Ycare

Ycare, ce Montpelliérain d’adoption, représentera ce soir toutes les origines, le Liban, le Sénégal, et bien sûr la France. Car c’est bien en français qu’il rêve, il nous l’a dit encore ce soir, comme un message d’espoir pour une France qui se perd dans les messages politiques actuels et qui ne doit pas oublier que c’est en restant unis qu’un avenir peut se construire, et jamais en se divisant.
De l’amour Ycare en a à revendre, il descendra plusieurs fois à la rencontre de son public, pour des câlins, des photos, des serrages de main… un contact nécessaire, comme le besoin de toucher du doigt que tout ce bonheur-là est bien vrai, qu’il existe. Il n’y a aucun doute là dessus, les fans des Arènes ce soir sont aussi les fans d’Ycare, il n’était pas la première partie, mais un des deux concerts du jour, pour une fois le Festival de Nîmes a de vraies allures de festival.
Ycare court, Ycare saute, Ycare partage, il lève les mains au ciel, il prie, il prie à un monde plus beau, plus juste, un monde qui lui ressemble, un monde qui lui a sauvé la vie. C’est sans pudeur qu’il s’est confié à plusieurs reprises sur son parcours de vie, parfois chaotique, parfois incertain. Ce sont certaines rencontres qui l’ont sauvé, dont celle d’Axelle Red qu’il ne manque jamais de citer. Ce sont ces moments d’humanité qui lui ont permis depuis de réaliser ses rêves, l’Olympia, Pleyel, les Zénith, des concerts qui s’enchaînent, des amis qui le soutiennent, des duos sincères qui témoignent de sa générosité, sincère, profonde, rare et précieuse.
Ycare se sont des textes, un rythme, de l’énergie (et ce n’est pas sa montre connectée qui aura dû lui dire le contraire après le concert), mais c’est incontestablement beaucoup d’amour et le public ne sera pas passé à côté de ça…
Il l’a promis : il reviendra. Alors Ycare on te donne rendez-vous, mais pas dans 10 ans !!!
On comprend qu’Ycare ait envie de revenir. Il y a toujours une grande émotion pour les artistes de fouler la scène d’une des plus belles salles de concert au monde (et je pèse mes mots bien sûr, sinon on pourrait me taxer de chauvinisme), une salle en plein air, chargée d’histoire, au son exceptionnel qui rebondit contre la pierre jusqu’en haut des amphithéâtres.
Patrick Bruel

Près de 2000 ans d’histoire sous les pieds, et environ 35 années qui séparent cette date du premier passage de Patriiiiiiiiick dans ce lieu mythique. Personne n’a oublié la Bruelmania, et certainement pas ce parterre de dames (essentiellement) toujours fidèles au fan-club, au premier rang, un cœur rouge sur du papier A4 à présenter mains en l’air à chaque refrain !!
Ce soir le service de sécurité n’aura pas de slameurs à récupérer dans le crash barrière, pas de pogo qui dégénère à canaliser mais bien des dizaines de fans à contenir, prêtes à abandonner leur place pour courir au premier rang, mais dont l’accès ne sera possible que pour les derniers titres du show.
Patrick fait mouche sur chaque titre, mais incontestablement ce sont ses vieux titres qui emportent les Arènes, il ne chante plus et comme à son habitude laisse son public claironner fièrement les paroles de Qui à le droit ou lui crier qu’il le lui dit quand même ce « Je T’aime » !
Le spectacle est rodé, les écrans géants renvoient tantôt son image tantôt celle du public, le décor se transforme en salon bibliothèque, Patrick se pose et pose quelques mots bien placés qui ne sont pas une consigne de vote, mais qui rappellent la nécessité de ne pas oublier l’Histoire, l’importance des enseignants et le bonheur de pouvoir partager, tous ensemble, des moments comme celui-là. Habibi Yalil, ce soir nous partagerons de l’amour seulement.
Vient le moment de chanter Origami, son duo avec son ami, son frère de cœur Ycare. Il voyait dans ce partage de scène l’occasion rêvée de la chanter en live avec lui, mais une fois son passage terminé Ycare a préféré suivre le match des bleus… Tant pis, Patrick demande au public de chanter sa partie. Ni une ni deux, Ycare bondit sur scène, il annonce un 0-0 et assure le show pour le bonheur d’un public conquis par les deux artistes. « Ce n’est pas parce que je suis à tes côtés que je suis à ta hauteur », le message est clair. Ycare premier fan de son ami Patrick Bruel n’aurait raté ce moment pour rien au monde, même un but de l’équipe de France. Ce sera plus tard sur un Allez les Bleus collectif que Nîmes apprendra la victoire.
Une soirée où toutes les étoiles du magnifique ciel des Arènes se sont alignées.
Ka_jpg (instagram)
À revivre : notre live report
Ycare enflamme le Grand Angle à Voiron
Lire l’article



