Ce festival n’a pas vu les choses à moitié puisque tatoueurs, coiffeur, grillz, vintage streetwear ou encore des battles de rap et de breakdance étaient présent tout le long du weekend pour animer sur la grande scène de la Notorious Arena : le ring.

De plus, des petits artistes se multipliaient sur la RVMBL CLVB animé par Plavace le vendredi et Saturn Citizen le samedi. Bien que ça ressemblait plus à des DJ sets, cette petite scène à conquis le cœur de nombreux festivaliers puisqu’elle n’était jamais vide et beaucoup dansaient sans arrêt tout au long de la nuit. Un franc succès pour cette scène.

Le vendredi, sous plus de 35°C, nombreux sont les festivaliers qui ont couru dès l’ouverture du festival pour chopper les meilleures places pour leurs artistes préférés, qu’ils soient de renom, émergents ou de la scène locale. Il y en avait pour tous les goûts.

Hypnotize fest : Le vendredi

Dès les premiers pas sur le site, la Notorious Arena, scène principale, impose son style. Pensée comme un gigantesque ghettoblaster des années 80, elle donne le ton : ce festival de rap compte bien marquer le coup. Parée de deux colonnes géantes en forme de haut-parleurs, la structure mêle teintes violettes, détails métalliques et références explicites à l’univers old-school – molettes de volume, faux boutons d’équaliseur, affichage cassette rétro et commandes « play / stop / rewind » en lettres capitales.

Sous un ciel dégagé et une lumière crue, l’esthétique tape à l’œil ne se contente pas d’habiller la scène : elle crée une narration visuelle, puisque le décor n’est pas qu’un fond de scène : c’est un symbole de la culture rap dans toute sa diversité temporelle, un clin d’œil visuel autant qu’une déclaration d’intention. Ici, le son est massif, mais le visuel l’est tout autant.

Leto, hypnotize la foule

A 19h, le rappeur parisien Leto a pris les commandes de la plus grosse scène du festival. Si certains étaient accablés par la chaleur, il leur aura fallu peu de temps pour se réveiller et se mettre dans l’ambiance que se veut être l’Hypnotize fest : hypnotiser et émerveiller les fans de rap. 

C’est ainsi que réveillée et réchauffée malgré les températures que le public a accueilli comme il se doit Leto. Avec des sons tels que «Paris c’est magique», «Mozart Capitaine Jackson», ou encore «Macaroni» il a littérallement mis le feu sur scène et fait monter en extase le public. 

Jok’air, l’as du show

Le fameux Big Daddy Jok, vêtu d’une veste en cuir, d’un pantalon en cuir et de ses lunettes noires, ne reste pas méconnaissable et nombreuses étaient les personnes du public à l’acclamer avec des “Jok’air on t’aime”. En même temps, Jok’air c’est le roi du show avec son charisme et son côté séducteur qui transperce au travers de son dernier album “Les jolies filles aiment Jok’air». Il ne fait que convoiter un public de plus en plus féminin.

Et cette tendance est renforcée par les pancartes des fans qui sont de plus en plus nombreuses à chaque show, puisque Jok’air prend le temps de créer du lien avec son public en les signant toutes. On a notamment pu voir passer la pancarte “Je quitte mon mec pour toi» (avec plein de cœur) faisant preuve de la fidélité de son public envers lui.

Conscient de la proximité avec son public, il a fait monter des fans sur scène, fans peut être un peu trop enthousiaste et choqué de ce qui se produisait qui ont préféré sortir leur téléphone pour marquer le coup plutôt que de réellement profiter de l’instant présent. Heureusement sur d’autres sons le public était plus que présent, Jok’air les laissant même chanter ces titres en harmonie. 

Il a joué ses plus gros classiques. Mais l’un est toujours plus convoités que les autres, le public attendait avec impatience “Las Vegas”, quand les premières notes ont résonné, tout le monde s’est mis à chanter en cœur. 

Meryl, la queen du shatta

C’est sous les flashs et l’acclamation de la foule que Meryl, la boss du shatta, a débarqué pour régner sur la Suprême Arena à la tombée de la nuit. Son énergie positive a sans aucun doute rajouté quelques degrés au festival.

Meryl est clairement la reine du show puisqu’elle a couru partout sur la scène. De quoi donner le tournis au public tellement elle bougeait de gauche à droite, mais redonnant aux plus aguerris un coup d’élan avant le show de Booba.

Booba, le duc de la piraterie

A 23h, Booba s’est imposé comme le duc qu’il est pour clôturer la première journée du festival. Nombreux étaient les festivaliers qui ont couru dès les premières heures du festival pour avoir la meilleure place lors de son show et les drapeaux pirates se dévoilaient dans la foule.

C’est vêtu d’un sweat à capuche, d’un jogging et d’une casquette noire qui ne laissait entrevoir que très peu de sa personne que Booba est apparu sur la scène. Mais cela laisse tout de même transparaître le talent indéniable qu’il a acquis au fil des ans.  

Nombreuses étaient les lumières à se poser sur lui et le public a plébiscité “Kalash” en feat avec Kaaris, ou Booba ne l’a pas épargné dans ses propos. Mais c’est notamment avec ses grands classiques tels que “Scarface” et “Madrina” qu’il a conquis la foule et sublimé avec brio le vendredi.

Hypnotize Fest, le samedi

C’est à nouveau sous une chaleur étouffante que les festivaliers avaient rendez-vous au Grand Parc Miribel Jonage. Après une première journée réussie sous le signe de la piraterie de Booba et du showman Jok’air, vient le tour entre autres du démoniaque Vald et du prince Dadju.

Dakeez, le prince du R&B 

Artiste de la scène lyonnaise, avec son nom d’artiste on aurait pu s’attendre à un rap strident, mais rien de tel. C’est avec un R&B mélancolique que Dakeez a débarqué pour foutre le feu sur la Suprême Arena.

Subtil mélange entre le style vestimentaire de Georgio et la voix emblématique de Vacra, Dakeez est certainement un artiste à suivre de très prêt. Oscillant entre interprète profond et danseur accompli son talent est multiple, et c’est tout à fait compréhensible qu’il ait été plusieurs fois champion du monde de Hip-Hop, et ait partagé la scène avec de grandes stars tels que Justin Bieber.

Mais on ne le qualifie pas qu’à sa danse puisque son style musical à la porte du R&B et d’influences hip-hop lui permet de délivrer une performance technique donnant des frissons à certains par le biais de ses mélodies envoûtantes et de son écriture introspective.

Allez streamer fort son dernier projet Brutal qui évoque sans détour le sujet de l’amour, avec des petites notes provocantes au croisement de l’artiste canadien The Weeknd.

Kalash

A 18h40, Kalash a pris d’assaut la scène principale accompagné de lance-flammes et de pyrotechnie il a littéralement mis le feu au festival. Avec des sons comme “Tu le sais” ou “Chouchou”.

Mais le son qui a le plus émerveillé les festivaliers c’est “Mwaka moon” avec Damso, un incontournable de la discographie de Kalash. Une festivalière a notamment pu chanter un refrain et on peut dire qu’elle n’avait oublié aucune parole.

Vald, roi des enfers

Ce weekend, la foudre a frappé fort sur la Notorious Arena puisqu’on a pu assister à l’enfer sur scène avec le remix entier de son album “Pandémonium” et quelques nouveaux titres en feat avec le monstrueux Vladimir Cauchemar et Todiefor tel que «Régulation», “Superman” ou encore “Prozaczopixan”.

Et croyez moi, cette version reloaded est démentielle et Vald a pris énormément de plaisir à la jouer. Comme le démontrent les multiples sourires et sa joie d’être sur scène, il était de plus accompagné de Suikon Blaz AD. Mais les festivaliers aussi étaient heureux et les pogos ont déferlé sur le sol du Parc Miribel Jonage.

Ce show était certainement celui à ne pas louper car le rap et l’électro en symbiose c’est vraiment du pur régal.

BU$HI

Le temps d’une heure, nous avons été plongés dans l’univers saturnien de BU$HI, et on en aurait bien demandé encore plus. Il a la facilité de faire comprendre son univers à n’importe quel public et nous transporter à une vitesse folle dans un mélange de trap et de rythmes mélodieux.

Un régal cosmique, que l’on n’est pas prêt d’oublier. Il brille bien plus que les étoiles, et ça s’est fait ressentir face à l’affluence de la foule qui l’attendait.

Youssoupha, le secret de l’Hypnotize

Teasé depuis de nombreuses semaines sur les réseaux sociaux, nombreux étaient ceux qui étaient impatients de découvrir l’artiste secret. Il a débarqué sur le ring tel un boxeur, sous sa capuche qui dissimulait son identité. Il faut dire que l’attente en valait la peine et c’était une belle réussite.

Bien que son show était limité à 30 minutes, il lui en aura fallu peu pour conquérir le festival sous les yeux ébahis des festivaliers notamment avec son titre “On se connaît”.

Dadju, le prince du love

Le prince Dadju a clôturé le festival avec un franc succès, remplaçant initialement le roi du digital, Laylow. 

Il n’aurait pas pu faire plus plaisir à ses fans qu’en revenant sur ses dernières sorties, ses classiques ou encore ses vieux sons lors d’un blind test.

L’amour a régné pour cette dernière journée, de quoi redonner un brin de nostalgie aux nombreux festivaliers.

Conclusion

C’est avec un léger goût d’amertume qu’on dit au revoir à cette première édition de l’Hypnotize festival qui était plus qu’une réussite (on en aurait bien demandé encore plus). Cela présage un bel avenir pour la suite de l’aventure Hypnotize.

Prenez note : le prochain rendez-vous est déjà fixé puisque la seconde édition annoncé en même temps que la première édition (oui ils sont chauds) se déroulera à Bordeaux les 5 et 6 septembre prochain.
Et on retient que ce festival ne fait pas les choses à moitié car la programmation est tout autant hypnotisante.

Bien qu’on y retrouve des artistes de la première édition tels que Vald, Booba et Leto, de très beaux noms viennent compléter cette programmation tels que SCH, Dali ou encore La Mano 1.9. Ces artistes, on l’espère, feront venir de nombreux festivaliers fans de l’univers rap et hip-hop mais aussi de nombreux étudiants en quête d’évasion avant la reprise des cours.

Johanna Mechineau (Instagram)


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