Mais le mammouth s’est essoufflé… Entièrement animée et portée par une équipe de jeunes bénévoles, d’abord amis et passionnés, l’association prend un peu de recul et transforme 3 jours de festival aux Prés de Landas en une soirée rock annuelle au foyer socioculturel de Rousson. De 5 000, la jauge passe à 500 avec un premier concert en 2018. Mais l’envie est toujours là : offrir un espace scénique à des groupes en devenir et offrir le plaisir d’une tête d’affiche à moindre coût.

Ensuite, le Covid est passé par là, la (re)mobilisation est difficile, les subventions ne sont plus. En 2025, les Rocktambules reviennent, ils invitent Sidilarsen, aux côtés de Brassens’Not Dead et de l’École des comptoirs. On espère, on murmure, on rêve… un nouveau festival serait-il en gestation ?

2026, avec la seule subvention de la commune de Rousson, difficile d’offrir plus grand qu’une nouvelle soirée au foyer, avec cette fois – tout de même – les Ramoneurs de Menhirs, aux côtés de Paris-Brest et des Mumbly’s. Et une fois encore, le public est là. La salle est comble, on entend chuchoter dans les couloirs : « Les Ramoneurs à côté de la maison, on ne pouvait pas ne pas être là. » Les crêtes sont sur leur 31, les Rockmouths sont prêts… ce soir, il va faire chaud à Rousson. À la veille des nouvelles manifestations en France, les pieds se sont échauffés, les slogans sont prêts : le rock n’est pas mort, la jeunesse est libre.

Les Mumbly’s

Ce sont les Mumbly’s qui ouvrent la soirée. Et si le groupe est récent et local, la scène des Rocktambules leur est très familière, puisque le bassiste a été un des premiers présidents de l’association il y a quasiment 30 ans, dont il salue ce soir l’engagement remarquable des bénévoles. Ils abordent la scène avec émotion, c’est presque scolaire, on attend le rock, et petit à petit, cette scène, ils l’investissent. Ils captent l’attention du public qui connaît évidemment le chant bagnard, slogan cher aux Bérus, repris par Parabellum et par les Mumbly’s ce soir : « Mort aux vaches, mort aux condés. » Le ton est donné.

Paris-Brest

Paris-Brest vient ensuite chanter « de l’amour, de la revendication et surtout de la bonne humeur ». Le message est plus territorial : « La Bretagne, ça vous gagne. » On danse au son de l’accordéon, du violon et de la clarinette. La foule clôture le set en une grande ronde populaire. Pari gagné, l’humanisme, avant de se crier, ça se partage, ce soir plus de 500 personnes ne forment qu’un.

Les Ramoneurs de Menhirs

Arrivent enfin sur scène les tant attendus Ramoneurs de Menhirs. Si on creuse un peu dans l’histoire, on apprend qu’« entre les chasseurs de mammouths du Mont-Dol (110 000 ans) et les bâtisseurs de menhirs de Carnac (à partir de 4 800 avant notre ère), il s’écoule plus de 100 000 ans ». Mais ce soir, entre les Rockmouths et les Ramoneurs, la connexion était instantanée.

Dès les premières minutes, Loran invite les enfants sur scène, près de lui, pour qu’ils y voient bien et qu’ils soient tranquilles (au cas où le public pogote, par exemple ?). 5 enfants de 8 à 11 ans grimpent timidement sur scène, un peu gauches, ils se plantent droits et attendent, casques sur les oreilles. Mais qui peut tenir droit, sans bouger, face à l’énergie des Ramoneurs ? Sûrement pas les « esprits indomptables de l’Occitanie libre », mais pas les enfants non plus. Alors, ils dansent et ouvrent d’une foulée le bal des slams. Ils courent en direction des barrières et s’élancent dans le public. Si Loran regrette que les jeunes soient lobotomisés par leurs écrans, il félicite ce soir les parents qui amènent leurs enfants en concert. « La jeunesse est insaisissable, elle s’autogère, elle n’a pas besoin de subvention, elle n’a pas besoin d’argent, c’est une jeunesse qui veut tout simplement être libre. »

DSC09770

Les pensées sont pour les lycéens, pour les manifestants, évidemment antifascistes et anticapitalistes, et les raccourcis vont jusqu’à en vouloir à toutes les forces de police pour toutes les erreurs et le mépris du gouvernement (le dernier raccourci malheureux des Ramoneurs entre police et nazisme, deux jours plus tôt à Saint-Malo, a fâché le syndicat Alliance Police nationale qui a ouvert une procédure).

À quelques ACAB près, la soirée était festive et bon enfant, le punk celtique des Ramoneurs, c’est avant tout un rock engagé, qui affiche entre autres les couleurs de la Palestine, et qui veut un monde libre… Et samedi soir, le message semble passé dans l’amour plutôt que dans la haine.

Pari à nouveau réussi pour les Rocktambules. Peut-on chuchoter, espérer, rêver que le festival célèbre ses 21 ans très vite ?

À lire aussi : notre chronique

Les Ramoneurs de Menhirs Dans an Diaoul hexalive Les Ramoneurs de Menhirs – Dañs an Diaoul Lire l’article

Les artistes dont on parle