100% sur le plan comique, laissant l’auteur de ces lignes un brin sur sa faim.
« L’humour est un exercice d’équilibriste : ce qui fait plier les uns laisse les autres de marbre. »
En plein rodage pour le futur
On ne peut dès lors que saluer la démarche et continuer de les encourager. Si musicalement le groupe assure un max, la facette humoristique manquait un peu de mordant sur cette date.
Mais rassurons-nous : la bande est actuellement en plein rodage, s’attelant à la finalisation d’un nouvel album ainsi qu’à une future date très attendue à La Boule Noire à Paris le 19 mars 2027. Nul doute que d’ici là, la machine aura peaufiné ses réglages pour nous assommer, cette fois, et de rires et de décibels.
Une Nuit en Muscadet, samedi
Vilebrequin
Ce soir, le compteur s’est affolé avec quatre cylindres d’un moteur parfaitement rôdé et bien huilé. Même s’ils n’ont brûlé qu’un court segment de leur setlist, on vous garantit que la route tenait le pavé et que la boîte de vitesses a enchaîné les rapports à haut régime sans jamais caler !
La batterie a cogné dans les pistons avec une cadence redoutable, pendant que les guitares faisaient grincer la courroie pour le plus grand bonheur de nos esgourdes. Un rock hautement assumé sur la ligne de départ : ça carbure fort, c’est chirurgical, et ça ne fait pas dans la demi-mesure.
Le Vilebrequin a littéralement enflammé le début de cette soirée de samedi ! Un passage sur le grill à la fois puissant, millimétré et pleinement assumé, prolongé en dehors des pistes lors d’une interview musclée et chaleureuse post-concert. En clair, une mécanique de précision, aussi redoutable sous les projecteurs que décontractée dans les paddocks.
Vous l’aurez compris : ce soir, zéro panne à l’horizon. Le bloc moteur est intact et les biellettes se portent à merveille ! Mieux encore, les gars nous ont glissé sous le capot qu’il leur restait deux ultimes dates d’ici la fin de l’année avant de regagner le garage. Objectif : finaliser les réglages et boucler l’enregistrement d’un prochain album.
Gardez les pleins phares braqués sur eux, ça va secouer très fort dans pas très longtemps !
Digresk
Ce soir, les planches du fest-noz ont vibré sous les assauts enflammés de Digresk ! Naviguant avec un talent fou entre la transe acoustique des cercles celtiques et la furie d’un gros riff de rock, le combo breton est venu terrasser toutes les tiédeurs. Ici, la cornemuse et la bombarde fusionnent à l’explosif avec des guitares saturées et des beats électroniques taillés pour le grand frisson. Oubliez les étagères poussiéreuses du folklore : avec eux, la tradition se vit dans le rouge, sur un dancefloor en ébullition et une énergie pure. Kenavo la monotonie !
Rencontrés l’après-midi même pour une interview exclusive (à retrouver sur notre onglet vidéo), les membres du groupe nous ont ouvert les portes de leur histoire : une belle aventure de potes soudés par la passion. Et croyez-nous, ça se ressent sur scène !
Dès les premières notes, on prend en pleine face ce plaisir communicatif. C’est simple, ça transpire la joie de vivre et la bonne humeur. C’est rythmé, tantôt chanté, tantôt balancé en mode énergique, avec juste ce qu’il faut de chouchen musical pour secouer les têtes. Tous les ingrédients sont réunis dans cette grande marmite pour nous servir le meilleur du rock celtique breton. Un concert monumental, une claque mémorable : Pegen mat eo! (qu’est-ce que c’est bon !) on en redemande !
Strollad
Réveiller les esprits bretons à coups de gros riffs et de cuivres hurlants, c’est le fonds de commerce de Strollad depuis 1998. Venus tout droit de Vendée, ces furieux ont été parmi les premiers à injecter la fureur du ska-punk dans le folklore armoricain. Leur marque de fabrique ? Une véritable artillerie sonore où la bombarde et l’accordéon s’engrènent dans des guitares saturées et des cuivres en surchauffe. Mené par leur incontournable rouleau compresseur « Saint-Malo », le crew prouve qu’on peut garder un pied dans la tradition tout en envoyant du très lourd.
Fidèle à son esprit frondeur, la bande aura mis tout le monde d’accord. Sur scène, ça tabasse sévère ; dans la fosse, c’est l’anarchie pure, ça pogote et ça suit le mouvement sans se poser de questions. Qu’est-ce que ça fait du bien de voir une bande de potes prendre un pied monumental sur les planches, tout en balançant un live ultra carré et réglé comme une horloge ! Une vraie fessée rock’n’roll.
Seul regret ? Un set assurément trop court, car franchement, on serait bien restés faire la fête plus longtemps ! D’un point de vue totalement personnel, c’était la toute première fois que je les voyais en live, et la claque a été au rendez-vous. Mention spéciale pour les loges, où l’on a pu se croiser et échanger dans une ambiance hyper chaleureuse et bon enfant.
Dynamite Shakers
Si vous pensiez que le rock ‘n’ roll hexagonal tournait au ralenti, détrompez-vous : les Dynamite Shakers sont là pour réveiller les morts.
Débarqué de Vendée avec la rage au ventre et le volume dans le rouge, le quatuor balaye tout sur son passage. Entre garage rock fiévreux, hargne pub-rock et urgence punk, la formation injecte une sacrée dose d’électricité dans le paysage indépendant. Chez les Dynamite Shakers, pas de fioritures ni de poses affectées : ça joue vite, fort et juste. Poussés par l’héritage poisseux de Dr. Feelgood, la hargne primitive des Sonics et la fougue de la scène garage moderne, les quatre Vendéens enchaînent lignes de basse suffocantes et solos de guitare aiguisés comme des lames de rasoir.
Une explosion scénique et une maturité affirmée
C’est évidemment sur les planches que le combo prend toute sa dimension explosive. Réputés pour transformer la moindre scène en cocotte-minute sur le point d’exploser, ils balancent un rock brut, sans filtre, où la sueur et les larsens servent de seule carte de visite. Porté par l’album Marilyn et des décharges sonores à l’image du titre Cinéma, le groupe confirme qu’il n’est pas là pour faire de la figuration, mais bien pour faire trembler les murs des salles et des festivals.
Pour les avoir vus sur scène à plusieurs reprises, force est de constater qu’ils ont encore franchi un cap ce soir. On ressent une vraie maturité, portée par le matériel de leur dernier opus.
Une alchimie parfaite sur scène comme en coulisses
Comme nous l’évoquions lors de notre entretien avec eux, la passerelle entre le français et l’anglais, tout comme l’alternance au chant entre Elouan et Lila-Rose, prend tout son sens en live. Le show oscille entre la folie d’un Elouan complètement survolté et la douceur bienvenue de la voix de Lila-Rose.
Il ne faut pas non plus minimiser la performance de Calvin : en plus de ses chœurs et de son jeu de guitare incisif, il gratifie le public d’un jeu de jambes et de pas de danse tout simplement hallucinants (rassurez-vous, il m’a confié en coulisses avec le sourire qu’il maîtrisait chaque mouvement !). Enfin, si l’on a l’habitude de reléguer les batteurs au fond de la scène, François nous rappelle quel formidable musicien il est, faisant preuve d’une énergie survoltée derrière ses fûts.
L’avenir du rock hexagonal
Vous l’aurez compris : il faudra désormais compter avec les Dynamite Shakers comme un acteur majeur de la scène rock. On ne peut que leur souhaiter de préserver cette énergie et cette bonne humeur communicative. Même si leur jeunesse affleure parfois en interview — rappelons qu’ils ont à peine plus de vingt ans ! —, l’échange a été passionnant et riche en enseignements. Garder la tête froide face à une ascension si fulgurante est un défi de taille, mais le groupe nous a prouvé ce soir qu’il avait les épaules solides et la tête bien sur les épaules.
Une Nuit en Muscadet, conclusion
Un immense merci à toute l’équipe du festival pour cette édition magistrale ! Du premier feedback aux derniers larsens, vous nous avez offert un accueil exceptionnel et un terrain de jeu formidable.
Sur scène, les artistes ont tout donné : Die Morg a ouvert le bal en « artiste total et ultra-généreux » capable de « tout emporter sur son passage », suivi par Les Wampas et leur « grand écart permanent entre urgence punk et refrains redoutables » dans un « chaos joyeux et fédérateur ». La Phaze a fait résonner ses « nappes de basses vibrantes, machines tranchantes et rafales de fûts », tandis que Princesses Leya servait son « cocktail redoutable de heavy métal, de grunge et de punkrock ». Le lendemain, Vilebrequin a fait affoler les compteurs grâce à une « mécanique de précision, aussi redoutable sous les projecteurs que décontractée dans les paddocks », avant que Digresk n’enflamme le public entre « transe acoustique des cercles celtiques et furie d’un gros riff de rock ». Enfin, Strollad a déployé son « artillerie sonore » ska-punk et les Dynamite Shakers ont injecté leur « sacrée dose d’électricité », prouvant qu’ils ont « les épaules solides » pour incarner l’avenir du rock.
Merci à l’organisation, aux bénévoles et à tous les groupes pour l’énergie, la disponibilité, les éclats de rire en coulisses et les interviews passionnantes : let’s keep rolling on !



