Tout commence à la maison. Annie écrit des textes, Sébastien, son mari depuis vingt-cinq ans, joue de la guitare, de la basse, du piano. Ensemble, ils composent. Puis vient la question : que faire de ces morceaux ? Les donner, les vendre à d’autres artistes ? Ils ne connaissent personne. Alors Annie choisit la solution la plus radicale : apprendre à les chanter elle-même. Deux ans de cours de chant plus tard (et de batterie !), elle monte sur scène.

Elle a 48 ans quand l’aventure démarre. Elle avait bien déjà chanté dans des chœurs au lycée, ou tenter un peu d’instruments, mais rien de sérieux. Son parcours rappelle que se lancer sur scène n’est pas réservé aux jeunes de 20 ans. Pour celles (et ceux peut-être) qui sont passés par là, on sait qu’on a une vie avant 40 ans et une vie après ! Annie démarre sa deuxième vie, sous les projecteurs.
Une identité qui prend la place
Le projet porte son nom, mais Annie le sait sans ses musiciens, rien ne serait possible. Elle écrit et chante, le son, lui, se façonne à 4. Entre Sébastien, plutôt rock des années 70, et Annie, nourrie de pop et de rock alternatif, le groupe a trouvé son équilibre avec un son « à l’intersection de leurs goûts ». Le résultat se rapproche du post-grunge, « dans l’esprit des Foo Fighters » nous dit Annie. « Alt princess rock post grunge » dira Sébastien peu convaincu par l’appellation « post grunge », mais « rock alternatif », ça leur va aussi.
Franco-américaine et bilingue, elle écrit en anglais. Ses textes partent souvent de son vécu, parfois d’histoires imaginées, et racontent une libération : celle de quelqu’un qui n’osait pas et qui ose enfin faire du bruit. Il y a de la colère, celle « d’un dépressif en colère » pour Annie, l’idée est aussi de prendre sa place « en force » pour Sébastien. Le message est large mais pas seulement adressé aux femmes : prendre sa place, quelle qu’elle soit. L’identité visuelle, les couleurs, sa robe prolongent cette idée de « l’explosion ».
Se lancer dans le Sud
Le groupe tel qu’il existe aujourd’hui a moins d’un an. Après un déménagement à Montpellier (après l’Ardèche et Paris), Annie et Sébastien ont cherché des musiciens sur place et ont rencontré Axel à la batterie et Mathieu à la guitare.

Avant eux, deux singles avaient été réalisés à distance avec un producteur, une expérience frustrante pour le couple. Ils voulaient alors enregistrer le troisième en studio (à Sommières) avec de vrais musiciens. Ils ont accompagné ce dernier single (« Winnie ») d’un clip tourné avec les moyens du bord. Tous leurs titres (3) sont disponibles sur les plateformes.
Aujourd’hui, chacun garde son activité professionnelle (Annie est bloggueuse, elle travaille dans la communication) et l’objectif n’est pas, pour l’instant, d’en vivre. Avec une quinzaine de morceaux prêts, un EP (voire un album) est « dans les tuyaux », c’est maintenant une question de temps et d’argent.
Jouer du rock dans le sud de la France n’est pas simple, et le groupe le sait, « plus facile qu’en Ardèche, sans doute moins qu’à Paris ». Les festivals se font rares, les salles aussi. Raison de plus pour monter sur scène, et c’est la devise d’Annie : il faut foncer sans trop réfléchir.
Le concert
La soirée du 1er octobre 2026, à la Secret Place marque la première scène de cette formation. Les quatre musiciens y défendent un set d’environ cinquante minutes, déjà bien rôdé. Rien n’est laissé au hasard. Annie a une idée déjà bien précise de ce qu’elle veut partager, et c’est sans hésitation qu’elle investit la scène, devant un public réduit par la pluie, peu nombreux mais captivé. Elle capte la lumière, elle fait rêver les petites filles du premier rang, casque sur les oreilles, avec sa robe de princesse. Le show est autant pour les yeux que pour les oreilles.

Annie, en professionnelle de la communication cette fois, attendra ses nouveaux fans au stand de merch’ (puisque le single Winnie est déjà disponible en CD 2 tracks, aux côtés du tee-shirt et des stickers « Annie Neska »), et pour celles et ceux qui ont raté cette première date, elle a tout filmé et tout sera rapidement disponible sur leur site internet annieneska.com.
Prochain rendez-vous programmé : un festival en mai, en plein air, dans un domaine viticole, le Domaine de Bannières (34), mais il y a fort à parier qu’Annie Neska n’attendra pas le printemps pour regoûter à la scène.
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