Sloggers
Et c’est dans l’éclat des lumières et du son que le premier coup de feu fut lancé : Sloggers. Malgré une salle à moitié remplie (en même temps, normal pour le premier concert de la soirée), Sloggers nous fait profiter de son énergie vitale sur scène ainsi que de ses riffs endiablés.
Créé en 2019, ce n’est qu’en 2023 que ce petit groupe venant de Guingamp commence les concerts. Partant sur une base solide de death mélodique en incluant des éléments rock n’roll, Sloggers nous propose un coup d’envoi bien énergique dès la première heure d’ouverture.
Le public afflue petit à petit afin de pouvoir profiter au maximum de ce premier concert. Entre mouvements de tête et bras levés, la performance de Sloggers fut fort appréciée par la grande majorité du public. Un léger chaos tranquille nous fit savoir que Sloggers sut mettre l’ambiance et démarra cette soirée avec un solide échauffement.
Infern
C’est sous le signe d’une plus grande brutalité qu’Infern fut envoyé en piste. Avec la puissance écrasante de ses riffs et de son growl agressif, Infern nous tabasse après ce premier échauffement.
Venant eux aussi du pays Breton, Infern se propulse sur la scène indépendante depuis 2019 avec sa technique rappelant le bon vieux death old school des années 90. Nous envoyant une bonne part de violence après une semaine de travail.
Proposant une dose de bourrinage à travers la foule mais aussi sur scène, Infern sut s’imposer lourdement lors de cette soirée. Grâce à la prestance de Julien le chanteur, bougeant comme une pile électrique sur scène, la foule afflue de plus en plus. On se sent écrasé par le coup fort dans les dents que nous met Infern, et quel plaisir !
Rue de la Forge
Malgré un faux départ dû à un souci technique, Rue de la Forge a su réussir la prouesse de nous sortir un concert mémorable. Préparés à la bataille tels des guerriers celtes, c’est sous le signe du combat que le troisième concert de la soirée commença.
Ces forgerons venus tout droit du Pays Vendéen nous proposent un métal fusion mixé avec des instruments traditionnels tels que le violon ou le tambour. Ce mélange plutôt curieux et surprenant marque facilement les esprits grâce à un chant rappé qui s’accorde parfaitement avec les riffs gras et bourrins, ainsi qu’avec la technique parfaitement exécutée de ses musiciens.
D’abord étonnés par le mélange étrange de toutes ces sonorités, la surprise laissa rapidement place à l’adrénaline et l’envie de danser. On se sent en plein milieu d’une zone de combat avec leurs percussions fortes qui font battre nos cœurs. Mais grâce au violon du bassiste Mathieu, on se sent également envoyés dans une taverne, une bière à la main. Avec tous ces mélanges, nous sommes partis dans la danse avec grande énergie.
Dagoba
Nos esprits enivrés et relâchés nous laissent devant l’un des groupes les plus attendus de cette première édition : Dagoba. Après un départ en grandes pompes, on se fait de nouveau emporter dans la mêlée par une introduction courte mais efficace.
Venus tout droit de Marseille, Dagoba nous apparaît comme la fameuse boisson anisée venant de cette ville. Fort en goût, nous laissant la tête tournante d’émotions, et on en redemande ! Mélangeant un growl solide et puissant avec une voix de tête plus claire, Shaw le chanteur mixe le tout tel un maestro sans entrer dans des clichés trop gros. Mais nous sommes tout autant abasourdis par la technique du trio batterie/guitare/basse se rapprochant fort du style d’un Machine Head ou d’un Slipknot (foreshadowing ?) qui nous donne la seule envie de tout casser et de se laisser entraîner par la musique.
Dagoba n’eut pas le temps de laisser quiconque se reposer, à peine arrivés sur scène que le fameux circle pit fut engagé, suivi bien évidemment du bien attendu wall of death entrecoupé de pogos et autres plaisanteries. Sans laisser une once de repos au public, le concert nous fit fracasser nos nuques jusqu’au bord du sol. La violence des coups contre les instruments nous tient en haleine jusqu’à se retrouver étourdis à la fin du show.
Early Maggots
Pas question de se reposer, Early Maggots est dans la place pour nous faire profiter des morceaux de l’un des groupes les plus imposants de la scène metal depuis 1995. Eh oui, comme annoncé subtilement plus tôt, on est sur de la reprise premium de Slipknot.
Venant eux de la région Parisienne ainsi que de Lyon, Early Maggots su s’imposer avec fracas en se permettant de reprendre avec force et vigueur les plus grands titres du groupe de metal alternatif fort connu. Je ne vais pas vous faire l’affront de vous expliquer à quoi correspond Slipknot. Tout ce qu’il faut savoir, c’est que ça tabasse !
Balancé directement dans la violence avec People=Shit, la foule non épuisée de toute ses émotions se remit en transe guerrière afin d’honorer au maximum les reprises du groupe. On aurait pu penser que le groupe restreint en nombre par rapport à son mentor musical (6 au lieu de 9) ferait pâle figure mais que nenni ! Les reprises sont parfaitement exécutées et on peut ressentir toute l’énergie de Slipknot à travers la hargne d’Early Maggots.
En bref, on comprend pourquoi l’organisation a décidé de les mettre en tête d’affiche. Mention spéciale à Dagoba qui est venu les accompagner sur scène pour le dernier morceau.
Le Sanctuaire Fest : conclusion
Et voici comment s’acheva la première édition du Sanctuaire. Un grand merci à toute l’équipe pour s’être donnée à fond afin de pouvoir nous proposer un festival exemplaire qui a rassemblé pas moins de 800 âmes, ce qui est plus qu’honorable !
Ce sera donc avec grand plaisir que l’on sera de nouveau présents l’année prochaine, et qu’on reviendra les soutenir à leur boutique sur Saint Brieuc : l’Antichambre !

Texte : Jean Martin-Prevel – Photos : T. Oria Photography (instagram – Facebook) et CreepyDoll (instagram)



