HexaLive y était pour bouger la tête, goûter à la poussière des pogos et prendre la température de ces petits festivals régionaux désormais bien décidés à concurrencer de grands noms comme ceux du Hellfest, du Graspop ou du Motocultor. Le tout à taille humaine, bien sûr !

Mennecy Metal Fest – Vendredi 4

Ghost Anthem

Et c’est le métal moderne qui ouvre le bal de ce Mennecy Metal Fest 2026 avec pour vaisseau les Parisiens de Ghost Anthem, vainqueurs de la troisième édition du Tremplin by le Stock, le rendez-vous métal des groupes émergents dans la région. Batteur à moustache, frontman charismatique et bassiste aux cheveux longs : Ghost Anthem a déjà tout compris des codes de sa musique, le groupe évoluant entre screams acérés et chant clair mélodieux sur fond de gros riffs qui donnent envie de tout envoyer valser. Pouvant déjà se targuer d’avoir un bon contact avec son public, Ghost Anthem place la barre haut pour cette première prestation de la Menn’Stage, probablement le meilleur nom trouvé pour une scène de festival local. Et pour avoir accepté de monter sur scène la veille du mariage de son chanteur, c’est que le MMF devait vraiment compter pour le groupe !

Trollheart

Les scènes des petits festivals regorgent souvent de surprises pour le moins… originales. Et c’est exactement ce que nous a offert le Mennecy Metal Fest avec Trollheart, deuxième groupe à fouler les planches en cette première journée. Imaginez notre stupéfaction en voyant débarquer sur scène un troll poilu sous manteau de fourrure, prouesse vestimentaire que nous ne pouvons que saluer aux vues des 29 degrés qui réchauffaient Mennecy ce jour-là. Mais il a de la voix, ce troll, et il sait séduire les foules accompagné tantôt de marionnettistes, d’un dé de jeu de rôle géant puis d’un squelette en armure venu le provoquer jusqu’en notre belle contrée. Potache mais pas que, Trollheart se fait aussi porteur d’un message engagé pour la protection des femmes et le respect du consentement, preuve supplémentaire que les trolls savent mieux se tenir que certains hommes et qu’on les choisirait probablement à l’ours, eux. Et pour finir le concert en beauté, quoi de mieux qu’un crowd surf d’anthologie où, portée par la foule jusqu’à la régie, le troll par à la conquête non pas de son royaume, mais bien de sa bière fraîche ?

Amon Sethis

Quittons la Norvège et ses trolls pour l’Égypte des pharaons, voulez-vous. Et oui, on voyage au Mennecy Metal Fest ! Avec Amon Sethis, la Menn’Stage devient trésor antique pour offrir au public tout un tas d’histoires sur les légendes du Nil. Avec un storytelling fort, des musiciens solides et une énergie de groupe bien distillée, Amon Sethis signe au MMF un show surprenant et mystique dont l’originalité n’a d’égal que la qualité de son jeu. Car la scénographie bien léchée ne se substitue pas à l’exécution de la musique, bien au contraire ! Elle l’embrasse dans un ensemble travaillé et cohérent qui ne laisse pas les festivaliers de marbre, malgré la chaleur de cette fin d’après-midi. Interprétant des morceaux de son nouvel album, mais aussi du précédent, Amon Sethis chante les civilisations perdues avec une fougue déconcertante à en réveiller la plus endormie des momies.

Usquam

C’est tambour battant qu’Usquam fait son entrée sur la Eye Stage, faisant planer sur le Mennecy Metal Fest une atmosphère onirique tout droit sortie d’un grimoire de magie noire. Déclamer l’occulte, le sombre, en y mettant tout son coeur : c’est ce que fait la chanteuse du groupe, habitée par sa musique comme si elle lui sortait des entrailles. Dans un mélange de cuir noir et d’ornements dorés qui ne sont pas sans rappeler le code couleur du festival cette année, Usquam flirte avec l’univers des folklores païens et des sociétés secrètes pour nous livrer un concert immersif oscillant comme un pendule entre le black et le death métal. Avec un peu de doom, pour couronner le tout et faire résonner en chaque festivalier la lenteur contemplative de l’automne qui s’installe et du Samhain qui approche.

Titan

Pour sa première au Mennecy Metal Fest, Titan s’offre la Eye Stage et y célèbre avec ferveur ses quarante ans de carrière en ce vendredi après-midi. Solos de guitare vertigineux et voix puissante : Titan a tout du groupe de métal des eighties avec un grand M, même les cheveux blancs et les tops en croco. Dès les premières notes, Titan s’impose dans toute sa grandeur, emportant avec lui la foule qui scande son nom sans rechigner, comme celui des plus grandes rockstars. Il faut dire que sur scène se tiennent de vrais guitar heroes, ceux qui jouent sur des Les Paul comme les meilleurs shredders de leur génération et sans jamais rater une case. En français comme en anglais, les paroles de Titan galvanisent une foule de festivaliers en ébullition, ravis de revivre à Mennecy les soirées de leur jeunesse ou, pour les minots comme moi, celles comptées par leurs parents.

Mennecy Metal Fest – Samedi 5

Showcase de Tanork et conférence de presse

S’il y a bien une chose que l’on peut saluer au Mennecy Metal Fest, c’est l’accueil réservé à ses compteurs, c’est à dire nous, humbles journalistes. Car il est bien rare de se voir inviter à une conférence de presse organisée par Monsieur le Maire lui-même, avec goodies et showcase à la clé. Nouveau site internet, direction artistique, mise en place du cashless : c’est toutes les améliorations de cette édition 2026 qui furent ici abordées aux termes d’une heure d’échange avec des équipes municipales définitivement fières du festival qu’elles ont réussi à créer. Et elles peuvent l’être, au regard de la qualité des infrastructures, mais surtout du line-up pour un festival de cette ampleur ! Et qui de mieux placé que Tanork, groupe emblématique du death métal rennais, pour venir clôturer cette conférence de presse en beauté ? Leur drapeau fièrement exposé, les trois musiciens font de la fierté d’être breton leur fer de lance, allant jusqu’à chanter leurs chansons dans la langue régionale pour lui offrir une seconde jeunesse. En quelques mots, Tanork, ça déménage ! Et il faut saluer l’énergie prodiguée par les membres du groupe, qui jouèrent dans une alcôve de la salle de presse avec le même entrain que s’ils se produisaient en Menn’Stage à 22 heures. Gourc’hemennoù, Tanork !

Deadly Sins

Le thrash n’est pas mort, messieurs-dames, il est au Mennecy Metal Fest ! C’est vêtus d’un max de clous que les Lyonnais de Deadly sins nous accueillent pour ce premier concert français de la journée sur la Eye Stage. Formé il y a 23 ans, le groupe se fait le porte-étendard d’un métal violent, brutal et sans concessions qui n’a pas peur de dire haut et fort ce qu’il pense. Derrière Deadly sins se cache une certitude : celle que les vestes à patch et le thrash métal ont encore de beaux jours devant eux ! Et il faut bien les croire sur ce coup, puisque les festivaliers rassemblés devant la scène semblent prendre un plaisir fou à l’anarchie, invités par le chanteur à “boire comme des vrais !”. Si vous cherchiez un endroit où laisser s’échapper vos frustrations, votre colère, où faire revivre votre âme de jeune anar plein de bière tiède, de tabac à rouler et de convictions à défendre, c’est ici qu’il fallait être : devant le concert de Deadly sins !

Bukowski

Tout à l’heure, nous vous disions avoir été impressionnés par le line-up sélectionné par le Mennecy Metal Fest, qui compte parmi ses noms ceux de groupes à la renommée déjà bien installée. Et bien Bukowski y est pour quelque chose, le groupe ayant déjà arpenté cette année quelques scènes sympathiques comme celles du Kave Fest, du Mauges Pit et du Rock n’eat de Lyon. Déjà venu défendre sa musique sur la scène du MMF en 2013, Bukowski nous fait l’honneur d’un retour en grande pompe sur une Menn’Stage baignée par le soleil de ce samedi après-midi. Toupies à gogo et présence scénique bien rodée : le groupe impressionne par sa rigueur et son professionnalisme, tout en restant 100% rock n’roll bien sûr ! Malgré un pit encore un peu timide de début de journée (vous comprenez, il faut le temps aux festivaliers de s’échauffer !), Bukowski fait déferler sa Cold Lava sur le public du Mennecy Metal Fest, figeant les artifices sur son passage pour laisser place à la musique dans son plus simple appareil.

Sleazy Town

Et c’est un groupe local qui investit ensuite la Eye Stage, puisqu’originaire de Paris et de l’Essonne et déjà bien habitué du Mennecy Metal Fest. Venu lui rendre visite il y a trois ans, la formation est de retour au MMF pour y célébrer son “vrai bon hard rock” (c’est eux qui le disent) et imposer son style pour le moins singulier. Du groupe se détache un membre, ou plutôt un personnage : le chanteur. Clope à la main et t-shirt Eminem sur le dos, Andy est ici chez lui, aussi à l’aise sur scène que dans son salon. Et ça fait du bien, de retrouver ce naturel assumé que les formations modernes ont tendance à perdre au profit d’une image plus lisse. Dans son attitude de Fred Durst en devenir, le frontman de Sleazy Town ne tarde pas à convaincre le public du Mennecy Metal Fest grâce à sa bonne humeur et à l’amour inconditionnel de la scène qui émane de tout son être. Mais ne vous y méprenez pas : derrière les sourires et l’attitude bon enfant, Sleazy Town, ça envoie du bois ! 

Houle

La voilà qui déferle, la vague black métal. Sur la Menn’Stage, la Houle s’est levée, emportant avec elle les matelots téméraires qui pensaient encore pouvoir lui résister. Dans une scénographie tempétueuse faite de marinières et de mouettes empalées, le groupe de métal noir marin chante ses mémoires de la mer le visage noirci par l’océan. Ballotté par les vagues de ce chant viscéral, le public, lui, se jette à l’eau sans réfléchir, chahuté avec force par les pogos, les circle pit qui se font et se défont devant la scène. La Houle, la vraie, celle qui décime les navires et les hommes qui les habitent, nous fait l’honneur de son courroux et de sa rage. Et elle le fait pour le plus grand bonheur d’un public qui trouve en elle exactement ce qu’il est venu chercher : une catharsis violente mais nécessaire dans les bras de laquelle il se laisse rapidement emporter.

Gurkkhas

De retour 25 ans après le début de son épopée, Gurkkhas fait au Mennecy Metal Fest l’honneur d’un retour depuis longtemps espéré. Et c’est triomphants que les guerriers reviennent, eux qui signent avec le MMF leur troisième festival de l’été. Défenseurs d’un brutal death metal belliqueux, les membres de Gurkkhas font des thèmes de la guerre et de la combativité l’épicentre de leur musique, venus comme un séisme frapper le public du Mennecy Metal Fest. Ici pour interpréter sur scène des morceaux issus de ses deux premiers albums, sortis il y a vingt ans et de nouveau compilés dans un best-of, Gurkkhas a su montrer aux festivaliers du MMF qu’il était loin d’être un groupe démodé, portant en lui toujours la même ferveur et la même véhémence qu’à l’époque, dans un paysage musical pourtant complètement transformé.

Celkilt

Si nous ne devions retenir qu’un seul concert du Mennecy Metal Fest, ce serait probablement celui de Celkilt. Vêtus, comme le nom du groupe le laisse largement entendre, de kilts en tartan, les joyeux lurons de Celkilt sont venus accompagnés de leurs violons et autres cornemuses pour offrir au MMF un voyage en terres celtes pas des plus déplaisants. Avec autant de talent pour l’exécution musicale que pour les interventions drôles et décalées entre deux morceaux, le groupe sait définitivement mettre l’ambiance, à en juger par les nombreuses danses traditionnelles (un peu bancales, certes) qui s’organisent dans le pit dès les premiers morceaux. Dans un joyeux bordel de poussière et de chants de marins, Celkilt offre au Mennecy Metal Fest plus qu’une performance, mais un vrai moment de bonheur sincère et non altéré comme il est rare d’en vivre aujourd’hui. Et pour cela, on ne peut que les saluer !

Charcoal

Sur fond de hard rock, Charcoal nous attend sur la Eye Stage pour nous chanter sa nostalgie du L.A. des eighties. Retour donc dans le passé aussi bien au niveau des riffs que des choix vestimentaires du groupe, qui célèbre le rock de sa jeunesse avec justesse et sans tomber dans l’imitation ni dans la parodie. Sur scène, l’énergie est au rendez-vous et le public le ressent bien ! Derrière les chemises en jean, les vestons en cuir et les lunettes de soleil, les notes pleuvent à la vitesse de l’éclair pour offrir aux festivaliers du MMF un avant-goût de ce qu’est Charcoal. Pour les amoureux de bons solos de guitare et les fervents adeptes d’un mode de vie dicté par les préceptes du “sex, drug & rock n’ roll”, rendez-vous le 4 décembre pour In Rock We Trust, prochain opus de l’épopée Charcoal que vous pourrez vous vanter d’avoir suivie avant tout le monde.

Locomuerte

Est-il encore nécessaire de les présenter ? Nés dans un garage du 91, les chicanos de Locomuerte ont fait bien du chemin depuis leur premier passage au Mennecy Metal Fest en 2014. Enfants de la région, c’est toute la France qu’ils ont aujourd’hui conquis avec leur thrash punk survolté à l’identité bien définie. Car c’est précisément ce qui marche, chez Locomuerte, au-delà de la musique : la construction dès le départ d’une identité artistique forte acquise et relayée avec brio par le public à en croire le nombre de t-shirts Loco et de bandanas présents dans le public. Groupe festif par excellence, Locomuerte sait transcender les foules de tous horizons pour rassembler les âmes autour d’une ambition commune : tout retourner dans le pit. Et le MMF n’échappe pas à la règle, puisque les festivaliers saluent leurs serviteurs avec des walls of death dignes de ce nom et des circle pits centrifuges dont on se demande encore comment l’on a réchappé. Porteurs d’un vrai message d’espoir pour tous ces jeunes qui partent de rien et rêvent de se lancer dans la musique, les Locomuerte ont définitivement confirmé le statut de groupe humain, empathique et bienveillant qui fait depuis longtemps leur succès. Attention, vague de crocos en approche !

Tagada Jones

Après Locomuerte, la Menn’ Stage accueille un autre groupe français qui n’a plus vraiment besoin d’être présenté : Tagada Jones ! Du rock, du punk et des textes revendicatifs. Un concert que d’autres groupes auraient peut-être préféré annuler : quelques jours auparavant, Job, le batteur, s’est blessé au tendon d’Achille de son pied droit pendant le tournage du nouveau clip du groupe. Et malgré cela, il décide de ne pas renoncer à la date ni de compromettre la suite de la tournée, et il adapte son jeu. Franchement, chapeau bas !

Pendant un peu plus d’une heure, le groupe enchaîne les morceaux avec une énergie débordante, tout en multipliant les surprises. Aussi, ils en profitent pour nous faire découvrir deux titres du prochain album, dont la sortie est prévue environ un mois plus tard : « Les Flammes de la fête » et « À fleur de peau », qui lui donne son nom.

Nous avons évoqué des surprises : côté scène, les musiciens ne sont pas seuls à assurer le spectacle : drapeaux aux couleurs du groupe, artistes jonglant avec le feu… et comme si cela ne suffisait pas, l’ensemble choral de Mennecy vient rejoindre le groupe pour une collaboration aussi inattendue que réussie, malgré l’absence de répétition commune avant le concert !

C’est déjà la troisième fois que Tagada Jones se produit au festival, et vu l’accueil réservé par le public, ils ont toutes les raisons de revenir !

Mennecy Metal Fest – Dimanche 6

Veihima

Rendez-vous sur la Eye Stage pour l’ouverture de cette dernière journée du Mennecy Metal Fest avec Veihima ! Vainqueur également du Tremplin by le Stock, le groupe francilien est venu défendre son art sur la scène du MMF pour faire rayonner au son de ses guitares toute l’énergie pure du métal local. Et il faut dire que pour un concert d’ouverture après trois intenses journées de festival, l’ambiance était au rendez-vous ! Visiblement ravie d’honorer le Mennecy Metal Fest de sa présence, la formation fait fi de la nonchalance pour lui préférer ce grand sourire communicatif qui anime le visage de tous les musiciens. Car c’est aussi ça, le Mennecy Metal Fest : donner sa chance à l’émergence, aux premières scènes, pour mettre en lumière les pépites de demain et prendre le contre-pied de cette tendance qu’on les grands festivals à programmer toujours les mêmes artistes déjà bien installés. Et c’est justement ce dessein que sert le partenariat entre le MMF et le Tremplin by le Stock, dont l’édition 2026/2027 est d’ores et déjà lancée !

Iceland

Au Mennecy Metal Fest, tout est pensé pour faire plaisir au plus grand nombre. Si les amateurs de métal moderne et les chercheurs de nouvelles sonorités ont ce week-end trouvé leur compte, les métalleux de la première heure n’ont également pas été laissés en reste de cette programmation plus qu’éclectique. Et justement, Iceland était là pour les séduire, avec son thrash bien rétro qui nous ramène tout droit aux grandes heures du big four (pour les connaisseurs). Styles décalés, gros riffs qui tabassent et présence scénique définitivement bien rodée : Iceland est un groupe professionnel, et ça se voit ! Mais ne méprenez pas son sérieux pour du conformisme : la musique d’Iceland est un appel à laisser derrière soi la bienséance pour lui préférer l’anarchie d’un pit où la seule règle est de s’amuser. Et c’est précisément ce que l’on a fait !

Stoned

Ce matin, un lapin, a joué du hardcore. Drôle de comptine, me direz-vous. Et c’est pourtant l’idée folle des Chartrains de Stoned, venus sur la scène du Mennecy Metal Fest accompagnés d’un lapin blanc en chemise/cravate (car oui, même les lapins ont adopté le look corporate). Et tout de suite, l’animation fonctionne, sans pour autant détourner l’attention du hardcore cinglant et vindicatif qui se déclame sur la Eye Stage. Car elle envoie, la musique de Stoned, et pas qu’un peu ! Et malgré quelques aléas techniques, rien n’arrête un public bien déterminé à chasser cet énergumène à grandes oreilles blanches qui les nargue jusque dans le pit. Un feat surprise avec Pooky, un crowd-surf de lapin et quelques carottes jetées dans la foule plus tard, il faut se rendre à l’évidence : le set de Stoned fut l’un des plus marrants du week-end, et on a déjà hâte de les retrouver sur scène.

Seven Metal Sins

Très attendus du public, les sudistes de Seven Metal Sins sont venus faire flamber le public du MMF 2026 avec toute la ferveur que nous leur connaissons. En habits simples, de noir vêtu, le groupe de heavy power metal met l’apparat en retrait pour laisser toute sa place à la musique, une musique profonde, puissante et résolument fédératrice sur laquelle je mets quiconque au défi d’arriver à ne pas bouger la tête. Devant la Menn’Stage, le public galvanisé par l’énergie des premiers concerts de la journée rend bien la sienne au groupe. Voix puissante portée par un rockeur aux cheveux longs et guitares saturées dignes des meilleures éditions de Guitar Hero : les ingrédients sont définitivement réunis pour assurer le succès de Seven Metal Sins en ce dernier après-midi du Mennecy Metal Fest.

Dreamcatcher

Après un premier passage en 2022, les Franciliens de Dreamcatcher étaient de retour au Mennecy Metal Fest. Pour décrire leur musique, rien de plus simple : du heavy metal classique aux influences thrash, direct et efficace.

À cette occasion, le groupe a principalement mis à l’honneur son quatrième et dernier album, Bleeding Heart, paru en 2025. Chris Garrel, le chanteur, est particulièrement animé et n’hésite pas à interagir avec le public comme avec ses collègues. Le groupe est à l’aise sur scène, et ça se voit ! À un moment, Chris tient d’ailleurs à préciser qu’il ne s’agit pas du groupe de K-pop du même nom, histoire d’éviter toute confusion parmi les spectateurs ! En seulement 40 minutes, Dreamcatcher a le temps de nous offrir un bon concert, entre heavy metal, énergie et humour. De quoi nous laisser bien satisfaits !

Heart Attack

Vous avez demandé des circle pit et des walls of death pour vivre en beauté votre Mennecy Metal Fest ? Alors rendez-vous en Menn’Stage devant le set de Heart Attack ! L’ambiance est électrique, pour accueillir le groupe français de thrash modern le plus chaud du MMF. Et il ne faut pas beaucoup de temps à ses musiciens pour faire se soulever la foule au son des guitares acérées et des shredds qui s’enchaînent pour mieux embrasser l’anarchie. Dans le pit, impossible d’y voir à plus de cinq mètres tant les danseurs remuent la poussière dans un joyeux bazar de collisions volontaires et de rires incontrôlés. Et soudain, une voix semblable à celle des anges s’élève depuis la scène : celle d’une chanteuse lyrique venue accompagner Heart Attack pour l’un de ses derniers morceaux. Comme beaucoup avant elles, les deux entités que sur le papier tout oppose viennent réaffirmer l’étonnante harmonie dont émerge le mariage entre la douceur de ces voix d’opéra et la brutalité sonore du métal. Frissons garantis ! 

Psykup

Sur fond de back drop horrifique (pourtant Halloween n’est que dans quelques mois), les musiciens de Psykup viennent saluer la foule de petits cœurs avec les doigts. C’est vrai, en même temps, le métal c’est avant tout du partage, de belles énergies et surtout… cette délicieuse violence qu’il fait bon parfois d’habiter ! Et c’est ce que Psykup est venu nous offrir aujourd’hui, dans un beau duo vocal aux possibilités infinies et aux influences multiples. Se dessine en filigrane de la musique de Psykup une ouverture musicale rare, portée par un amour puissant de la musique dans tous ses états. Signatures rythmiques jazzy, basse slappée comme dans les grands morceaux de funk, flows empruntés au rnb : c’est une ode à la musique avec un grand M qu’est venu déclamer Psykup, bien connu de son public à en croire le nombre de festivaliers entonnant les paroles à tue-tête.

Helldebert

Quel métalleux n’a jamais rêvé de faire découvrir à sa progéniture toute la magie de ce genre musical si particulier, et si peu représenté dans les médias mainstream ? Guillaume Aldebert, aka Helldebert aujourd’hui, est là pour vous faciliter la tâche avec son show pensé pour les grands et les petits ! Devant une foule de jeunes festivaliers tous équipés de casques pour protéger leurs petites oreilles et les laisser longtemps apprécier la musique, Helldebert raconte son enfance, son histoire avec le rock, le tout sur fond d’une musique qui fait du métal un objet artistique accessible sans se départir de ses codes décalés. Emportant le public avec lui dans un show interactif pensé pour faire chanter parents et enfants à l’unisson dans un grand moment de communion, Helldebert se fait la preuve supplémentaire de la volonté du MMF de s’adresser à tous et de ne laisser personne sur la touche. La scénographie est travaillée, le propos amusant car doté d’une double lecture comme l’on en retrouve en regardant adulte les dessins animés de notre enfance, les festivaliers réceptifs : pour sa dernière, Helldebert pour se vanter d’avoir sûrement insufflé quelques vocations qui, on l’espère, trouveront leur chemin jusqu’à la scène des grands festivals de métal européens !

Catalyst

Dernier groupe à fouler les planches de la Eye Stage pour cette fermeture du Mennecy Metal Fest, Catalyst est venu signer des au revoir de grande qualité aux festivaliers qui, tout le week-end, ont afflué des quatre coins de l’Ile-de-France pour célébrer le métal dans sa plus belle variété. Formation de trois musiciens avec une basse, une batterie et une guitare, le groupe lorrain délivre en ce dimanche soir une performance impressionnante de technicité, notamment à la batterie. Après tous ces groupes entendus, toutes ces bières descendues, tous ces walls of death encaissés et toute cette poussière inhalée, quelques courageux tiennent encore le pit pour profiter de la fête jusque dans ces derniers instants. Chevelures de Raiponce (sauf pour le batteur), instruments aux formes agressives et signatures rythmiques complètement barrées : le groupe de technical death metal vient bénir le Mennecy Metal Fest de ce métal virtuose que nous aimons tant et offrir à la Eye Stage le grand final qu’elle mérite. 

Ultra Vomit

Comment parler de métal français sans parler d’Ultra Vomit ? Une chose est claire ce soir : le Mennecy Metal Fest vient de s’inscrire dans une nouvelle dimension en faisant jouer sur la scène de son festival l’un des groupes de métal français les plus plébiscités de la décennie, que nous avions d’ailleurs vus pour la dernière fois en mainstage du Hellfest. À titre personnel et pour briser ce quatrième mur rhétorique dont j’ai depuis le début assigné cet article, je suis arrivé devant la Menn’Stage avec beaucoup d’a priori. Non initiée à la musique du groupe nantais, j’en avais à ce jour l’image de cette mouvance chouffine et potache qui me déplaît chez une grande partie des métalleux, désolée si vous vous y reconnaissez. Mais la musique est souvent une invitation à l’humilité, à la remise en cause de ses certitudes pour mieux apprécier les sous-textes. Et devant le concert d’Ultra Vomit, je dois l’avouer : je suis restée impressionnée. Il est certes clair que je ne suis pas spécialement le public des Ricard Peinard et autres Takoyaki. Mais je dois concéder deux choses à Ultra Vomit : la virtuosité de son jeu et sa capacité à galvaniser la foule pour lui offrir un moment de bonheur simple et pur. Heureusement d’ailleurs que ces cracks de l’exécution instrumentale ont choisi la voix du métal parodique. Autrement, et avec une proposition plus sérieuse, ils mettraient très certainement une branlée à l’intégralité du métal français (Gojira compris). Où situer la frontière du génie ? Probablement chez Ultra Vomit, qui fait le pied de nez à tous ces élitistes du métal, défenseurs d’une sacro-sainte musique extrême supérieure à toutes les autres, que j’exècre tout particulièrement. Alors merci pour ça, même si je ne peux pas vous garantir que vous me verrez chanter Patatas Bravas debout sur une table à la prochaine soirée métal français. Ou peut-être que si, qui sait ? 

Que retenir du Mennecy Metal Fest ?

Si vous décidez un jour de passer par le 91 au mois de septembre, faites un détour par le Mennecy Metal Fest. D’abord, parce que les petits festivals locaux ont besoin du soutien du public pour arriver à subsister dans un monde où les subventions se font toujours plus rares et où les gros groupes financiers ont définitivement déréglé le marché. Ensuite, parce que quel que soit le style de métal que vous aimez, vous y trouverez forcément votre compte. Et c’est bien là toute la force de ce festival : rassembler sous un même étendard les amateurs de thrash, de death, de heavy, de modern metal ou de hardcore que l’on voit trop souvent s’écharper sur les réseaux sociaux à grand renfort de “mon sous-genre obscur préféré que seuls trois types à tout casser connaissent est meilleur que le tien” et de “mais le métalcore c’est de la musique de posers de toute façon”. Pour avoir pu échanger avec les festivaliers en micro-trottoir, une chose est claire : le MMF plaît par son côté intimiste, familial et local, une richesse brillamment portée contre vents et marées par une équipe municipale dévouée qui renonce aux conventions pour faire de Mennecy un territoire d’expérimentation événementielle privilégié. Longue vie au Mennecy Métal Fest, que l’on espère voir toujours plus fleurir dans les prochaines années ! 

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